Hollande propose la création d’un gouvernement de l’Eurozone

Face aux échecs de l’Europe, face à l’appauvrissement des Français et au recul de la place de la France en Europe et dans le monde, Hollande propose d’en faire plus, d’aller plus loin. Il veut accélérer l’intégration. De cette façon, lui et ses pairs ne seront pas déjugés. Il faut surtout empêcher les alternatives qui pourraient faire comparaison!

C’est un peu comme la rengaine des keynésiens, plus ils échouent, plus le réel leur donne tort et plus et plus ils veulent en faire. Il n’y a jamais assez de dettes, jamais assez de répartition, jamais assez d’impôts. On ne broie jamais assez les classes moyennes. On ne lamine jamais suffisamment pour faire perdre les spécificités, pour rabaisser les ambitions. On ne va jamais assez loin dans l’erreur, la solution ce n’est ni de corriger les imbécillités, ni d’en ralentir le rythme pour se mettre en phase avec la société civile, non la solution c’est la fuite en avant. La solution, c’est de creuser le développement inégal; de larguer le peuple.

On comprend bien la logique qui est à l’oeuvre depuis 1991, il s’agit de forcer à l’Union Politique par le biais de la monnaie d’abord, de l’économie ensuite. Comme l’Union Economique a échoué et que les écarts au lieu de se réduire s’aggravent, qu’est ce que l’on fait? On saute l’étape économique et on va directement au politique. Ah les braves gens!

jamais viol n’aura été plus patent. Viol de la raison, du bon sens et bien sur de la démocratie. Car pourquoi ne font-ils pas une révision du Traité, pourquoi ont-ils peur de lancer le processus et consulter les peuples? Parce qu’ils savent qu’ils seront mis en échec, black-boulés, désavoués. Ils savent que sur tout vote franc et clair, compte tenu de l’état des sociétés européennes qu’ils ont dévastées, ils perdront la face et les prébendes dont ils jouissent. Après les élections européennes, après la claque et la montée des partis eurosceptiques, ils ont déclaré: il faut marquer une pause, il faut entendre le message. Après la Grèce et la défaite historique que vient de subir un parti eurosceptique c’est l’inverse, la priorité est renversée: il faut accélérer.

Hollande qui vient de subir un affront dans l’affaire Grecque, puisque son plan n’a même pas été examiné, essaie de se relancer en allant plus loin dans l’intégration. Voila qu’il dit que les 19 pays qui utilisent l’Euro doivent avoir un gouvernement, avec un budget et un parlement.

Il ose affirmer « les circonstances nous conduisent à accélérer »… « Ce qui nous menace, ce n’est pas trop d’Europe, mais le manque d’Europe ». L’infamie de cette affirmation est contenue dans la formulation: ce sont les circonstances qui nous conduisent! Vous les connaissez vous les circonstances, nous non. Elles n’existent pas, c’est une forme d’impersonnel destinée à paralyser la raison, la logique, le bon sens et la contestation. C’est la négation de la politique, les circonstances. C’est l’habilité des joutes de préau d’école, c’est le chien crevé au fil de l’eau que cet appel aux circonstances qui conduisent à … Le guelfe noir, Draghi l’ a dit ces derniers jours, il faut une plus grande coopération entre les pays membres de l’Eurozone et le socialiste, volontariste, celui qui croit à la catégorie du politique répète comme un mauvais perroquet: oui Monsieur, il faut aller plus loin et mettre plus en commun. Comme le disait une vieille plaisanterie, il a un magnifique costume sur mesures, l’ennui c’est que ce ne sont pas les siennes, voila ce que propose Hollande, que nous endossions le costume des pays du Nord et singulièrement celui des Allemands pour être plus conformes. Il faut faire tourner plus vite la moulinette.

Selon Hollande, les pays en faveur d’une plus grande intégration devraient s’unir et former « une avant-garde ». « L’Europe a laissé ses institutions s’affaiblir », comprenez par là que l’on n’impose pas assez aux peuples; on les respecte encore trop.

L’hommage de Hollande à Jacques Delors est scandaleux quand on sait toutes les erreurs que contenait l' »Acte unique », source de tous nos malheurs. Et en particulier cause de l’accroissement continu du chômage et du marasme de l’investissement.

Ajout

Les velléités françaises de doter la zone euro malmenée par la crise grecque de nouvelles institutions mettent mal à l’aise à Berlin, où le gouvernement, officiellement partisan d’une intégration plus poussée, doute de son partenaire.

Après plusieurs semaines de psychodrame grec qui a exposé les fragilités du bloc monétaire, le président français François Hollande a proposé mi-juillet de réformer la zone euro, avançant, sans beaucoup de détails, l’idée d’un budget en propre et d’un ministre des Finances, ainsi que d’une « avant-garde » de pays plus motivés que les autres.

Pain bénit pour Wolfgang Schäuble, aurait-on pu penser. Le ministre des Finances allemand, Européen convaincu, plaide depuis des années pour une intégration plus poussée et a mis le premier au goût du jour, dès 1994, l’idée d’une « Europe à deux vitesses » dont l' »avant-garde » de Paris sonne comme un écho.

Pourtant Berlin a réagi aux idées françaises par un assourdissant silence. Les idées d’une union renforcée « ne nous sont pas étrangères », a commenté du bout des lèvres le porte-parole de M. Schäuble, « mais le monde d’aujourd’hui est tout autre » que celui de 1994. La chancellerie est muette.

« Ici à Berlin on est conscient que (les propositions françaises) sont des déclarations politiques, pas forcément pour faire avancer les choses, mais plutôt à usage interne », analyse pour l’AFP Pawel Tokarski, chercheur de la Fondation Science et Politique (SWP). « Et on a beaucoup de doutes sur la volonté de la France à vraiment céder de la souveraineté nationale, et à prendre le risque de changer les traités ». Avec à la clé sans doute en France, notamment, un référendum à l’issue plus qu’incertaine.

Bref, le gouvernement allemand « ne considère pas cette proposition sérieusement », conclut l’expert.

Le débat est néanmoins vif en Allemagne. Les « Sages », cénacle de cinq économistes influents qui conseillent Mme Merkel, ont critiqué cette semaine les idées françaises. Du fait des « énormes différences » de priorités économiques des pays de l’union monétaire, ils anticipent « instabilité » et fortes tensions sur l’utilisation d’un potentiel budget commun.

Une manière polie de dire que Français et Italiens, plus dépensiers, feraient main basse sur l’argent allemand.

– Style allemand ou romantique ? –

Ils ont été promptement contredits par d’autres économistes, dont le très en vue président du DIW Marcel Fratzscher, qui insiste lui aussi toutefois sur les nécessaires « pouvoirs d’intervention » d’un éventuel ministre des Finances européen, qu’il appelle de ses voeux.

« Je crois que les Sages sous-estiment la volonté politique pour une Europe unie », a réagi Rainer Sontowski, secrétaire d’Etat au ministère de l’Economie, assurant que Berlin réfléchissait « activement à des pas supplémentaires pour parachever » l’intégration économique et monétaire.

Mais les mêmes appels ritualisés à plus d’intégration cachent de longue date des souhaits complètement différents, comme l’ont montré les débats sémantiques récurrents sur un « gouvernement économique » européen, que Paris préférait appeler « gouvernance ».

Dans le cas présent, sur la zone euro, « la France veut surtout un budget commun, Berlin un contrôle plus poussé » de la gestion des deniers publics, résumait mercredi le quotidien allemand Handelsblatt.

« Il y a deux styles de politique en Europe: l’allemand et le romantique », a asséné dans un entretien publié mercredi l’économiste renommé – et ex-« Sage » – Bert Rürup, « nous les Allemands nous aimons les règles, (…) un Français attrape des boutons quand il entend le mot ».

« L’union monétaire que veut l’Allemagne est probablement incompatible avec celle que les élites françaises sont prêtent à vendre et que l’opinion française est prête à accepter », affirmait aussi dans un éditorial au New York Times lundi Shahin Vallée, ancien conseiller du ministre français de l’Economie Emmanuel Macron.

Au final, l’Europe ultra-vertueuse que veut l’Allemagne ne verra pas le jour, croit M. Rürup: « si nous n’acceptons pas le mélange entre fidélité aux règles et pragmatisme politique, nous pouvons dire adieu à l’Europe ».

2 réflexions sur “Hollande propose la création d’un gouvernement de l’Eurozone

  1. Jacques Delors est le pelleteur de la fosse tombale de notre pays et des démocraties d’Europe. Loi bancaire. Acte Unique. Idéologie bruxelloise de la concurrence libre et non faussée. Maastricht. Monnaie unique, supposé agent actif et déterminant de la fédéralisation à marche forcée…

    Cette réalité est évidemment tabou.

    L’individu est une icône.

    Il y en eût d’autres. Pensez-donc. On a bien mis au Panthéon l’agent salarié des américains réputé un des Pères de l’Europe.

    Il faudra que passent au moins deux générations d’historiens pour que quelques uns s’aventurent à renverser la statue. En tremblant.

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