En Espagne , chute de Podemos. La fin des eurosceptiques

Le parti anti-establishment Espagnol Podemos est en chute sévère dans les sondages. Les récentes enquêtes ne le mettent plus qu’à 18% environ contre un record de plus de 28% en Janvier dernier.

La farce Syriza/Tsipras a couté cher aux eurosceptiques en général. Les élites de Syriza se sont ridiculisées. Leur peuple a été humilié. C’est un exemple bien négatif pour ceux ceux qui seraient tentés de les imiter.

L’épisode grec a montré qu’il n’y avait pas d’alternative: ou bien on est dans l’euro et on passe sous les fourches caudines des pays du Nord ; ou bien on sort avec les conséquences négatives que les peuples ne veulent pas subir. Donc l’épisode Grec à montré qu’il n’y avait qu’une chose à faire: obéir.

C’est ce que nous avons toujours pensé, les peuples ne sont pas disposés à se battre à mort pour conserver un avenir et une place dans l’histoire. Il a peur. Les peuples ne sont pas disposés à lutter pour s’opposer au laminage conjoint des différents Hegemon. Les peuples ne donnent mandat que pour les avantages, jamais pour les inconvénients.

Seule l’évolution de la réalité viendra contre-carrer les plans des européistes, et mettre des bâtons dans les roues de la double hégémonie Allemande et Américaine.

Les peuples ne peuvent compter que sur l’approfondissement des contradictions de la situation et sur l’aveuglement des élites. C’est l’échec des politiques actuelles qui créera les opportunités, ce ne sont pas les personnes et les partis politiques. Tous ces gens ne font que tenir des discours sur une réalité qui leur échappe et des mouvements qu’ils ne comprennent pas.

Ce qui se passe en Chine et chez les Emergents, phase nouvelle de la crise, a plus d’importance que ce qui se passe chez Podemos ou Marine le Pen. C’est là que se fait l’histoire.

La bulle financière entre dans sa phase finale, les remèdes mis en place depuis 2008/2009 vont montrer leurs limites, les tensions vont s’accroitre à nouveau. Cette bulle éclate dans des régions géographiques clefs et dans des secteurs vitaux comme les matières premières.

C’est tout un ordre qui est en train de se disloquer. La grande Reflation des QE a maintenu un semblant de stabilité, la fin des QE agit comme un révélateur. Même si pour colmater les brèches du Système mondial les Centres refont un round de création de liquidités, le mal est fait, le processus de dévoilement est en cours. la globalisation est fissurée et ce qui se donne à voir, c’est que les Emergents n’ont jamais vraiment émergé, ils ont fait illusion tant que le Centre a créé les liquidités qui sont venues les arroser. Une fois la perspective de la fermeture du robinet établie, c’est le reflux et les désillusions. Et les déséquilibres.

Les partis anti-establishment sont inadaptés à la situation historique; ils n’ont compris ni la crise ni ses enjeux; jamais ils n’ont été capables de dépasser le petit horizon politicien et jamais ils n’ont pu accéder à la vision synthétique de la situation. Ils n’ont pas compris que les « solutions » aux contradictions du Système qu’on leur proposait étaient terribles: soit la montée du chômage, soit la baisse des salaires appelée pudiquement, la baisse du coût du travail. Face au chômage, dont ils ne comprennent pas la cause profonde, dont ils ne voient pas qu’il est produit et organisé, ils acceptent la baisse des salaires, directs et indirects. Ce que l’on appelle l’austérité.

Ils ne voient pas le lien qu’il y a entre le renouveau de l’impérialisme politique Américain et l’impérialisme Allemand, ils ne voient pas le sens de la multiplication des guerres périphériques.

Et comme ils ne voient rien et ne comprennent rien ils se battent sur des symptômes, sur des apparences qui les discréditent.

L’euro est un outil de laminage des niveaux de vie, au service de l’unification vers le bas des marchés, au service des plus forts pour les rendre encore plus forts. L’euro est un outil/alibi pour rendre flexible, pour faire courber les échines. Un outil pour que joue à fond la concurrence sur les salaires. Pas sur les prix, car les prix, il faut qu’ils montent nous dit Draghi, mais sur les salaires qui eux doivent être rognés. Et que font les peuples? Ils prient pour qu’on ne leur retire pas leur euro/ bourreau, leur tortionnaire.

Pourquoi? Parce que les soit-disants défenseurs de ce peuple sont nuls, tous sortis du même moule, le moule des politiciens formés à la même propagande. Ils sont incapables d’expliquer le lien organique entre la concurrence mondiale exacerbée, la volonté de tout soumettre à la déflation de la concurrence, la crise du profit, l’excès de capitaux fictifs non productifs, la question de la compétitivité, la montée du chômage, la baisse des coûts du travail, la baisse des niveaux de vie, l’insécurité, l’immigration etc etc.

Ils prennent les problèmes au niveau de leur apparence et ce faisant, ils jouent le jeu de ceux qu’ils prétendent combattre, mais dont en fait ils ne veulent que prendre la place.

Une réflexion sur “En Espagne , chute de Podemos. La fin des eurosceptiques

  1. Autant dire que les eurosceptiques genre Syriza sont des produits du système,
    des leurres jetables à usage électoral.
    Comme les peuples sont régis par la peur, ainsi qu’un autre article l’a bien relevé,
    il n’y aurait donc aucun espoir démocratique non utopique, seul un parfait imprévu
    pourrait éventuellement glisser du sable dans la mécanique à broyer les pauvres.
    Malheureusement ces ressources invisibles ne se révèlent, historiquement,
    que lorsqu’on est au fond du trou.

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