La stratégie du gouvernement dans ses oeuvres, bien joué…

Le gouvernement a compris quelque chose au cours des derniers mois et cela se voit, cela se sent. Il y a peu, vous avez vu les résultats d’un sondage qui montrait que la confiance des Francais dans leur situation progressait sensiblement. Nous avons commenté ce sondage. Nous avons fait ressortir l’articulation de la politique de communication du gouvernement, à savoir l’escamotage de tout ce qui est négatif et la création d’un climat plus favorable aux affaires en mettant en  avant  Macron, le réformateur pro-grandes entreprises, chéri du Medef.

Hollande a décidé de jouer le tout pour le tout et de larguer ses scrupules, il s’en fiche de déplaire à ses troupes et au PS, il joue non pas l’adhésion de la gauche à ses nouveaux choix, mais le fait que le jour venu, il n’ y aura  pas d’alternative autre que lui: Et à notre sens, c’est bien joué, car en face il n’y a rien de crédible. Hollande sacrifie le peuple de gauche sachant qu’il ne votera pas pour Sarkozy. Il suffira de re-polariser un peu avant les élections.

Ce choix est intelligent car il permet de faire d’une pierre trois coups:

1 il va dans le sens des demandes des Maîtres européens qui exigent des réformes en échange de l’abandon de  l’austérité

2 il permet de ratisser au Centre politique et dans le marais, ce qui fait une base pour le futur pour ce gouvernement ex-socialiste et maintenant ouvertement social-démocrate très modéré.

3 il favorise une relative reprise économique, car la demande qui était en retard, différée, se dégèle avec les sourires et les mains tendues aux responsables économiques.

Tout se passe de la facon suivante.

-on arrive au pouvoir avec une image socialiste déterminée,

-on met en place  des réformes dures, économiques, sociétales et fiscales qui rendent quasi irréversible l’évolution vers plus de socialisme, la part de l’état dans le système augmentant de plus en plus et se rapprochant des 60%

-on échoue économiquement car l’activité ralentit, le chômage monte et les gens sont découragés

-on accepte l’amertume du peuple de gauche, fidèle au Maître Mitterrand, le cynique qui disait: « ils ne sont pas contents, oui, et après? »

– on vire à droite,  on distribue quelques miettes, on jette quelques os  à ses détracteurs du camp opposé et profitant à a fois de l’absence de mémoire, de l’absence de vision à long terme et de la  complicité de la pseudo opposition, on arrive à refaire tourner tant bien que mal la machine.

Au passage on a bien pris soin de pilonner et d’empêcher l’unité des classes sociales hostiles au socialisme et au dirigisme.

Et puis politiquement, électoralement on attend. On attend avec un seul argument, un seul slogan

« au secours, la Droite revient »

Les résultats de cette politique se donnent à voir, la confiance des milieux d’affaires entraine celle des chefs d’entreprises  et on voit un dégel. Les chiffres économiques moins mauvais,  ne s’expliquent pas autrement, le sentiment, le moral, s’améliorent.

Voici un exemple de cette politique.

Manuel Valls s’est présenté jeudi comme le meilleur allié des entreprises, ironisant sur la Droite qui demande des réformes drastiques sans jamais les mettre en oeuvre.

 Au congrès des experts-comptables, Valls a promis une réforme du Code du travail ambitieuse, qui apportera aux entreprises la souplesse nécessaire pour les convaincre d’investir et d’embaucher.

« Je veux faire confiance aux chefs d’entreprise et leur dire que nous sommes en train de mettre en place le cadre qui doit leur permettre de retrouver pleinement cette confiance », a dit Manuel Valls. « C’est le moment d’investir et d’embaucher. »

Le chef du gouvernement a rappelé qu’il avait déclaré son amour pour l’entreprise devant l’université d’été du Medef l’an dernier. Un message relayé un an plus tard par le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, qui a tenté de convaincre les patrons que leurs demandes avaient été comblées.

Comme Emmanuel Macron, Manuel Valls a reconnu les erreurs du passé, déclarant jeudi qu' »au début des années 2000, nous avons laissé la compétitivité de notre économie, de nos entreprises, de notre industrie, se dégrader ».

L’action du gouvernement, fondée sur le redressement des comptes publics, l’amélioration de la compétitivité des entreprises et bientôt davantage de souplesse avec la réforme du Code du travail, doit restaurer cette confiance, a-t-il plaidé.

« Nous allons maintenant nous attaquer à la refonte du Code du travail : il y a ceux qui en parlent mais qui ne le font jamais et puis il y a ceux qui comme moi en parlent pour le faire », a-t-il dit, égratignant sans le nommer Nicolas Sarkozy.

Le président des Républicains prône une sortie du régime des 35 heures pour les entreprises qui le souhaitent avec un allègement des cotisations patronales jusqu’à 39 heures, une « attaque sans précédent » contre le modèle social selon les ténors du Parti socialiste.

Vous noterez que jamais on n’a vu plus bête que cette Droite.  Au lieu de laisser le gouvernement se débrouiller avec cette histoire et en  endosser l’impopularité seul, cette Droite éprouve le besoin de faire de la surenchère idiote et de donner une image d’elle même, une fois de plus antisociale, déplorable, le couteau entre les dents. Le « toujours plus »  sous cette forme est une imbécillité car il permet à la gauche d’argumenter en disant vous voyez, avec les autres, ce serait pire. A chaque fois la Droite tombe dans le piège. Elle ne rate jamais une occasion.

Il faudra, a poursuivi Manuel Valls, « fixer des grands principes qui sont ceux du Code du travail qui doivent assurer la protection des salariés mais il faut plus de souplesse, plus de flexibilité, donner davantage de confiance à ceux qui représentent les salariés, à ceux qui dirigent les entreprises ».

Les sondages, en ce moment, ils s’en fichent

La cote de popularité des deux têtes de l’exécutif français, François Hollande et Manuel Valls, continue de décliner, selon un sondage TNS Sofres pour le Figaro Magazine.

Sur 1.000 personnes interrogées du 24 au 28 septembre, seulement 16% disent faire confiance au chef de l’Etat pour résoudre les problèmes de la France, soit deux points de moins qu’il y a un mois. Depuis février, il a perdu sept points.

Jamais un président de la Ve République n’a été aussi impopulaire à ce stade de son mandat, mais lui-même est descendu dans ce baromètre à 13% il y a un an.

La cote de François Hollande continue notamment de s’effriter parmi les partisans de sa propre formation politique, le Parti socialiste, avec seulement 44% de bonnes opinions (-6), les opinions négatives dépassant largement les 50% (53%).

De son côté, le Premier ministre recueille 33% d’opinions favorables, soit quatre points de moins qu’il y a un mois. Contrairement au chef de l’Etat, Manuel Valls jouit cependant d’une cote fortement positive au sein du PS (63%), même si elle s’érode de trois points.

Selon la même étude, le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, régulièrement sous les feux de la rampe médiatique pour ses propos iconoclastes, est le ministre le plus populaire du gouvernement : 28% des sondés souhaitent le voir jouer un rôle important dans les mois et les années à venir.

Une réflexion sur “La stratégie du gouvernement dans ses oeuvres, bien joué…

  1. Votre texte décrit parfaitement leurs modes de fonctionnement et leurs désirs de devenir réalité. L’histoire, pas celle de l’immédiat, celle du temps démontre que les régimes quelqu’ils soient, finissent par s’effondrer sous leurs propres poids d’incompétences et plus spécialement économique.
    Singapour n’est pas un modèle de liberté politique, mais la population à une liberté sociologique et économique totale. Sans me tromper.
    C’est le niveau de vie, surtout sa perception de maintien, de hausse ou de baisse qui est déterminant à la survie des régimes totalitaires.
    L’Allemagne de l’est s’est effondrée en quelques semaines quand la bascule des esprits du plus grand nombre s’opère, ni croit plus.
    Hollande, Sarkozy, Le Pen ou qui sais je, pas d’importance, vous allez vivre l’accélération des soit disantes réformes mais qui ne font qu’accélérer la chute du système.
    La fin est programmé, de toute façon, car le socialisme veut multiplier les petits pains sans les fabriquer ou plus exactement en accusant le boulanger de vouloir s’enrichir.
    Merci et bravo pour le travail de termites que vous faite, il n’y a que ça qui marche.
    La conquête des esprits.
    Amicalement

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