Sur la pente, le vertige monétaire

Nous avons expliqué il y a quelques jours que la prise de conscience de l’échec des politiques monétaires laxistes pour lutter contre les risques de déflation et la croissance lente progressait. Les débats sont en cours, les langues se délient, on ose contester le financièrement et monétairement correct. La politique monétaire a été utile pour stopper la crise financière  en 2008, déjà moins efficace pour soutenir l’activité et faire pousser les « green shoots », elle a été nulle pour la lutte contre le tendance à la baisse des prix. En sens inverse, elle a coûté cher en termes de constitution de risques financiers, et encore plus en termes de crédibilité et compétence des banques centrales. Sans parler de l’élargissement des inégalités, de la fissure des consensus sociaux et de la remise en question des bi-partismes.

La mort du monétarisme à toutes les sauces sera lente, car les PHD du MIT américain tiennent le haut du pavé, ce sont eux qui font, qui fabriquent la pensée du gouvernement. Et ils ne sont pas prêts à reconnaître leurs erreurs. Ce sont les autres qui les paient, n’est-ce pas.

Nous avons émis l’idée que malgré cela on irait vers un autre type d’action face à l’accumulation des échecs et des risques.Nous pensons que le temps viendra vers les 2017.

En attendant il ne fait aucun doute que les PHD vont continuer de vouloir en faire plus dans le monétaire et les théories fausses, ils ont toujours le même argument qui date du début du 17e siécle, celui de John Law: on n’est pas allé assez loin, on n’en a pas fait assez pour déclencher le seuil critique. Nos PHD sont séduits par l’audace Européenne à imposer et manier l’arme destructrice par excellence du Système économique et social, nous voulons parler de l’arme des taux négatifs. Et nos zozos de l’étudier.

Le relèvement  des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine cette année pourrait être dangereux. Il devient problématique. Au lieu d’en tire les conclusions qui s’imposent: le monétaire, cela ne marche pas et on n’arrive plus à en sortir, non ils veulent tenter d’aller plus loin. Franchir la limite du Zéro Bound.

Au point que certains responsables de la banque centrale en seraient à reconsidérer les taux d’intérêt négatifs.

Les prix de détail de la première économie mondiale ont subi en septembre leur baisse la plus marquée en huit mois, dans le sillage de ceux de l’essence. Par ailleurs, les prix de gros ont enregistré le mois dernier leur recul le plus fort en huit ans. La situation chinoise et celle des émergents ne permet pas d’envisager la moindre amélioration, au contraire.

Si l’on ajoute des statistiques de l’emploi et des ventes au détail moroses, les Etats-Unis commencent à éprouver les effets du ralentissement économique chinois et d’autres pays dits émergents, de la chute des cours des matières premières et d’une hausse du dollar à l’oeuvre depuis plus d’un an. On notera qu’ils sont arque-boutés pour s’opposer à la hausse, pourtant normale du dollar, en particulier, l’Administration. Avec la BCE de Draghi, c’est un affrontement à fleurets à peine mouchetés. il est vrai que les excédents Allemands passent mal de l’autre coté de l’Atlantique, mais c’est une rançon d’un système idiot, non homogène, non convergent en Europe, ce qui est bon pour les européens déficitaires est scandaleusement inapproprié  pour ceux qui sont en excédent.

Si bien que la Fed n’est pas près d’atteindre son objectif d’une inflation de 2%. Deux gouverneurs influents de l’institut d’émission ont recommandé cette semaine de repousser toute hausse des taux même si la présidente Janet Yellen et d’autres n’ont cessé de dire qu’un tel relèvement était vraisemblable cette année.

Ils sont au moins six responsables de la Fed a avoir publiquement évoqué ces deux dernières semaines l’hypothèse de faire payer les banques qui entretiennent dans ses livres 2,7 Trillions de réserves.  Quatre ont dit que l’idée valait la peine d’être creusée si la reprise calait brutalement, tandis que le président de la Fed de Minneapolis Narayana Kocherlakota a réclamé une baisse immédiate en dessous de zéro. Peu importe que l’on démontre que ces réserves ne sont que faussement inactives et qu’elles jouent un rôle dans le système, peu importe les risques sur les Money Market Funds, peu importe les dangers dans la chaîne des collatéraux, peu importe la spoliation des épargnants, on cherche à repousser les limites keynesiano-monétaristes.

« Alors que c’était jusque là impensable, on ne peut plus exclure l’hypothèse de taux négatifs puisque l’idée fait peu à peu son chemin », observe Thomas Costerg, économiste de Standard Chartered.

La Fed avait envisagé des taux négatifs en 2008 puis en 2012.  Elle avait reculé de crainte d’effrayer les investisseurs et d’accroître un peu plus les tensions d’un marché monétaire dont le taux de base  était établi dans une fourchette de 0% à 0,25%, où il demeure encore aujourd’hui.

Mais il se trouve que la Banque centrale européenne et ses homologues suisse, suédoise et danoise ont eu recours au procédé ces deux dernières années sinon avec un certain succès, du moins sans catastrophe apparente. On fait valoir que la structure européenne est totalement différente de la structure Américaine, mais l’argument reste lettre morte.

« J’observe la chose avec un grand intérêt, et je suis sûr que mes collègues font de même, pour déterminer si les banques centrales disposent d’un tel outil si besoin est à l’avenir », a dit le président de la Fed d’Atlanta Dennis Lockhart la semaine dernière.

Lael Brainard, l’un des gouverneurs de la Fed, a fait une allusion indirecte aux taux négatifs lundi lorsqu’elle a dit: « Nous gagnerons à étudier et à apprendre » de l’expérience européenne.

Le très influent président William Dudley de la Fed de New York a évoqué le principe de taux négatifs mais l’a écarté jusqu’à présent, jugeant son application « peu plausible à court terme ».

Des SVT (spécialistes en valeurs du Trésor) interrogés en septembre fixaient à 10% la probabilité d’une récession aux Etats-Unis, et à 20% celle d’une récession mondiale, dans les six mois.

Les institutions Internationales comme le FMI, de leur coté ne cessent de crier au loup et de faire pression pour le maintien des politiques super-accomodantes.

Le monétaire, c’est le refuge non seulement de l’inefficacité , mais aussi de la lâcheté. Comme le disent les Allemands. il permet d’éviter de prendre les décisions douloureuses qui s’imposent. L’une de fonctions des limites est de retenir, de modérer, d’empêcher de faire des bétises. Les limites des politiques monétaires anciennes avaient le mérite de forcer à proportionner les dépenses aux ressources présentes et prévisibles. On a repoussé ces limites par les taux zéro. Qui sait que depuis 2007 la dette du gouvernement américain à progressé de 140%, mais que la charge d’intérêt, le coût de cette dette n’a augmenté que  de … 8%. Pourquoi se priver de dépenser? Demain avec les taux négatifs, ce sera encore mieux puisque la dette s’auto consumera, elle sera bio-dégradable, ce sera l’incitation suprème. Nous ne sommes pas dans le linéaire, nous sommes dans le discontinu, un discontinu qui fait changer de Système, mais quasi personne ne s’en inquiète. Les taux négatifs, après les taux zéro, c’est la destruction d’une certaine forme de société fondée sur l’épargne et la responsabilité.

On choisit de côtoyer les abîmes,  on tutoie le puits sans fond des taux négatifs. Gare au vertige de la facilité, gare à la séduction de la Lorelei,  bientôt ils inciteront   à faire le pas de plus, lequel sera le grand saut dans l’inconnu.

En Prime

 Divisions au sein de la Fed

Les responsables de la Fed affichent très ouvertement leurs doutes et leurs divisions sur la nécessité ou non de relever les taux d’intérêt à l’approche des dernières réunions de politique monétaire de l’année.

Fait rare dans les échanges entre les membres du Comité monétaire (FOMC), deux gouverneurs ont publiquement exprimé cette semaine leurs réticences à relever les taux avant la fin de l’année.

Leur patronne Janet Yellen, présidente de la banque centrale, venait au contraire dans un discours dix jours plus tôt, de remettre sur la table la perspective d’un relèvement des taux, sans doute pour décembre.

Son numéro deux, Stanley Fischer, avait lui aussi enfoncé le clou, répétant qu’il « prévoyait » un relèvement même si ce n’était « pas une promesse ».

Le gouverneur Daniel Tarullo, qui réserve d’ordinaire ses interventions à la régulation des banques plutôt qu’à l’économie du pays, a déclaré dans une interview télévisée cette semaine qu’il doutait qu’il soit « approprié » de relever les taux cette année. Il estime qu’il faut « attendre des signes tangibles » d’une remontée de l’inflation.

Quant à Lael Brainard, une gouverneure qui vient du Trésor où elle était spécialisée dans la finance internationale, elle a également appelé à la prudence, estimant que « les risques venus de l’étranger » étaient « plutôt négatifs ».

En septembre, citant les incertitudes sur l’économie chinoise et les turbulences sur les marchés financiers, la Fed avait choisi de maintenir le statu quo sur les taux, les laissant proches de zéro comme ils le sont depuis la crise financière fin 2008.

Depuis, les chiffres de l’emploi et les ventes au détail pour septembre ont été décevants. Et tout le monde s’accorde désormais pour dire que la croissance va ralentir au 3e trimestre, un peu au-dessus de 1% au lieu des 3,9% du 2e trimestre.

Le Livre beige, rapport de conjoncture de la Fed, a aussi montré jeudi que le dollar fort et le ralentissement en Chine pesaient sur l’industrie manufacturière à travers le pays.

Si la Fed ne cesse de dire que les facteurs de baisse des prix sont « passagers », les doutes des membres du Comité semblent plus profonds.

Les projections des différents membres du Comité publiées en septembre montrent que « neuf d’entre eux, soit la majorité sur les 17 présents, croient que les risques sont plus grands » que l’inflation ne remonte pas de sitôt vers l’objectif de 2% que souhaite la Fed,
En Prime DOCUMENT 

PICTET SUR L’INFLATION AMERICAINE

« Year-on-year headline inflation fell back to zero in September, but core inflation inched up from +1.8% in August to +1.9% in September. The slack in the labour market is diminishing rapidly, and deflation is not really posing a risk in the US. However, with a higher dollar and inflation low worldwide, we believe core inflation will remain relatively stable over the coming months.

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The headline consumer price index (CPI) declined by 0.2% m-o-m in September, in line with consensus estimates. As suggested by weekly data on gasoline prices, energy prices fell markedly back further  in September (-4.7% m-o-m). Meanwhile, food prices increased by 0.4% m-o-m. The end-result was that, on a year-on-year basis, headline inflation fell back to zero in September, against +0.2% in August. However, headline inflation should bounce back soon (see end of this post).

Core CPI rose by 0.2% m-o-m, slightly more than expected
The core CPI index (which excludes food and energy prices) rose by 0.2% m-o-m in September (+0.21% before rounding), a reading above consensus expectations (+0.1%). However, this higher monthly reading followed two consecutive months of soft increases. As a result, over the past three months, the core CPI has increased at a still moderate annualised pace of 1.7%, against a faster 2.3% over the previous three months. On a year-on-year basis, core inflation inched up from +1.8% in August to +1.9% in September (+1.89% before rounding).

CPI core inflation is the aggregation of very different groups of prices, with very different behaviours. For our part, we tend to regroup prices into three sub-indices: goods, shelter and services excluding shelter (see chart below).

The slight acceleration in y-o-y core inflation comes from the latter two subindices. Shelter prices – which represent 42% of total core CPI – rose at a solid pace: +0.3% m-o-m and +3.2% y-o-y in September (+3.1% in August). And prices for core services excluding shelter rose by 2.1% y-o-y in September, against +2.0% in August. Admittedly, this group of prices only increased by a modest 0.1% m-o-m last month, but that was nevertheless higher than the flat monthly reading recorded in September 2014. Meanwhile, prices of core goods remained unchanged m-o-m in September and were down 0.5% y-o-y, the same reading as in August (see chart below).

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Core inflation likely to remain relatively stable

What should we expect for the future? With high demand for rental units and a low level of rental vacancies, shelter inflation is likely to remain relatively high. However, we do not expect any further acceleration over the coming months, mainly due to the lagged moderating impact of the slowdown in house price inflation witnessed over the past two years or so. Meanwhile, despite the recent downward correction, the dollar surge recorded in the past few months will continue to have a damping impact on import prices. And we forecast that, on a trade-weighted basis, the greenback will climb further by around 4% over the coming 12  months. Moreover, the indirect lagged impact of much lower oil and commodity prices is probably not completely behind us. These two factors should continue to weigh on core inflation, at least over the coming 6-9 months. In addition, it is important to note that the international background is not pushing towards more inflation – quite the opposite. Inflation remains pretty low worldwide, and deflationary forces are still present. This context is limiting pricing power in the US as well.

As for potential domestic wage pressure, the analysis remains quite difficult. Most measures of wages continue to rise at a very modest pace. At the same time, though, the unemployment rate is falling rapidly, and most indicators of the situation in the labour market have improved quite markedly of late.

Although there is much discussion about the extent of the slack in the labour market, there is no denying this slack is diminishing rapidly. At some stage or another, the fall in unemployment is expected to feed through and push wage inflation upwards (see chart below). We continue to expect wage increases to pick up gradually over the coming months. However, the influence of wage increases on overall core inflation should remain pretty muted, at least for the coming 12 months or so.

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Overall, we continue to believe that y-o-y core inflation will remain relatively stable over the coming 6-9 months, before picking up modestly towards +2.1%-2.2% by the end of next year. We see the same kind of movements in core inflation with the Personal Consumption Expenditures (PCE) deflator, the Fed’s preferred measure (from +1.3% y-o-y in August to around +1.6%-1.7% by the end of next year).

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As for y-o-y headline CPI inflation, the most important factor will be the disappearance of the sizeable base effect linked to the fall in gasoline prices recorded between September 2014 and January 2015, and then again the decline witnessed between July and September this year. Headline inflation should, therefore, bounce back sharply in the near future (see chart above), before stabilising for a few months. Working on the hypothesis that oil prices recover gradually in 2016, headline inflation should then rise again and move above core inflation sometime in H2 2016. »

2 réflexions sur “Sur la pente, le vertige monétaire

  1. Il ne reste effectivement que la guerre ou les taux négatifs pour sauver Wall Street.Les politiques américains feront tout pour sauver Wall Street.Je n’en vois aucun capable de bouleverser le système financier actuel,ils savent a qui ils doivent leur élection

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  2. Et entre temps on progresse aussi sur le terrain de la guerre, solution de dernier secours permettant de cacher l’incompetence non-avouable et ainsi de sauver coute que coute les apparences, auxquelles toute civilisation occidentale moderne reste tres attachee.
    Un petit espoir d’embellissement du coté de l’Amerique, au detriment de l’Europe, reste peut etre la lente interdiction du diesel et ainsi un coup de pouce pour l’automobile us … ? !
    bon week end !

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