Je publie très peu de commentaires

Je publie très peu de commentaires en regard du nombre reçu .

Ceci mérite une explication.

Chaque article ou billet à un thème central et seuls sont passés les commentaires qui , ayant cerné et compris le thème central, y apportent quelque chose . Les opinions « pour ou contre » ne m’intéressent pas et elles ont peu de chance d’être portées à la connaissance de l’ensemble des lecteurs. De même les messages du genre « j’ai aimé ou détesté » ou « je suis d’accord avec vous ou pas d’accord » ne présentent que peu d’intérêt en général.

Exemple, juste pour faire comprendre.

Je dis que Hollande est socialiste, je précise même qu’il est « socialiste moderne » et je prends la peine de définir le socialisme comme l’uniformisation, la négation des différences, des identités, la marche vers l’universel abstrait, la priorité donnée au collectif sur l’individuel, la réduction du naturel au culturel, et j’y oppose ma définition de la droite comme soutenant la diversité, l’identité, les différences, la nature, l’héritage etc . Voila le thème central. Ce texte est inspiré par l’idée que derrière les étiquettes politiques inchangées, les contenus et les réalités changent, le socialisme actuel n’a plus que de lointains rapports avec celui de Léon Blum.   Si vous avez quelque chose à apporter vous le proposez sinon il y a peu de chance que votre intervention soit retenue.

Ce qui est absolument  » retoqué »,ce sont les commentaires prétentieux qui sont inspirés par une incompréhension totale des sujets, les commentaires qui partent délibérément sur un contresens. Je les refuse car si ils étaient publiés, ils gâcheraient le travail que je fais en introduisant des confusions dans les esprits.

Cela ne me dérange pas si certains écrivent que je censure, bien que ce ne soit pas de la censure mais de la sélection en fonction d’une politique et non d’une opinion. J’ai une politique rédactionnelle, j’en suis le maître et je la fais respecter.

Beaucoup de commentaires sont à vif, émotionnels, les auteurs ne prennent même pas la peine de lire et de comprendre, encore moins de faire des recherches. Ils sont bannis. Tout comme ceux qui ne respectent pas les formes, comme l’orthographe ou la grammaire. Néanmoins, je suis très tolérant en cas de remarque juste mais maladroitement exprimée.

Pourquoi cette rigueur ?

Parce que ce site n’est pas un forum, parce qu’il ne vend rien et ne cherche même pas à persuader, il cherche à transmettre, à ceux qui ont la capacité de l ‘assimiler, une certaine manière de comprendre, une façon de lire le monde.

Si je vous aide à comprendre, c’est bien sinon , ce n’est pas grave. Dans nos pays, à notre époque le besoin de comprendre est très limité, il ne concerne qu’une minuscule fraction de la population. C’était déjà la remarque d’Hannah Arendt en son temps, cela ne l’a pas empêchée d’être prolixe.

8 réflexions sur “Je publie très peu de commentaires

  1. en tant que lecteur je commente assez peu en général, je lis et je garde ou non quelque chose, cela me regarde. quant à Maurice Allais dont vous parlez très bien, cet homme était trop intelligent, je pense, pour être compris des illettrés qui ne font que compter. toutefois à propos de votre remarque , il me semble que le contexte est dans le temps, lorsque vous tenez compte de celui-ce ( le temps ) vous tenez compte de l’autre( le contexte ). ils sont un peu consubstantiels. je pense qu’il n’a simplement pas creuser par manque de temps, justement, ou parce qu’il n’a pas jugé bon de creuser plus. en tout cas lire cet homme est bon pour ce qu’il dit et la façon dont il le dit. vous devriez faire un billet entièrement sur cet homme que l’on ne connait finalement assez peu, étayer sa pensée à l’aune de cette crise permanente dont la mondialisation se repait. comment un homme peut avoir raison et être si peu pris en compte ? quel sens à donner à une telle aberration ? quel est le ressort profond de cette économie qui fait le malheur du genre humain ? au final , le sien aussi.

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  2. Je partage votre dimension critique, il est impératif de percevoir le sens et les causes au delà des conséquences et des manifestations, sinon on passe à côté de l’essentiel.

    La dissimulation, la désinformation et la mystification sont indispensables pour « les Maîtres » car si les peuples comprenaient leur ambition d’être le cœur de la gouvernance mondiale et les moyens mis en œuvre pour y parvenir, il y aurait – peut-être – la révolution demain matin.

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  3. Bonjour Monsieur BERTEZ,
    pour ma part, votre blog remarquable s’apparenterait plus à un MOOC d’éveil pour permettre à vos lecteurs de comprendre les sous-jacents qu’à un « simple » blog comme il y en a beaucoup.

    L’esthétique de votre site, « dépouillé », participe à mon sens de cette même volonté de pointer l’essentiel, de ne pas disperser le lecteur et notamment sans publicités envahissantes.

    « Il n’est de vérité que du tout » ferait un excellent sujet de philo.
    Ma perception en est qu’il faut pouvoir appréhender et comprendre le tout dans sa complexité perpétuellement changeante pour trouver la vérité à un instant T.

    Pouvez-vous m’éclairer sur le sens que vous donnez à cette phrase emblématique de votre blog ?

    Profonds remerciements pour tout ce que vous nous transmettez.
    Bien à vous.

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    1. Votre interprétation de cette phrase emblématique est correcte.

      Mais j’ajoute une dimension critique :
      le découpage du savoir en tranches, le saucissonnage sont des pratiques mystifiantes pour dissimuler ce qui est important, et ce qui est important c’est le sens des choses. Le sens vient du tout, du contexte et des articulations entre les éléments du savoir.

      La pensée positive, celle qui est utilisée par les Maîtres, saucissonne et dissimule les liens entre les choses, les évènements et les situations. La tromperie s’exerce plus au niveau de la dissimulation du rapport entre les éléments du tout que par le mensonge.

      Ainsi isoler le phénomène actuel des « migrants » des guerres en cours est une opération idéologique de mensonge

      isoler le terrorisme de la multiplication des conflits dissymétriques, entre forts et faibles est une opération idéologique de mensonge

      isoler le malaise et la révolte des musulmans de la volonté occidentale de globalisation de leur ordre marchand et de la pression à l’uniformisation, à la standardisation, à la négation des spécificités est une opération idéologique de mensonge.

      isoler la recrudescence des guerres de la crise financière de 2008 et des difficultés américaines à maintenir leurs positions impériales est une opération idéologique de mensonge

      isoler les prises de positions actuelles de l’Europe sur la géopolitique de l’Histoire qui a produit la constitution de l’Europe sous influence américaine est une opération idéologique de mensonge

      isoler l’analyse de la position du Front national se ses origines et de son mouvement pour se libérer de ces origines est une opération idéologique de mensonge

      etc

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  4. Un profond merci pour votre travail de réflexion que je suis depuis longtemps.

    Votre position quant aux commentaires est absolument justifiée :

    – seul maître à bord après Dieu
    – il faut recentrer la question
    – ne pas céder aux like qui ne sont que manifestation de la culture – spectacle

    Invoquer H.ARENDT fait mal, car tout le travail pour apporter un peu de lumière dans nos esprits ,et malgré les sommes dépensées dans le domaine de la Culture par exemple (équipements, fréquentation) ne touche in fine qu’un infime pourcentage de la population , jusqu’ici constant mais qui tend à s’amenuiser….

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  5. Bonjour Monsieur Bertez,

    Je rédige aujourd’hui mon premier commentaire pour aborder plusieurs points :

    1.
    Je note que vous décrivez/expliquez/vulgarisez quotidiennement le fonctionnement « tel qu’il est » du monde financier actuel. C’est très intéressant de comprendre la logique interne du Système.
    Il serait aussi extrêmement intéressant d’avoir votre vision de ce pourrait être un modèle efficient/optimal et comment aller vers ce modèle.
    Il s’agit là presque de proposer une vision politique. Avez vous déjà envisager de réaliser un tel travail ?

    2.
    Je viens de lire beaucoup au sujet de Maurice Allais et je trouve son travail extrêmement intéressant et surtout original.
    Avez vous déjà réalisé une critique des ses analyses et de ses propositions ? Et notamment sur le sujet du protectionnisme (« raisonné et raisonnable ») ?

    3.
    Je vous soutiens totalement dans la gestion des commentaires.
    Trop de sites sont pollués par des armées de « trolls » qui n’apportent rien et nuisent à la compréhension des sujets abordés (même sur leblogalupus). Bien sûr je n’attends pas que mon commentaire soit posté.

    Je vous remercie sincèrement pour tout le travail que vous DONNEZ au public.

    Cordialement,

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    1. Merci
      J’ai beaucoup écrit sur Allais en son temps. Ses travaux qui montrent, chiffres en mains, le lien qui existe entre la montée du chômage et la globalisation sont exceptionnels et ils invalident toutes les théories fumeuses sur les bienfaits du commerce international ouvert à tous vents.

      La globalisation est la réaction du Système du capitalisme financier face à la tendance à la réduction du taux de profit, tendance à la réduction du taux de profit qui vient du refus des crises de destruction du capital inefficace et de l’inflation de capital fictif non productif, ce capital de « poids mort » comme disait Caillaux.

      Point à la ligne.

      Mais ce pourquoi j’admire Allais est ailleurs, dans sa réintroduction d’une évidence, le facteur « temps » en économie! L’importance du temps, de la mémoire est tellement grande qu’on l’occulte.

      Il aurait pu aller plus loin et montrer l’importance d’une autre évidence dans la vie économique, celle du facteur « contexte »; cela aurait permis de mieux analyser la crise de 2008 et surtout ses pseudo-remèdes idiots à la Bernanke.

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    2. Je vous remercie
      je n’ai pas de vision d’un modèle optimal car dans mon cadre analytique , c’est la société dans son ensemble produit le modèle qui lui convient. Et il faut la laisser tranquille.

      Je dis souvent: tout ce qui existe à une raison d’exister, si une situation évolue c’est parce qu’il y a des forces qui la font évoluer dans un sens et modifient ses équilibres. Ce qui ne bouge pas, est en équilibre, le plus et le moins se compensent.

      Tout ce qui a fait bouger, qui a bouleversé de façon significative nos sociétés depuis 50 ans s’est fait en dehors du politique. Le politique, c’est le discours des impuissants qui veulent avoir l’illusion de la puissance, ils ne conduisent rien, ils récupèrent, ils se couchent et ils multiplient les bassesses pour conserver cette illusion enfantine.
      C’est la société, les gens, les individus et leurs interactions qui conduisent le monde.

      Y a t-il un politicien qui a mis en place Google? Facebook ? Les bio-technologies qui vont changer le monde? Non .

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