Reflexion d’un lecteur La minute du silence, sur un air de déjà-vu

La minute du silence, sur un air de déjà-vu:

Aujourd’hui, on nous a demandé de faire une minute de silence pour les crimes abominables des terroristes.
On nous l’a demandée, afin de rendre hommage aux victimes mais aussi au nom de la solidarité nationale face à l’adversaire… une façon tronquée de marquer son patriotisme?.

Pour tous ceux qui comme moi savent le double jeu du gouvernement qui d’un coté supporte des djihadistes « modérément » extremistes et qui de l’autre se targue de vouloir détruire DAESH, cette minute de silence a quelque chose de troublant, disons de…… fasciste dans l’âme, quelque chose de la fameuse « pensée unique » qui consiste à soutenir une idée ou une attitude au nom d’un impératif moral supérieur qui ostraciserait, de fait, toute attitude non alignée.

Une manière, pas si moderne, de rechercher le consentement général.
On ne peut s’écarter de la ligne instruite par l’état et la société civile dont le lien de conjugaison, qui est le véritable comburant des affects, se manifeste dans les discours « bourrage de crane » émotionnels des média, chiens de garde aboyeurs et mordeurs de la nation qui agissent en meute quand la situation l’exige… réaction du chien de Pavlov certainement.

La difficulté, pour moi, est dans un premier temps de refuser de suivre la masse dirigée par des politiciens vereux et criminels en col blanc, qui ont la duplicité comme langage et Machiavel comme phare intellectuel, puis dans un second temps de se sentir ê tre dans l’obligation morale de se plier à l’injonction tacite du « souffrir ensemble » tout en étant soi même touché, malgré tout, par la douleur de cet acte innommable dont nos politiques se sont rendus complices.

Je me rappelle avoir lu un article de 1936 (« l’illustration ») ou un journaliste francais décrit ses pérégrinations dans le Berlin hitlérien. Il marche dans la rue, la population s’affaire à ses occupations quotidiennes… bientot sera diffusé un message du fuhrer (le guide) dont tout le monde ignore le moment exact, seulement que l’échéance est proche, puis…
on entend le crépitement des enceintes (fixées sur les hauteurs des poteaux)… le fuhrer éructe, et là le monde s’arrete!!, on ne parle plus, on ne s’agite plus, le temps devient une bulle… on se fige et personne n’ose rompre le silence que recouvre la diatribe du fou. L’auteur du reportage est interloqué, il découvre brutalement un autre univers… carcéral, ou la peur de vivre indépendamment de la masse pourrait se payer cher, très cher, car tout le monde est possiblement un fidèle du parti national socialiste et donc susceptible de vous vendre à la S.A.
La minute de silence dans une entreprise, dans le train ou tout autre endroit collectif crée de fait une dimension semblable d’oppression ou tout se fige et ou le lemming doit se plier à la connivence… car l’ambiance ne se prète guère aux émancipations… actes de dissidence qui sont vécus comme des provocations au mieux, et au pire, comme de la mansuétude pour les salauds.

Les entendre chanter la Marseillaise, alors qu’ils enterrent la nation et son histoire au nom d’un fédéralisme mortifère qui n’est qu’un avorton, succedané du IIIème reich impulsé par l’Empire du soleil couchant, celà fait mal, plus mal encore que de les regarder s’affadir devant la tombe de De Gaulle qu’ils ont trahis en esprit comme en actes en de véritables rituels cycliques semblables à une « tournante » nécrophilique de l’ordinaire politique.

Master T

2 réflexions sur “Reflexion d’un lecteur La minute du silence, sur un air de déjà-vu

  1. Je partage votre analyse et votre colère.

    Je n’ai pas besoin d’attendre une minute de silence pour avoir de la compassion et de l’empathie, surtout lorsque cette minute de silence – imposée par nos gouvernants responsables des attentats – n’est que manipulation.

    De surcroît, pour moi une vie humaine est une vie humaine et elle est précieuse. J’ai autant de compassion pour toutes les victimes des bombardements effectués par la France ou ses complices en Syrie, en Libye, en Irak…que pour mes concitoyens victimes des attentats du 13/11.

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  2. S’agissant des dirigeants, des « notoires », des professionnels de la chose publique, des petits et grands accapareurs, s’agissant de ceux qui se livrent éhontément à la tournante nécrophilique que vous pointez… vous avez parfaitement raison. Et votre colère est juste.

    Mais il y a les autres, il y a nous, oui, nous, nous à qui l’on fait tant honte, d’ordinaire, de notre amour de la patrie, de notre souci que ne sombre pas le génie de la France. Nous, qui n’osons plus que si rarement nous réjouir de former société, de nous ressembler, de nous aimer dans le fil d’une grande et féconde Histoire, si divers que nous sommes par ailleurs…

    Alors, quand le malheur survient, oui, il y a ces minutes… fragiles moments et lieux de liens à nouveaux tissés, ces instants volés aux fossoyeurs de la belle patrie de France, où nous pouvons nous reconnaitre , en silence.

     » (…) des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies (…) » C d G.

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