Politique monétaire, tous les terroristes ne sont pas en prison !

Draghi est revenu nous tenir des propos de Maître; il assène, il affirme avec la même détermination qu’en 2012, lors de sa prise de pouvoir par le maintenant historique « coûte que coûte ». Il ne rencontre aucune résistance, aucune critique, pas une question sur l’échec du premier round de QE, sur l’échec japonais , rien,  un seul leimotiv: il faut faire plus de tout ce qui échoue.

Vous avez du remarquer, « faire plus de tout ce qui échoue » est une structure, un « pattern » de nos sociétés. Nous avons expliqué il y a peu que c’était exactement le même « pattern » que l’on reproduisait dans le cadre de  la gestion des attaques  islamistes: on intensifie la guerre qui est à l’origine des attaques, alors que l’on sait que cela ne mène nullement à la solution, tant que l’on refuse la véritable action sur le terrain. Ou tant que l’on refuse la solution politique.   Pourquoi?  Ce pattern? parce que nous sommes dans ce que les spécialistes appellent  « un monde de constructions parallèles ». C’est à dire que l’on construit des édifices de fausses rationalités, des  édifices de choses qui ne sont pas ce qu’elles prétendent être. On donne à voir des leurres que l’on fait passer pour des évidences . Avant on appelait cela des miroirs aux alouettes, étant entendu, que les alouettes, c’est vous.

L’échec des actions engagées n’a plus d’importance, on ne mesure plus l’efficacité des actions à leur résultat, mais à leur popularité. Et leur popularité n’a plus rien à voir avec la vérité, le débat démocratique, non elle a à voir avec la maîtrise des appareils de la fabrication des consensus populaires. Ces appareils ont la capacité d’étouffer tout ce qui gène et de monter en épingle tout ce qui sert. La machine est primaire, mais bien rodée.

Si une voix discordante s’élève, elle est rejetée, même pas contrée, non car la contrer ce serait lui donner crédibilité. Non ce qui est fait est plus radical, elle est niée, nulle et non avenue, comme si elle n’avait pas existé. ceux qui insistent sont excommuniés. Ils n’ont plus droit de cité, ils sont tricards sur les médias d’état et quasi tous sont d’état, il suffit d’avoir analysé Le figaro ou le Point  pour s’en persuader. Nous faisons exception pour le moment pour Valeurs Actuelles qui occupe une place particulière sur l’échiquier, mais il n’est pas très puissant.

C’est ainsi que cela se passe quotidiennement aussi bien en matière de politique économique, monétaire, que de politique tout court et maintenant de terrorisme. Analysez ce qui s’est passé avec Onfray, il a eu l’audace de penser, ce qui est son métier , aussitôt on a fait donner la troupe, on le fait maintenant passer pour un pro-fasciste!  On va bien sur faire de même avec Houllebecq.

Retenez bien ce que nous essayons de faire passer, il y a une structure sous jacente, un « pattern » au sens  de la théorie structuraliste, qui est à l’oeuvre et qui, pour l’instant marche.

Parce que les buts de la politique monétaire , des QE et des taux zéro, ne sont pas ceux qui sont avoués et martelés au public, ils sont:

-de financer les dettes des états,

-de solvabiliser les banques,

-de réduire le pouvoir d’achat réels des salaires directs et indirects, 

-hausser les marges et la rentabilité du capital productif et surtout improductif.

Le but c’est de poursuivre le Grand Transfert.

La recherche d’une inflation plus forte et d’une croissance améliorée ne sont que des moyens , tandis que les objectifs listés ci dessus sont les véritables priorités.

La question de savoir pourquoi les gouvernements et leurs oppositions politiques ne s’élèvent pas contre la politique monétaire se pose bien entendu. Pas un mot, on fait comme si cela venait d’une autre planète. C’est sacré, cela vient du ciel !

La raison de ce silence est simple: les gouvernements sont tenus par les c……s; c’est à dire par le robinet du financement , comme on l’a vu dans l’épisode de Berlusconi, dans l’épisode Grec . Le robinet du financement des déficits, du refinancement des dettes, mais surtout celui du refinancement, du « funding » de leurs banques .

Et c’est ce « funding » des banques qui est en fait le plus important. C’est ce qui explique la soumission allemande, laquelle ne fait semblant que de « couiner », contre la fin de l’orthodoxie monétaire car elle sait que la Deutsche  Bank est un colosse aux pieds d’argile. La BCE, les gnômes, ont le pouvoir de faire tomber n’importe quel gouvernement.

Comme ils feraient tomber un gouvernement conservateur de droite en France qui mettrait en oeuvre des politiques contraires à leurs intérêts. Le mur de l’argent des années  20 et  30 , il est là; délocalisé, avec un faux nez.

 

« La Banque centrale européenne (BCE) se tient prête à agir pour relancer l’inflation « aussi vite que possible », a déclaré vendredi son président Mario Draghi, ouvrant encore un peu plus la porte à une nouvelle intervention prochainement.

« Si nous décidons que la trajectoire actuelle de notre politique n’est pas suffisante pour atteindre l’objectif (d’une inflation légèrement inférieure à 2%, NDLR), nous ferons ce que nous devons pour relancer l’inflation aussi vite que possible », a promis M. Draghi lors d’un congrès bancaire à Francfort.

La banque centrale a déjà fait savoir fin octobre qu’elle allait réexaminer la portée de son action lors de sa prochaine réunion de politique monétaire début décembre, notamment à la lumière des nouvelles projections économiques que doivent dévoiler ses équipes.

Beaucoup d’observateurs s’attendent à ce que l’institution muscle davantage son soutien à l’économie alors que l’inflation a fait du surplace ces derniers mois. En octobre, les prix ont très légèrement augmenté, de 0,1%, soit très loin de l’objectif de la BCE d’une inflation « proche mais inférieure à 2% », définition selon elle de la stabilité des prix.

« Si nous concluons que la balance des risques pour notre objectif de stabilité des prix penche vers le bas, nous agirons en utilisant tous les instruments disponibles dans le cadre de notre mandat », a souligné M. Draghi. Et « lors de notre évaluation des risques pour la stabilité des prix, nous n’ignorerons pas que l’inflation est faible depuis déjà un certain temps ».

« Nous sommes confrontés à une situation où nous ne pouvons pas encore dire avec assurance que le processus de réparation économique en zone euro est achevé », a concédé l’Italien.

Si l’économie n’est pas jugée capable de renouer durablement avec la croissance, « alors il va falloir davantage de stimulation monétaire, que la BCE n’hésitera pas à fournir », a-t-il encore affirmé.

Selon lui, « la question à laquelle nous faisons face n’est pas si nous avons les outils disponibles pour fournir le degré approprié de politique monétaire. Nous l’avons prouvé. La question est celle de la calibration ».

Lors du même congrès bancaire, le président de la Banque centrale allemande Jens Weidmann, également membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a en revanche appelé à « ne pas dessiner un tableau trop noir » de la situation économique.

« En fin de compte, nous ne devrions pas oublier que les mesures monétaires déjà en place ont encore besoin de temps pour produire pleinement leurs effets sur l’économie », a plaidé l’Allemand, opposant notoire à une politique monétaire débridée. « Nous devons avoir conscience que plus le mode ultra-expansif de la politique monétaire dure, moins celle-ci est efficace et plus des risques (…) vont entrer en jeu », a-t-il encore fait valoir.

L’Allemand se  moque nous, on a enfin compris que dans la sphère monétaire européenne, on joue bon flic, mauvais flic pour faire semblant. C’était la technique au Soviet Suprème.

Entre la baisse de ses taux directeurs ou les prêts géants très bon marché mis à dispositions des banques, l’institution a multiplié ces derniers mois les gestes de soutien à l’économie européenne. Elle est passé à la vitesse supérieure en mars en lançant un vaste programme de rachat de dettes, de l’ordre de 1.140 milliards d’euros d’ici septembre 2016.

« Nous considérons que le programme d’achat d’actifs est un instrument puissant et flexible, dans la mesure où il peut être ajusté en terme de taille, de composition et de durée pour atteindre une politique monétaire plus expansive », a estimé M. Draghi, ajoutant que le niveau du taux de dépôt, appliqué aux banques plaçant à court terme des liquidités auprès de la BCE, pourrait également « renforcer les effets » de ce programme.

Le conseil de la BCE, qui réunit les 19 gouverneurs des banques centrales de la zone euro et 6 directeurs, tiendra sa prochaine réunion de politique monétaire les 2 et 3 décembre à Francfort.

3 réflexions sur “Politique monétaire, tous les terroristes ne sont pas en prison !

  1. Bien sûr que le but est de poursuivre le Grand Transfert. Mais le terme est trop
    neutre, mieux vaudrait écrire le Grand Hold-Up, la Grande Confiscation, ou autre
    chose du même genre. Car c’est bien d’une agression monumentale dont
    il s’agit. Je ne vois que deux précédents historiques comparables en France:
    les biens nationaux à la Révolution, et longtemps auparavant, la confiscation
    des biens d’église par Charles Martel.
    Le désordre organisé maintenant par tout les moyens vise à un état tel que la
    spoliation apparaisse comme la seule solution, si la « démocratie directe » n’y
    met bon ordre. comme le souhaite Houellbecq, et encore sa diatribe a-t-elle
    un aspect presque naïf devant l’évidence et le sommeil profond qui lui répond.
    Le réveil n’a pas l’air de sonner, mais enfin tout est possible…

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    1. Je reviendrai sur la spoliation et les biens nationaux au moment de la Révolution. C’est une de mes marottes.
      La spoliation du peuple a été complexe et double.

      D’abord le petit peuple n’a pas profité de la spoliation, le pourcentage de terres possédées par les misérables laboureurs n’a pas augmenté, il a baissé.

      C’est la bourgeoise, qui a profité et s’est accaparé le produit des confiscations en particulier cette bourgeoisie des gens de robe, très au courant des choses du droit. De très nombreuses grandes fortunes bourgeoises actuelles ont leur origine dans ce détournement criminel

      Mais la suite est encore plus grave car ce sont les barons de la finance qui se sont emparés de l’essentiel. Le régime s’est trouvé comme d’habitude en difficulté financière, la monnaie s’est dépréciée, elle ne valait plus rien , rien de rien. Une idée scélérate a germé, elle consistait soit disant pour soutenir le cours et la valeur de la monnaie à permettre d’acquérir des biens nationaux déjà décotés en réglant son acquisition avec de la monnaie à sa valeur nominale alors qu’elle ne valait que à 10 à 15% sur le marché financier! Que croyez vous qu’il arrivat? Les barons de la finance que je ne nommerai pas ici ont ramassé toute la monnaie dépréciée par tombereaux et brouettes et ils ont ainsi payé l’accaparement qu’ils ont fait des biens nationaux en monnaie de singe. Avec dès le départ un profit fantastique qui rappelle celui des voleurs oligarques russes au moment de Eltsine et des chicago boys. Ces barons de la finance ont gagné sur tous les tableaux, ils ont raflé les biens dépréciés, ont payé en monnaie de singe acquise à bon compte, ils ont reprêté l’argent aux régimes qui ont succédé et oeuvré ensuite contre les nationaux et les conservateurs pour instaurer la République qui leur allait si bien puisque dispendieuse et généreuse à souhaits.

      De la date l’alliance entre les barons de la finance avec ce que l’on appelle la gauche. Les Macrons de maintenant s »appelaient Leon Say etc.

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      1. « Le petit peuple n’a pas profité de la spoliation », voilà qui est dit crûment.
        C’était une affaire entre possédants. La monarchie n’ayant pu contraindre
        noblesse et clergé à payer l’impôt que préconisait déjà Vauban (avec
        l’approbation -purement théorique!- de Louis XIV), le régime allait de toute
        façon à la faillite.
        La noblesse assise sur des privilèges désuets et n’ayant que peu d’inclination à l’investissement productif ( le clergé encore moins), le « transfert devait s’opérer
        un jour ou l’autre en faveur de la bourgeoisie qui a su lancer les pauvres à
        l’assaut au nom de l’égalité.
        Deux siècles plus tard, les pauvres étant aussi des épargnants, il s’agit de saisir
        cette épargne, cette fois avec la complicité de l’Etat Républicain, qui de trouve
        donc contesté, à son tour. D’où la nécessité de le dissoudre dans des institutions
        supranationales.

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