Valls dit que Sarkozy court derrière le Front

 

Article Bruno Bertez du 8 décembre 2015

Titre : Valls dit que Sarkozy court derrière le Front

La question centrale, préalable à toute recomposition politique en France, est celle du Front.
Cette question est grave, très grave. Si les leaders politiques s’avisaient de sortir de leur lâcheté et essayaient d’y donner une réponse démocratique, c’est toute la face de la politique française qui pourrait être bouleversée.

On pourrait enfin tenter d’affronter les vrais problèmes, les problèmes réels. Est-il  normal que l’avenir d’un pays ne soit plus, maintenant, que conditionné par la position face au Front? On croit neutraliser le Front alors que, par défaut, négativement, on lui donne la place déterminante.

Le Front, c’est le « mort » du bridge, il ne joue pas, mais c’est lui qui détermine le jeu de la carte des autres joueurs.  La vie politique française, depuis le « coup honteux » de Mitterrand, ne tourne plus qu’autour de ces questions: quelle hauteur dans les votes pour le Front, comment l’empêcher d’accéder à des responsabilités, comment mettre hors-jeu politique un tiers des Français?

Toutes les questions importantes sont empoisonnées par ces petites combines, ces petites phrases, ces magouilles autour du Front. Touchera, touchera pas, baisera, baisera pas?
Je suggère que l’on remette le Front à sa place, celle qu’il n’aurait jamais dû quitter, si Mitterrand et Bérégovoy ne l’avaient pas financé et fait monter dans les années 80. Je sais de quoi je parle.

Quelle est la place du Front, je n’en sais rien. Tout ce que je sais,  c’est qu’elle est surévaluée, surachetée, comme on dit en Bourse,  par le fait qu’il gère la fonction tribunitienne, le ministère de la critique, et qu’il ne subit pas l’épreuve de réalité de l’exercice des responsabilités gestionnaires.

Le Front ne sera à son vrai niveau que lorsqu’il aura tâté de la réalité, aura dû faire face aux contradictions des Français, aura dû composer pour agir, etc. Il faut faire accéder le Front à l’épreuve de la politique elle-même, c’est à dire celle de l’efficacité républicaine, comme « ils »disent.  La pratique politique, c’est un autre niveau, une autre paire de manches, que le ministère de la parole.
« Manuel Valls a accusé mardi Nicolas Sarkozy de « courir derrière l’extrême droite » après le refus des Républicains de créer un front pour le second tour des élections régionales qui pourrait voir le Front national remporter au moins deux régions.
Le PS a appelé les électeurs de gauche à voter pour les candidats du parti Les Républicains (LR) dans trois régions susceptibles d’être remportées par le FN dimanche soir.
Les Républicains ont de leur côté validé la stratégie de Nicolas Sarkozy qui écarte tout retrait ou fusion des listes pour faire barrage au Front national.
« Je regrette la position de Nicolas Sarkozy, ce ‘ni-ni’ », a dit le Premier ministre à son arrivée à l’Assemblée nationale où devait se tenir une réunion du groupe des députés socialistes.
« Quand on a été président de la République, quand on est chef d’un parti, on prend ses responsabilités », a-t-il souligné. « On fait des choix, on ne court pas derrière l’extrême droite et le Front national, on est au clair, on ne met pas au même niveau la gauche et l’extrême droite ». »
 

 

3 réflexions sur “Valls dit que Sarkozy court derrière le Front

  1. Pour illustrer vos propos, lu dans un faux journal de la droite vide que je ne citerai pas pour ne pas leur faire de pub …
    « Dans l’Est, plusieurs candidats inscrits sur la liste déposée lundi par le socialiste soutiennent ouvertement la droite pour faire barrage au FN. Ils cherchent à se rassembler pour faire tomber la liste. »
    Jusqu’au sont-ils prêts à descendre pour faire barrage au Front National …

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  2. Plutôt Manuel Valls quittera ses « responsabilités » comme il le rappelle toutes les 30 secondes, plutôt le peuple français s’en portera mieux.

    Ce traitre au peuple français vit dans une réalité inversée; lui qui qualifie à tout bout de champ la France de démocratie alors que tout son être dégage de l’autoritarisme, dans ses attitudes, dans ses postures, dans ses paroles et dans ses actes. Avec Manuel Valls, le FN est déjà au gouvernement.

    Quoi de plus anti-démocratique que de retirer ses propres listes régionales – faisant totalement fi de l’électorat PS – et de demander au parti LR d’en faire autant pour empêcher le FN de gagner démocratiquement des élections régionales ?

    C’est scandaleux et j’espère que ceux et celles qui ont voté PS au 1er tour dans les régions PACA et Nord Pas de Calais – et peut-être Grand-Est si Mr Masseret finit par se désister sous la contrainte – vont voter blanc au 2ème tour pour lui montrer que eux, ces électeurs, veulent la démocratie et acceptent le verdict des urnes.

    A défaut, cela voudra dire que ces électeurs votent déjà, en connaissance de cause, pour le système totalitaire représenté par le chef du gouvernement en personne.

    Pour finir, c’est ce même traitre qui donne des leçons à tort et à travers au peuple français, prostitue la France devant les pétromonarchies du Golfe et veut défaire Assad pour importer sa « démocratie » en Syrie !

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