Editorial: le populisme est produit par la crise, c’est un moyen de peser sur elle

Je soutiens le populisme, je ne m’en cache pas. Je le fais pour trois raisons:

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-La première est que nul ne détient la vérité et les politiciens professionnels moins que tous les autres. Ils vivent dans un monde biaisé, codifié dont la logique est celle du monopole, ils barrent l’accés à tous les modes d’expression ou de contestation. On le voit encore avec les tractations en coulisse, secrètes qui ont lieu en ce moment en France afin d’éliminer de la scène publique des gens qui ont des choses à dire comme Cheminade ou Asselineau. On le voit en Suisse avec l’ostracisme dont est victime l’UDC. La politique est un business et les acteurs de ce business veulent que l’entrée soit réservée ou mieux, cooptée.

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-La seconde est que nul n’a le droit de mettre hors jeu une fraction des citoyens. Dans le vieux temps on le faisait grace à des lois scélérates qui instituaient une barrière en terme de fortune, il fallait avoir des biens pour avoir le droit de s’exprimer politiquement. Le capital, la notion de capital se sont élargis et maintenant on souhaite remplacer le club des riches par le club des “sujets supposés savoir.” ou le club des “gérants du bien et du mal” En fait on veut instaurer une barrière culturelle. Seuls doivent être admis ceux qui, dès le départ, montrent patte blanche et garantissent que l’on ne sortira pas des idées dominantes, que l’on ne contestera pas le sous-jacent, les prémices, bref le non-dit ou l’inconscient dissimulé du Systeme. En particulier on veut bouter hors l’arène politique reconnue, ceux qui, ayant compris que les choses sont complexes, sophistiquées et donc difficiles d’accés, ont choisi de simplifier, d’aller à l’essentiel, c’est à dire au résultat. Le populiste c’est celui qui ne respecte pas la règle du jeu de la complexieté trompeuse et qui dit tout de go: voila les conséquences de ces politiques et ces conséquences, vous les constatez vous même dans votre vie courante.

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-La troisième tourne autour de votre statut de sujet. En démocratie vous êtes un sujet à part entière sauf si on vous influence, si on vous fait douter de vous et que l’on vous réduit à n’être qu’une machine à dire “oui”. Le populiste prend appui sur ce que l’on voit, sur ce que l’on sent, appui sur ce que vous voyez, sur ce que vous ressentez, il part de vous et de votre vécu, c’est la raison de son succès; et ainsi, et c’est fondamental, vous ne doutez plus, vous avez confianc en vous. Eux, les dominants ne cessent de vous rabaisser de vous dire que vous avez tort, ils vous cassent, vous dévalorisent, en fait ils font de vous, intérieurement des sous-citoyens. Comme le disait Mélenchon qui est incapable de le réaliser, les populistes vous rendent le pouvoir, ils s’opposent à la castration dans laquelle “on” veut vous faire vivre. Et cela, les dominants n’en veulent pas, ils veulent que vous viviez dans le doute et que vous vous disiez sans cesse: “et si j’avais tort.”?

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Non, vous n’avez pas tort quand vous constatez les mensonges et la trahison de Hollande; vous n’avez pas tort quand vous dites avec le Front ou Mélénchon ou Asselineau, ou Dupont Aignan ou Cheminade que tout cela c’est bonnet-blanc et blanc-bonnet et que l’alternance cest un piège à c..s. Le duopole politique est un piège, une mystification, c’est un moyen d’emprisonner vos choix, de truquer la démocratie. Le vote utile, ce n’est ni PS, ni UMP avec son faux nez “Républicains”, le vote utile c’est le vote “contre”, contre eux. Car le vote UMPS est une impasse, c’est la répétition, la vis sans fin, le vice sans fin.

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Bien sûr,  la scène politique, l’arêne ne s’est pas construite en un jour , elle s’est faite au fil du temps. Et le temps de tout ce qui est social est long, Mitterrand disait “il faut laisser le temps au temps” et c’est l’une de rares choses vraiment intelligente qu’il ait dite, c’est une vérité qu’il faut assimilier et rappeler. Il ne faut pas être court-termiste, et ce qui est utile c’est ce qui va dans la bonne direction à long terme.

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La bonne direction c’est de casser le bipartisme d’abord, de casser les structures mortes, rigidifiées, les structures de reproduction à l’identique afin que de l’énergie se libère, afin qu’il y ait un début de réaménagement. Et après, car le peuple n’est pas constructiviste, la reconstruction se fera spontanément, par essais et erreurs, plus adaptée, plus efficace. Mais d’abord il faut bousculer. Et la bouculade ne peut se faire que par ceux qui ne sont pas invités au banquet, à la gabegie; elle ne peut se faire que par les populistes. Eux seuls peuvent changer la façon de faire de la politique, parce qu’ils ne profitent pas de la situation actuelle, parce qu’ils représentent le Peuple, le fer de lance vivant, actif, motivé et même hargneux, celui qui a la “niaque”.

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Attention je n’idolâtre pas le peuple, individuellement, les gens ne sont pas exceptionnels, mais la Société Civile, l’interaction, les rapports dialectiques, les conflits, entre les gens, tout cela est porteur, détenteur, sinon de la vérité, mais de progrès dans l’adaptataion. Le corps social vivant, dans sa diversité, élabore toujours les solutions adaptées à la marche en avant de l’espèces. « Eux », ils veulent vous faire croire le contraire, ils veulent que vous gobiez leur propagande qui dit que vous êtes des nuls, des ringards, des primaires, et que ce sont eux qui ont les clefs de l’avenir. Car c’est cela l’enjeu: changer la façon de faire la politique en enfoncant le “coin” dans le Système, le “coin” que constitue le peuple, le vrai, celui qui est rebelle, celui qui n’est pas domestiqué.

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Si cela n’est pas fait, rien ne bougera en 2017, quel que soit le résultat des urnes. L’enjeu n’est pas de changer de “leader”, de parti, il est de transformer le Système, de briser la répétition , il faut changer la politique française au-delà des partis et des personnes. Arrêter la soumission à l’électoralisme truqué, à la démagogie, au clientèlisme, à l’étranger, à l’hegemon allemand, au tuteur Américain, arrêter la dérive mégalomaniaque pour la recentrer sur l’intérêt général. Il faut sortir de la propagande du changement de peuple instillée par les marchands et pour les marchands, du changement de culture, mettre fin aux grands spectacles émotionnels et se rapprocher de l’action sur les choses, cesser de manipuler les signes, d’organiser les spectacles. Bref il faut quitter le monde la séduction pour celui de l’action, celui de l’enfant, pour celui de l’adulte, celui du pornocrate et du grand Masturbateur de l’imposteur Dali, pour celui de l’amour de la vérité. Et assumer notre dure condition qui est que malheurseuement personne ne détient la Vérité.

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Soutenir le populisme car il est détenteur de l’énergie, représentant du nombre, car il est porteur de changements dans la manière de faire de la politique, comme l’usage du réferendum, le soutenir ne suffit pas, sauf à tomber dans l’angélisme. Car les leaders populistes ne sont pas parfaits, loin de là. Eux aussi sont arrivistes, ils ont leur volonté de puissance. Ils ont commis beaucoup d’erreurs , ils continuent d’en faire quotidiennement, mais ils ont mainteant choisi une voie qui est porteuse en se désenclavant, en se blanchissant, et en cherchant la respectabilité.

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Les leaders doivent être rigoureux dans la voie qu’ils ont choisie, mais la confiance ne se décrète pas, elle se mérite. Les populistes ne sont qu’un moment de l’histoire, leurs leaders doivent être mis sous tutelle, surveillés, controlés, sanctionnés à la fois par l’épreuve du réel, mais ausssi par les instances nouvelles qui doivent être mises en place afin de ne pas tomber dans l’impasse de la gestion boutiquière. Il ne s’agit pas remplacer une clique de politiciens professsionnels irresponsables par une nouvelle clique encore plus avide que la première car affamée. Le travail à accomplir est herculéen. Car il s’agit de soulever une montagne, il faut renverser la perspective et remettre les politiciens au service du Souverain, le peuple, il faut sortir du Système dans lequel le peuple sert de marchepied et de pavois à une bande. Il faut la double démocratie directe à la fois dans l’organisation populiste elle même et dans le pays tout entier; c’est le prélalable absolu qui seul permet la responsabilité d’une part et la sanction d’autre part.

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Au fil des jours, je ne cache pas mon pessimisme. Le suivi de l’actualité ne conduit pas à l’optimisme.
C’est à croire que les forces de destruction, les pulsions de mort sont plus fortes que les désirs de vivre et de construire. Mais je fais un constat, c’est celui ci: il ya au moins un tiers des français qui refuse la résignation, qui vote “contre”, un français sur trois s’oppose à la dérive et le manifeste par un vote alternatif, atypique, un vote paria. Ces francais sont les dépositaires de l’énergie, ils sont l’énergie et le nombre. Ce nombre grossira pour peu que les “écoeurés” de la politique, les abstentionnistes reprennent un peu d’espoir . Pour peu que les non-votants tentent encore une fois “quelque chose”.

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Ma conclusion suggère également ceci: il appartient aux autres formations politiques, aux autres groupes sociaux d’intégrer le populisme afin de lui permettre de se confronter au réel, de subir l’épreuve de réalité d’une part et d’élaborer un discours politique acceptable d’autre part. Je soutiens que « le politique », l’accession au politique est un travail de décantation, d’élaborationn qui transmute le primaire et l’idéologique en une pratique qui permet de vivre ensemble. La politique est un creuset, au sens alchimique, qui peut et doit faire sortir, doit produire quelque chose de plus noble que ses composantes initiales.

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On s’éloigne de plus en plus de cette conception raisonnable. Les radicalisations, les excommunications, les rejets ne concernent pas que la sphère religieuse. Ils touchent toutes les sphères. Y compris la sphèrede la pensée et de la réflexion. Il y a des tabous, des interdits .
Personne n’ose le dire, mais la situation dans laquelle se trouve le Monde d’abord, l’Europe ensuite et la France enfin est produite par la Crise; rien ne tombe du ciel, sans cause, sans antécédents. Tout ce que nous vivons a une origine. Les causes se déclinent, elles sont proches, lontaines, organiques, exogènes, mais elles se hierarchisent aussi.

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Pour moi, c’est bien sûr une hypothèse de travail révisable, pas un dogme, l’origine est la situation de crise de notre système économique et sa difficulté à se reproduire et à persévérer dans son être en raison des limites rencontrées par l’accumulation après une période d’expansion artificielle, dopée, forcée.

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Que l’on y songe, qu’est ce que le chômage si ce n’est le symptôme du fait qu’il n’est plus rentable d’employer les gens au niveau actuel d’exigences du capital. Le capital qui doit être rentabilisé , le capital qui cherche à survivre et à éviter la destruction, le capital fictif non productif que constitue la dette, tout cela produit ce que je dénonce comme étant les dysfonctionnements du Système.

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L’analyse que je fais sur l’exemple du chômage est transposable à la question de la protection de la planète. L’écologisme est une version, mutante, de l’idéologie de la lutte des classes sous une autre forme. Ce qui est en jeu c’est la destruction de l’environnement provoquée par la contrainte de profit , et l’impératif de fuite en avant dans la croissance; l’écologisme c’est la récupération idéologique de cette réalité. La volonté d’introduire dans le calcul économique les coûts cachés externalisés de nos activités n’est pas criticable, c’est une nécessité, mais en faire une idéologie politique ne l’est pas. . On en revient toujours au problème central du profit et de son insuffisance pour tout faire harmonieusement.

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il faudrait peu d’efforts pour étendre le travail d’analyse à ce qui se passe en géopolitique, car les tensions actuelles ont une origine économique dans la volonté de contrôler les approvisionnements en énergie et dans la volonté de créer des nouveaux marchés unifiés pour élargir les débouchés. L’enjeu de la destruction de l’archaisme islamique est là, dans la nécessité de briser des formes pré-capitalistes qui s’opposent à l’ouverture de nouveaux marchés et de nouvelles frontières pour repousser les limites du profit.

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C’est ainsi qu’il faut comprendre mon plaidoyer récurrent pour l’euthanasie des dettes, pour la destruction du capital inefficace. Il faut retirer le statut de capital à « cette masse de capital de poids mort » comme disait Joseph Caillaux dès 1922 . Ce capital ancien, ce poids mort s’incarne dans un ordre social rigide qui se retrouve dans le Système politique; la collusion UMPS , c’est la collusion de l’ancien qui veut durer et qui veut faire reporter les coûts de la Crise sur le peuple, sur ceux qui n’ont rien ou très peu. Sur les classes moyennes qui pourraient concurencer leurs monopoles.

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Si on veut conserver le Système fondé sur la liberté économique, la propriété et l’économie de marché, il faut accepter de sacrifier la « masse de capital de poids mort »qui s’oppose à la marche en avant de la société, qui empêche ce qui est plus adapté d’advenir.

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L’année qui s’annonce, 2016 est décisive, bien peu en ont conscience et ceux qui en ont conscience le dissimulent. Les élites travaillent dans le secret sur les scénarios de ce qui va se passer à partir de 2016 et surtout 2017. La crise a été mise sous le boisseau par la politique monétaire et financière. Le but était de geler les choses en l’état, de mettre l’économie mondiale sous un sarcophage afin que la contagion de l’explosion atomique de la finance de 2008 soit contenue. soit maitrisée. On a réussi . Mais le temps est venu de lever le sarcophage et les USA vont tenter de le faire dans quelques jours, ils vont tenter une hausse des taux. Le montant n’est pas importrant, ce qui compte c’est le sens, le sens du cycle du crédit. La levée du sarcophage va faire jaillir le besoin qui a été nié, contenu jusqu’à présent: le besoin de renégocier les dettes, de restructurer le capital, d’euthanasier. Bref on va devoir choisir, trier, qui doit être sacrifié, qui va payer; le capitalisme ne peut survivre que s’ il abandonne, coupe, brule ses branches mortes.

Les choix seront politiques et techniques. La montée du populisme est une conséquence de la crise, mais c’est aussi un moyen de peser sur elle et sur les solutions de sorties. Si le populisme est défait, alors les solutions seront purement conservatrices, élitistes . Ce seront les solutions des Macron, Gattaz et compagnie . La souffrance sera reportée sur les plus faibles et les plus nombreux. La politique, la finance, la monnaie, tout est organiquement lié.

3 réflexions sur “Editorial: le populisme est produit par la crise, c’est un moyen de peser sur elle

  1. Merci pour ces deux articles sur le populisme que j’ai beaucoup appréciés, mais qui appellent cependant deux commentaires de ma part.

    Le premier sur l’opportunité d’utiliser le terme même de « populiste ». J’avoue que jusqu’à présent je me refusais à l’utiliser car je le considérais comme un mot idéologique utilisé par le Système pour discréditer l’ennemi, tout en dévitalisant de manière insidieuse l’idéal démocratique (peuple = incompétence = risques de débordements violents). En effet, le suffixe « isme » est généralement utilisé de manière péjorative pour stigmatiser un courant politique, religieux, philosophique au motif qu’il tend à devenir une menace pour les libertés en raison de tendances totalitaires.
    Mais comme vous souhaitez réhabiliter le populisme, j’ai interrogé le Larousse pour mieux cerner le débat. Ce dictionnaire définit le populisme comme une idéologie politique de certains mouvements de libération nationale visant à libérer le peuple sans recourir à la lutte des classes.

    Fort bien, et c’est là mon second commentaire, s’agissant de la lutte des classes, j’ai cru reconnaître des éléments d’analyse marxiste dans la manière de décrire le cœur des dysfonctionnements actuels du Système. Je ne suis pas un spécialiste de la théorie marxiste, loin s’en faut, mais je ne refuse pas d’utiliser tous les outils permettant de comprendre au mieux les tenants et les aboutissants de la dangereuse situation dans laquelle nous nous trouvons.
    Mais, en même temps, la phrase suivante m’a pris à contre-pied « Si on veut conserver le Système fondé sur la liberté économique, la propriété et l’économie de marché, il faut accepter de sacrifier la « masse de capital de poids mort » qui s’oppose à la marche en avant de la société, qui empêche ce qui est plus adapté d’advenir. » Cette phrase m’a interrogé à deux titres :
    1. Comment la rendre compatible avec une analyse qui a recours aux concepts marxistes d’accumulation du capital, de reproduction du système de production et de nécessité d’une grande quantité de destruction de capital pour redresser le taux de profit ou de rentabilité du capital. Dit de manière ramassée et donc simpliste : peut-on concilier analyse socialiste et solution libérale ?
    2. Il faut donc retirer, dites-vous, le statut de capital à « cette masse de capital de poids mort » car ce capital ancien, ce poids mort s’incarne dans un ordre social rigide. J’avoue que le concept de « capital de poids mort » est certes imagé, mais reste un peu imprécis dans mon esprit. Puis-je comprendre qu’il faudra détruire une grande partie des ressources stockées, des moyens de production engrangés, des forces productives inemployées, du capital accumulé (en partie grâce à un laxisme monétaire) mais paralysé (non productif), afin d’assurer la reprise du processus de reproduction du capital en dopant temporairement les taux de profits ? Est-ce bien ces éléments que vous visez dans le terme de capital de poids mort ?
    Si oui, je crois bien que seule une guerre mondiale permettrait d’atteindre rapidement tous ces objectifs, tout en évitant aux vrais responsables d’avoir à répondre de la crise. Je rejoins par là votre pessimisme basé par l’observation des forces de mort et de destruction qui sont actuellement à l’œuvre.

    Je vous remercie par avance pour votre attention et pour votre disponibilité.

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    1. L’apport de Marx à la science et à la compréhension de la société est irremplaçable, il est à mon sens immense. Ses analyses doivent être connues, enseignées et méditées. Elles sont maintenant dans certains cas dépassées en particulier au plan de la compréhension de la société.

      L’intelligence a fait des progrès, elle n’arrête jamais ! Nul n’est indépassable.

      Marx est à la fois un savant, un philosophe, un politique, un agitateur etc ; il a prétendu à l’universel.

      Moi ce que je retiens de Marx c’est l’analyse économique matérialiste, la théorie de l’exploitation. Elles seules permettent de comprendre par exemple les crises du Système et en particulier la crise financière présente avec  » l’insuffisance de la demande globale » chère à Bernanke . Relisez le texte de Marx sur la crise financière de son époque, je crois que cela s’intitule « les cavaliers de l’apocalypse » ou quelque chose de ce genre, c’est incroyable de justesse. Et les imbécilités des Bernanke et Draghi font pitié en regard de ces textes.

      Je dis donc que certains travaux de Marx sont fondamentaux et que l’on doit construire sur ce qui est valable du marxisme et non pas le nier ou l’ignorer.

      Le plus valable est bien sur la méthode, la logique dialectique, ou le matérialisme historique. Seule la dialectique permet de comprendre et de rendre compte du mouvement, des contradictions, du dépassement des contradictions ; seul le matérialisme, mais cela est discutable, permet à mon sens de ne pas tomber dans la magie, et le spiritualisme. Mais je le précise cela est discutable. Moi je crois aux causes, réelles, matérielles des choses, des situation et des évènements. Je pense que le système de production et les rapports de production exercent une influence considérable sur nos sociétés.

      Marx a prétendu trouver un sens à l’Histoire et c’est là ou les choses se gâtent. Si il y a un sens à l’Histoire on comprend qu’un génie comme Marx ait eu l’Idée, hegelienne, avec une majuscule, de jouer un rôle majeur dans la réalisation de cette Idée. Marx était un intellectuel, il travaillait donc dans le symbolique et l’imaginaire et il a engrossé le prolétariat de son Idée. L’enfant qui devait en naitre étant la Révolution. A partir de là on est sorti du domaine de la science, du savoir et on est entré dans un autre monde, notez bien un « autre monde », qui a enfanté les horreurs que les soviétiques ont connu et comme cela ne suffisait pas, il a fallu que les Chinois les connaissent également. Le socialisme réel n’est pas le travail de Marx, mais il en porte une part de responsabilité directe et indirecte.

      Il y a une autre lecture de Marx et Raymond Aron l’a bien vue, c ‘est une lecture de Marx comme philosophe de la liberté , c’est à dire de la lutte contre l’aliénation. Celle là est splendide, ce n’est pas la mieux connue. Le marxisme par certains aspects est une philosophie de la liberté dans la Nécessité, quoi de plus exaltant, Marx rejoint John Wayne qui dit « A man has to do what a man has to do »!

      C’est cette partie de l’oeuvre que j’apprécie et que j’utilise le plus. Car je suis, c’est ma seule couleur politique, un combattant de la liberté. Je crois que le sens de la vie de l’individu est là, dans le mouvement vers la liberté. Cela est un mouvement, car on ne fait qu’approcher, mais ce mouvement qui n’atteint jamais son but, j’appelle cela « advenir ».

      Ce combat vers la liberté a besoin de beaucoup d’armes et j’utilise quand cela est utile pour décrypter le réel, aussi bien le Freudisme, les théories de Lacan celle des structuralistes comme Levi strauss, ou la linguistique de Ferdinand de Saussure et bien sur celle des Autrichiens Mises et tous les autres comme Hayek.

      Juste pour terminer, les théories, les recherches des uns et des autres sont des outils de l’intelligence pour passer le scalpel dans le réel, voila. Et pour être utile et efficace, il faut choisir les bons outils en fonction des objectifs que l’on se fixe.Il ne faut jamais se laisser dominer par l’outil que l’on utilise.

      Un tout dernier mot : je suis capitaliste comme je suis démocrate, c’est à dire faute de mieux, c’est un moment de l’Histoire diraient les marxistes bon teint, je suis capitaliste pour le moment. Je ne vois pas Hollande, Valls et Macron allouer le capital comme les socialistes aimeraient le faire. je préfère que le capital soit alloué par les individus, même si il y a des excès, même si cela est dur et injuste plutôt que par une machine d’état. On ne peut être amoureux de la liberté et accepter que l’essentiel de la vie en société, la production, soit du ressort de fonctionnaires ou d’une Nomenklatura. Le marché capitaliste n’est pas parfait et c’est pour cela que je me bats contre ses dérives financières et kleptocratiques. Un jour je vous parlerai d’autre chose qui est aussi important lorsque j’écris, c’est la « common decency » d’Orwell.

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  2. Quelles sont les voies qui permettent de faire entendre la frustration , la contestation, l’exaspération, le dégoût de la politique politicienne…de la majorité du peuple français, autrement que par l’abstention, le vote blanc ou le vote FN ?

    L’UMPS a enfermé dans la culpabilisation et dans la servitude volontaire ceux qui votent encore pour ces partis, soit disant démocratiques mais en réalité totalement anti-démocratiques puisqu’ils manipulent le peuple par tous les moyens pour conserver le pouvoir.

    Je né décolère pas depuis quelques jours tant l’arsenal déployé par l’UMPS pour tenter de sauver ce qui peut l’être pour eux contre le peuple. Entendre maintenant tour à tour FH et MV craindre une guerre civile à cause du FN est la cerise sur la chantilly, eux qui ont fragmenté la société peut-être encore plus que NS n’était parvenu à le faire.

    Comme vous, je suis pessimiste sur notre devenir dans ce contexte de fragmentation car la solution trop facile est de trouver des boucs émissaires très commodes mais faux aux maux et aux désordres que nous vivons.

    Je conserve néanmoins une lueur d’optimisme car l’UMPS est au bord de l’implosion voire de l’extinction. Les règlements de compte au sein de ces deux formations vont vraisemblablement débuter dès lundi 14 décembre.
    Pour ma part, je suis convaincu que MV et JCB ont volontairement sacrifié deux régions majeures pour faire imploser le PS de l’intérieur afin de fonder un autre parti. NS pour sa part a raté son « retour messianique » et l’UMP-LR va également implosé tant les courants intérieurs sont antinomiques.

    Cet effondrement des partis qui fondent le système actuel vont inévitablement laisser le champ libre à l’émergence de nouveaux mouvements. C’est donc le moment opportun pour qu’un mouvement/parti se créé au sein de la société civile – ce ne sont ni les idées ni les compétences qui manquent – pour proposer une vision de long terme et la mise en œuvre d’une politique pour le peuple, par le peuple.

    Cette perspective, ce défi et cette aventure ne vous tente-t-elle pas Monsieur Bertez ?

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