Nous n’irons pas par quatre chemins, la logique voudrait que les marchés financiers baissent, peut être même qu’ils chutent.
La raison en est simple, les prix des assets ont fait bulle; ils ont enflé grâce à la baisse des taux et à la surabondance des liquidités, donc symétriquement ils doivent se replier quand le cycle du crédit s’inverse, c’est à dire quand il devient moins facile. Et ce d ‘autant plus que les résultats de l’action monétaire sur l’économie réelle et la croissance ne sont pas à la hauteur des espérances.
La justesse de cette analyse est attestée par le comportement du risk: on se met risk-off sur les emprunts High Yield, sur les devises exotiques et bonds exotiques , bref sur tout ce qui a bénéficié du trop plein de liquidités. Les primes de risque trop basses se corrigent.
Nous disons que l’on pourrait aller au dela de la baisse et aller vers la chute car tout cela produit de la déflation dans le ROW, le reste du monde, comme la Chine et les Emergents et les producteurs de « commos » et cette déflation peut faire retour, être contagieuse, faire « blow back » sur les pays développés. Le risk est réel et ce n’est pas un hasard si les indicateurs de conjoncture aux USA sont mitigés et erratiques, ce sont les effets d’abord du vent contraire que constitue la hausse du dollar et ensuite du marasme qui saisit les ex-émergents.
Les choses seraient simples si elles s’arrêtaient là. mais nous ne sommes pas dans des marchés livrés à eux même, nous sommes dans des marchés gérés, pilotés et instrumentalisés. Tout ce que vous savez, tout ce que je sais , les pilotes le savent et si il y a bien une chose qu’ils refusent , c’est que cela se passe conformément à la logique, car alors, leurs efforts de traitement de la crise auraient été vains et tout serait remis en cause.
Les Cassandre oublient cet aspect , nous sommes dans un monde qui n’est pas livré à lui même. Nous étions sous un sarcophage, on tente de soulever le sarcophage , mais on sait que ce qu’il y a dessous est dangereux et donc on prend et on va prendre des précautions.
La liquidité de base se réduit, mais elle reste pléthorique et elle devrait le rester jusqu’en fin 2017, c’est ce qui est calculé par le Patterson Institute et ils connaissent leur travail. Surtout qu’ils ont des contributeurs comme Brian Sack, l’homme qui est à l’origine des opérations de sauvetage de 2009/2010. Mais la liquidité de base ce n’est pas tout, car ce sont les marchés et les bilans des banques qui créent la liquidité réelle et si ces deux agents se mettent risk-off, c’est la déflation. L’impératif est donc d’empêcher le deleveraging, la réduction du « carry » mondial pendant cette phase de transition. Donc il faut à tout prix empêcher ou limiter la mise en risk-off. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Dudley a essayé de nous faire croire que Wall Street allait monter sur la hausse des taux, il veut prouver le mouvement en marchant et faire dire aux marchés qu’ils sont contents, confiants.
La nouvelle initiative de Draghi devait, la semaine dernière, aller dans ce sens, favoriser le « carry » et le leverage, hélas Draghi s’est planté ou fait planter et l’euro a, non pas baissé , mais monté et cela gêne la régulation des pays développés. En plus la spéculation a perdu beaucoup d’argent. Ce n’est pas un hasard si les marchés chutent cette semaine qui vient de s’écouler, il y a eu un « pépin », rien ne s’est passé comme prévu, le relais de Draghi à la Fed n’a pas fonctionné.
Le Smart Money, le très gros argent le sait et il a adopté une position défensive. Défensive en attendant, car il sait que tout cela ne peut rester en l’état, c’est une guerre, une guerre de mouvement entre les marchés, la bête sauvage; les dompteurs que sont les régulateurs et la Communauté des Complice des régulateurs. Nous mettons en scène trois catégories et non pas deux, car la Communauté des Complices est instable, elle joue avec les régulateurs tant qu’elle a confiance qu’ils ont la situation,en mains , mais elle jouera contre eux si elle sent que la situation n’est plus sous contrôle.
Ce que nous voulons faire passer comme message est la contradiction, le paradoxe suivant: C’est parce que cela doit chuter que peut être cela ne chutera pas.
Les marchés d’ assets doivent baisser, tanguer même, mais cela est normal dans une phase de transition entre un cycle du crédit et un autre plus restrictif. Cela est normal; c’était prévisible et prévu , et comme tel , cela ne sera pas spontané, il y aura des tentatives de manipuler, de tromper et de faire prendre les vessies pour des lanternes, les responsables essaieront d’introduire le doute, dans le scénario!