Une semaine de déroute financière soyez vigilants

Les taux zéro, les achats de titres à long terme , les QE ont introduit dans le Système mondial un Mistigri dont il fallait se débarrasser : du cash qui ne rapportait rien. Ce cash, ce Mistigri qui ne rapportait rien, les détenteurs ont cherché à l’employer pour obtenir un revenu. Cela a donné, c’est la règle en système capitaliste, une concurrence, une compétition pour acquérir le revenu disponible qui subsistait sur le marché mondial. Cette concurrence a fait déverser les flux de capitaux du Centre, vers les périphéries qui certes étaient plus risquées, mais offraient un rendement supérieur. Le Centre, ce sont les Etats-Unis, les périphéries ce sont les Emergents, la Chine, les produits et monnaies exotiques , les matières premières et les produits financier à haut risque comme les emprunts High Yield, Junk, Distressed et les Leveraged Loans .
La mer est montée et elle a recouvert toutes les cotes qui étaient plus basses , c’est à dire qui offraient encore un rendement supérieur à zéro. Les prix de tous les actifs financiers mondiaux a monté et fait bulle.
Le rendement de la politique monétaire Américaine a été faible car inadapté d’une part et d ‘autre part, il y a eu de nombreuses « fuites ». Les capitaux, comme nous l’avons vu, ne sont pas restés aux USA. Par ailleurs comme les rendements sont devenus de plus en plus faibles partout, la communauté financière, pour bonifier les rendements existants, a fait du Carry, elle a emprunté des dollars qui ne coûtaient pas cher et les a vendu pour financer des achats produits que nous appelons pour simplifier « périphériques ». Si vous empruntez à 1% pour investir à 3% vous gagnez 2% à chaque fois et vous avez tendance à le faire 10 ou 20 fois.
Tout cela est valable, « à l’aller », c’est à dire dans la phase ou les USA inondent le monde et promettent que cela va durer. C’est la phase ou les capitaux se déversent sur le monde entier.
Hélas, quand il y a une phase aller, il y a aussi une phase « retour », et elle se déclenche quand les USA stoppent les largesses d’abord et quand ils augmentent le prix de l’argent ensuite .
Un mécanisme vicieux se met en place ; l’argent repart vers les USA, on rachète les dollars vendus, et la liquidité en dollars se restreint puisque tout le monde fait la même chose et veut des dollars. Le dollar monte, ceux qui ont fait du « Carry » sont asphyxiés, ils sont contraints de se racheter, le dollar monte de plus en plus, les difficultés commencent, les matières premières chutent car leur prix est exprimé en dollars, les faillites et accidents financiers menacent.
A « l’aller » on se met risk-on, « au retour », on se met risk-off. C’est comme dans la sagesses des nations, à l’aller, cela va toujours, mais c’est au retour que l’on peine !
Ainsi à l’aller tout va bien , mais au retour tout va mal, la transitivité négative, les cercles vicieux se mettent en place. Peu à peu tout se met en synchronie. Les capitaux fuient les périphéries, elles deviennent exsangues, ils rentrent aux USA qui baignent dans la facilité. Les pays émergents trinquent d’abord, puis les producteurs de matières premières, leurs devises aussi, leur marché financier se désintègre, et la croissance mondiale ralentit. Les pays développés sont, dans un premier temps, épargnés, mais dans un second temps, si cela dure trop, ils peuvent subir la contagion et eux aussi ralentir. Ce qui va fragiliser leur système financier global.
Ce processus a débuté au printemps 2013, il a été interrompu car les USA ont différé leur changement de politique monétaire, mais dès la fin 2014, la dégradation a repris. Elle prend des proportions, nous en sommes là, au début de ce que nous appelons la phase de contagion, de « blow back ».
Comprenez bien que la situation est grave, mais que vous ne voyez que très peu de choses dans les pays développés car tout a d’abord commencé dans les pays périphériques et ce n’est que maintenant, ces derniers jours, depuis Aout, en fait, que l’on assiste à une contagion. Tout ceci est en outre aggravé par les incertitudes que provoque la future hausse des taux de la Réserve Fédérale Américaine, la manoeuvre est délicate, on est en terrain mal connu, sinon inconnu totalement.
Certains disent que la bulle globale du prix des actifs financiers est en train d’éclater. Nous sommes réticents à suivre dans cette voie et nous préférons, à ce stade, dire qu’elle laisse passer un peu d’air. En clair, pour nous, la Grande Expérience Monétaire n’est pas finie, nous aurions tendance à penser que l’on entre enfin dans le vif du sujet car le problème n’a jamais été « à l’aller » de l’Expérience comme nous le disons, mais « au retour » et nous tentons le retour. Nous pensons que les bulles sont puissantes, que ce sont elles et leur logique qui commandent, que plus le temps passent, plus elles sont exigeantes et gourmandes en liquidités, nous sommes persuadés que les régulateurs en ont perdu le contrôle. Ils tentent une manœuvre, mais nous faisons le pari que, sur la durée, elle va échouer. Mais nous allons trop vite, cela n’est pas utile et c’est trop aventureux.

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Voyons la déroute sur les marchés.

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Le Rand Sud Africain a chuté de 10% au plus bas de tous les temps. Les obligations du pays ont chuté de 9%.
La lire Turque a ajouté 3% à sa descente aux enfers. Le marché des actions s’est encore amputé de 5%, dans un marché désordonné.
Le Rouble a perdu 3,4% ; le Réal Brésilien 3,2% ; le Peso Mexicain 4,4% ; le Peso Colombier inscritdes records de baiise avec moins 4%.
Les matières premières sont au plus bas de16 ans. Le pétrole perd 12% ; plus bas depuis le trou noir de la crise en 2008 ; le gaz naturel chute de 9% ; le minerais de fer recule de 4%, plus bas de 2009. Sur un an l’effondrement des prix du minerais de fer est de 50%.

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Les opérateurs en « Carry » sur les matières premières et l’énergie sont étranglés, insolvables. En panique ils rachètent les monnaies qu’ils ont empruntées et vendues, les euros et les yens.

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Rien d’étonnant si les crédit à risque tanguent, le secteur des « commos » et de l’énergie en représente une partie importante et non seulement il y a les dégâts rééls , mais il y a maintenant t les liquidations de précaution, tout cela rappelle le subprime immoblier puisque des hedge funds sont obligés de fermer les rédemptions.

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Dans ce contexte, on remarque que la création de crédit aux USA ralentit déjà très fortement. La dette non financière n’a progressé qu’au rythme de 2% au troisième trimestre contre plus de 4,5% au second, c’est un ralentissement significatif et annonciateur de difficultés. Un ralentissement de la création de crédit est précurseur de difficultés, car les conditions se resserrent.

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Les clients veulent sortir des fonds Junk et High Yield, ce qui accentue les pressions sur le Système financier. Ce n’est pas un hasard si aux USA le secteur bancaire a été éprouvé avec un déchet de plus de 6,2% et leurs collègues les brokers/ dealers ont plongé de 7,5%.

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Vous remplacez subprime de logement par « commodities » et « énergie » et vous pouvez reprendre le scénario de 2007/2008. Il ne manque plus qu’un accident sur les dérivés pour compléter le tableau. Le marché des dérivés est le plus fragile, car il n’y a pas d’assureur réel solide avec des capitaux suffisants pour stopper les réactions en chaîne, et le « dynamic hedging » est une machine infernale.

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Attention, souvenez vous de ce que nous avons dit au début, il y a l’action, la réaction et la résultante, ce qui veut dire que cela ne peut être comme en 2007/ 2008 car les autorités ont l’expérience de la débandade d’alors. Elles ne prendront plus le risque d’un Lehman ou d’un Bear Stearns.

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Du coté des actions la semaine a été rude, partout. No place to hide.
Le marché américain a perdu 3,8% et est passé négatif pour l’année. Les banques comme nous l’avons deja souligné ont chuté de 6,2% ; les Transports de 5,4% et le NASDAQ de 4% .

En Europe, malgré les Draghinades, on a chuté également, l’Allemagne de 3,8% ; l’Espagne de 4,4% ; l’Italie de 4,5% et le reste à l’unisson.
On dit que les Fonds Souverains vendent à tour de bras, on parle de beaucoup de dizaines de milliards, mais leurs positions ne sont pas publiées.

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