Au secours! Le put revient .

Les Bourses flambent.

Nous vous renvoyons à ce que nous avons écrit il y a trois jours sous le titre « à propos des marchés financiers »

 « Ce que nous voulons faire passer comme message est la contradiction, le paradoxe suivant: C’est parce que cela doit chuter que peut être cela ne chutera pas.

Les marchés d’ assets doivent baisser, tanguer même, mais cela est normal dans une phase de transition entre un cycle du crédit et un autre plus restrictif. Cela est normal; c’était  prévisible et prévu , et comme tel , cela ne sera pas spontané, il y  aura des tentatives de manipuler, de tromper et de faire prendre les vessies pour des lanternes, les responsables essaieront d’introduire le doute, dans le scénario! »

Alors que la réunion de la Fed commence, les grandes manoeuvres ont commencé. Hilsenrath, le porte parole officieux de la Fed a lancé un ballon d ‘essai la nuit dernière, il a tenté d’introduire le doute dans le consensus sur la hausse des taux à venir, cela a créé,  un flottement, c’était l’effet recherché.

Puis la presse aux ordres a développé l’idée selon laquelle la décision de la Fed pourrait être accompagnée d’un « statement », d’une déclaration très « dovish, très colombe. En quelque sorte on aurait une hausse des taux qui signifierait non pas une attitude restrictive, « faucon », mais un laxisme prolongé.

Puis est venue il y a quelques heures,  par l’intermédiaire de Reuters et Yahoo le pavé suivant: « la Fed pourrait abandonner l’objectif de réduire la taille de son bilan,  contrairement à ce qu’elle n’a cessé de répéter et encore en septembre 2014! Elle s’orienterait vers un bilan perpétuellement  perpétuellement inflaté ». En quelque sorte, la taille de son bilan deviendrait comme l’a dit Draghi il y a quelques jours à Washington l’instrument normal de politique monétaire dans  la situation de post-crise.

Pourquoi est ce important? Parce que les » Quants » ont calculé depuis longtemps qu’il y avait une corrélation qui avait été créée entre d’un côté la taille du bilan  de la Fed et de l’autre le niveau de l’indice S &P 500. Et il y a une corrélation moins forte entre l’univers du risk-on et l’indice S&P!  En quelque sorte on serait sur la voie d’un plateau permanent, sans  avoir besoin de corriger puisque le bilan  resterait inflaté aux plus hauts niveaux.

Nous avons expliqué que dans la voie choisie par les autorités monétaires en 2008 et 2009, il n’ y avait aucune possibilité de retour en arrière, nous l’avons répété sans cesse, et encore il y a peu. Les Banques Centrales sont prisonnières des marchés, otages.

« The prevailing view is that the U.S. central bank’s $4.5 trillion portfolio, vastly expanded by bond purchases aimed at stimulating the economy, will have to shrink once rates are on their way up, and the Fed will just need to decide how quickly.

Now, however, there is a new twist to the debate, with some policymakers and outside experts saying that there are reasons to keep the balance sheet big.

A « permanently higher balance sheet … is something that we haven’t studied that much but I think needs a lot more thought, » John Williams, president of the San Francisco Fed, said last month.

It could also give the Fed a permanent policy tool with which to target sectors of the economy and certain parts of the bond market.


« The Fed could leave the balance sheet where it is and that wouldn’t be a problem, » he told New York Economics Club last month, noting its size is « internationally normal » in relation to the economy’s output.

One result of the swollen portfolio is the $2.6 trillion in excess reserves that banks now park at the Fed, earning interest that will only rise as rates tick higher.

The idea that the Fed is paying extra billions to the very banks blamed for the crisis could re-ignite criticism from lawmakers already sour on the Fed’s aggressive stimulus.

A big balance sheet poses « huge optics problems, » says John Cochrane, a senior fellow at the Hoover Institution.

Still, there are obvious financial stability benefits to keeping the balance sheet large, he says.

One thing is clear: the Fed has not shut the door on keeping a bigger balance sheet for longer, or using it as a policy tool on top of its usual lever of setting short-term borrowing costs.

Donc on popularise l’idée que la Fed pourrait normaliser l’usage de son bilan  et même s’en servir pour soulager certains secteurs de l’économie et pourquoi pas, des marchés. Pourquoi pas le high Yield?

Mais ce n’est pas tout car on a sorti Bernanke de sa boite pour l’occasion, normal, la situation  est grave: Bernanke est venu dire, dans  une interview directement destinée aux milieux  boursiers, qu’il était persuadé que l’on utiliserait bientôt les taux négatifs aux Etats Unis. Vous imaginez la panique des détenteurs  de cash et de  véhicule de liquidités!  Vite vite, on achète.

Est-ce que vous êtes étonnés si je vous dis que les marchés financiers ce jour ont monté en flèche, les shorts se sont rachetés, le pétrole a flambé etc etc .

Ce sont donc les derniers développements, et pour en mesurer l’aspect manipulatoire, nous vous laissons intégralement notre analyse élaborée dans  les heures qui ont précédé ces manips. Vous avez ci dessous le « avant » et ci dessus, le « après ».

Prenez note, mais ne vous pressez pas, tout est évolutif . Attendons la publication du communiqué final et les décisions  concrètes.

En tous cas ce qui apparait c’est que le « Put » revient. Mais pour combien de temps?

Voici notre texte d’avant…

Le stress que l’on observe sur le marché des obligations à haut rendement et à haut risque était prévu, prévisible et préparé. Les grands, les TBTF savent depuis longtemps, depuis le printemps 2013 que les bonnes choses ont une fin. Ils savent pour avoir été prévenus, que les largesses quantitatives, les QE sont terminées, sauf, réinvestissements, et que les taux zéro vont décoller du plancher. Ils savent que les risques vont augmenter à plusieurs niveaux :

.
-risque de liquidité moindre globalement
-risque de liquidité moindre sur les marchés avec des spreads en dilatation
-risques de solvabilité et de refinancement pour les entreprises en leverage ou en récession.

-risques de détérioration des collatéraux et sous jacents

.
On gros, la valeur de tous ces papiers à risque va chuter et on aura du mal à trouver contrepartie pour les vendre car les nouvelles réglementations pénalisent les intermédiaires qui faisaient ou font la liquidité sur les marchés, en même temps que les réservoirs d’acheteurs pour replacer le papier se réduit.

.
Nous pensons  que les TBTF ne craignent rien , elles ont été prévenues, elles ont eu 18 mois pour arroser les marchés et « distribuer », elles l’ont, elles sont suivi les conseils de Greenspan, elles ont disséminé le risque, sur ceux qui n’avaient pas vocation à le prendre, c’est à dire, vous, vos sicav, vos fonds de pension, vos assurances etc. Pensez un jour à demander des comptes à vos fonds de pension …

.
Cependant la baisse d’une segment de marché n’est jamais un phénomène isolé,  le portefeuille mondial comme dirait Bernanke va se rééquilibrer et si les taux montent sur un segment, au bout d’un certain temps, nous disons bien au bout d’un certain temps, ils vont monter ailleurs, les primes de risque vont se dilater partout, y compris sur les actions car une action c’est une obligation couplée à une option , un warrant final. Nous disons au bout d’un certain temps, car les mouvements intermédiaires de fuite devant le risque du High Yield produit des remplois sur ce qui est moins risqué et au contraire ,  ce qui a réputation d’être plus risk-off, moins risqué, bénéficie de ces flux et donc on a l’impression que les taux baissent au lieu de monter . Mais cela est transitoire.

.
Compte tenu de cette analyse , normalement nous n’anticipons pas de panique au niveau des obligations High Yield elles mêmes, mais ce la ne veut pas dire que les accidents sont exclus.  On va démontrer que tous assets ne sont pas, comme on essaie de le faire croire, aussi bons que de la monnaie, ce ne sont pas des money-likes, la preuve: quand on veut les échanger  contre de la monnaie, on est obligé d’accepter un sacrifice. Pour les revendre on est obligé d’accepter un discount.  Un asset à risque de 100 ne vaut plus 100, il vaut 100, moins la baisse de son cours qui peut être de 30 , par exemple et en plus il faut  accepter un « spread » pour avoir une liquidité, c’est à dire 2 à 3% encore de moins pour vendre . Cette expérience du fait que les assets financiers ne sont pas money-like manque à beaucoup d’investisseurs et d’opérateurs, beaucoup n’ont connu que la bonne période du « Put » !

.

Pour nous,  le risque ne vient pas du produit final, mais de l’ingéniérie et des échafaudages que l’on a pu monter sur la base de produits à hauts rendements, les ETF , les fonds de fonds, les pyramides compliquées de leveraged funds , etc La finance directe n’est pas un danger, ce qui l’est, c’est ce que nous appelons la finance « tuyau de poële », la finance gigogne, la finance poupées russes, celles qui s’emboitent l’une dans l’autre…

.

Tout le pari des régulateurs, promoteurs de la Great  Experiment a été exposé lors de leur faillite en 2008 lorsqu’ils ont osé dire, « les subprimes sont contenus ». Tout le défi de la finance est là dans l’espoir que les problèmes sur un segment soient contenus et que l’on puisse étaler, circonscrire, afin de traiter et d ‘éteindre les incendies un à un. Ce que nous appelons l’illusion gradualiste, l’illusion d’un monde dérivable, le rejet du vrai monde celui de la complexité et du fractal. , celui des « tout ou rien ».

.
Il y aura des rémissions, des hauts et des bas trompeurs, il y aura ce que nous appelons des tours d’escarpolette, c’est ainsi que fonctionne la Bourse. Certains reprendront espoir, on leur donnera de faux espoirs, ils attendront pour vendre que les spreads d’achat /vente se réduisent, puis ils se feront hara kiri. Comme d’habitude, l’histoire des marchés est un éternel recommencement.

.
N’oubliez jamais, la fonction des régulateurs , de la FED, de la BCE etc, leur fonction  est de vous tromper, il faut que vous, vous soyez incapables de tirer les conséquences de leurs actes, il faut que ce soit trop complexe, il faut que le Grand Transfert de l’argent de vos poches vers les Banques et les Gouvernements puisse se faire et il ne peut se faire que si vous êtes le « pigeon » si vous ne comprenez pas, si vous croyez ce qu’ils disent.

.
Les responsables vont resserrer, ils sont obligés de le faire, ils n’ont pas le choix, si ce n’est pas demain,ce sera après-demain, mais ils doivent au moins, essayer et quand ils vont resserrer , c’est à dire agir en « faucons », alors ils diront le contraire, ils tiendront des discours « dovish », des roucoulements de colombe..

.
Il y a plus de deux chances sur trois pour qu’une période se termine, nous ne sommes pas dans le gradualisme, ou les baby steps, il y aura un  « avant »   et un  « après »  ,   ne vous laissez pas tromper, nous changeons d’époque .

EN PRIME

Article en date du 14 decembre

By Jonathan Spicer and Ann Saphir

NEW YORK/SAN FRANCISCO (Reuters) – Once the Federal Reserve lifts interest rates from near zero, likely this week, the focus will turn to the other legacy of the crisis-era policies: the Fed’s swollen balance sheet.

The prevailing view is that the U.S. central bank’s $4.5 trillion portfolio, vastly expanded by bond purchases aimed at stimulating the economy, will have to shrink once rates are on their way up, and the Fed will just need to decide how quickly.

Now, however, there is a new twist to the debate, with some policymakers and outside experts saying that there are reasons to keep the balance sheet big.

Arguments in favor of a leaner pre-crisis era Fed portfolio have been well laid out. A smaller balance sheet would mark a return to « normal » policy, minimize the Fed’s impact on the allocation of credit across the economy, and help defuse political pressure from critics accusing the Fed of overextending its influence beyond its core monetary mandate.

As recently as September 2014, the Fed pledged to eventually « hold no more securities than necessary, » in its « normalization » plan, a level widely interpreted as close to its pre-crisis $900 billion size.

Today as the long-anticipated rate lift-off draws close, the central bank appears to be warming to the idea of a sizeable balance sheet.

A « permanently higher balance sheet … is something that we haven’t studied that much but I think needs a lot more thought, » John Williams, president of the San Francisco Fed, said last month.

A big Fed portfolio could help stabilize financial markets by inducing banks to keep greater amounts of money in reserve, advocates say.

It could also give the Fed a permanent policy tool with which to target sectors of the economy and certain parts of the bond market.

For example, the Fed could buy and sell certain assets to stimulate or cool the mortgage market or to affect longer-term borrowing costs, says Benjamin Friedman, former chairman of Harvard University’s economics department.

BUBBLES AND RUNS

Experts addressing a conference hosted by the Fed last month, said the central bank Fed could use the assets as a new « macro prudential » tool to deal with financial market bubbles – by cooling particular sectors with targeted asset trades – and ward off investor runs by letting ample bank reserves act as a buffer.

And while the Fed is now replenishing its portfolio as bonds mature and plans to continue doing so for another year or so, policymakers have directed staff to examine alternatives and to consult outside experts, according to minutes of the Fed’s July meeting.

For example, Fed researchers have been studying how many and what type of bonds should be stay on the Fed’s books in a « post-normalization world » – an effort one source familiar with the work called a « once in a decade » research opportunity.

Ben Bernanke, who as Fed Chairman unleashed the bond-buying that pushed the balance sheet to its current size, also weighed into the debate downplaying any concerns about the Fed’s outsized portfolio.

« The Fed could leave the balance sheet where it is and that wouldn’t be a problem, » he told New York Economics Club last month, noting its size is « internationally normal » in relation to the economy’s output.

To be sure, some policymakers and economists still see compelling reasons to shrink the Fed’s holdings. James Bullard, president of the St. Louis Fed, said last week it would be « prudent » to bring it to « more normal levels. »

One result of the swollen portfolio is the $2.6 trillion in excess reserves that banks now park at the Fed, earning interest that will only rise as rates tick higher.

The idea that the Fed is paying extra billions to the very banks blamed for the crisis could re-ignite criticism from lawmakers already sour on the Fed’s aggressive stimulus.

A big balance sheet poses « huge optics problems, » says John Cochrane, a senior fellow at the Hoover Institution.

Still, there are obvious financial stability benefits to keeping the balance sheet large, he says. The debate, Cochrane adds, should center on whether to hold on to both long- and short-term bonds, and whether to dump mortgage bonds and retain only Treasuries.

One thing is clear: the Fed has not shut the door on keeping a bigger balance sheet for longer, or using it as a policy tool on top of its usual lever of setting short-term borrowing costs.

 

(Reporting by Jonathan Spicer and Ann Saphir; Editing by Tomasz Janowski)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s