Vous trouverez ci dessous le tract de Mélenchon pour mobiliser contre la loi travail. Nous ne sommes pas neutre dans cette affaire car nous sommes pour une révolution, pas pour des rafistolages .
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La notion de code du travail elle même est pernicieuse. Elle fixe des règles qui sont rigides, extérieures aux relations de travail. Le code du travail est ce que nous appelons du « mort », sur du « vif ». Un code est inadapté pour régir ce qui est vivant, fluctuant. « Le travail » en tant que tel n’existe pas, c’est une abstraction que l’on plaque sur des situations réelles, diverses, spécifiques. Ces situations sont en outre évolutives. Il est impossible de codifier ce qui toujours varie.
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La notion de code du travail est totalement contradictoire avec l’existence d’un marché du travail. Un marché du travail réel et efficace n’existe que si l’offre peut s’adapter à la demande et les deux fluctuent sasn cesse afin de s’adapter l’un à l’autre. Sur un marché, l’adaptation est la clef de l’efficacité.
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Les gouvernments successifs ont choisi , contre notre gré et nos votes, de s’intégrer dans des ensembles économiques plus vastes, très concurentiels . Ils ont inséré le pseudo-marché du travail français dans l’ensemble européen et mondial. Dans des ensembles qui n’ont ni les mêmes codes du travail, ni les mêmes niveaux de vie. Nous devrions ajouter qu’ils n’ont aussi pas la même culture, car la culture joue un rôle important en la matière puisque c’est elle qui détermine ce que l’on pense du travail et comment on le conçoit. La conception du travail dans un pays anciennement dominé par les idées communistes n’a pas de rapport avec la conception que l’on s’en fait dans un pays libéral à l’anglo-saxonne. Ou dans un pays corporatiste, héritage de la troisème voie du fascisme comme l’Allemagne
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Donc les dirigeants du pays ont choisi de mettre le marché du travail sous pression, voire en crise puisque la mise en concurrence mondiale du travail, l’arbitrage international du travail impliquent la tendance à l’uniformisation, la tendance à l’alignement des rémunérations sur le moins exigeant , l’alignement des protections, des productivités. Et pour être sur que le travail serait bien sous pression, ils ont mis en place la libération de mouvements des capitaux. Les investisseurs qui trouvent que le travail Français n’est pas compétitif, trop cher, pas assez productif ont la faculté, largement utilisée de sortir leurs capitaux et d’utiliser le travail disponible à meilleur compte ailleurs.
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Bref on a mis en place toutes les conditions d’une pression sur le travail; une pression pour faire baisser son prix et augmenter sa productivité alors que l’on a conservé les rigidités, les protections, les inefficacités, les aberrations du code du travail. Pour parler encore plus clairement, on a fait des choix qui impliquent, compte tenu de l’état du monde , que le prix/coût du travail en France baisse, sans se donner les moyens de le faire baisser! Résultat dans un monde ouvert, le travail Français est « sorti du marché », évincé, il est trop cher et donc le travail n’étant pas à son , prix il est rationné. Voila le grand mot, en France le travail est rare et donc comme toujours en pareille situation il est rationné. Et on comprend que ce soient les jeunes, qui ont un poids politique et social faible, qui en sont les premières victimes. On leur barre l’accés au marché du travail, en particulier avec le SMIC et les lois sur les lienciements.
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Le code du travail est un istrument de mort, et c’est à force de mettre du mort, du rigide sur du vivant que l’on tue l’activité économique, que l’on détruit les relations sociales. Mais les gouvernements ne sont pas à une incohérence près, ils organisent la dépréciation du travail français, ils organisent son rationnement. En Union Soviétique on faisait la queue pour obtenir des marchandises, en France on fait la queue pour avoir du travail. Et un logement également d’ailleurs! Le dirigisme c’est cela, on tue les marchés dans leur fonction d’allocation et de répartition et quand on les a tué, on pleurniche.
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Il est évident que cela fait très longtemsp que l’on a compris que la situation n’était pas tenable, simplement, faute de courage politique et surtout de légitimité, personne n’a osé dire la vérité et s’attaquer au problème. La crise et la délocalisation du pouvoir au niveau européen ont donné l’opportunité de prendre les décisions qui s’imposaient, en ayant recours à l’excuse du « ce n’est pas moi c’est l’autre » ou l’excuse du « il faut ».
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Voyons ce que dit Mélenchon
La loi El Khomri détruira la vie quotidienne de millions
de travailleurs. La santé, le droit au repos, la vie de
famille, tout passera à la moulinette.
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En clair il explique de façon imagée, concrète que la loi trvail organise la régression, augmente le taux d’exploitation des salariés. On annule tous les acquis et on confisque rétrospectivement tous les progrès de productivité des dernières décennies. On revient sur le partage ancien de la productivité. On fait ce que l’on aurait du faire avant, on s’attribue les dividendes de la tombée du rideau de fer et de la déconfiture des mouvements communistes
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En matière sociale, la loi est normalement faite pour protéger.
La loi El Khomri renverse cette logique. Elle permet
aux négociations d’entreprises de revenir sur les
protections prévues par la loi. Tout est désormais
négociable, plus rien n’est garanti. La loi ne protège
plus, elle précarise et pourrit la vie.
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Même chose, il explique que la loi avant était rigide, elle protégeait, elle mettait le salarié à l’abri , la nouvelle loi le forcera à être souple et à s’adapter. Il va devenir souple et flexible .
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Toute cette souff rance ne créera pas un seul emploi.
Rien n’est prévu pour remplir les carnets de com-
mandes, ni libérer les entreprises de la finance.
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Il explique que le moment est mal choisi, il n’y a pas de croissance, pas de carnets de commandes et donc l’ajsutement, la souplesse ne vont pas créer d’emplois. La souplesse va servir à dégraisser. Il ajoute, ce qui est complémentaire que les exigences de profit vont continuer de peser sur l’emploi. Et il a raison car le taux de profit en France étant encore très insuffisant, les enrtreprises vont continuer à bouder l’investissement et délocaliser. Si la demande est basse et si les profits sont insuffisants la liberté va être utilisée pour remettre les entreprises en forme, elles ne vont pas prendre de risque. La seule chose que l’on peut espérer c’est une meilleure fluidité, une meilleure allocation du facteur travail.
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Les actionnaires empocheront toujours 41 milliards d’euros
par an du pacte de responsabilité sans contrepartie !
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Là c’est la lutte des classes qui ressurgit, , le couteau enrte les dents, les uns contre les autres. Et il a raison car le cadeau de 41 milliards était scandaleux car inefficace, le résultat n’est pas au rendez vous.
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Au contraire, cette loi facilite les licenciements, le
chantage patronal à l’emploi, et elle prive les salariés
licenciés illégalement d’une juste indemnité.
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C’est le résumé, pas très convaincant, un peu usé, mais il faut bien un peu de démagogie.
Ne nous laissons pas faire !
Soyons la France insoumise !
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Ma conclusion est que cette réforme arrive au mauvais moment. Elle est indispensable, mais inopportune dans la situation que connait le pays. On tente de la faire passer pour un remède à la crise issue du surendettement et des déficits, mais c’est une idiotie. C’est simplement un sacrifice qui est consenti pour satisfaire les Allemands quand ils ont changé de position et accepté l’abandon de l’austérité contre des réformes de fond. C’est exactement la même chose qu’en Italie. La réforme aurait du être faite, devrait être faite, lorsqu’il y a du grain à moudre, du gras, comme aurait dit André Bergeron, pas quand les rouages sont grippés.
EN PRIME Les menaces de Gattaz
« Le patron du Medef veut que la loi El Khomri passe. On en est maintenant sûrs. Les Echos révèlent des échanges de SMS entre Pierre Gattaz et Carole Couvert, la présidente de la CFE-CGC, ou celui-ci lui met la pression pour que son syndicat apporte son soutien à la loi El Khomri.
« L’attitude de la CGC est incompréhensible et nuisible. Vous avez déjà planté la loi MDS [Modernisation du dialogue social, ndlr]. Vous n’allez pas nous planter la loi MEK [Myriam El Khomri, ndlr] », a-t-il d’abord écrit. « Si vous persistez dans cette attitude « cgtiste » sur cette loi, le Medef en tirera toutes les conséquences sur nos discussions en cours » Il précise ensuite : « Ce que je veux dire c’est que nous [ne] vous soutiendrons plus dans votre combat pour les cadres si vous plantez la loi MEK. » En clair, Pierre Gattaz fait référence à des négociations à venir sur l’évolution du statut des cadres en application de l’accord sur les retraites.
Il emploie cette négociation à venir comme levier pour faire pression sur la CGC. Une menace qui visiblement est mal passée, puisqu’elle se retrouve maintenant dans la presse. « Je ne fonctionne pas à la menace », a commenté Carole Couvert.
Read more at http://www.atlantico.fr/pepites/loi-travail-sms-menaces-patron-medef-presidente-cgc-2623395.html#RoJkr7r3Qrkce8J2.99
Commentaire :
Le scandale n’est pas seulement dans l’existence de ces pressions, on sait depuis toujours qu’elles existent et si le procès des financements occultes des syndicats par le MEDEF n’avait pas été escamoté, on aurait enfin compris comment fonctionnait le système français; non le problème c’est l’imbécilité de Gattaz qui n’imagine pas que ses SMS puisse être rendus publics. Tous ces gens sont tellement insérés dans la connivence qu’ils n’imaginent pas que cela puise etre autrement .
Le code de la route est aussi rigide mais permets à tous, si tous le respectent, de vivre, et de vivre bien. Il est pourtant rigide, sans concessions et gère les situations les plus variables, de la ville à la campagne, de jour comme de nuit, pour les petits et les grands, pour les piétons les cyclistes et les motards comme pour les automobilistes.
Le code du travail, c’est pareil. C’est bien parce qu’il n’est pas respecté par tous que cela ne marche pas. Le réformer, d’accord. Mais là nous avons tous les éléments pour comprendre que cette réforme va dans le sens des puissants au détriment des faibles.
Si les automobilistes dans leurs 4*4 tuent ceux qu’ils méprisent, ils vont se retrouver bien seuls. Les puissants qui sont en train de tuer les faibles vont un jour ou l’autre recevoir en pleine figure les conséquences de leurs décisions égoïstes et perverses.
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