A quoi sert Mélenchon? Humeur !

Il existe un catéchisme des «réformes» et ses commandements sont les suivants:

«• le coût du travail, tu abaisseras
• le salaire minimum, tu réduiras
• le marché du travail, tu flexibiliseras
• les indemnités de chômage, tu abaisseras
• les retraites, tu diminueras
• les dépenses de santé, tu raboteras»

( Husson)

 

Il faut ajouter:

-la monnaie, l’euro  tu dévalueras

-l’épargne tu spolieras. Tu supprimeras sa rémunération

-La concurrence mondiale tu exacerberas par le Grand Accord Transatlantique

Tout cela été accompli par Hollande, dont Mélenchon disait encore en 2013 qu’il n’avait été élu que grâce aux vois des électeurs du Front de Gauche. Avouez que c’est singulier, un Front qui prétend se référer à la lutte des classes et aux idéologies qui s’y rapportent a fait élire le plus grand fossoyeur des classes productives réelles et de la classe moyenne que l’on ait connu.

Jamais la droite n’aurait osé imaginer d’envisager de tenter de suggérer qu’elle allait faire ce que fait et ce qu’a fait Hollande.  On ne peut pas dire que c’est une défaite en rase campagne car il n’y a pas de combat, mais simulacre.

Qui couche avec les Solfériniens si ce ne sont les partenaires de Mélenchon? Qui continue de servir les intérêts du Très Grand Capital en accentuant la division des classes laborieuses et en prenant pour cible ennemie le Front qui maintenant est majoritaire chez les ouvriers, les jeunes etc?

Mélenchon est une autre variété de Tsipras, ses erreurs théoriques en font le marche-pied des solfériniens.  Il s’est trompé sur tout et en particulier sur l’analyse de la crise et sur la nature réelle de la majorité socialiste. Il continue de jouer les fers de lance, mais c’est le fer de lance de la division de la classe de ceux qui sont contre, de ceux qui refusent le sort infâme qui leur est fait. L’analyse politique étroite a produit la catastrophe que l’on voit. Le refus en France est majoritaire, les Français en ont assez, ils sont à bout, mais Mélenchon empêche cette constitution du grand Front du « non ». il fait la fine bouche, comme si dans  la situation présente, on avait encore le choix. Nous sommes à un moment historique du grand réaménagement qui va signer les grands bonds en arrière des classes moyennes et Mélenchon continue de se tromper de cible.

Le monde que veut Mélenchon est une absurdité, une absurdité qui a fait ses preuves historiques, mais il conserve une force, celle de dire non, et c’est celle là qui doit être mobilisée. Et c’est exactement la même chose pour l’autre Front, le National; avec lui, ce serait également un monde invivable, mais tous deux captent les forces vives, les forces de vie qui n’acceptent pas d’aller à la niche et qui veulent un avenir , la tête haute. Il y a des moments ou il faut revenir sur terre et avant de rêver du long terme, il faut survivre dans le court terme.

Que l’on se s’y trompe pas, les imbécilités de gauche ne m’intéressent pas, pas plus que le dirigisme idiot ou le constructivisme, non ce qui m’intéresse chez ces gens c’est qu’ils sont porteurs d’un refus et qu’à ce titre , il n’y a pas d’ennemi du coté de ceux qui refusent, Toute personne qui refuse est une allié potentiel , qui devrait être un allié réel.

Mélenchon a cru au rapport de forces dans la rue et dans  les entreprises, il s’est totalement trompé, il n’a pas  compris que le Système « produit » la résignation et que par conséquent il faut élaborer une stratégie qui tient compte de cette résignation. Maintenant il se lance dans cette nouvelle chimère d’une réforme  fondamentale, constitutionnelle, un retour à la souveraineté, comme si la souveraineté intéressait l’électeur de base! Les Français s’en fichent, et si on veut les mobiliser il faut oser les prendre là ou ils se mobilisent, comme le fait le Front.  Les abstractions d’intellos , les Français s’en moquent.

« En France, ce catéchisme est appliqué avec beaucoup de foi par le gouvernement socialiste. Le CICE (crédit impôt compétitivité et emploi: prononcer «sic»), le pacte de responsabilité (avec le patronat) représentent 40 milliards d’euros: voilà pour le «coût du travail». Il y a eu une réforme des retraites, une nouvelle loi pour la santé. Il y a un projet pour rendre dégressive et moins «généreuse» l’indemnisation du chômage. Quant au salaire minimum, on n’a pas réussi à changer ses règles d’indexation, alors on les applique, mais sans «coup de pouce». Restait donc le marché du travail. » (Husson)

……

« Bien sûr, il faut détourner l’attention des véritables objectifs de ce catéchisme, et c’est pourquoi il prend très vite la forme d’une novlangue à la Orwell où ce qui est dit est le contraire de ce qui est fait. Toutes ces baisses (du salaire, des pensions, des prestations diverses) n’auraient en effet qu’un seul but, ô combien vertueux: créer des emplois. De ce point de vue, le projet de «loi travail» franchit un nouveau pas, un peu risqué quand même, car il devrait sauter aux yeux de chacun que «dire que c’est en facilitant les licenciements qu’on peut lutter contre le chômage est ahurissant»  (Husson)

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