Humeur: d’un Panama à l’autre, les fossoyeurs ..

Article Bruno Bertez  du 5 Avril  2016 

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Titre : Humeur:  d’un Panama à l’autre, les fossoyeurs ..

 

Panama, c’est l’histoire d’un des scandales les plus terribles de l’Histoire de France. C’est un symbole a(e)ncré dans la mémoire collective française, même chez les plus incultes. Nous ne croyons pas au hasard, la coïncidence n’est pas fortuite. Nous avons affaire à des lettrés.

Le scandale de Panama sur lequel s’est superposé l’Affaire Dreyfus a coupé la France en deux. Il a signé le déshonneur de la classe politique, produit l’antisémitisme dévastateur qui devait marquer notre pays. Il a disloqué la France ancienne, forgé des alliances pourries contre le peuple, d’abord, et contre le bon sens, ensuite. La République qui a succédé a été marquée au fer rouge de l’infamie, les Français n’ont plus jamais eu confiance dans leur classe politique. Panama, même pour les imbéciles, cela a une résonance qui amplifie l’onde de choc.

Des démiurges, des apprentis sorciers se croient autorisés par leurs fortunes à provoquer un nouveau Panama, un Panama  de circonstance, méprisable, car destiné à favoriser leur honteux agenda, cet agenda qui, depuis le 19ème siècle, les obsède: établir le pouvoir sans partage de l’argent.  L’agenda du pouvoir sans limite de l’argent devenu Capital par la magie des marchés. Car, que l’on ne s’y trompe pas, ce qui est en filigrane, c’est cela: la lutte entre l’argent dit « propre », clair, et l’argent dit « sale », malhonnête.

C’est une lutte interne, intestine, entre deux factions. C’est une lutte historique entre deux formes d’argent: l’argent tombé du ciel, l’argent produit par l’argent, l’argent autoproduit, l’argent anglo-saxon, et l’argent rhénan, qui vient du bas, de la production, de la répartition plus ou moins légale, mais toujours légitime, car il a pris naissance dans le réel.

Même l’argent d’exploitation, d’extorsion ou de corruption, est plus légitime que l’argent autoproduit, produit en dormant, qui se multiplie lui-même. Réfléchissez-y. Sortez, échappez-vous de la morale conventionnelle, de cette morale de vos Maîtres qui veulent que ce soient eux qui fixent la frontière entre le bien et le mal,  le licite et l’illicite.  Ils ont réussi à vous faire avaler que ce qui n’est pas légitime, c’est ce qui n’a pas subi l’impôt, leur impôt! Non, ce qui est condamnable,  c’est l’argent du miracle de la multiplication des pains de la finance. C’est l’argent des Soros et de ses associés, de tous ceux dont, depuis le début, il est le faux nez. 

C’est un combat à mort entre celui qui serait bien-acquis et celui qui serait mal acquis. Le bien-acquis, pour eux, c’est celui qui est passé à la machine à laver du socialisme, de ce socialisme Fabien, créé par les ultra-riches et au profit de ces ultra-riches. Cet argent, devenu Capital, a fait alliance avec ce que l’on n’ose à peine appeler le socialisme; cet argent, c’est celui du capital dit Fabien. Celui de l’exploitation du travail, bien sûr, mais de l’exploitation subreptice, celle que l’on ne voit pas et qui se donne des airs de morale et de générosité. Le capital Fabien a juré de détruire nos sociétés, nos nations, qu’il considère comme archaïques, fermées, identitaires ; bref, ce socialisme Fabien se sert du Capital pour la mise en place d’un nouvel ordre; à moins que ce ne soit l’inverse, comme par exemple la mise en place d’un nouvel ordre au profit du Capital devenu libre de toutes attaches. Ce n’est pas le règne d’autre chose  que l’argent ou le Capital ; non, c’est le règne de l’argent sublimé, soi-disant devenu propre par l’alchimie de la finance de marché. Tout le reste serait sale, honteux, malhonnête.  

La planète a un gros problème: l’ordre ancien se désintègre. La crise de 2008 a déclenché des forces de destruction massive. Nous sommes plongés dans un terrible combat entre ceux qui veulent que cela continue comme avant et ceux qui aimeraient que l’on évolue vers une situation plus satisfaisante, plus adaptée aux désirs des citoyens. Tout ce que l’on voit est complexe, embrouillé, car de multiples forces sont en compétition et elles brouillent tout. Notre monde est traversé par de nombreux courants.  Il n’y a plus de découpage clair en aucune matière, la confusion règne.

Au milieu de tout cela, nos systèmes politiques se délitent. Le cynisme des élites se donne à voir et il semble de plus en plus scandaleux au point qu’il en est inacceptable. Les extrêmes, incapables de gouverner, émergent comme des non-alternatives puissantes. Ce sont elles qui collectent les suffrages des citoyens dégoutés. Aux Etats-Unis, la vague populiste, qui se préparait depuis 5 ou 6 ans avec le Tea Party, déferle et fait éclater tout en le révélant, le sinistre consensus de la fausse alternance entre les Démocrates et les Républicains, là aussi le système est obligé de montrer son vrai visage, celui d’un système manipulé, « rigged ». Ailleurs, les scandales éclatent, les uns après les autres, au Brésil par exemple. 

La crise n’est pas économique, l’économie n’est qu’un catalyseur, un prétexte, c’est une crise multiforme au centre de laquelle se trouve la chute des référents, la chute des certitudes, la chute des valeurs sur lesquelles les  générations anciennes ont reposé. Le relativisme généralisé, le pilonnage des invariants,  ont laissé la place à l’incertitude des valeurs, l’indétermination, le pragmatisme, et, maintenant, le cynisme. Nous sommes devenus des chiens. Leo Ferré avait bien sûr raison, il n’était qu’un précurseur.

Il faut bien sûr que la mue se fasse, le serpent ne survit que parce qu’il mue, n’est-ce pas? Mais, pour qu’elle se fasse, il faut que toute maitrise ne soit pas perdue, il faut maintenir certaines structures encore utiles, certaines formes qui mettent un peu d’ordre dans le chaos. Le jeu qui consiste à jeter tous les bébés avec l’eau des bains est un jeu irresponsable. Les réactions de foule, on les connait, elles sont ignobles, primaires, barbares, et celui qui joue avec elles est un criminel.

Les gens comme Soros et ses amis banquiers, guelfes noirs comme je les appelle, jouent un jeudangereux en cherchant à influencer le cours de l’Histoire. Toujours je me suis demandé qui était Soros, à quoi il jouait, mis à part à la Bourse, que signifiaient ses engagements  philosophiques simplets en faveur des sociétés ouvertes de type  Karl Popper. Nous avons la réponse, Soros est un prête-nom, que ce soit volontaire ou non n’a aucune importance, il est un tenant lieu, un gestionnaire apparent du système que certains veulent mettre en place pour satisfaire leur agenda. Et ce système, c’est celui de l’argent soi-disant blanc, propre, pas noir. Hélas la frontière entre l’argent blanc, propre et l’argent noir n’existe pas, elle n’existe que dans la tête de ceux qui le détiennent, elle leur  sert d’excuse. On peut citer des dizaines de fois prouvées où Soros a agi en infraction d’une  loi. 

L’atmosphère mondiale est nauséabonde.  Elle l’est parce que tout est sale et que l’on remue la m…e.

Elle l’est parce tout le monde a compris que ces opérations sentaient mauvais, elles puent le détournement d’attention, l’escamotage des vrais problèmes. On couvre les échecs d’un système de papier toilettes.

Tout cela fleure son relent d’officines louches, nous sommes dans la politique de chiottes.

Le mépris pour le citoyen et pour l’homme en général que ces manœuvres révèlent,  ce mépris est incommensurable.

Tout cela est incomptable avec cet objectif ancien, périmé, de la démocratie qui consiste à élever les citoyens, à développer leur intelligence, à renforcer leurs qualités morales.

Quel exemple, quel enseignement peuvent tirer nos enfants,  comment les motiver à devenir des gens bien?

On les abuse et les désabuse. On détruit tout, le bon sens, le respect, les idéaux, la morale.

C’est le spectacle d’un monde en perdition où l’on voit un spéculateur milliardaire s’abaisser à financer la mise en spectacle de ce qu’il y a de plus dégoutant: la veulerie des hommes, leurs bassesses.

Honte à lui, honte à son argent et à sa mégalomanie. On dit souvent : qui veut faire l’ange fait la bête ; ici, c’est pire.  Celui qui se veut l’ange joue au diable, il  décourage le monde, tant il le salit. Avant, on montrait les héros, maintenant nos sociétés se délectent d’afficher les minables. Ah ce goût de la destruction, du nivellement, ce goût de la fange qui, visiblement, sert d’engrais à la Haute, la très Haute finance.

Montrer aux hommes l’exemple du bien, de l’héroïsme,  de l’honnêteté les grandit, se délecter de leurs vices, de leurs mensonges et de leur  hypocrisie les rabaisse.

Qui gagne à ce succès, à ce hit-parade  du   « tous pourris » ? Et on s’étonne que le peuple vote populiste!

En Prime 

Hildegard von Hessen am Rhein – Boulevard Voltaire

D’abord, je n’y prête qu’une oreille distraite. Lorsque j’entends que l’affaire commence par un « lanceur anonyme d’alertes », ma première réflexion est : « Que c’est bizarre. Généralement, les lanceurs d’alertes ne cachent jamais leurs noms. » Puis, cris et chuchotements, indignations globalisées, les cris d’orfraies sont de sortie ! C’est à la Süddeutsche Zeitung que « l’anonyme » s’est adressé. Je souligne que ce quotidien fait partie d’un mastodonte médiatique allemand, Süddeutscher Verlag, dont les tentacules s’étendent à la Suisse, en passant par l’Autriche, pour se déployer dans toute l’Europe Centrale et de l’Est… Il n’y a pas de hasard.

Les documents dévoilés sont en provenance d’une firme panaméenne, Mossack Fonseca, et dénoncent un grand nombre de personnalités célèbres comme fraudeurs fiscaux. On nous raconte que des centaines de journalistes de tous les pays auraient collaboré à l’étude de ces documents, tout cela, sous l’égide d’une association américaine « bien propre sur elle », la ICIJ – The International Consortium of Investigative Journalists. Et pour nous faire gober l’importance de l’histoire, on nous chante qu’il faudrait trente ans pour « éplucher » tous ces documents…

Ce qui m’a fait dresser l’oreille sont les « unes » de ces journaux. Vous l’aurez remarqué comme moi, le portrait du Président Poutine est partout. Une aubaine pour tous les poutinophobes mondialisés ! Il est dans le coup ! On vous l’avait bien dit que ce mec est infréquentable ! Pensez, grâce à lui, l’armée de Bachar a pu reprendre Palmyre. La goutte qui fait déborder le vase de Washington ! Le doute commence à m’envahir, animée par ma bienveillance connue pour le Président des russes, je me pose la question, mais qui est donc derrière toute cette affaire ?

Pour moi, cela ressemble à une « false flag attack » comme disent les Américains pour désigner une attaque sous fausse bannière. Des coups montés par des gouvernements pour couvrir des actions peu avouables, mais pour lesquelles une « couverture » est indispensable pour persuader l’opinion publique. Souvenez-vous de la fiole de Colin Powell à l’ONU, destinée à convaincre la communauté internationale à accepter l’entrée en guerre en Irak.

Les « Panama Papers » ont pour moi la même odeur nauséabonde, sinon pourquoi cette abondance de « unes » avec le portrait de Poutine ? Par la même occasion, d’autres personnalités seront jetées en pâture, pour dissimuler la vraie cible…

Trois Russes sont nommés comme étant proches du Président Poutine, les frères Arcady et Boris Rotenberg, des amis d’enfance et Serguey Rodulgin, désigné comme proche. Vladimir Poutine a bon goût. Serguey Rodulgin est violoncelliste. Les poutinophobes font vite le rapprochement. Certains imprudents haineux déclarent que Poutine est corrompu, d’autres procèdent par insinuations. Pourquoi ne pas impliquer Hollande aussi ? Après tout, son ministre « chouchou » d’autrefois, Cahuzac est aussi désigné ! Hollande a bien côtoyé Platini non ? Ne serait-ce que dans un stade ! L’on dira qu’il a moins de goût que son homologue russe… Mais non, c’est Poutine qu’il faut abattre médiatiquement pour influer sur les prochaines élections en Russie.

Alors, qui finance tout ce bazar ? Grand prince, l’association déclare que son travail est gratuit… Je scrute le site de l’association qui regroupe tout ce monde de « journalistes d’investigation » et je ne tarde pas à trouver sous la rubrique : « Our supporters » l’un de leurs bienfaiteurs et non des moindres… Il s’agit du OCCRP, soit : « The Organized Crime and Corruption Reporting Project », qui se veut un réseau de journalistes d’investigation à travers l’Europe de l’Est et l’Asie Centrale. D’ou le rapprochement avec la Süddeutsche Zeitung. Et c’est le OCCRP qui finance le ICIJ – The International Consortium of Investigative Journalists qui fédère tous ces journalistes à travers le monde.

Et qui finance cette « false flag attack » appelée « Panama Papers » ? La Open Society Foundation du bienfaiteur de l’humanité, grand promoteur du N.O.M. (Nouvel Ordre Mondial), Monsieur Georges Soros.
Soros hait Poutine qui annonce un monde multipolaire, tout autant qu’il hait Trump, le nationaliste populiste. Tous deux sont les empêcheurs de tourner en rond dans la réalisation des ambitions Soros, à mettre en place son N.O.M.

Cerise sur le gâteau qu’avait déjà divulguée Bloomberg en janvier 2016, le pays offshore financier le plus important au monde sont les Etats Unis d’Amérique…

En septembre 2015, le directeur général de la « law firm » Rothschild & Co, Andrew Penney, raconte pour Bloomberg, comment les riches peuvent éviter de payer des impôts. Son message est clair : « Vous pouvez aider vos clients à transférer leur fortune aux Etats-Unis en toute sécurité, “tax free” et à l’abri de leurs gouvernements. Certains nous appellent déjà la “nouvelle Suisse”. »

La boucle de la corruption globalisée est bouclée. Qu’est-ce que le Panama face à l’Empire « intouchable » ? D’ou l’absence de noms américains dans l’affaire du « Panama Papers ». Mais qu’attendent les journalistes du Monde pour nous expliquer tout cela ?

Hildegard von Hessen am Rhein – Boulevard Voltaire

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