Une vision très noire, mais fondée d’Albert Edwards

Albert est un grand, c’est un géant. Il est classé par les bien-pensants comme perma-bear, comme baissier perpétuel. C’est bien sur faux et archi-faux, Albert n’est pas « bear » par principe ou par biais personnel, non c’est simplement quelqu’un qui a une vision.

Une vision globale, fondée, étayée par un cadre analytique qui , comme le notre,  met le taux de profit et les profits au centre du système capitaliste. Il met le profit au centre  du sytème avec les liens sur la solvabilité et avec l’investissement qui lui sont  reliés organiquement. 

« Albert Edwards, l’économiste de la Société Générale, pense qu’une vague déferlante se dirige vers l’économie Américaine,  ce qui la plongera dans une récession. Cette vague c’est une baisse des taux de profit qui détruira la dette corporate.

Il explique que les profits d’une économie entière ne baissent jamais autant sans qu’il y ait une récesion, et qu’il faut, encore plus qu’avec les actions, éviter la dette corporate Américaine, qui, il predit, engouffrera l’économie dans une vague de défauts.

Edwards pense que la non prise en compte par beaucoup d’économistes du taux de profit en tant qu’indicateur de cycles économiques est l’une des raisons pour lesquelles ils ont tant de mal à prédire les récessions.

Ce taux de profit est en déclin pour plusieurs raisons. D’une part, à cause de l’augmentation du coût travail qui fait pression sur les marges, ce qui n’indique pas nécessairement une récession, comme nous l’avons vu en 1986. Aussi, comme dans les mi-années 80, une baisse du prix du pétrole pèse sur les profits. D’autre part, les compagnies ne peuvent pas mettre cette hausse du coût du travail a la charge des consommateurs à travers les prix. Donc, elles réduisent leurs dépenses et leurs embauches, et les plus vulnérables ne parviennent plus à payer leurs dettes.

Edwards pense que cela préfigure une récession et non une anomalie comme dans en 1986 pour trois raisons:

Premièrement, quand le prix du pétrole a chuté en 1986, l’économie croissait à 4%, et elle a donc résisté à la baisse d’investissement des compagnies.

Deuxièmement, en 1986, les Fed Funds sont passés de 8% a 6% quand le consommateur se réendettait, et non quand il cherchait à éviter la dette comme c’est maintenant le cas.

Troisièmement et enfin, les compagnies en 1986 étaient biens moins endettées qu’elles ne le sont aujourd’hui, et leur solvabilité actuelle les expose à un renversement des profits.


 

envolée de la dette depuis 2008

Donc, cette fois, nous n’aurons pas de reprise rapide menée par le pétrole, et les Etats-Unis sont en route pour une véritable fin de cycle.

Edwards conclut donc par un conseil aux investisseurs: celui d’éviter la dette corporate, dont il prévoit que les taux de défaut astronomiques choqueront les investisseurs.

Vous avez été prévenus. »

« A tidal wave is coming to the US economy, according to Albert Edwards, and when it crashes it’s going to throw the economy into recession.

The Societe Generale economist, and noted perma-bear, believes that the profit recession facing American corporations is going to lead to a collapse in corporate credit.

« Despite risk assets enjoying a few weeks in the sun our fail-safe recession indicator has stopped flashing amber and turned to red, » wrote Edwards in a note to clients on Thursday.

He continued :

Whole economy profits never normally fall this deeply without a recession unfolding. And with the US corporate sector up to its eyes in debt, the one asset class to be avoided — even more so than the ridiculously overvalued equity market — is US corporate debt. The economy will surely be swept away by a tidal wave of corporate default.

Edwards said that many economic researchers discredit profits as a measure of the business cycle, and it is one of the reasons why they are so bad at predicting recessions.

Profits are on the decline for two reasons, according to Edwards.

On the one hand, they are dropping because of margin pressure from rising labor costs. But this sort of decrease because of higher wages does not always signal a recession, like in 1986. Additionally, much like the mid-1980s decline, an oil-price crash is disproportionately dragging down profits.

The second reason is because companies cannot pass on these increasing wage pressures to consumers through prices. In turn, they decrease spending and hiring, and the most vulnerable cannot make debt payments.

Screen Shot 2016 04 07 at 3.25.07 PMSociete Generale

Edwards enumerated three reasons why this time around is a recessionary decrease, not a 1986-style aberration. They are:

  1. « When the oil price slumped in 1986 the economy was steaming ahead at a 4% pace and so withstood the downturn in business investment. »
  2. « In 1986 Fed Funds were cut from over 8% to less than 6% at a time when the consumer was re-leveraging, i.e. not debt averse as now. »
  3. « Finally, companies in 1986 were not up to their necks in debt as they currently are, and their solvency now is far more vulnerable to a profits downturn. »

So this time will not be a quick, oil-driven recovery. The US is in for a full-blown end to the economic cycle.

Edwards did include some advice to investors on how to weather the coming wave, though.

« And if I had to pick one asset class to avoid it would be US corporate bonds, for which sky high default rates will shock investors, » he wrote.

You’ve been warned. »

Publicités

3 réflexions sur “Une vision très noire, mais fondée d’Albert Edwards

  1. Merci pour votre article. Tout est dit en peu de mots. Edwards a en effet le même cadre analytique que le votre avec la vision et la compréhension du système global : Le profit, comme finalité, est seul est au centre du système capitaliste.
    Quid après  » the tidal wave of corporate default » ?

    Dans son livre « La fin du capitalisme … et après? » (éditions Yves Michel, 2006), Lucien Pfeiffer, (inventeur du crédit bail) n’offre pas d’air-bag pour la fin du cycle économique actuel mais ouvre des pistes de réflexion pour l' »après » avec l’hypothèse qu’il y en ait un pour la race humaine.

    Je vous cite ici quelques lignes du préambule de cet ouvrage :
     » L’entreprise, vraisemblablement l’institution la plus vieille de l’humanité, plus vielle que la famille, n’existe pas en droit français. L’entreprise s’incarne aujourd’hui dans de multiples formes de sociétés de capitaux qui toutes fonctionnent selon la même logique, que les capitaux soient privés ou publics. Les résultats vont aux détenteurs du capital et le coût du travail va dans le prix de revient, ce qui provoque, qu’on le veuille ou non une guerre permanente entre les travailleurs organisés et la direction, émanation des capitalistes pour lesquels seule compte l’augmentation des résultats financiers.
    Nos civilisations sont fondamentalement marquées par la manière dont est couvert le risque économique.De ce fait, on ne sortira du capitalisme qu’en inventant une quatrième manière de couvrir le risque économique, venant s’ajouter à la couverture du risque dans les sociétés primitives basée sur le don et le troc, grâce à la solidarité tribale ou familiale, au gage inventé dans la civilisation agraire, au capital assumant le risque en contrepartie du pouvoir et des fruits dans la civilisation industrielle…… Le capitalisme ayant obtenus que les États abandonnent leur droit régalien de battre et réguler la monnaie, il se forme une bulle financière alimentée par la création monétaire sans limite, de toutes les institutions susceptibles de faire crédit. Monnaie qui est surabondante par rapport à celle nécessaire pour assurer les transactions sur les biens et les services. Cette bulle financière éclatera inéluctablement entraînant un cataclysme mortel pour le capitalisme et peut être pour notre civilisation. »

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s