Hollande parie sur la France frileuse. Le coup d’envoi de la campagne des présidentielles

A un an de la présidentielle, les proches de François Hollande lancent lundi une opération de reconquête de son électorat.

Sa dernière prestation suggérait déja pareille initiative puisqu’il l’avait placée sous le signe de l’auto satisfaction en martelant que « cela va mieux ». Avec pareille affirmation, presque choquante tant elle était inappropriée, il était évident que l’on ouvrait la porte de la campagne. Elle suit les mesures artificifielles destinées à faire croire à une embelleie sur le frontd el’emploi.

Ces initiatives sont un peu brusquées , mais le débat sur la légitimité d’une candidature Hollande et les velléités de Macron obligent le camp présidentiel à bousculer  le calendrier. Si il ne renrte pas maintenant en campagne il est définitivement marginalisé.

Le chef de l’Etat est au plus bas dans les sondages, ils le donnent éliminé au premier tour s’il se représentait en 2017.

« Le moment est venu de se réveiller », a déclaré Stéphane Le Foll, à l’origine de cette initiative baptisée Hé oh la gauche !, lors de l’émission le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

« Il était temps que l’on se réveille pour dire à la gauche ‘Hé oh, n’oublie pas si tu nous critiques, qu’on a fait des choses », tout particulièrement dans des domaines « au coeur de la gauche » comme l’éducation, la santé et la préservation du modèle social, a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Rien que la thématique de la communication, son caractère quasi commercial, publicitaire, montre que tout a été préparé, travaillé; rien n’est spontané ou improvisé. Les équipes y travaillaient manifestement depuis plusieurs semaines. La Com consiste à déblayer le terrain du bilan calamiteux, à le faire oublier afin de baliser le champ de bataille sur l’avenir et la légitimité. En lançant le débat sur le bilan très tôt, on espère ainsi le faire oublier, ce qui est assez classique comme ficelle électorale.

Notez l’utilisation du « coeur », ce qui est un repère de gauche. La gauche se donne, vous le savez, le monopole du « coeur », et ce n’est pas un hasard si les partisans de Hollande, articulent leur bilan autour de ce « coeur » de la gauche. Il s ‘agit là encore,  de susciter une émotion, de déplacer le centre de gravité de la pré-écampagne, du réel, qui est un échec, vers le vécu, l’émotionnel. Il  faut faire glisser le réel, l’escamoter, metrte de côté la tête et la raison et ré-introduire le « coeur ». Quand on a trahi la gauche, il est classique d’utiliser le vocabualaire des « marqueurs de gauche » pour reprendre la main. Mitterrand , de son temps avait fait la même chose.

Nous sommes dans  la justification de l’immobilisme puisque ce qui est mis en avant c’est « la préservation du modèle social ». il s’agit de répondre par avance aux accusations de lâcheté, de manque de courage, d’indécision  qui peuvent venir de Macron ou de la pseudo-droite. On tente de faire oublier toutce qui a été fait et qui fâchait et on fait basculer le bilan du côté positif: « j’ai préservé ». Nous sommes revenbu sur la thématique à la fois de Mitterrand et Chirac qui s’étaient posés en « remparts » protecteurs du modèle Francais, un modèle que bien sur Macron est censé vouloir détruire.

Macron essaie de jouer sur le « en marche », en avant, Hollande se met déja sur le frein, presque sur le « en arrière » . Il joue et parie sur la frilosité de la France, son besoin d’êre protégée, rassurée.  Un peu plus et Hollande oserait dire: « je vous protège contre les exigences de l’Europe et de l’Allemagne ».

Selon lui, « autour de 24 et 25 ministres » porteront ce message lors d’une réunion prévue lundi en fin d’après-midi dans les locaux de l’université Paris-Descartes en présence de 350 à 400 personnes.

Les principaux ministres « hollandais » seront de la partie, de même que le radical de gauche Jean-Michel Baylet, ou encore Emmanuelle Cosse, Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé, en rupture de ban d’Europe Ecologie Les Verts.

Le Premier ministre Manuel Valls sera représenté par des proches, comme le secrétaire d’Etat Jean-Marie Le Guen.

Manquera également à l’appel le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, dont les velléités d’indépendance font des vagues au sein de la majorité présidentielle.

Pour Stéphane Le Foll, il s’agit de « s’adresser d’abord aux électeurs qui ne sont pas venus voter à plusieurs reprises, qui doutent, qui ont de la défiance ».

Ce rassemblement est fait « pour changer cette donne qui a fait que, depuis plusieurs mois, on ne défendait pas ce que nous faisons », a encore dit le ministre.

Pour la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, « le sujet n’est pas seulement de regarder en arrière ce qu’on a fait, mais pour proposer un projet, il faut quand même se mettre d’accord sur un bilan ».

Il s’agit se dire aux électeurs de gauche « regardez ce qui a été fait et vous pouvez en être fier », a-t-elle déclaré sur France 5, « ce qui me met en colère, c’est ceux qui disent ‘ce que vous avez fait n’est pas de gauche (…) (or) non seulement la droite ne l’aurait pas fait, mais la droite le combat ».

Le lancement de ce mouvement intervient peu après que François Hollande s’est lancé lui aussi dans la défense de son bilan en développant lors d’une émission télévisée le thème du « ça va mieux »

[Bloomberg] China’s Stocks Fall to Lowest Level in Month as Materials Slump

[Bloomberg] It’s Dangerous Out There in the Bond Market

[Bloomberg] Shanghai CBRC to Halt Banks’ Business With Six Property Agencies

Laisser un commentaire