Des Morts pour la France aux morts pour rien

Ils sont morts pour rien, ces soldats qui ont consenti le sacrifice suprême; la vie brisée des gueules cassées, le traumatisme des poilus survivants ont été vains. Ils reposent par centaines de milliers dans cette terre de Verdun, là où ils ont brisé les assauts allemands au prix d’un héroïsme dont nous ne serions plus capables. Ils croyaient à la France, lui ont sacrifié leurs corps, souvent leurs vies et aujourd’hui, le parti socialiste français, dont la lâcheté tient lieu de doctrine, les insulte à un siècle d’intervalle.

On aurait imaginé que l’hommage qui est dû au courage et à l’abnégation eût été solennel dans son recueillement, qu’une mémoire éperdue de reconnaissance émue manifestât sa gratitude face à ces sacrifices. Et bien non, en terres socialistes, c’est par un concert de rap qu’on relativise la bravoure. Pour bien montrer que la France que les poilus ont défendue est morte, c’est à un « artiste » qui a fait de l’insulte à la nation son fonds de commerce qu’on a confié le soin d’égayer la manifestation.

Fort heureusement, il reste en France des patriotes qui se souviennent qu’ils sont libres parce que d’autres, par leur mort, le leur ont permis. Un fort mouvement d’indignation a parcouru le pays, aboutissant au retrait du divertissant concert.

Bien évidemment, les gauchistes ont embouché les grandes trompettes de l’indignation. La ministre de la culture Audrey Azoulay y est allée de son couplet du haut des marches du Festival de Cannes: « Des voix déchaînées ont obtenu l’annulation d’un concert au nom d’un ordre moral nauséabond et décomplexé. N’acceptons jamais cela ».  On apprend ainsi que respect se traduit en langage à la rose par ordre moral nauséabond. Intéressant et révélateur. A décharge de la dame, il faut se souvenir qu’elle doit son poste à l’onéreuse danseuse de François Hollande qui a viré sans ménagement la précédente titulaire du poste pour satisfaire sa maitresse dont Azoulay est intime. Le Général de Gaulle avait Malraux, Hollande à l’amie de celle qui égaie ses soirées, à chacun ses références. Autre obligé du président et ancien titulaire du poste, Jack Lang s’est cru lui aussi obligé d’intervenir : « La mairie de Verdun aurait dû maintenir le concert, et d’ailleurs c’est illégal d’interdire une manifestation artistique comme celle-là, aucune raison ne le justifiait ». Oui, pour le laquais de Miterrand, la célébration de la bataille est une manifestation artistique !

Au-delà de l’anecdote, cet inconcevable projet démontre une fois de plus que nombre de nos dirigeants ont pris pour habitude de dissimuler leur manque de courage en relativisant le respect que nous devons à celles et ceux qui en avaient. De nos jours, la gauche oublie volontiers que s’il lui est possible de brandir les droits de l’homme chaque fois qu’une décision lui déplait, c’est parce qu’au siècle passé, les hommes avaient aussi des devoirs et qu’ils s’en sont acquittés.

En Suisse, il y a déjà de nombreuses années, c’est à la commission Bergier qu’on a confié le soin de salir nos devanciers. Celles et ceux qui ont vécu la mob puis la guerre ont été dépeints pour l’essentiel en vils racistes à forte tendances brunâtres, profitant de la Shoah pour s’en mettre plein les poches. Voilà comment le Conseil fédéral a remercié cette génération qui nous a transmis un pays intact. Le général Guisan lui-même subit les foudres de ces historiens audacieux qui n’hésitent pas à remettre en cause la version officielle, faisant de l’illustre personnage un laquais des nazis prêt à toutes les compromissions.

Du passé, faisons table rase, proclame l’Internatinale. Ses disciples s’y emploient en le faisant disparaitre. Pendant qu’ils s’en souviennent encore, fasse le Ciel que les Français continuent à voir dans le 18 juin l’appel du Général de Gaulle. Vu de loin, on pense plutôt à Waterloo.

La Côte-aux-Fées, 15 mai 2016                                           Yvan Perrin, président UDC-NE