Editorial à propos du cynisme ou je révèle le fond de ma pensée

Cela fait de nombreuses années que je rélève le cynisme de nos élites européo-globalistes. Mais je dois ajouter qu’il est grandissant; les limites sont cesse franchies et comme dirait l’humoriste, il y a des limites que l’on ne saurait franchir sans les dépasser. Ce qui est de la même veine que le fameux « tous les hommes sont égaux, mais certains le sont un peu plus  que les autres ».

Nous insistons sur le cynisme car c’est une catégorie, un concept politique important. Pour nous, il est aussi important que celui de la confiance, auquel un jour,  nous avons consacré un article entier. Alain Peyrefitte a écrit de jolies choses sur la confiance de Pénélope en Ulysse, vous aurez beaucoup de plaisir à le lire. Le mythe de Pénélope. Cela fait du bien à la conscience morale.

La confiance est une pierre angulaire invisible, inconsciente de nos sytèmes et le constat que nous faisons est que la confiance a diparu et qu’elle est remplacée comme pierre angulaire par le cynisme des « dominants.

Si nous cherchions à être plus complets nous écririons que le cynisme va de pair avec la montée du pragmatisme, mais nous ne voulons pas nous égarer.

Ce cynisme, nous le rappelons, nous l’épinglons souvent par ce rappel de la conception de la « démocratie »: « la tyrannie c’est ferme ta gueule et la démocratie c’est cause toujours », ou bien encore le maintenant célèbre propos de Mitterrand que nous avons entendu nous même, « ils ne sont pas contents? Oui et après! » Notez-le en passant c’est ce que dit sous une autre forme notre Macron maintenant national, il prétend que nous sommes des mauvais élèves, il va nous rééduquer , nous brain-washer,  et que lui, va nous apprendre comment penser , pour notre bien et au nom de la modernité. Le petit Maître auxiliaire par intérim va nous donner des cours, nous expliquer,  pour notre bien,  ce que nous ne comprenons pas.

Le cynisme des « dominants »  , les rend méprisables, ce ne sont pas pas des Maîtres, non, ce sont des chiens, inversion qui ferait sourire Hegel lui même, d’ou le terme de cynisme qui caractérise  leur aboiement. Et encore, nous avons le sentiment de faire injure aux chiens qui eux, savent ce qu’est la confiance, la respect et la fidélité. Nous vous guidons vers cette belle chanson de Léo Ferré dans  laquelle il éructe « je suis un chien , et les chiens quand ils sentent la compagnie, ils se dérangent, ils se déconnierisent.. » Pareille chanson ne peut que vous rendre meilleurs dans un monde dont l’objectif est de vous rendre …abject à son image.

Certains douteront, ils se laisseront prendre aux apparences et tenteront de se persuader que non, le cynisme n’a pas pris le dessus et que la relation entre le peuple et les élites est encore basée sur la confiance. Ils mettront en avant par exemple la tarte à la crème du dialogue, cher aux socialistes, de ce dialogue qui se déroule comme dans les westerns, à huis clos, avec un « flingue’ sur la table. Les dialogues socialistes n’ont jamais de contenus, ce sont des « formes », des « apparences » destinées à faire valider des projets et des décisions qui sont scellées par avance. Les syndicats vont ils finir par le comprendre, vont ils cesser de se faire manger le peu de laine qui reste sur leur dos de mouton par le syndicat jaune français , la CFDT?

Le seul dialogue qui a « marché », si on peut dire, « marché » , c’est celui avec la rue!  Comme avec les merveilleux « bonnets rouges » de la grande jacquerie qui a sonné le glas de la première phase de la politique de Hollande. Bref, c’est celui de la force et de la violence  sociale. Mais les naifs  seront pourtant obligés de reconnaitre les trucages, les enfumages et surtout, ils devront admettre que la Vérité en tant que norme symbolique qui médiatise et pacifise  les rapports sociaux, cette Vérité ne fait plus partie du paysage. En tuant la référence à la Vérité, ils ont libéré la violence.

La vérité  est remplacée par l’Opinion et cette opinion, qui n’est pas de même nature (quasi divine) que la Vérite, cette opinion, disons nous est fabriquée, manipulée, elle est un produit de la relation entre le système et le peuple. Pas étonnant que le journal officieux du Medef, se nomme l’Opinion,  petite digression . L’opinion est un sous-produit idéologique du système dominant, c’est quasi un sous produit du système de la marchandise et c’est en tous cas, une construction de la Propagande/Réclame. On investit, on dépense de l’argent, l’argent  du peuple, pour fabriquer l’Opinion, son opinion, c’est à dire ce qu’il doit penser… et surtout dé-penser.

Nous faisions référence , avant, mais c’était avant comme dit le lunettier,  à la société civile, nous étions élève d’Edmund  Burke. Nous opposions la société civile à la société politique et aux gouvernants. La société civile, dans  notre pensée à cette époque, avait une  existence en elle même, elle était dépositaire de valeurs, de savoirs, de traditions, de bon sens, d’expériences, elle pouvait donc s’opposer et constituer un arbitre ou un bouclier quand les pouvoirs allaient trop loin. Hélas la societé civile a été détruite par l’idéologie de la modernité, par la dévalorisation de tout ce qui vient du passé. On a neutralisé l’ancien par la stigmatisation de la ringardise, et érigé le moderne en valeur suprème quelqu’en soit le contenu. Le souhaitable, le bien , le mal, ce sont des catégories qui n’existent pas en soi, mais par le hit-parade, le vote, le marché de l’opinion. L’offre et la demande se croisent au point ou se définit le souhaitable social.

La société profonde, celle qui a tenu jusqu’à présent, celle qui nous a mené là ou nous sommes, celle qui mainteant permet sa propre destruction, celle qui nous adaptait au monde, celle qui avait de de l’épaisseur, de l’intériorité,  a été remplacée par l’homme à plat, instantané, par l’idiot utile à deux dimension seulement, par le consommateur de signes et le joueur de combinaisons futiles; l’homme vertical a été remplacé par l’homme couché.

Hélas, nous avons découvert et compris que la société civile elle même n’etait plus une donnée, indépendante, mais elle aussi une production. Une production de l’Ecole truquée et biaisée par la République des Frangins Socialistes détenteurs des clefs de l’Universel, une production  de la télévision, du système publicitaire, des médias aux ordres, des idéologues à la mode etc etc

La société civile est modelée , et si elle est modelée par le mensonge délibéré, cynique et la propagande interessée,  alors , elle ne peut plus servir de référent. Encore moins de garde-fous. La société civile a cessé d’avoir pour référent le bon sens, la conscience, la morale, l’intelligence et la Vérité.  Et même ses réussites antérieures sont retournées contre elle. Et dès lors que vous ignorez l’existence  même de quelque chose, comment voulez vous le défendre et en imposer le règne? La société civile actuelle vit dans l’amnésie.

Nos cyniques mettent toute leur intelligence, ou plutôt celle de leurs diplômes au service de leur médiocre volonté de puissance rosissante , de leur désir don-juaniques de plaire aux femmes (et maintenant aux hommes et « le vice versa ») qui ne sont que le prolongement de l’attachement à leur mère en vertu d’un Oedipe mal résolu, au service de la vanité, et jamais au service du bien public. Car si ils étaient au service du bien public ils sauraient que l’on ne peut le construire que sur du solide, sur la Vérité, sur la connaissance, sur l’adhésion non extorquée, sur une vision de l’avenir qui rassemble au lieu de diviser. Nos sociétés cyniques vivent sur le « par défaut » . Le bien commun, rien que pour pouvoir exister, en tant qu’abstraction a besoin de ce qui unit les hommes, de ce qui fait qu’ils sont humains:  la réference au symbolique qui les  dépasse, à la logique qui les traverse, enfin la référence à la Vérité. Nos sociétés cyniques n’osent même plus nommer, nommer est pour elles, subversif.

Beaucoup tracent  une ligne de partage entre ce qui se passe dans le monde et ce qui se passe à l’intérieur des espaces nationaux, c’est l’une des ruses du système:  tracer des coupures, saucissonner, faires des tranches qui empêchent la compréhension du global.

Non! L’intérieur et l’extérieur, c’est la même chose: l’un est la projection de l’autre et l’autre est l’intériorisation de l’un. Le même stade de l’histoire.

L’histoire est un tout et le système est tentaculaire, partout il se projette, partout il traverse, partout il écrase. On n’y échappe pas. Il n’y a pas de différence entre le combat des Britannniques qui veulent le Brexit, le combat  des islamistes fondamentalistes, le combat  de Poutine qui refuse la loi des néocons américains, le combat à mort des tribus africaines pour rester ce qu’elles sont, tout cela recouvre la même volonté de survivre et de perséverer dans l’être historique singulier que l’on est. On verra certaienement plus tard quand la guerre ouverte aura éclaté que le rétro après tout valait autant sinon mieux que la modernité érigée en idéologie. La modernité sert mainteant de cache-sexe à la barbarie du fort contre le faible.

Ce n’est pas un hasard si les « dominants », grâce à leur mercenaires de la Com et grâce à  des écoles du type ENA, ont créé un amalgame terriblemente efficace; pour eux, tous ces gens qui refusent le mouvement, qui restent debout malgré le rouleau compresseur  de cette barbarie qu' »ILS » habillent d’un costume dit moderne , tous ces gens sont bien sur d’extrême droite.

Ce n’est pas hasard si « ILS » ont aggrégé le tout sous le vocable « extrême droite ». Décréter l’extrême droite, c’est comme l’état d’urgence, cela donne tous les droits. C’est marquer du sceau de l’infamie, c’est la flétrissure, non plus à la marque de la fleur de lys, mais au compas et à … La preuve devant vos yeux: le meurtrier  de la pauvre Jo Cox « conduit à la piste de l’extrême droite » !  Nous sommes dans  les fables de Jean de La Fontaine qui doit se retourner dans sa tombe « si ce n’est toi, c’est donc ton frère »!

« Ils » ont tiré les leçons de ce qu’ils ont raté dans  les années 30 et 40, quand ils ont tremblé devant les effets de la crise de 1929 et qu’ils ont senti le vent du boulet des révoltes des travailleurs et la montée de la colère dans les classes moyennes, quand ils décidé de monter une gigantesque mystification/diversion , quand ils ont eux même financé la montée du fascisme. Ils ont été défaits, leur prothégé Hitler,  dès Barbarossa a perdu.  Ils ont compris qu’ils s’étaient trompé car les Russes ont stoppé l’armée de Hitler et cela a suffit à faire basculer l’issue. Le fascisme a été défait.  Ces partisans d’un autre ordre, ont retourné leur casaque et ils ont utilisé l’opprobre qui s’est abattu sur les fascistes en train d’être vaincus, pour se parer de nouveaux atours, des atours « anti fascistes ».  Ils ont fait exactement ce que Churchill, lui ou un autre, a dit:  « et ce seront les fascistes eux même qui traiteront les autres de fascistes ».

Qui ne voit que l’ordre mondial qui se cache derrière toutes les luttes, sous diverses formes et diverses manières d’apparaitre, cet ordre mondial est celui des années 30?  Avec de nouveaux Maitres apparents, mais avec une même logique, celle des Marchands du Temple, celle de la finance reine et celle de l’Universel . Le comble du cynisme  et nous y revenons a été d’utiliser la tragédie de la Shoah, d’oser faire aux juifs eux même cette infamie, les utiliser comme moyens, instrumentaliser leurs souffrance.  Un cynisme sans limite que celui qui se manifeste par la récupération de l’indicible, de l’innomable, de cette tâche à jamais indélébile sur le genre humain. La récupération de ce qui devrait rester sacré est la marque d’un cynisme révoltant.

Comprenez -le bien,  les contenus, « ILS » s’en fichent, peu importe autour de quoi se fait l’Universel, le Global, la Mondialisation, l’essentiel c’est qu’il se fasse.  Si ce n’est pas le fascisme façon Hitler,  ce sera son frère.

L’Universel peut  avoir n’importe quel contenu, on  s’en fiche ce qui compte c’est qu’il soit Universel. L’essentiel est de nier l’homme existant, réel , historique et de le remplacer par son zombie  abstrait, mais consommant pour combler le vide dans lequel on l’a plongé. Il faut assassiner le moteur de l’histoire, les différences, les classes sociales, et le remplacer par … le vide de l’universel. Il faut mettre en place les conditions de la fin de l’histoire, c’est à cela que sert la religion de l’Etre Suprème, autre nom ancien de la religion  de l’Universel.

L’Européisation forcée est une forme d’extension du système qui est un avatar, un jumeau  de la globalisation impériale.  Les deux mouvements sont frères et soeurs ou parents et enfants.

C’est plus que l’homothétie, c’est de l’isomorphisme. C’est la même logique interne, organique. Il n’y a pas de différence logique/dialectique entre les combats qui se déroulent au Moyen Orient pour l’extension de nos « normes civilisatrices » , ou partout dans  le monde, contre Poutine, contre les Chinois,  et ce qui se passe en Grande Bretagne!

Ce qui est à l’oeuvre, c’est la pression d’un système mondial qui veut à tout prix, coûte que coûte devenir dominant et la résistance d’un peuple qui veut lui aussi , rester lui même, conserver son identité, ses spécificités, sa mémoire.

La machine à broyer à toutes les chances de gagner, elle ne joue pas sa vie, elle reste planquée à l’arrière.  Mais ceux qui résistent ont une arme, celle de leur vie, comme le dit Marx, ceux qui peuvent se battre ce sont ceux qui n’ont rien d’autre à perdre que leur vie, ceux pour qui c’est « la lutte à mort ».

Nous soutenons que le terrorisme global, international, domestique est notre avenir car il est un produit du cynisme des élites. Leur cynisme ne laisse aucune autre issue, car ce qui constitue l’arbitre et fait taire la violence, c’est ce qui dépasse les hommes, c’est le Symbolique, c’est la Vérité. Or la Vérité, c’est ce qui est tué en premier dans le cynisme. Ils ont tué les référents, pour pouvoir mettre en oeuvre leur cynisme, leur pragmatisme, leur utilitarisme.

Les Britanniques veulent bien l’extension de la marchandise, du marché unique, la zone de libre-échanges à laquelle ils ont adhéré  en son temps dans les  années 75, mais ils ne veulent pas d’une Europe politique, ils ne veulent pas être gouvernés par une clique, par des Eurocrates sans patrie et sans racines  qui tirent leur légitimité non pas de leur élection, mais  de l’argent et du pouvoir que les Maitres de degrés supérieurs du système mettent à leur disposition.

Les Britanniques se rebellent , ils disent « non » et il est évident pour tout le monde que les résulats des sondages ne sont tangeants que parce que les moyens mis à la disposition des deux camps sont disproportionnés: les uns ont derrière eux toute la puissance de la machine à dominer mondiale, les autres n’ont que leur conviction et le sentiment commun qui les unit, le refus.

La partie est inégale et pourtant ils mettent en difficulté les Maîtres, à un point tel qu’il faut, pour ces derniers,  recourir, comme des chiens,  cyniquement à des provocations terroristes, à des crimes et à des amalgames soigneusement préparés pour tenter dans  un dernier sursaut d’infamie de faire basculer, non pas seulment les sondages, mais les votes.

On ne les y prendra plus à organiser des votes, l’Union Européenne veut interdire les consultations populaires.

Le premier Ministre Néerlandais, qui s’est pris une claque sur le vote au sujet de l’Ukraine a bien dit que l’on ne l’y reprendrait plus, finis les réferendums ou referenda. Et il a vu juste car le referendum est le seul moyen dont diposent encore les peuples pour dire « non ». Il faut donc les interdire.

Chacun sait qu’en cas de succès aux élections d’un parti non européiste, ce parti  sera obligé de sortir de la légalité ou de la pratique européenne, pour agir et ne pas avoir les mains liées, pour ne pas se retrouver dans la situation du triste Tsipras, il devra faire approuver par le peuple un certain nombre de mesures temporaires comme la restriction des mouvements de capitaux, comme …Et il n’y a qu’un moyen légitime pour obenir le pouvoir de faire tout cela, c’est le suffrage direct, le référendum.  Donc il faut l’interdire .

N’est ce pas le comble  du cynisme  de la part de gens  qui portent la guerre, le feu et le sang partout dans  le monde au nom … de la souveraineté populaire affublée du nom de démocratie?

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5 réflexions sur “Editorial à propos du cynisme ou je révèle le fond de ma pensée

  1. Dostoievski avait tout compris (ou senti) en désignant dans les Possédés,le cynisme et l’irréligion comme les pires menaces pesant sur la Sainte Russie.On peut sans doute étendre sa réflexion à l’ensemble du monde.
    En tout cas merci monsieur pour votre brillant coup de gueule (bien que certains points me semblent discutables).

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  2. Regardez les affiches actuelles de Mac do sur les abribus : tout y est dit de la mondialisation rampante que ces multinationales véhiculent, et par là-même de la négation de leurs peuples : Une fille (blonde) tend devant elle une écharpe hybride montrant les premières lettres de l’écharpe de la Suède et la fin de l’écharpe avec le mot Italie. Cela devrait faire la contraction de SVE (ridge) et (I)TALIA soit : SVETALIA donc. Mais non, pas chez Mac do : Il est écrit sur la pub : SWETALY, deux mots en anglais (SWEden) et (ITALY). Pareil pour la Pologne (Poland et non Polska), l’Allemagne (Germany)… Navrant, mais si significatif.

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  3. Editorial magistral, passionnant … et terriblement « noir ». Mais tant pis, il vaut mieux garder les yeux grands ouverts pour comprendre ce qui se trame véritablement en arrière-plan.
    Et à cet égard, le cynisme n’est que la note d’ambiance qui se dégage de la lutte sans merci et éternelle pour la conquête et la conservation du pouvoir. Ce qui est certain c’est que la confiance a aujourd’hui complètement disparu chez la plupart des européens, même chez ceux qui n’ont toujours pas une claire conscience des tenants et des aboutissants de leur état de sujétion.

    Je voudrais ajouter trois remarques pour essayer d’étendre le champ de cette réflexion :

    1ère remarque : sur le cheval de Troie dénommé « Universel », destructeur de la singularité de nos vies, je trouve que la position du Pape est pour le moins ambiguë. Soit il se laisse aller sur la pente de la mondialisation par pure doctrine, par stratégie, par intérêt, ou encore par manque de courage ou de discernement, soit une partie des ecclésiastiques de haut rang adhère délibérément à l’idéologie dominante. Plus j’écoute ce pape et plus je m’interroge sur les tenants et les aboutissants de la « démission » de son prédécesseur; et plus je me convaincs de la sagacité d’un Chesterton qui avait affirmé que « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles ». Hannah Arendt ne prétendait-elle pas que le mouvement vers le bien absolu est aussi dangereux que le mal absolu ?

    2ème remarque : le commentateur précédent conclut en affirmant que « c’est LEUR monde bidon qui finira par périr ». Je n’en suis malheureusement plus aussi persuadé qu’avant, et à ce propos, il me semble qu’on ne prête pas assez attention aux « avancées » terrifiantes en matière de transhumanisme. A court terme (entre 10 et 30 ans), l’espèce humaine pourrait être radicalement transformée et domestiquée par les idéologues constructivistes athées de la Silicon Valley et d’ailleurs. L’homme ne sera plus vraiment un homme, plutôt un surhomme robotisé, et l’ensemble de ce qui a fait la richesse et la diversité des civilisations sera définitivement mis à bas. Il est temps que nous prenions conscience qu’une minorité de sorciers est en train de phagocyter et de transformer à brève échéance l’espèce humaine. Les termes de cynisme, de confiance, de conscience, de sentiments, de démocratie, de révolte, de terrorisme ne seront plus à l’ordre du jour. Bonjour la complète et définitive tyrannie, car les quelques tyrans n’auront plus alors à craindre leurs objets post-humains.

    3ème remarque en lien avec votre analyse sur le terrorisme. Le cynisme, la diabolique illimitation, le jusqu’auboutisme des dominants actuels du monde ne vont-il pas nous pousser à considérer, dos au mur, que les terroristes sont aujourd’hui, au-delà des méthodes dissymétriques qu’ils utilisent -et qui nous heurtent (mais les guerres ne sont jamais un parcours de communiant)-, aussi des combattants politiques d’une monde habité encore par de vrais « pauvres » hommes luttant pour leur survie à titre individuel et en tant que peuples ? Comme nous, tout bien pensé.
    Ici ou là, j’entends qu’il faudrait savoir nommer nos ennemis, comme le suggérait en son temps Julien Freund, mais j’ai de plus en plus de mal à considérer que ces ennemis là sont nos seuls et même principaux ennemis, car nos ennemis sont aussi et peut-être avant tout intérieurs, je veux dire intérieurs à la civilisation occidentale.

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  4. Votre article est une excellente synthèse de la « logique libérale » à l’oeuvre depuis les temps modernes : destruction du symbolique régulateur remplacé par un système prétendument autorégulé et neutre mais en fait administré en profondeur sur une base idéologique.

    Ce système ne fonctionne pas. A part quelques urbains occupés à des emplois futiles, le peuple des producteurs n’est pas « couché » et perçoit avec acuité le cynisme de l’élite mondialisée. C’est pourquoi la guerre aux producteurs va s’intensifier. « Classe laborieuse, classe dangereuse » hier comme aujourd’hui. La guerre à venir ne sera pas moins terrible que les guerres de religions qui ont justifié les politiques libérales qui ont suivi. Mais à la fin, le principe de réalité l’emportera. « Fiat Justitia et pereat mundus » c’est LEUR monde bidon qui finira par périr.

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