A lire Brexit : pourquoi l’UE n’aime pas les référendums
Brexit : pourquoi l’UE n’aime pas les référendums sur l’Europe
Par Benjamin Masse-Stamberger
Publié le 23/06/2016 à 17:29
Le texte ci dessous est interessant en ce qu’il souligne bien l’importance de la question des referendum populaires. il est évident pour toute monde que ces consultations déplaisent dans la mesure ou elles produisent des résulats qui ne sont pas conformes à ceux qu’attendent les « dominants ».
La comédie démocratique est tolérée tant qu’elle sert de cache-sexe à leurs volontés unilatérales. Quand les résultats ne sont pas ceux qui sont espérées, alors soit on les contourne, soit on les vide des sens. Avant on a bien pris soin de faire donner l’artillerie de la propagande et des intimidations. Tout cela est maintenant clair.
Il est symptomatique que cette question de la légitimité des consultations populaires se pose mainteant et qu’elle ait besoin de justifications intellectuelles. Il y a toujours un mercenaire du système pour se charger de ce travail. L’exercice scélérat de Jacques Attali, l’hyper mondialiste, qui veut aller au fond des choses et attaquer à la racine cette procédure de consultation d’apparence démocratique, cet exercice en dit long sur l’urgence qu’il y a pour les dominants à reprendre la main ou mieux à ne pas la perdre.
Nous sommes à la veille d’une tentative de coup d’état en Europe , car les dominants ayant compris qu’il s’agissait d’une course de vitesse entre partisans et détracteurs de l’Union , veulent à tout prix modifier les traités et les règles du jeu afin d’accélérer l’intégration et de la rendre concrètement irréversible. C’est le sens des propos de Hollande, Sarkozy et bien sur Merkel. Les uns veulent accélérer la vassalité et l’autre veut sceller sa domination. On reprend l’ouvrage là ou on l’a laissé dans les années 30 et 40.
Pour le moment, les eurosceptiques sont encore soit minoritaires, soit majoritaires, mais divisés comme c’est le cas en France. Cependant qui ne voit que plus la crise dure et plus elle s’approfondit, plus il y a de laissés pour compte et plus le nombre des anti-intégration progresse. C’est en ce sens que nous avons introduit cette idée de course de vitesse: il y a une tendance lourde à la dégradation de la situation des classes moyennes car les pseudo remèdes ne sont que des « kick the can », des reports. Et ils ont pour résulat d’augmenter les risques futurs et la fragilité de nos systèmes. Nous trainons des boulets de plus en plus lourds. En même temps ils détruisent des acquis comme les régimes de retraites et de protecions sociale, ce qui fait s’effondrer les consensus. Les gens ont de moins en moins à perdre, ce qui signifie que l’on crée les conditions historiques des révoltes.
La tendance lourde est à l’approfondissement de la crise, cet approfondissement oblige les « dominanst » à aller plus loin , toujours plus loin dans l’érosion des niveaux de vie, du controle social et de la destruction des libertés/identités. Leur cynisme devient de plus en plus facile à voir , le système lui même se révèle pour ce qu’il est, au fil de la crise. Peu à peu ces consensus ne subsistent que par la peur, la terreur même si on en juge par les arguments qui ont été utilisés lors des débats pré Brexit.
Il faut aller plus loin que les Attali et autres et pointer sans hésiter le sens général de l’évolution anti-démocratique: la Vérité, les Valeurs, les Principes sont unifiants , car le symbolique s’impose à tous … sauf aux chiens , aux cyniques.
Pendant les périodes intermédaires, les luttes se déroulent encore aux marges, aux frontières du système , c’est à dire de façon civilisée, sans violence ouverte , par une sorte de réticence à déclarer vraiment la guerre sociale.
Nous pensons qu’il faut être prospectifs et oser affronter le futur qui découle de la logique: à partir du moment ou les « dominants » pratiquent le cynisme, le mensonge, le contrôle social, bref à partir du moment ou ils glissent sur la pente de la violence , eux même en justifient l’usage .
La force, la barbarie sont non pas des choix, mais des enchainements. Nos sociétés restent barbares, on le voit avec la multiplication des confliits honteux, mais cachés loin de chez nous.
Notre avenir sur cette pente , c’est le terrorisme domestique.
FIGAROVOX/TRIBUNE – Après Jean-Claude Juncker, Jacques Attali a critiqué l’existence même du référendum qui se tient ce jeudi au Royaume-Uni. Pour Benjamin Masse-Stamberger, certaines élites européennes ont la tentation d’«abolir» la démocratie.
«Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens.» On se souvient de la sentence de Jean-Claude Juncker, prononcée début 2015, et destinée à faire rentrer les Grecs dans le rang de l’austérité. Depuis un certain temps déjà, les élites européennes ont pris l’habitude de s’asseoir consciencieusement sur les choix des peuples, du «Non» Français au Traité constitutionnel en 2005, au camouflet infligé par les Grecs à la Troïka à l’été dernier, en passant par les votes néerlandais et irlandais.
Jusqu’à présent, les «corrections» apportée par l’oligarchie européenne aux votes populaires intervenaient toujours à postériori, donnant aux électeurs l’impression désagréable – et ô combien justifiée – qu’on ne les avait consultés que pour la forme. Trop voyant. Alors que le risque de Brexit fait passer un souffle glacé dans le cou des Européistes, c’est Jacques Attali, éternel conseiller des Princes, qui a décidé de s’y coller, afin de corriger ce léger défaut de conception. Et éviter la contagion du Brexit à d’autres populations influençables.
Sa solution est simple: il s’agit, ni plus ni moins, que…de supprimer les référendums sur l’Europe!
un tel référendum, écrit-il sur son blog à propos du Brexit, implique qu’un peuple peut remettre en cause toute évolution considérée jusque-là comme irréversible, telle qu’une réforme institutionnelle, une conquête sociale, une réforme des mœurs. (…) Selon notre conception occidentale du Droit, il existe des progrès irréversibles, (par exemple, la démocratie, la liberté du culte, l’interdiction du travail des enfants, l’abolition de la peine de mort) qu’un vote simple ne peut défaire.»
On aura saisi que l’appartenance à l’Union Européenne faisait partie de ces «progrès irréversibles» que le peuple, fut-il majoritaire, ne devrait pas être en mesure de défaire. «Toute décision ayant un impact lourd sur le sort des générations suivantes, écrit-il encore, ne devrait pas pouvoir être prise par une majorité de moins de 60% des votants, réaffirmée à trois reprises à au moins un an d’écart.»
Exit, donc, les référendums européens. On comprend en creux qu’il serait plus raisonnable de laisser la maîtrise
de nos destins – irréfléchis que nous sommes! – à nos élites si altruistes et si éclairées.
Celles-là même qui nous ont vendu cette «mondialisation heureuse» qui, grâce au «doux commerce», devait éradiquer le fanatisme et la violence. Avec le succès que l’on sait. Les mêmes, également, qui ont conçu l’architecture de cette Europe-là, si bien pensée pour résister à toutes les tempêtes. Si solide, qu’elle fut finalement la plus déstabilisée par la crise financière, pourtant d’origine américaine. Si efficace, qu’elle a plongé le continent dans la récession et la déflation. Si protectrice qu’elle a fini par confier les clés de sa politique migratoire à Recep Erdogan, le président Turc.
Ce n’est bien sûr pas un hasard si cette proposition vient d’un membre éminent de nos chères élites hexagonales, proche de François Hollande, et grand défricheur d’idées nouvelles. Car, après nos amis Anglais, s’il est un pays qui pourrait être tenté par la sortie, c’est bien le nôtre, tant il est dans la ligne de mire des directeurs de conscience de Bruxelles et de Berlin. On l’a vu, en effet, avec en particulier la loi El-Khomri, dont l’essayiste Coralie Delaume a bien montré qu’elle était une réponse directe aux désidérata de Bruxelles. Seul hic: les Français commencent à réaliser plus précisément d’où viennent leurs problèmes. Et à comprendre que sortir de la centrifugeuse européenne devenue folle, pourrait bien être le seul moyen de rompre avec quarante années d’impuissance et de rétrécissement. Aussi le plus simple est-il sans doute d’opérer de manière préventive: empêcher le Frexit avant même qu’il puisse être envisagé.
Aussi une certaine rhétorique employée par nos élites masque-t-elle mal la volonté d’extraire du champ de la délibération populaire, une part croissante de décisions qui pourtant, concernent nos concitoyens de manière vitale. Interrogé sur le site du Monde, Attali s’est ainsi permis d’ajouter: «Il y a des choses irréversibles en démocratie, cela s’appelle le progrès». Big Brother, lui, avait énoncé: «La guerre c’est la paix, la liberté, c’est l’esclavage, l’ignorance, c’est la force.». A ce tryptique, on pourra désormais ajouter un ultime précepte: «La dictature, c’est la démocratie.»
4 réflexions sur “A lire Brexit : pourquoi l’UE n’aime pas les référendums”
« …on ne peut attendre que de ceux qui ont tout à perdre et qui sont les laissés pour compte du système et de sa dérive ».
Je pense que vous avez écrit le contraire de ce que vous vouliez exprimer. « On ne peut attendre que de ceux qui n’ont plus rien à perdre – ou si peu – et qui sont les laissés pour compte du système et de sa dérive ».
Merci à Marius pour l’extrait du texte de A. de Tocqueville.
,, … Je veux imaginer sous quels traits nouveau le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d’hommes semblables et egaux qui tournent sans repos sur eux-meme pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur ame.
… Au dessus de ceux-la s’eleve un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux.
Il ressamblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes a l’age viril, mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se rejouir.
Il travaille volontiers à leur bohneur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leurs industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur oter entierementle trouble de penser et la peine de vivre ? …
Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras à la societe toute entière; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les ames les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amolit, les plie et les dirige; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse a ce qu’on agisse; il ne détruit point, il empêche de naitre; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète et il réduit enfin chaque nation à n’etre plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. »
A de Tocqueville – 1835 – De la democratie en Amerique – p 361
Vous citez un texte merveilleux qui fait frissonner d’intelligence et de justesse.
Ce qui est décrit et prévu en termes simples accessibles à tous est tout simplement prémonitoire. Beaucoup l’ont lu, en tous cas ceux qui ont étudié dans les temps anciens ou la culture était transmise par le système scolaire non républicain. L’Ecole de la République de l’infame Jules ferri, s’est transformée en une école de propagande, d’intégration, de formatage, d’abord pour les progressistes, les tenants de l’idéologie du progrès et ensuite pour l’économisme, l’idéologie de l’économie. Et enfin, mainteant cela va plus loin, elle transmet l’idéologie de la pseudo modernité, du transgenre, de l’universel, du droit del’hommisme, et de la repentance réunies.
C’est à ce niveau qu’il faut lutter, au niveau de la transmission du savoir. Au niveau du parler juste et du penser adéquat.
Mais bien cela ne suffit pas car la Vérité ne s’impose pas d’elle même sauf à très long terme. La verité a besoin de bras séculiers, elle a besoin d’une pratique de la rebellion et de la révolte et cellles ci restent à inventer.
Il ne faut rien attendre des politiciens, des intellectuels professionnels, des médiacrates et autres grands prêtres du système, on ne peut attendre que de ceux qui ont tout à perdre et qui sont les laissés pour compte du système et de sa dérive. Ceux là ce sont les jeunes, les chômeurs, les producteurs prolétarisés,… tout ceux dont le système s’efforce de confisquer le sens de leur vie. Ce n’est pas seulement une question de niveau de vie/consommation comme on veut nous le faire croire, non c’est une question de vie et de mort, une question de dignité.
« …on ne peut attendre que de ceux qui ont tout à perdre et qui sont les laissés pour compte du système et de sa dérive ».
Je pense que vous avez écrit le contraire de ce que vous vouliez exprimer. « On ne peut attendre que de ceux qui n’ont plus rien à perdre – ou si peu – et qui sont les laissés pour compte du système et de sa dérive ».
Merci à Marius pour l’extrait du texte de A. de Tocqueville.
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Bien sur, j’ai raison de parier sur la vigilance de mes lecteurs merci
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,, … Je veux imaginer sous quels traits nouveau le despotisme pourrait se produire dans le monde: je vois une foule innombrable d’hommes semblables et egaux qui tournent sans repos sur eux-meme pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur ame.
… Au dessus de ceux-la s’eleve un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux.
Il ressamblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes a l’age viril, mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se rejouir.
Il travaille volontiers à leur bohneur; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leurs industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur oter entierementle trouble de penser et la peine de vivre ? …
Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras à la societe toute entière; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les ames les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule; il ne brise pas les volontés, mais il les amolit, les plie et les dirige; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse a ce qu’on agisse; il ne détruit point, il empêche de naitre; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète et il réduit enfin chaque nation à n’etre plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. »
A de Tocqueville – 1835 – De la democratie en Amerique – p 361
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Vous citez un texte merveilleux qui fait frissonner d’intelligence et de justesse.
Ce qui est décrit et prévu en termes simples accessibles à tous est tout simplement prémonitoire. Beaucoup l’ont lu, en tous cas ceux qui ont étudié dans les temps anciens ou la culture était transmise par le système scolaire non républicain. L’Ecole de la République de l’infame Jules ferri, s’est transformée en une école de propagande, d’intégration, de formatage, d’abord pour les progressistes, les tenants de l’idéologie du progrès et ensuite pour l’économisme, l’idéologie de l’économie. Et enfin, mainteant cela va plus loin, elle transmet l’idéologie de la pseudo modernité, du transgenre, de l’universel, du droit del’hommisme, et de la repentance réunies.
C’est à ce niveau qu’il faut lutter, au niveau de la transmission du savoir. Au niveau du parler juste et du penser adéquat.
Mais bien cela ne suffit pas car la Vérité ne s’impose pas d’elle même sauf à très long terme. La verité a besoin de bras séculiers, elle a besoin d’une pratique de la rebellion et de la révolte et cellles ci restent à inventer.
Il ne faut rien attendre des politiciens, des intellectuels professionnels, des médiacrates et autres grands prêtres du système, on ne peut attendre que de ceux qui ont tout à perdre et qui sont les laissés pour compte du système et de sa dérive. Ceux là ce sont les jeunes, les chômeurs, les producteurs prolétarisés,… tout ceux dont le système s’efforce de confisquer le sens de leur vie. Ce n’est pas seulement une question de niveau de vie/consommation comme on veut nous le faire croire, non c’est une question de vie et de mort, une question de dignité.
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