Bientôt le monde de Peter Pan et de la Fée Clochette

Peter Pan:  « the moment you doubt whether you can fly, you cease forever to be able to do it. »

Peter Pan:   » sitot que vous commencez à douter que vous pouvez voler,  vous cessez d’être capable de pouvoir voler, pour toujours »

Nous voici donc lancés dans un nouveau round de stimulations. Nous l’attendions depuis le mois de février, un peu avant le « Consensus de Shanghai ».  La hausse du pétrole et des matières premières qui se developpe depuis le début ‘année nous a confirmé dans notre anticipation. En fait nous n’avions pas besoin d’attendre quoi que ce soit, car dès que les marchés tanguent comme cela été le cas en fin 2015 et début 2016, on sait que la suite est inéluctable: la stimulation, la piqure de rappel va suivre.  Aussi clairement que le  jour succède à la nuit: le resserrement des conditions fiancières et les ralentissements économiques ne peuvent plus être supportés, ils sont devenus trop dangereux. La bicyclette doit rouler pour ne pas verser. C’est notre devise: Vive les crises!

Nous allons donc avoir au cours des prochains mois une succession de nouveaux dopages plus ou moins complexes mais qui comporteront des largesses monétaires, des avilissement du change , des dépenses fiscales, les sauvetages de banques, et autres gateries selon une succession du genre japon, Chine, Grande Bretagne , Europe et on finira avec les USA quand le cap des élections sera passé. Là, en effet il faudra un accord bipartisan.

Le non-conventionnel étant devenu banal, on va donc pouvoir aller plus loin.  Les opinions publiques s’habituent à tout, il n’ y a plus ni débat ni opposition;  ce qui était impensable il y a 8 ans devient ordinaire, le scandaleux passe mainteant pour la norme. Et c’est pour cela que l’on s’enhardit à pousser le fameux « helicopter money ». Avec ses variantes, « le « Revenu Universel » ou le « Social Credit ».

C’est l’idée originale de Bernanke, (et celle des kéneysiens de Berkeley), celle qu’il avait élaborée à la fin des années 90 pour faire la leçon aux Japonais: selon lui ils s’infligeaient une punition inutile et stupide. Il suffisait pour lutter contre la déflation de  distribuer de l’argent aux consommateurs et de financer cette distribution par les déficits et de couvrir les déficits par la création monétaire. Et il avait raison le bougre, car si vous distribuez l’argent sans  passer par la case « banques », alors il est utilisé, il trouve son chemin, il produit une demande qui fait monter les prix. Mais il faut être cynique politiquement et oser se passer des banques et des marchés. Il faut un circuit court, il faut Uberiser le keynésiansisme. Il faut réduire le coût de production de la demande, et croyez nous, c’est un concept très riche, à notre époque,  que celui de « coût de production de la demande ». Dans les temps anciens  on se préoccuppait du coût de la production de l’offre de richesses, mais c’était avant, avant que le monde ne croule sous une crise de surproduction que l’on appelle pudiquement et hypocritement « insuffisance de la demande globale »!

Vous nous direz car vous êtes benêts, mais pourquoi ne pas distribuer cet argent aux gens qui travaillent, à ceux qui produisent au lieu de le faire tomber du ciel sans contrepartie. Eh oui vous êtes des benêts  car cette solution qui consisterait à augmenter les revenus salariaux , avez vous songé qu’elle pèserait sur les profits? Avez vous songé qu’elle ferait de la mauvaise inflation, celle des salaires, alors que ce qu' »ILS » veulent ce n’est pas la hausse des salaires, mais la hausse des prix de tout ce que vous achetez et consommez. Une hausse des revenus salariaux serait la vraie solution bien sur, c’est celle du bon sens, mais elle pèserait sur les cash flows, elle créerait de la mauvaise inflation, elle rendrait les firmes insolvables, et les budgets publics encore plus déséquilibrés, elle provoquerait la hausse des taux d’intéret! Or le système klepto-usuraro-financier ne peut supporter une hausse des taux , tant il est endetté.Il ne supporte les dettes que parce qu’elles sont gratuites.

Donc on abandonne les idées de hausse des revenus salariaux, elles sont mal venues et cela détruirait l’ordre social que l’on cherche à préserver et reproduire depuis 2008. Il faut trouver un moyen de distribuer du pouvoir d’achat qui ne coûte rien en terme de profits et de cash flows et qui ne fasse pas monter les taux d’intérêt, et qui ne désolvabilise pas les firmes et les usuriers surendettés . Et ce moyen on croyait l’avoir trouvé en distribuant du pouvoir d’achat tombé du ciel, par la création de crédit; hélas la pompe ne marche pas. Les tuyaux sont colmatés. Ce crédit ne va pas là ou il est souhaité, il va alimenter la spéculation, gonfler les  bulles d’actifs , il va partout sauf là ou il doit aller, c’est à dire alimenter les achats de la masse. Celle ci boude le crédit car elle est trop endettée et elle est menacée de chômage et de déchéance sociale ;  et les banquiers eux préfèrent stocker faire des provisions d’argent oisif , on ne sait jamais.

Dans notre système, le moteur, c’est le profit, le cash flow et l’accumulation du capital. Et si le moteur est grippé c’est parce que l’on n’investit pas. Et si on n’investit pas, c’est parce qu’il n’est pas rentable de prendre le risque d’investir. Et si il n’est pas rentable de prendre le risque d’investir c’est parce que le taux profit attendu est trop faible . Et si le taux de profit attendu est trop faible, c’est parce que le taux de profit présent est déja insuffisant.

Ecoutons JP Morgan: « les profits et les cours des actions ont baissé au cours des quatre derniers trimestres et l’investissement global a évolué comme les profits, au même rythme décevant. Il y a un grand risque que les entreprises ralentissent fortement leurs dépenses « . « le phénomène le plus inquiétant sur cette nature globale du ralentissement des profits est le fait que la concentration des profits est la plus forte que nous ayons connue depuis des décennies. La concentration des profits est encore plus forte que celle qui avait suivie  la grande crise financière. Les profits sont concentrés dans  un petit nombre de firmes et un petit nombre de pays ».

Global profits growth

Donc, si on nous suit et que l’on remet l’église au milieu du village,  on ne peut imaginer de solution  efficace pour retrouver le chemin de la croissance, l’investissement et de la baisse du chomage qui si on trouve une astuce, un truc, un dispositif pour distribuer du pouvoir d’achat qui ne coûte rien en terme de profit et qui ne pèse pas sur les marges bénéficiaires du système. Le crédit c’était une bonne idée, mais on l’a usée et archi usée, les agents sont surendettés et les ânes ne veulent plus boire, il faut une idée plus radicale. Et cette idée c’est celle de « l’helicopter money », la distribution directe de pouvoir d’achat qui tombe du ciel, qui vient directement des claviers de la banque centrale et qui ne passe pas par les banques ou les marchés. Du producteur de digits au consommateur.

Le remède ou le dispositif fondé sur le seul crédit a touché ses limites: depuis 7 ou 9 trimestres les profits faiblissent aux USA. D’abord le taux de profit  a baissé, ensuite ce fut le tour des profits en valeur absolue, c’est le signe, le seul qui vaille, que les remèdes purement monétaires non conventionnels ont épuisé leurs effets. On revient au problème  initial: ll’insuffisance  du profit, l’atonie de l’investissement, l’impossibilité de retrouver  une croissance auto-entretenue. Malgré l’ingénierie financière, la hausse du marché boursier à tendance  à s’asphyxier, ce qui augmente les risques d’instabilité, laquelle instabilité découvrirait le pot aux roses: l’empereur klepto-financier est nu, il n’a pas assez de profit pour soutenir les cours des assets  et rentabiliser tous le capital, le productif, le vrai, l’utile, le faux, l’inutile, le fictif, le poids mort.  Il n’y a pas assez de revenus dans  le système pour faire tourner la machine, pour assurer les revenus de l’état et pour inciter à investir. Donc, alors que l’on est presque au plein emploi, il faut faire tomber des revenus du ciel, des revenus qui ne coûtent rien à  personne.


La baisse du chômage n’a provoquée aucune croissance auto-entretenue car les revenus salariaux distribués aux nouveaux arrivants qui trouvent un travail sont entre 30 et 50% inférieurs aux salaires  moyens  » bread-earner ». Les nouveaux jobs ne paient pas assez pour entretenir la croissance! 

U6

http://www.advisorperspectives.com/dshort/

Quand le S&P 500 a fait son plus haut en mai 2015 à 2130, les earnings étaient de près de 100 dollars par action, depuis ils ne cessent de baisser , ils sont à 85 dollars et encore, « truandés », « bidons »! Le multiple cours bénéfice est de près de 25 fois. nous sommes au dessus des évaluations historiques moyennes et nous sommes surévalués de plus de 60%. Les bourses sont fragiles, hyperfragiles! Elles ne peuvent résister ni à un nouveau ralentissement de l’activité ni à une hausse des taux d’intérêt.

Vous comprenez pourquoi il faut que les taux baissent; Il faut qu’ils baissent pour entretenir les raisonnements idiots sur les primes de risque: « car la baisse des taux augmente les primes de risque et par conséquent rend  les actions plus attrayantes ».

Vous comprenez pourquoi il faut préparer un relais à l »épuisement des effets des politiques monétaires et entrer dans la magie des « helicopter money », celle de Disneyland, de Peter Pan  et des contes de fées: « il faut injecter des revenus qui ne coûtent rien,et  à personne ».


Ci dessous, la rechute des profits globaux. En fait, on a échoué dès 2012 ! Depuis on se traine et on joue les prolongations.

Global profits growth

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