Editorial. Les banquiers qui nous gouvernent savent ils de quoi ils parlent?

Article Bruno Bertez du 9 septembre 2016

Titre : Les banquiers qui nous gouvernent savent-ils ce qu’ils font?

En Juin 2000, Alan Greenspan a lancé une petite bombe. Il a avoué que la Réserve Fédérale américaine n’avait plus aucune idée de ce qu’est la monnaie, et comment la définir. Nous avons repris cette affirmation sur Lupus qui la garde d’ailleurs en exergue. Ce devait être une bombe, car, comment mener une politique monétaire, manipuler, intervenir, si on ne sait plus très bien ce que l’on touche, si on ignore ce qu’est devenue la monnaie à force de triturations et d’innovations.

Savent-ils ce qu’ils font? Nous pensons que c’est une question qui mérite d’être posée alors que les Banquiers Centraux se sont engouffrés dans une Grande Aventure, semblable à celle de John Law, ou à celle des Assignats de la Révolution française. Une Grande Aventure qui consiste à laisser créer de la monnaie à partir de rien, du crédit gratuit en veux-tu en voilà, et à prétendre qu’il n’y a pas de limites à ces  actions. Law était un joueur, il était spécialiste et adepte des jeux de hasard  et expert en calcul de probabilité. Il a conduit la France à la ruine, détruit la société française. Les Banquiers Centraux, grisés par les pseudo-découvertes de la pseudo-science économique, les mathématiques et les modèles, se sont lancés sur les traces de Law, ils ont instrumentalisé la monnaie. Eblouis par le quantitatif et les chiffres, ils ont perdu de vue le qualitatif et ce qu’il y avait derrière cette institution fragile qu’est la monnaie. La monnaie est en quelque sorte devenue le refuge de nos ignorances économiques au point que certains envisagent des « solutions radicales » comme la distribution de monnaie tombée du ciel pour stimuler la consommation, d’autres veulent la monnaie biodégradable, monnaie qui se dévalorise si on ne s’en sert pas. Yellen a affirmé récemment que la monnaie « était un bien piètre réservoir de valeur ». Greenspan de son coté revient à ses premières amours et considère que le retour à l’or est la seule solution pour sortir de l’impasse ou nous sommes. Un ancien économiste du FMI, face aux dysfonctionnements actuels va jusqu’à proner la disparition, l’interdiction de la monnaie dans ce qu’elle a d’essentiel: le cash. 

Cette question de ce qu’est devenue la monnaie  mérite d’être posée parce que les Banquiers Centraux ont pris le pouvoir, ils ont supplanté les Gouvernements que vous avez élus, alors que, eux, les banquiers, ne le sont pas. Ils ont pris le pouvoir à la faveur de l’opacité de la chose monétaire et de la complicité, d’une part, des ploutocrates et, d’autre part, des élites médiatiques ou autres. Le coup de force n’est pas tombé du ciel non, il est la manifestation de la prise de pouvoir concrète par un groupe social et ses alliés.

Les Banquiers Centraux ont non seulement coupé tout lien entre la monnaie et ses référents comme l’or ou les marchandises, mais aussi tout lien avec le bon  sens. Les théories les plus modernes soutiennent l’idée que la monnaie, les monnaies ne sont rien d’autre que des jetons, des « tokens », des digits d’ordinateurs et que tant qu’ils sont acceptés, tant que l’on croit en eux, alors il est possible d’en créer en toute quantité et de les distribuer à ceux que l’on choisit. Les banquiers modernes ne se posent pas de question au-delà de cette imbécillité, non, ils voient la création de monnaie à partir de rien, comme une abstraction, pas comme une action problématique. Car enfin, il y a bien un problème,  la question n’est pas  seulement de savoir combien de jetons on crée, mais bien de savoir à qui on les donne. C’est cela qui est important, car ceux à qui on les donne, ces jetons, les banques, les ploutocrates, les kleptocrates, la Communauté Spéculative Mondiale,  ont accès à un pouvoir d’achat quasi gratuit qui leur permet de rafler toutes les richesses avant les autres: l’immobilier, les actions, les œuvres d’art, l’or, etc. etc. En clair, ceux qui sont proches du guichet qui distribue les jetons bénéficient d’un avantage incroyable, par comparaison à ceux qui sont en bout de chaine et qui ont à peine accès au crédit pour se loger ou s’installer un petit commerce, ou payer les études de leurs enfants.

Lagarde, du FMI, a expliqué que, depuis 20 ans, les classes supérieures avaient raflé à la fois les patrimoines et les revenus. Elle n’explique pas pourquoi et comment, non, mais nous vous l’expliquons: c’est grâce au levier, grâce à la possibilité qu’ont certains de s’endetter et que cela ne leur coûte rien. Le levier, la dette permettent d’anticiper, d’acheter avant les autres. La Sagesse des Nations dit: « on ne prête qu’aux riches, cela n’a jamais été aussi vrai » ; elle dit aussi : « l’argent va à l’argent », c’est encore plus vrai.

Et tout cela est avalisé, toléré par des gouvernements socio-démocrates dont la propagande dit qu’ils sont les garants de l’égalité, fers de lance de la lutte contre les inégalités! La vérité oblige à constater et à dire que ce sont ces gouvernements qui produisent l’inégalité! Eh oui! Comment? Tout simplement parce que ce sont ces gouvernements qui font des déficits, qui font des dettes et qui, par conséquence, la dette des uns étant la richesse des autres, ces gouvernements enrichissent leurs prêteurs, les banques, les ploutos, les kleptos, les émirs du pétrole, les Japonais. N’oubliez jamais ceci, les dettes des uns constituent le capital, la richesse des autres.  C’est ainsi  que les banquiers privés   ont amassé des fortunes considérables aux siècles derniers : en prêtant aux rois, aux républiques dépensières, puis à vos gouvernements. Le comble est que, maintenant, plus besoin de mobiliser l’épargne pour amasser des fortunes, non il suffit d’être près du guichet des Banques Centrales, de ramasser la monnaie digit qui tombe gratuitement et de prêter cette monnaie avec un écart substantiel. C’est pire que s’enrichir en dormant ; c’est s’enrichir en pillant un bien public qui n’appartient à personne, en la détournant, cette monnaie. Ils, les Banquiers Centraux, enrichissent tous ceux qui acquièrent des actifs financiers avec l’argent tombé du ciel, ces actifs qui sont la base du système de la Grande Aventure.

Les Banquiers Centraux croient, comme Law, avoir découvert le Graal, le moyen de transformer le plomb en or. En fait ils ont découvert les moyens  mathématiques et satistiques de transformer l’eau des égouts, le crédit pourri, en eau claire, crédit aussi bon que l’or, money-like. Grâce au calcul des probabilités, ils créent du bon crédit à partir du subprime insolvable. Grâce à la création continue de liquidités, ils masquent l’insovabilité chronique du Système. Law inflatait le cours des actions de la Compagnie du Mississipi qui servait de base à sa création monétaire;  eux font la même chose à l’échelle globale, mondiale, ils inflatent toutes les actions, tous les fonds d’Etat. Ils créent de la monnaie et du crédit pour inflater, gonfler le prix des assets, pour créer un effet de richesse et, ensuite, ils arguent de cette inflation du prix des actifs pour ensuite en créer plus. On peut en créer plus parce qu’il y a des gages, des garanties, des collatéraux, et on doit en créer plus parce que si on n’en crée pas plus, alors les prix des assets, la Bourse va s’effondrer! Ah les braves gens!

Le bon sens ne peut expliquer pourquoi les bilans des Banques Centrales sont portés à 20 trillions, pourquoi elles financent quasi directement les déficits des Etats en achetant leurs dettes sur les marchés, pourquoi elles ont tué la rémunération de l’épargne, pourquoi elles imposent des taux d’intérêt négatifs à ceux qui ont la naïveté  de gérer prudemment leurs affaires. Plus encore! Le bon sens ne peut comprendre pourquoi, afin de poursuivre la descente aux enfers des taux négatifs, c’est à dire la spoliation  des épargnants, des retraités, des assurés, ils veulent empêcher de détenir du cash, des espèces. Ils veulent les supprimer, les interdire. Déjà ils en  diabolisent la détention. 

Le bilan aggégé des banques centrales augmente de 2,5 trillions par an; 200 milliards par mois. Ce bilan, équivaut à 40% du GDP mondial, il sera à 50% si les programmes en cours sont menés à bien. Dans le passé un ratio orthodoxe était de 7 à 8%. Ce bilan est une enflure, une hernie, pas une pompe à irriguer l’économie productive. En fait grâce à ces achats de titres à long terme, le secteur financier pris dans  son ensemble  fait une sorte d’OPA sur la richesse mondiale. Les prix de tous, absolument tous les actifs sont faussés de proche en proche. Le capital, les ressources sont mal alloués, les comportement faussés, l’irrationnel encouragé. Les achats de titres à long terme des banques centrales et le stockage des autres mettent les prix des actifs à des niveaux tels que les caisses de retraites, les compagnies d’assurances ne peuvent plus se les payer ou si elles le font elles n’ont aucun rendement de leur placement et courent des risques de pertes sur le capital lors des échéances de remboursement. Toutes les primes de risque, de durée, de liquidité propres à l’industrie financière sont réduites à rien ce qui détruit le modèle d’exploitation des banques et les conduit pour se rattraper à hausser le taux des crédits hypothécaires pour les particuliers, ce qui est un comble, puisque l’argent gratuit renchérit les taux!

L’impasse dans laquelle se sont mis les banquiers les force à aller toujours plus loin, faute de résultats. Ils ne se retournent pas en arrière pour voir le chemin parcouru et constater la faiblesse des résultats obtenus en 7 ans d’expérience ; non, ils persévèrent, entrainés qu’ils sont par un délire que nous pourrions qualifier de mathématique, puisque l’abstraction mathématique, la linéarité, les extrapolations  jouent un rôle considérable dans leur expérience. Les mathématiques ont évacué la raison, la logique et le bon sens. Qui croit un seul instant qu’ajouter des zéros, des digits dans  les comptabilités informatisées du secteur financier peut produire des vraies richesses, ces digits produisent de la Valeur, oui, ils transférent des fortunes, oui, mais ils ne produisent rien, ils modifient la répartition, c’est tout. Pire ils détruisent, en stimulant l’esprit de jeu et en détournant des activités productives. Or seul l’investissement accroit les richesses, la productivité et le bien être. Le reste ne fait qu’augmenter les frustrations et ressentiment de ceux qui sont loin des guichets de distribution de la manne. 

Faute d’avoir réussi et de pouvoir montrer quelque chose en regard de leurs actions, les Banquiers Centraux en sont réduits à inventer des résultats, à créer un monde parallèle de chiffres et de glose. Toute personne qui regarde le tableau de bord de l’économie mondiale voit la cassure, il y a eu une reprise aprés la GEC, la Grande Crise Economique, mais cette reprise à fait long feu, elle s’est embourbée, elle est devenue erratique, perturbée, bégayante,  pour finir s’étioler  comme l’a constaté le  G20 de la semaine dernière.. Jamais la reprise n’a été suivie, auto-entrenue, jamais elle n’a rejoint le potentiel. Il y a eu deux cassures, l’une en 2012 et l’autre en decembre 2014.Et depuis  2014, les accidents se multiplient ; comme le Chinois et les commodities. Le commerce mondial est stagnant. L’impact « positif »  de la politique monétaire sur les marchés financiers a masqué l’échec sur l’économie réelle, le bonheur de Wall Street a éclipsé le marasme de Main Street. Tout ce que la politique monétaire a réussi, c’est de transférer du pouvoir d’achat des vendeurs de titres, vers les acheteurs de titres, et réciproquement, dans une ronde infernale qui laissera les derniers acheteurs avec un sac de pourriture sur les bras.


Il y a eu deux cassures dans la reprise US , la première en 2012 et la seconde en fin 2014, depuis on bégaie!

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Les travaux les plus sérieux , ceux dont les banquiers centraux se gardent bien de parler montrent que l’analyse économique ne permet pas de déceler un effet sensible de ces politiques monétaires sur la production. Les données économique en fait n’ont pas évolué de façon sensiblement différente de la trajectoire qu’elles auraient eu sans les mesures non conventionnelles. La production n’a été stimulé que de moins de 1% et l’influence sur le taux de chomage n’a été que de …0,1% par rapport à ce qu’elles auraient été si la politique monétaire était restée conventionnelle, comme par exemple guidée par la Taylor Rule. Les variables non monétaires, suffisent à rendre compte de l’évolution de la production au cours de la période, elles les expliquent sans  avoir recours aux stimulations non conventionnelles. On se reportera aux travaux de Wu et Xia, « Mesuring the Macroeconomic impact of Monetary Policy at the zero lower bound », les auteurs en tirent la conclusion que cette politique a été un succés malgré l’absence de résulats probants, tout comme le fait le Peterson Institute, miracle de la pensée conforme.

Yellen et Fischer nous ont dit, il y a quelques jours, que les objectifs étaient en passe d’être atteints! Avec un culot monstre, ils osent affirmer, afin d’avoir une excuse pour tenter de monter les taux, que les buts sont en passe d’être atteints. C’est l’inverse, exactement l’inverse: c’est parce que les résultats ne sont pas au rendez-vous, parce que la reprise n’est pas auto-entretenue et que tout démontre maintenant les limites des politiques monétaires, qu’il faut prendre le risque de normaliser. Il faut normaliser pour avoir des cartouches, des munitions pour défendre le niveau du marché financier si, comme c’est probable, la situation économique donne l’impression de se dégrader. Ce qui est vrai, c’est ce que dit Lagarde, ce qu’elle a dit le week-end dernier: la situation est sombre et elle va s’assombrir encore. Donc il faut pouvoir faire face à un choc sur les marchés, donc il faut reconstituer un arsenal, des munitions, regonfler les amortisseurs. Si on tente de monter les taux, ce n’est pas parce que les objectifs sont atteints, non, c’est parce qu’ils ne le sont pas et que l’on craint un choc.

Parlant il y a quelques jours dans le Nevada, le Président de la Fed de San Francisco, John Williams, a poussé dans  le sens de la normalisation monétaire: « l’économie est remontée à pleine puissance (full strength) et en conséquence, cela fait sens de modifier la politique monétaire graduellement vers la normale ». Vous avez dit « full strength », pleine puissance, alors que l’investissement est plombé, archi-plombé, que la productivité chute, que les salaires n’ont pas rejoint les niveaux d’avant la crise, que le marché du travail n’est fort que du découragement des uns et du travail à temps partiel sous-payé des autres!

Williams n’a pas dû lire beaucoup d’économie ces derniers temps, il ne sait pas que, de l’avis même de la Fed, les conditions, les indicateurs avancés du marché de l’emploi (LMCI) , se dégradent depuis plusieurs mois,  les commandes à l’industrie sont en baisse régulière depuis deux ans, l’ISM non-manufacturing PMI est détestable! Williams fait preuve, soit d’ignorance, soit de mauvaise foi, à un point tel que Reuters, que l’on ne peut classer comme rebelle, se permet de « l’aligner »: « Williams a répété son appel à une normalisation graduelle des taux; visiblement il n’était pas troublé par le ralentissement du marché de l’emploi et surtout la détérioration dans le secteur des services ». De fait, l’activité dans  les services plonge et les indicateurs sont au plus bas de 6 ans  et demi. Et face à ces chiffres, face aux courbes qui montrent qu’au contraire tout est mou et médiocre, Williams affirme: « All in all, I see a solid domestic economy with good momentum going forward », il voit une économie solide avec un bon momentum! Les commandes se détériorent, les indicateurs avancés vont plein sud et Williams voit un bon momentum. Les importations sont en chute de 5,2% sur les 7 premiers mois de l’année, chutent de 6,5% en Juillet et de 8% sur deux ans  et Williams voit un bon momentum! Mieux,  Williams ajoute que les dépenses des consommateurs sont fortes! Chris Williamson de chez Markit ne se laisse pas influencer: « les indicateurs du PMI jetent un doute sur la croissance au 3e trimestre . Les PMI manufacturiers et services pointent dans  la direction d’une croissance future d’un maigre 1% , … ce qui suggère que ceux qui s’attendent à un renforcement  du taux de croissance vont être déçus une fois de plus ». 

Nous avons posé la question: les banquiers  qui nous gouvernent savent-ils ce qu’ils font? La réponse est nuancée, elle est à la fois oui et non.

Non, parce qu’ils ont créé des entités qu’ils ne maitrisent plus, ils sont otages, prisonniers, dépassés par les bestioles monétaires qu’ils ont lâchées.  Ils sont prisonniers des marchés, des robot-traders, des prédateurs front-runners, des algorithmes, bref de la Communauté Spéculative Mondiale. Au moindre doute, cette communauté provoque un choc. Il faut sans cesse la rassurer, la cajoler. Comment ne ferait-elle pas son chantage, elle qui sait que tout est surévalué de 40 à 50%, qui sait que lorsque la musique cessera, il n’y aura plus de contrepartie sur le marché obligataire et que ce sera le trou. La semaine dernière, on a craint que la BCE ne puisse poursuivre ses achats de fonds d’Etat faute papier disponible, un grand frisson a parcouru les marchés. Il a fallu les rassurer et lancer la rumeur que les critères allaient changer, que le stock de papier éligible allait être complété et même que l’on allait inclure les actions. Kuroda a dit encore, il y a peu, il n’y a pas de limite, on s’est moqué de lui; c’est à tort, car Kuroda a raison, il n’y a pas de limite; non, le problème ce ne sont pas les limites, il y aura toujours quelque chose à acheter, à monétiser ; le problème, c’est que l’on ne peut plus arrêter et que nous sommes dans  le « toujours plus ».  

Non, les Banquiers Centraux ne savent pas ce qu’ils font, ils sont partis d’une idée fausse,  d’une théorie inadaptée, ils ont cru qu’il y aurait ce que l’on appelle « transmission » des impulsions monétaires à l’économie réelle et ils se sont trompés ; les incantations, la pensée, les zéros dans  les livres de compte ne peuvent soulever la masse du réel et la mettre en branle. Le mouvement de l’économie produit la vraie monnaie, « la mornaie » elle, ne produit pas le mouvement de l’économie. Ce qui est créé c’est une monnaie « mort-née », une « mornaie », pas une monnaie. Les signes ne modifient pas la réalité laquelle est faite d’efforts, de sang et de larmes. 

Oui, la réponse est également oui, ils savent ce qu’ils font. Ils ont sous les yeux les tableaux de bord, ils sont surinformés, ils collectent tout et ils savent non seulement que leur expérience est un échec, mais que le système est fragile, instable. Il tient sur la pointe de la pyramide. La fameux « mission accomplie » de Yellen, de Fischer et de Williams, ressemble étrangement à celui de Bush en Irak,  ce n’est qu’un début, pas une fin. Il n’y a qu’un objectif, gagner du temps. Avec quelques longueurs d’avance, ils étudient et préparent déjà, dans la discrétion la plus absolue, les prochaines mesures qui les rapprocheront de la bombe atomique financière.  « Quand vous voyez quelque chose de techniquement agréable, vous continuez, vous le faites jusqu’au bout, et vous ne commencez à réfléchir que plus tard, quand vous avez résolu les problèmes techniques. Et c’est ainsi que vous arrivez à la bombe atomique », a écrit le physicien  J. Robert Oppenheimer. « On se laisse entrainer… jusqu’à ce que l’on arrive à un monstre criminel ».  

2 réflexions sur “Editorial. Les banquiers qui nous gouvernent savent ils de quoi ils parlent?

  1. Une banque est une entreprise, elle doit donc tenir sa comptabilité. Si les crédits octroyés par une banque ne sont pas financés par ses capitaux propres et ses dettes, mais par de l’argent tombé du ciel comme vous l’affirmez, comment la banque arrive-t-elle à équilibrer son bilan (actif = passif)? Si les digits tombent du ciel alors la tricherie doit se voir dans le bilan? Etes-vous en mesure de la mettre en exergue? Il est tout de même frappant de voir que ce point essentiel de la création monétaire est un point de désaccord y compris chez les économistes les plus réputés tout comme chez les banquiers centraux. La nature de la monnaie et du crédit serait-elle impénétrable? Au demeurrant je me demande combien d’economistes (et de banquiers centraux pour la plaisanterie) ont réellement déjà vu, analysé et compris le bilan d’une banque.

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    1. Lisez ce texte et suivez le lien , tout est expliqué.

      Lisez le rapport de la Banque d’Angleterre évoqué ci dessous.

      Les théories des économistes classiques sont fausses et le crédit n’est pas neutre, il est fondamental. Ce que l’on enseigne à l’école est faux, archi faux. Ceci constitue le fond de notre critique à l’égard des politiques monétaires suivies et des thèses idiotes comme celle Bernanke de l’excès d’épargne globale. Les fonds prétés ne viennent pas de l’épargne mais du crédit et le crédit lui, ne vient de rien si ce n’est du ciel, « out of ,othing. La théorie du taux naturel actuellement à la mode est une escroquerie naive.

      Pour ceux qui veulent enfin comprendre

      http://positivemoney.org/how-money-works/proof-that-banks-create-money/

      “Where does money come from? In the modern economy, most money takes the form of bank deposits. But how those bank deposits are created is often misunderstood. The principal way in which they are created is through commercial banks making loans: whenever a bank makes a loan, it creates a deposit in the borrower’s bank account, thereby creating new money. This description of how money is created differs from the story found in some economics textbooks.”(Bank of England)

      Banks aren’t Middlemen between Savers and Borrowers:

      There is a common idea – even taught in many economics textbooks and academic papers – that banks are simply middlemen (‘intermediaries’) between savers and borrowers. But this is inaccurate. As the Bank of England describes:

      “One common misconception is that banks act simply as intermediaries, lending out the deposits that savers place with them. In this view deposits are typically ‘created’ by the saving decisions of households, and banks then ‘lend out’ those existing deposits to borrowers, for example to companies looking to finance investment or individuals wanting to purchase houses.

      “In fact, when households choose to save more money in bank accounts, those deposits come simply at the expense of deposits that would have otherwise gone to companies in payment for goods and services. Saving does not by itself increase the deposits or ‘funds available’ for banks to lend. Indeed, viewing banks simply as intermediaries ignores the fact that, in reality in the modern economy, commercial banks are the creators of deposit money. This article explains how, rather than banks lending out deposits that are placed with them, the act of lending creates deposits — the reverse of the sequence typically described in textbooks.(3)” (Bank of England, Money Creation in the Modern Economy)

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