Clairement exposées, voici les conséquences présentes et futures de la politique monétaire actuelle pour vous, sur votre situation

Les taux sont au plus bas… du jamais vu depuis plus de 70 ans ! En septembre 2016, les taux fixes pour une durée de crédit de 15 ans affichaient en moyenne 1,45% (selon Empruntis). Cette  baisse résultait de la politique monétaire de la BCE (Banque Centrale Européenne).

Sur le marché des obligations d’Etat, l’emprunt de référence : le rendement de l’OAT 10 ans (obligation assimilable au Trésor) se situe à 0,13% en septembre 2016. Or, c’est sur cette base que les banques commerciales définissent leurs taux de crédit à long terme.

Fait marquant : sur des durées plus courtes, inférieures à 4 ans, les taux sont négatifs. Paradoxalement, les investisseurs qui recherchent à court terme de la « sécurité » ne peuvent, non seulement, espérer une rémunération de leurs avoirs, mais savent en outre pertinemment qu’ils récupèreront  in fine un montant inférieur au capital placé initialement. Une aubaine pour le Trésor public ! Une catastrophe pour les naifs qui attirés par des petites plus values à court terme si la baisse des taux continue, espèrent vendre avant les autres quand les taux remonteront.

Ceux qui achètent sur le marché une obligation dont le taux facial est de 3% par exemple la paie au dessus du pair, au dessus de sa valeur d’émission et de remboursment donc ils engrangent une perte assurée. La recherche de rendement est une illusion car cette recherche garantit une perte en capital future. Le rendement doit s’apprécier en regard des pertes en capital futures, lesquelles sont non pas probables, mais certaines. Ceux qui ont acheté du Bund récemment, par exemple perdent plus de 8% sur leur avoir en quelques semaines en raison de la montée brutale des taux. Et pourtant ceux-ci n’ont monté que de quelques points de base.

Les choses seront bien pire si, comme cela est très peu probable, la BCE réussit et arrête sa politique non conventionnelle en Mars 2017, ce qui est l’échéance prévue.

Eh oui, ce sera alors la triple peine, vous serez ruiné:

-si la BCE arrête, ce sera parce que l’inflation aura monté, elle sera au dessus de 2%

-l’argent disponible, la liquidité va se restreindre, peu à peu l’aisance monétaire excessive va disparaitre, les conditions financières vont, comme on dit, se resserrer.

-les taux d’intérêt constatés sur les marchés vont monter sensiblement pour tenir compte et s’ajuster:

1) à l’inflation

2) à la réduction des liquidités

3) à la disparition des achats de titres à long terme de la BCE.

Sur les marché ce sera la ruée vers la sortie car tous les professionnels savent que tout est surévalué de 40 à 50%. 

Ce sera la triple peine! Cela est triste et cynique, mais ne souhaitez pas que la politique de la BCE marche. Rassurez vous les chances sont faibles.

S’agissant de la politique monétaire, la BCE continue à faire marcher ce que l’on appelle improprement la planche à billets (le gonflement de son bilan)  et prête aux banques à un taux égal à zéro. En conséquence, celles-ci  se financent à des taux très bas, voire nuls, expliquant ainsi le niveau tout aussi bas des taux de crédit dont bénéficient  leurs clients. Du moins ceux qui en bénéficient!

En attendant la triple peine

Actuellement, l’inflation officielle est quasi nulle, en partie du fait de la baisse du pétrole mais surtout en raison de la composition des indices, lesquels ne reflètent pas l’évolution réelle, concrète de votre pouvoir d’achat disponible,  net d’impôts et de prélèvements obligatoires et charges imposées.  La BCE tente par tous les moyens, « coûte que coûte »,  de relancer la croissance et l’inflation des prix  en offrant  de l’argent. Elle espère ainsi voir les banques commerciales prêter aux entreprises et aux particuliers afin qu’ils investissent et consomment.

Les entreprises n’investissent pas car il n’y a pas de demande et d’occasion rentable d’investir; les particuliers n’ont pas accès au crédit car les banques « deleveragent » réduisent la taille de leurs bilans, et sont super exigeantes sur la solvabilité et les garanties. Les banques, si elles prêtent à taux bas, ne prêtent pas à tout le monde ! Elles demandent de préférence un apport financier et s’entourent de plus en plus de garanties. Le crédit est ainsi devenu, un produit peu cher mais pour lequel il est nécessaire de montrer patte blanche ! En somme : un produit de luxe d’un nouveau genre ! Souvenez vous de l’adage, « on ne prête qu’aux riches », il est de plus en plus vrai! En somme comme le dit un observateur (Znaty, UFF) fort judicieusement le crédit est devenu « un produit de luxe »!

Mais il y a plus fondamental encore, c’est l’humeur, le moral du pays : il est mauvais, sombre, dépressif et pour s’endetter il faut être optimiste et envisager l’avenir avec confiance. Comment avoir confiance en ce moment? Résultat la BCE pousse comme on dit sur une corde et va de plus en plus loin. Elle sur-stimule.

Les taux bas ne sont pas une bonne nouvelle pour tout le monde. En effet, si le crédit est peu cher, l’épargne est moins bien rémunérée. Pour préparer l’avenir les futurs retraités ne capitalisent plus, leur épargne ne rapporte rien donc ils sont obligés de faire plus d’économies! C’est un paradoxe car les autorités prétendent vouloir faire consommer plus. Les assurances et les systèmes sociaux perdent énormement car leurs réserves pour faire face aux charges futures ne rapportant rien  elles sont obligée soit de hausser les cotisations, soit de réduire les prestations.

Pour l’instant, les temps sont difficiles, mais rassurez vous ce n’est rien à côté de ceux qui nous attendent: les temps seront encore plus durs dans les mois et années à venir:

-les remèdes monétaires décrits ci dessus ont épuisé leur petits effets positifs et les inconvénients à les poursuivre ou les accélerer sont devenus colossaux. Dangereux pour les banques, les retraites, les assurances et la stabilité financière.

-la conjoncture est soutenue artificiellemnt, elle est dopée, droguée, tout est faux et faussé, les déséquilibres en profondeur sont très importants, et ils n’attendent qu’une   occasion de se manifester. Rien n’a été résolu, la crise de 2008 a été  simplement    mise au frigo, elle n’a pas été traitée.  Elle n’attend qu’un signal pour se montrer. Le monde croule sous les dettes, la richesse n’est que fictive.

-les troubles sociaux ne font que commencer, la stabilité sociale est en phase  de  détérioration. Les consensus s’effondrent et les réponses des gouvernements sont inadéquates: ils veulent aller plus loin dans tout ce que les citoyens refusent! Pour l’instant les systèmes électoraux se disloquent, le bi-partisme croule, les politiciens traditionnels sont rejetés, mais cela tient encore parce que les peuples espèrent que cela peut changer grâce aux elections. Que se passera-t-il si les élections sont truquées, contestées, ou simplement décevantes?

 

5 réflexions sur “Clairement exposées, voici les conséquences présentes et futures de la politique monétaire actuelle pour vous, sur votre situation

  1. Bonjour,

    « Les troubles sociaux ne font que commencer, la stabilité sociale est en phase de détérioration. Les consensus s’effondrent et les réponses des gouvernements sont inadéquates: ils veulent aller plus loin dans tout ce que les citoyens refusent! Pour l’instant les systèmes électoraux se disloquent, le bi-partisme croule, les politiciens traditionnels sont rejetés, mais cela tient encore parce que les peuples espèrent que cela peut changer grâce aux élections. Que se passera-t-il si les élections sont truquées, contestées, ou simplement décevantes? »
    On va le voir rapidement avec ce qui se passe actuellement en Autriche et le nouveau report des élections présidentielles: « L’élection présidentielle en Autriche reportée à cause d’un défaut de fabrication des bulletins de vote » (http://www.huffingtonpost.fr/2016/09/12/election-presidentielle-autriche-report-probleme-fabrication-bulletins_n_11971668.html). On notera au passage l’argument retenu qui, pour moi, en dit long sur la panique qui règne dans les milieux « autorisés ».
    Je suis assez pessimiste pour 2017 que ce soit au plan politique ou au plan économique. Je n’évoque évidemment pas l’élection assez possible de Trump aux USA qui provoquerait un séisme dont on ne mesure pas encore les conséquences {cf le billet de Charles Gave « Les casseroles de madame Clinton » (http://institutdeslibertes.org/11482-2/)}.

    Bonne journée

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    1. Le pouvoir des autorités n’est pas de résoudre les problèmes, mais de les repousser.

      Au plan économique elles sont en train de préparer de nouvelles mesures pour, comme l’on dit « taper dans la boite de conserve »; on voit les pointes de l’iceberg ici et là.

      Au plan politique vous avez noté le nombre de fois ou les institutions internationales, les « think tanks » abordent la question des inégalités, c’est maintenant un topic, une tarte à la crème. On étudie des mesures qui auront pour objectif de redistribuer,de faire du social pour calmer les laissés pour compte. Cela devrait, selon les promoteurs de ces mesures, désamorcer les perceptions, et c’est tout ce qu’ils cherchent.

      Il y a deja une campagne mondiale qui va dans ce sens, c’est la campagne qui vise à prélever plus sur les sociétés en les diabolisant comme Apple etc. Il y a un double objectif, celui de récupérer des fonds et de sitgmatiser pour donner des gages populistes et nationalistes.

      Cette orientation est une grave erreur car l’argent va tourner moins vite un peu comme cela s’est produit quand Obama est arrivé et qu’il a voulu s’attaquer aux entreprises, il a du rapidement faire machine arrière.

      La lutte contre la fraude par exemple fait que l’argent ne sort plus, il s’enterre en attendant des jours meilleurs, cela ralentit les transactions et tout se passe comme si un nouveau « mur de l’argent » était érigé. Regardez la chute du luxe partout pas seulement en Chine.

      Les autorités devraient lire « la fable des abeilles » de Mandeville.

      L’erreur de la redistribution comme solution est une erreur théorique considérable car le vrai problème économique c’est l’insuffisance de profit pour la masse colossale de tout ce qui prétend au statut de capital, or la redistribution va accélerer l’érosion des profits! Cela semble paradoxal, mais la science est paradoxale.

      Ce qui apparait, l’insuffisance de la demande, recouvre l’insuffisance de revenus, qui recouvre l’incapacité du système productif à distribuer plus de revenus et en même temps à investir rentablement. La redistribution accrue va , après un « boost » trompeur, un coup de whisky, re-précipiter la crise.

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