Interview de John Cryan, le CEO de DB dans BILD ce matin.

-circulez il n’y a rien à voir
-pas besoin de capital
-pas question d’augmenter les fonds propres maintenant
-nous avons toutes les liquidités dont nous avons besoin et des réserves mobilisables
-nous allons vendre Postbank dès que le prix sera bon
-nous sommes bien moins risqué que nous ne l’avons été
-pas question de demander de l’aide à létat et pas de contacts en cours
Bref nous n’y comprenons rien tout cela tombe du ciel!
regardez les graphiques ci dessous vous constatez :
1) correlation etroite entre le cours de la Deutsche Bank et celui de la Kommerzbank depuis 2014, c’est donc bien un mal général, non spécifique
2)que quelque chose a commencé en 2014 avec un repit puis une rechute continue , bien avant les amendes dont est accablée la Deutsche Bank
3) que la corrélation avec l’indicateur du « 10 year swap Spread » est quasi parfaite
Corrélation n’est pas causation, mais l’indication est synthétique, la débandade sur la DB a à voir avec la situation de raréfaction de l’eurodollar pris au sens large, c’est à dire de la contraction des fonctions assuréees par l’eurodollar. La liquidité au sens large se restreint. Tout cela a à voir avec le refinancement, les repos, les dérivés et non pas avec les amendes.
Je soutiens que non seulement la DB et la Kommerz sont victimes de la pénurie de « dollars » au sens large, de l’attraction pour le vrai dollar-monnaie, mais que leur difficultés vont réduire encore la liquidité, la capacité des bilans à prendre des risques, bref, c’est un nouveau choc, contagieux et cumulatif. Il va peser sur l’économie réelle.
Nous sommes dans run silencieux, lent, irrésistible sur le refinancement de gros, sur le wholesale. Le marché s’asphyxie. La capacité à prendre des risques chute . Le système hors des USA produit moins de « dollars » ou d’équivalents. Le gap de financement croit inexorablement. Les liquidités domestiques, les QE n’y font rien ils ne jouent pas sur ce marché; les taux négatifs en revanche accroissent la demande de dollar-monnaie car les gens fuient les monnaies à taux négatifs et veulent celle qui rapporte, le dollar-monnaie.
Le problème n’a rien à voir avec la liquidité en dollars aux USA, là la liquidité est pléthorique, mais avec le compartimentage des marchés. Liquidité ici, ne vaut pas liquidité là.
Ce sont les banques globales qui créent, qui produisent la liquidité hors des USA par leurs opérations: les crédits font les dépôts et les assurances, les SWAP, les CDS, les repos, dérivés permettent de forcer les bilans, de leur faire prêter plus, de les « user » plus dans le cadre du leverage. Les bilans permettent à la fois de créer plus de monnaie et de prendre plus de risques. Si les bilans sont insuffisants , trop usés, trop chargées, trop leveragés, ils ne peuvent accomplir leur fonction et il en résulte un « gap » de financement , pas au niveau du détail, mais au niveau du marché de gros. Les difficultés de la banque phare emblématique du recyclage global que constitue la DB tournent autour de ces questions.
Les apprentis sorciers sont dépassés par leurs créatures, leurs créatures sont de la « monnaie » dont ils ne comprennent plus ni l’essence ni les fonctions. Ce sont des créatures comptables, mathématiques qui échappent à l’intelligence bornée et « psittacique » des PHD. Les réserves que les apprentis sorciers créent par les QE ne sont pas de la monnaie et n’en accomplissent pas les fonctions, on le voit avec la raréfaction des liquidités décrite ci dessus.
La monnaie est crée du bas par les banques et les emprunteurs, pas par les banques centrales et leurs réserves, et c’est ce que nous constatons.C’est la croissance de l’économie qui crée la monnaie et sa circulation , pas l’inverse!
Ce qui se passe sur la DB, la KB et certainement d’autres est monétairement déflationniste.
Cours de la DB, la KB et le 10 year Swap spread

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Bonjour,
C’est très dur à comprendre pour un lecteur lambda.
Quelle est la différence entre dollar, « dollar », dollar monnaie et vrai dollar monnaie ?
Après de multiple relecture, je ne comprends le point 3).
Merci pour votre travail
Cordialement,
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Lisez le dernier texte, à force de lire, vous saisirez au moins intuitivement
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Vous comprenez que je ne peux faire un résumé de ce que j’ai appris en près de 60 ans de finance et en particulier en près de 35 ans de finance moderne! Pour aider à la compréhension la thèse qui est developpée est la suivante:
-le problème n’est pas specificque à la DB ou à la KB
-le problème a à voir avec la raréfaction de la liquidité en « dollars » en dehors des USA, comme cela s’est produit en 2008, le problème a commencé en 2014 et n’a cessé de s’aggraver hors un répit en 2015. C’est une machine à produire des dollars, de la liquidité, de l’absorption de risque etc qui se grippe lentement, très lentement. En se grippant, cette machine produit un « gap » de financement de l’économie mondiale,du trade etc
-le problème apprait de facon multiple en divers endroits, Chine, Europe, Arabie Saoudite, Hong Kong, Japon, et cela fait croire que ce sont des problèmes locaux, les arbres cachent la forêt.
-le problème est dans la tuyauterie souterraine : le refinancement de gros des mégabanques, les repos, les collatéraux,les Swaps
-en gros la liquidité se contracte , il y un gap de financement de l’activité économique , du commerce international, etc la liquidité se contracte ce qui est déflationniste à la fois en termes monétaires et en terme de prix en particulier du coté des matières premières.
-l’eurodollar est une expression synthétique qui designe tous les mécanismes, les processus, les opérations qui permettent aux banques de créer des dollars comptables en dehors des USA, la création de « dollars » en dehors des USA est comme on dit « impaired », la machine à les produire ne fonctionne plus. Il y a un lien avec l’insuffisance du bilan des intervenants, la capacité à absorber les risques se réduit, elle produit une tendance au deleveraging. Les bilans ont tendance à retrécir et avec eux la masse de liquidités dans le système.
-la FED et les BCE, BOJ etc créent des liquidités, mais cela ne résout pas le problème, tout se passe comme si le marché était compartimenté, elles créent des liquidités ici alors qu’il faut des liquidités là bas.
Synthétiquement je soutiens que la somme des masses monétaires domestiques n’a rien à voir avec la masse monétaire nécessaire mondialement et qu’injecter dans les MM domestiques ne résout en rien l’insuffisance de cette sorte de MM mondiale. En gros, en approximation, on ne crée pas la liquidité, les liquidités là ou elles manquent. Les liquidités sont créées par le bas, par l’activité des banques en relation avec l’économie réelle, les QE avec la création de réserves ne servent à rien face au problème actuel.
La DB en tant qu’intervenant phare, emblematique, colossal, géant sur tous ces marchés est en première ligne. Son bilan ne lui permet plus de jouer le role qu’elle avait avant , elle est à la fois cause et conséquence des difficultés actuelles. C’est un système qui devient déficient. On a vu dans le passé des émergences de ce type de problème quand la FED a accordé des swaps en dollars aux banques centrales étrangères afin qu’elles les redonnent à leurs établissements en difficulté. Je pense qu’il y a une similitude de la DB avec le Credit Suisse ce qui expique la corrélation boursière.
Si je ne craignais d’aller top loin je dirais que le risque est un « run » sur le marché de gros de la finance, alors que les autorités ont les yeux braqués sur les risques de run sur le marché de détail.
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