La situation de la DB creuse le fossé entre la classe politique allemande et la BCE

Hier Draghi était « grillé » par les parlementaires allemands, à huis clos. Selon les fuites, il a nié que les difficultés de la DB et des banques allemandes soient de la faute de la BCE; il affirme que c’est « une menace systémique », ce qui élude les questions à savoir: 1) la nature des difficultés de la DB, 2) qui a commis des fautes et erreurs 3)  quelles sont les solutions.

ECB Says Deutsche Bank “Systemic Threat” Is “Not ECB Fault”

Le gouvernement Allemand a nié préparer un plan de sauvetage de la DB, Cryan s’est exprimé dans le même sens dans la presse, il a annoncé plusieurs opérations de deleveraging. Il a nié un besoin de fonds propres. La Commerzbank , elle aussi dans la tourmente,  licencie en  masse et supprime son dividende , dividende qu’elle venait de reprendre.

Nous partageons l’avis de Draghi sur le caractère systémique des problèmes de la DB, mais nous les nuançons.

L’origine des difficultés de la DB est systémique en ce sens que la direction de la banque n’a pas pris la mesure des mutations en  cours du système mondial et qu’elle reste collée avec un « business model » dépassé, dangereux et surtout difficile à refinancer.

La rentabilité de la DB est faible, ses activités gourmandes en capitaux, riches en risques et elle n’a rien vu venir.

Ses problèmes se révèlent au fur et à mesure que le marché du recyclage, l’abondance du « dollar », le pool de l’eurodollar, les fonctions de tout le système de  l’eurodollar se grippent.

La DB a participé à toutes les débauches qui étaient possibles dans la période d’avant les rumeurs de  Taper ( avant 2013)  de la Fed et elle est asphyxiée.

 

draghi_ECB

ECB President Mario Draghi refused to answer questions in German parliament

 

La DB est sytémique car le géant des dérivés et son rôle est primordial; les dérivés permettent d’assurer les risques des autres institutions financières, et à ce titre, ils permettent  d’optimiser l’emploi des bilans des établissements.  Les derivés réduisent les Values at Risk, les Var et donc ils permettent de se contenter de fonds propres moindres. Les dérivés sont en fait, sous un autre aspect,  une forme de leverage et de moyens qui permettent aux banques d’inflater leurs bilans et donc de créer des liquidités, de la liquidité. Les gens  comme la DB et AIG en son temps permettent d’économiser des fonds propres.  Au niveau global du système, c’est une illusion, de la triche, c’est fictif, mais tant que cela marche, cela marche.

Draghi a refusé de répondre aux questions, comme à son habitude, il considère qu’il n’a de comptes à rendre à personne: c’est le patron de Banque Centrale le plus libre et le indépendant du monde, il ne rend compte à personne… surtout pas au bon sens. Ses pairs l’ont fait remarquer l’an dernier lors d’une réunion à Washington. Mais devant les journalistes  stupides et incompétents, à la sortie de la réunion, il a démoli  unilatéralement les arguments des politiciens allemands. En fait il sabote délibérement la communication de Merkel et Schauble.

La politique de Draghi joue un rôle dans  les difficultés du système financier Allemand, mais ce n’est qu’un complément, ce n’est pas le rôle principal. Ainsi elle tue la rentabilité en tuant les spreads, c’est évident;  et elle suscite des flux de capitaux qui vont vers les Etats Unis et donc « demandent » du dollar ce qui réduit le pool de dollars disponibles hors des USA. La politique de la BOJ sous cet aspect produit les mêmes effets néfastes.

On peut se demander, sans être conspirationniste si l’ensemble des attaques que l’on voit contre l’Allemagne n’a pas pour objectif de « l’assouplir » et de la forcer à rentrer sous les fourches caudines des anglo saxons qui veulent à tout prix que les Allemands et Schauble acceptent le déficit spending.

Après la réunion, les officiels allemands ont maintenu leurs positions et le patron de la BdB, Association Bancaire Allemande est venu réaffirmer à la radio que c’était la politique de taux bas et négatifs de la BCE qui était « responsable des problèmes actuels de la Deutsche Bank et de la Commerzbank. »

Tout cela ne favorise ni l’unité ni les convergences européennes et pénalise par contagion toutes les autres banques en particuler les italiennes.

 

 

 

 

 

3 réflexions sur “La situation de la DB creuse le fossé entre la classe politique allemande et la BCE

    1. La rarefaction du « dollar » , le dollar qui n’en est pas vraiment un, mais qui est à la fois dollar comptable et dollar mathématique ne concerne que le refinancement « wholesale », le refinancement de gros , elle se manifeste non par une hausse du dollar-monnaie mais par un ensemble d’anomalies dans les spreads et leur hiérarchie, on la voit assez nettement dans les Swaps d’échange de devises contre dollars, et dans l’écart entre le Libor et les Treasuries bonds à trois mois.Cet écart montre que le marché n’est plus fluide et qu’il se compartimente. Les spécialistes le voient aussi dans la hausse des « fails » dans la livraison des collatéraux en Treasuries, mais l’explication est extremement complexe si on rentre dasn la cuisine des collatéraux.

      Le problème de la rarefaction du dollar de gros et celui des collatéraux est le même. Raréfaction des collatéraux égale retention pour obtenir des dollars plus tard semble t il .

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      1. En fait comme je l’ai écrit il y a quelques semaines, on ne sait plus ce qu’est la monnaie et il y en a de diverses sortes;la création de « dollars » hors des USA par le biais de l’activité bancaire est un phenomène très mal connu et encore peu étudié. D’ailleurs on apppele « dollar » sous cet asepct, tout ce qui, par un processus quelconque , swap, repo, hedge sur un leverage, augmente la liquidité! Tout ce qui est clair c’est que le mouvement global des banques de réduction de la taille de leur bialn detruit du « dollar et augmente la pénurie. On verra tout cela par les remèdes eux mêmes qui seront apportés. Dans les annnées précédentes, le problème a été résolu temporairement par des swaps illimités accordés par la Fed aux grands acteurs systémiques, y compris la Suisse, par le biais de swaps à leur banque centrale pour que cela ne se voit pas trop et ne soit pas trop stigmatisant.

        Ci dessous l’aveu de Greenspan en juin 2000 sur cette question: il y a de la vraie monnaie et différentes bestioles qui ont des existences comptables ou mathematiques.
        The problem is that we cannot extract from our statistical database what is true money conceptually, either in the transactions mode or the store-of-value mode. One of the reasons, obviously, is that the proliferation of products has been so extraordinary that the true underlying mix of money in our money and near money data is continuously changing. As a consequence, while of necessity it must be the case at the end of the day that inflation has to be a monetary phenomenon, a decision to base policy on measures of money presupposes that we can locate money. And that has become an increasingly dubious proposition.

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