Billet Après Trump quelques enseignements de la révolte populiste

Après Trump quelques enseignements de la révolte populiste

Nous considérons que la révolte populiste est matée aux Etats Unis. Elle a été défaite non par le débat démocratique, non par l’appel à l’intelligence mais par la diabolisation  de celui qui en était le porte-parole, Trump. C’est l’homme qui a été vaincu. Il a été sali, traîné plus bas que terre mais jamais l’establishment n’a accepté d’entrer en matière sur le fond, c’est à dire sur les options politiques et économiques. C’est comme si, les options populistes étant incarnées par des individus peu recommandable, non aptes à l’exercice du pouvoir, la cause était entendue d’avance. L’argument massue pour mettre Trump au tapis a été : vous ne pouvez exercer la fonction suprême. Vous n’êtes pas fait pour cela. Tout s’est joué au niveau des émotions, de l’inconscient, jamais on ne s’est adressé à la tête, à la raison.

La première chose qui frappe est la similitude des origines des porte-drapeaux populistes : tous sont peu fréquentables, tous sont d’une origine louche, suspecte qui prête à la démonisation et à la salissure. Ils prêtent quasi inéluctablement le flanc à la critique dès le départ de leur action . Avant même qu’ils aient parlé et exposé leurs visions. Il y a quelque chose de non-noble, de roturier, de non politiquement correct chez ces gens là . Ils ne font pas partie du sérail, faites le tour des mouvements populistes en action dans le monde développé et vous ferez le même constat. Ils sont marginaux, non professionnels de la politique et non professionnels de la communication. Ce ne sont pas des chefs de partis, ce sont des boutiquiers. Et ce n’est pas parce qu’ils perdent, parce qu’ils échouent, non puisque le même phénomène s’est reproduit s’agissant du vote Brexit, qui lui a été un succès. Dès le lendemain, l’establishment mondial a déversé des tonnes d’ordures sur les chefs et les électeurs qui l’avaient emporté ; témoins les propos du porte parole stipendié par l’élite : BHL.

Nous aurions tendance à considérer que la montée du populisme est une nécessité historique, conséquence de la situation de crise, que cette conséquence est prévue de longue date par les élites ou ses harkis intellectuels, et qu’elles ont en quelque sorte préparé le terrain. Elles l’ont préparé culturellement en semant le doute sur les valeurs traditionnelles et en les dénigrant. Elles ont préparé le terrain en prenant la maîtrise de l’Histoire et en la réécrivant. Elles ont dés-ancré les certitudes, organisé la relativisation et donc préparé le terreau ou semer les propagandes et enfumages.

Elles ont prévu que leur stratégie de sortie de crise qui consiste à la faire payer aux peuples, à laminer les classes moyennes pour sauver les banques et la classe des 1%, elles ont anticipé le fait que tout ceci produirait une opposition sociale et politique. Elle ont compris bien avant la masse, que pour garder le pouvoir il fallait diviser, cliver les futures oppositions. D’ou depuis le début, les opérations de marginalisation, de « pestiférisation » des fers de lance de l’opposition . On les a rendu infréquentables. Et tout laisse à penser qu’elles sont à l’origine objective, des réceptacles politiques populistes, elles ont canalisé, bien avant, bien en amont. Le terrain a été balisé pour que le processus se passe de cette façon  : ils vont être mécontents, ils vont ruer dans les brancards, il faut les orienter vers une impasse, vers un cul de sac. D’ou la montée médiatique calculée, manipulée des leaders populistes, d’ou leur utilisation dialectique, à la fois pour affaiblir les opposants traditionnels comme les ultra-gauches et les syndicats et en même temps les provoquer, les pousser aux excès verbaux publics et autres. Il faut dire que les populistes s’y sont prêtés, ils sont tombés dans tous les pièges ! Le complément de cette action, c’est l’isolement. Alors qu’ils représentent 30 à 40% des voix, personne ne veut faire alliance avec eux. On a tracé un cercle d’exclusion et les intellectuels , même quand ils partagent les idées des populistes n’osent pas les fréquenter, les soutenir, les aider, cela a été particulièrement net aux USA dans la campagne. Les intellectuels sont dépendants de l’establishment pour leur carrière ; par définition, ils sont entretenus par les rois, c’est historique, ils rêvent d’un mouvement de refus certes, mais abstrait, de révolte, mais ils n’acceptent pas de se salir les mains avec la populace.

Nous reviendrons sur ces sujets , en fait ce sont les seuls qui importent, ils conditionnent tout le reste. Mais nous voulons donner d’ores et déjà la ligne de notre réflexion : ce ne sont pas les hommes, qui réussiront à contrer et à s’opposer aux projets des Maîtres, au projet de nouveau féodalisme, non ce sera la Réalité. Le projet des Maîtres est contre nature, et même si ils ont réussi à truquer la culture, à mettre la culture au service de la reproduction de leur (des)ordre, la nature est plus forte. La gravitation cela existe. La rareté cela existe. Un plus Un cela fera toujours Deux. La réalité les fera buter sur l’impossible tout comme elle le fait déjà en ce moment en révélant les limites de l’action monétaire des grands prêtres, ces fers de lance de la kleptocratie, les banquiers centraux.

On peut discréditer les hommes, on ne peut discréditer les forces de la nature lorsqu’elles sont à l’oeuvre !

5 réflexions sur “Billet Après Trump quelques enseignements de la révolte populiste

  1. Pourriez vous un jour osez nommer l’origine de ce simulacre à connotation apocalyptique
    Lorsque vous ecrivez les maitres, la ploutocratie, l’oligarchie, si l’on cherche la vérité : »il n’y a de vérité que du tout » dites vous… pourquoi ne faites vous jamais référence à l’origine..qui est a l’origine de ce plan « d’essence » eschatologique…
    Quel est l’enjeu le but purement diabolique de ce systéme?
    Quelle est la source?La est la question.
    « Nous aurions tendance à considérer que la montée du populisme est une nécessité historique, conséquence de la situation de crise, que cette conséquence est prévue de longue date par les élites ou ses harkis intellectuels, et qu’elles ont en quelque sorte préparé le terrain. Elles l’ont préparé culturellement en semant le doute sur les valeurs traditionnelles et en les dénigrant. Elles ont préparé le terrain en prenant la maîtrise de l’Histoire et en la réécrivant. Elles ont dés-ancré les certitudes, organisé la relativisation et donc préparé le terreau ou semer les propagandes et enfumages. »
    Merci quand même de sugérrer, il est vrai que nommer coute trés cher au propre comme au figuré
    Salutations
    Ps :Cocteau disait » Je crois en laMythologie pas en l’Histoire »

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    1. je ne peux et ne veux pas radoter , je pense que j’ai abordé ces questions longuement et très clairement sur Lupus, et comme je l’ai dit je considère que j’écris un feuilleton; ce qui signifie que je pars de l’idée que les lecteurs ont lu les chapitres précédents.
      Ainsi, si je me souviens bien j’ai traité de toutes ces questions lorsque j’ai abordé la validité et les limites des thèses conspirationnistes.
      j’ y reviendrais ne vous faites pas de soucis, avec encore plus de clarté encore, car mon analyse se décante.

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  2. Bonjour,

    Je suis assez en accord avec vos propos. L’oligarchie au pouvoir a très bien compris Bernays et sait très bien exploiter les outils dont elles disposent. Le prochain président français a déjà été choisi ce qui rend totalement inutile une quelconque mobilisation puisque, sauf accident, il sera normalement adoubé en mai prochain
    Il faut, afin d’être élu à la présidentielle US, 270 grands électeurs. Il y a une dizaine de jours, le candidat démocrate était crédité de 259 grands électeurs contre 191 pour son challenger républicain (http://www.boursorama.com/actualites/hillary-clinton-devance-donald-trump-en-floride-un-etat-decisif-f6b0263135f0eed714d579196767df62). La question est: est-ce que Trump est capable de combler ce retard à moins d’un mois de l’échéance? Il est difficile de savoir qui est sorti vainqueur du dernier débat (les médias français sont inexploitables sur ce point tant leur parti-pris est important et visible ) mais la manœuvre qui a consisté à ostraciser Trump fonctionne, semble-t-il, assez bien jusqu’à présent. Pour autant, il subsiste encore un doute et il n’est pas à exclure une sorte de sursaut imprévu de la part de la population américaine un peu comme celle du Brexit en Grande Bretagne. Il convient donc de surveiller comme le lait sur le feu le prochain référendum italien qui pourrait bien signer l’arrêt de mort définitif de l’Europe actuelle et de l’euro avec les bouleversements que l’on devine au plan économique et politique. Joseph Stiglitz n’hésite plus à prophétiser une sortie de l’Italie de la zone euro. Le gros problème est que l’Italie est un des membres fondateurs de la CEE et ça, c’est très gênant. Hélas pour nous, en France, nos politiciens ne sont pas armés pour affronter cette situation et ils vont encore se comporter comme des roquets en quête d’un os à ronger. A moins que, il en soit décidé autrement.

    Bonne journée

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    1. Bien entendu un miracle est toujours possible , mais les mathématiques disent que Trump a perdu et je préfère leur faire confiance!
      Roosevelt disait: « je voudrais que mes conseillers soient manchots et qu’ils n’aient qu’un seul bras, ils passent leur temps à me dire d’un coté il y a ceci mais de l’autre il y a cela, ils ne m’aident pas! »
      J’évite soigneusement les papiers balancés car j’ai retenu cette leçon d’impuissance . Seul le choix est utile dans la pratique et la praxis.

      Bébéar quand j’étais jeune m’a dit un jour alors que nous discutions du financement de VGE, « nous autres intellectuels nous ne pouvons pas être des politiques car pour nous il y a toujours du « pour » et du « contre » »! Là aussi la leçon m’a servi!

      j’ai décidé de ne pas être impuissant.
      C’est toujours un plaisir stimulant de vous lire.

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