Sarkozy fait le grand écart, cela fait mal aux c……s!

Depuis son retour en politique , Sarkozy patauge.

Laissons de coté les problèmes d’image, de démélés avec la justice , ou même de personnalité et de caractère. Tenons nous en à la politique. Il patauge en ce sens qu’il ne parvient pas à trouver sa place sur l’échiquier politique, il a la bougeotte.

Au tout début de son retour il s’est positionné au centre raisonnable, style Nouvelle Société, un peu social en se mettant sous la référence de Chaban. Ceci était certainement la conséquence des critiques post éléctorales (trop à droite, trop Buisson)  qui lui ont été adressées.

Puis il a glissé, au fil du temps vers un espace plus conservateur, sécuritaire , identitaire même, à certains moments. Pour les observateurs superficiels malintentionnés, il se serait droitisé. Droitisé alors que le Front National lui, en terme de discours public poursuit sa politique de dé-démonisation laquelle  est épinglée comme un recentrage, publicitaire, cosmétique  disent les mauvaises langues. Juppé, dès le départ a pris le centre, il l’a occupé et n’en a plus bougé. Avec une main tendue vers  la recompositions politique dans le sens du « ni droite ni gauche », Juppé a ratifié l’existence de l’UMPS.

Résulat de toutes ces indécisions et de tous ces glissements il n’y a plus de place pour Sarkozy sur l’échiquier politique traditionnel ; sa bougeotte, le recentrage de Marine et l’implantation  ferme et europiste de Juppé au centre , lui barre tous les espaces. Sarkozy s’est fait éjecter. Ceci correspond à une réalité: il n’a pas de Projet, pas de Vision.Rien à mettre « en avant ».

Et comme tous ces gens raisonnent non pas en terme de classes ou d’alliances ces sociales, mais en échiquer politique traditionnel, peu à peu Sarkozy  se trouve évincé, sans base.

Il y aurait deux voies pour sortir de l’asphyxie.

La première serait de ne plus raisonner en termes de découpages droite /gauche, mais se positionner transversalement sur des thématiques authentiques qui traversent le corps social français.   Cela voudrait dire retrouver, derrière le fatras, derrière la cacophonie, les vrais clivages, les vraies lignes de partage du corps électoral, un peu à l’image de ce qui s’est fait en Grande Bretagne lors du vote Brexit. Mais pour cela il faut être doué, bien conseillé, audacieux,  et être capable de sentir et de chevaucher les thêmes qui traversent la sociéte francaise. Balladur lui en avait suggéré un, le thême sociétal , celui de l’humeur de la société française. Hélas, Sarkozy, n’étant pas lui même en phase  avec les Français, est incapable de l’exploiter. Il ne « sent » pas ce thème, il est donc incapable de le comprendre en profondeur; il manque d’empathie pour en parler de façon crédible. La politique étrangère lui est interdite en raison de ses erreurs passées sur la Libye par exemple et surtout de son Atlantisme , Atlantisme qui va dans le sens contraire de l’évolution progressive de la société française. Sur l’économie il n’a rien à dire, seuf la tarte à la crème sans contenu de la promesse de baisse des impôts.

La seconde voie serait de raisonner en termes de couches et de classes sociales et de se poser la question: quelles sont les couches sociales que je peux naturellement représenter compte tenu de ce que je suis, de mon passé et de la situation française? Il faudrait pouvoir y répondre et se poser la question subsidiaire, complémentaire: étant entendu que je me pose comme le leader de ces couches sociales qui sont mon coeur de cible, quelles sont les couches sociales connexes  ou éloignées qui peuvent avoir envie de faire alliance avec les classes qui me soutiennent naturellement, quel front puis constituer? Est-il porteur d’une majorité?

Sarkozy fait le grand écart, il chasse sur le terrain de Marine mais votera Hollande!

Nicolas Sarkozy a laissé entendre jeudi qu’il voterait pour François Hollande au second tour de la présidentielle de 2017 dans l’hypothèse d’un duel entre l’actuel chef de l’Etat socialiste et la candidate du Front national, Marine Le Pen.

« Pas de gaieté de coeur », a répondu l’ex-président  à la question d’un journaliste de BFM TV.

« Je ne voterai pas pour le Front national. C’est clair, je ne l’ai jamais fait et d’ailleurs, je pense qu’entre nous, avec le Front national, il y a une barrière infranchissable », a poursuivi Nicolas Sarkozy. »Pour eux, l’immigration est un problème de principe, pour moi, c’est un problème de nombre », a-t-il justifié.

Selon des propos rapportés par deux journalistes dans le livre « Un président ne devrait pas dire ça… », François Hollande a lui-même dit qu’il voterait pour Nicolas Sarkozy en cas de deuxième tour contre la présidente du FN.

De toutes façons l’échiquier politique n’est plus ce qu’il croit!

Sarkozy est bien sûr incohérent comme à son habitude, et sa pirouette pour justifier son vote Hollande est peu convaincante. La distinction entre rejet de principe de l’immigration et l’acceptation par le biais d’un quota  ne peut être perçue par le public, elle sonne faux. Elle passe à coté de l’essentiel en tous cas.

Et c’est cet essentiel qui consitue à la fois la ligne de recomposition politique efficace et le succés d’une élection légitime, c’est à dire une élection d’adhésion. Hors de la prise de conscience de la nécessité de la recomposition politique, il n’y a pas de salut pour gouverner. Nous disons pour gouverner, nous ne disons pas pour gagner les élections, parce ce qui fait gagner les élections, c’est le système bi-partisan. Le système du bonnet blanc/blanc bonnet.

Sarkozy est sur une ligne ancienne, celle du clivage droite/ gauche, elle reste celle d’En Haut, mais les « Gens d’en Bas », sont ailleurs.  Le fait nouveau, c’est même plus que le populisme, c’est la naissance d’un courant anti-système, anti-élite dont le rejet de la mondialisation, du libre échange, de l’immigration, des guerres atlantistes  ne sont que les symptômes ; et plus ce courant s’affirme, comme on le voit aux USA, plus les élites, les ploutocrates, les kleptocrates, les médiacrates, les rebellocrates, les ponctionnaires, les marginaux qui sont les bénéficaires du système ancien sont obligés de se démasquer pour ce qu’ils sont, les partisans du status quo. En se démasquant ils se donnent à voir comme repoussants et repoussoirs.

Nous sommes en mutation, en transition avec un clivage à la fois éternel et nouveau: d’un coté les politiciens du système, sociaux démocrates pour l’essentiel et de l’autre, les laissés pour compte, « left behind ». D’un coté la France urbanisée, mondialisée, formatée par les médias et la propagande et de l’autre la France profonde, plutot rurale, les gens ordinaires, les classes moyennes plus ou moins en cours de prolétarisation. Ce clivage peut se formuler: clivage entre le Centre et la Périphérie du système. Il recouvre en partie la distinction ancienne entre exploiteurs et exploités, mais en partie seulement. Ou alors il faut élargir le sens du concept d’exploitation. Disons que la Périphérie sert de marchepied au Centre, le Centre lui marche dessus. 

Cette France, si on excepte la partie qui vote Front National est dispersée, émiettée, car elle est encore en partie mystifiée. Elle n’accède à la conscience politique que progressivement. On ne retouve une partie dans le vote LR, une partie chez Mélenchon et surtout une grande partie chez les abstentionnistes ou votants nuls ou blanc.

Dans le découpage et la configuration présente, cette France Périphérique est certainement majoritaire, mais étant divisée, elle rencontre en face d’elle la coalition des élites (ou de ceux qui se croient telles), coalition contre ce qu’ils pointent comme une jacquerie.

Etant mystifée, la Périphérie  n’a aucune chance de pouvoir se poser comme telle. Les divisions sont historiquement irréductibles, elles ne disparaissent que progressivement par l’étiolement des formations-pièges ou inutiles comme le Front de Gauche ou les LR conservateurs/nationaux .

La coalition des élites, des mondialistes, des européistes, va donc l’emporter et il est sans intérêt de savoir si c’est la fraction dite « gauche » ou sa  fraction dite « droite » qui va en prendre la tête. L’important est ailleurs.

Sarkozy a rété le coche en ne prenant pas la tête de cette coalition contre le peuple, ce qui est au fond son positionnement naturel.

La France va devenir de plus en plus ingouvernable, sans  légitimité réelle des élus, sans adhésion populaire.  Les forces vives  étant exclues irrémédiablement, aucune politique, aucune réforme, aucun Projet ne peut être transmis.

 

 

 

 

 

 

 

 

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