Editorial, l’oeuvre de Trump et de Mère Theresa. Contestation de l’idéologie globaliste

Nous n’avons aucune sympathie pour Trump. Aucune prévention non plus d’ailleurs. Notre soutien aux populistes est comme nous l’avons maintes fois expliqué, tactique. Ils sont les seuls à pouvoir cristalliser l’opposition populaire au globalisme. Notez bien au passage nous écrivons « globalisme », pour souligner le caractère idéologique, le « isme », nous n’écrivons pas « globalisation ».

La globalisation est un phénomène, une tendance, une évolution spontanée, quasi « bottom up », tandis que l’idéologie globaliste est imposée par les Maîtres sous la contrainte, sous la mise en ordre de /et par la finance,  érigée en fétiche. La finance s’est autonomisée, de serve elle est devenue maître, elle a brisé ses chaînes et nous en a chargés. Le globalisme  est produit, c’est l’avatar  du  financialisme, lequel  est le principe qui ordonne le monde, au sens de mise en ordre.  Nous, nous préférons que la mise en  ordre du monde se fasse sous d’autres auspices. C’est la finance et l’idéologie financialiste  qui fixent  les normes de la globalisation et la récupèrent. Et c’est ce que nous récusons.

A la limite ce genre de soutien tactique est destiné à disparaître sitôt que l’élection est entérinée. La fonction systémique des populistes, en grande partie tribunitienne,  n’est pas de construire ou de réaliser, ils en sont incapables, leur fonction est  de mettre un coup d’arrêt, de renverser une tendance, voire de détruire un assemblage que nous diagnostiquons comme « scélérat ».

Les populistes seront tentés, consciemment ou non de chausser les bottes et les patins de ceux qui les ont précédés. Personne n’est capable d’échapper au poids des institutions, des intérêts, des structures, des superstructures et des théories. La seule chose qu’ils peuvent faire utilement c’est de provoquer le grippage, c’est jeter les grains de sable qui feront peut-être pencher la balance de l’Histoire dans un sens que nous considérons comme plus satisfaisant.

La grande réussite de Trump , c’est d’avoir porté à la conscience  politique la vraie ligne de partage qui devrait traverser tous les systèmes et en particulier le système européen. Il a bousculé le découpage, la polarisation droite/gauche et l’a remplacée par celle beaucoup plus adaptée d’opposition entre les nationalistes et les globalistes.

Ne prenez pas « nationaliste » au sens et avec les relents négatifs imposés par les bien-pensants, non, prenez nationaliste sans association d’idée, comme le caractère de ce qui est national, propre à une nation. Débarrassez vous des miasmes  sulfureux dont on affuble et salit  le vocable. Ne faites pas de complexe comme le font ceux là qui n’osent pas se prétendre nationalistes et qui tournent le problème en se  disant « Républicains », ils ont honte de leur drapeau, de ce qu’ils sont, de ce qu’ils pensent. Nous? Non.

Ce que nous avons retenu de Trump, c’est la déclaration faite le 21 Juillet, lors de son acceptation de la Nomination en tant que candidat républicain; notez la, elle est claire, sans ambiguité: « americanism, not globalism will be our credo ».

Le Boston Globe a mis en haut de « une », jeudi dernier : « Trump won, globalisation lost. Now what ». Voila un bon journal ou du moins un bon patron de journal, il a tout compris: « Trump a gagné, la globalisation a perdu, et maintenant?

Et le plus clairvoyant de tous les médias a été Counterpunch, vendredi : « The real meaning of this upset is that Wall Street’s globalization project has been rejected by the citizens of its homeland ». « Le vrai sens de ce bouleversement est que le projet de globalisation élaboré par Wall Street a été rejeté par les citoyens du pays même qui lui a donné naissance ». Voila du journalisme.

CNN n’est pas aussi clairvoyant, mais il proclame dans la bouche de Jake Tapper: « les américains ont voté pour Trump, parce qu’ils en ont marre des inégalités, marre de la globalisation, et de la politique telle qu’on la pratique en vertu du status quo ». Tapper frôle l’essentiel, c’est à dire la clarification du sens du vote sous les apparences, sous les modes d’apparaître comme le refus des inégalités croissantes.

La révolution, c’est la nouvelle ligne de partage, cette nouvelle ligne qui redistribue l’échiquier politique, qui fait exploser le consensus social démocrate bidon des démopublicains aux Etats-Unis et de l’UMPS en France.

L’oeuvre , l' »achievement » de Trump,  c’est cela! C’est la maieutique:  il a fait accoucher d’une thématique claire. Il a obligé à mettre en mots, à formuler. Il a imposé une thématique sur laquelle il faut forcer les personnels politiques à se situer. On attend à la télé française des questions du genre: Ou en êtes vous monsieur Sarkozy, monsieur Juppé, monsieur Macron de votre analyse de la globalisation et quelle est  votre position à cet égard? Il faut les pousser dans leurs retranchements, les forcer à avouer.  Quoi? Certainement qu’ils sont complices, solidaires, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet!  Ils constituent une fausse alternative, ils mystifient les Français. Bref ils sont politiquement en retard, ringards, car ailleurs tout cela progresse, la prise de conscience s’effectue, elle galope; c’est un raz de marée qui leur échappe.

La première brèche a été percée en Grande Bretagne, ils sont bien plus avancés que nous politiquement; ce sont eux qui ont tiré les premiers.  La presse y est moins aux ordres, moins médiocre. C’est le sens du vote Brexit. Le vote Brexit est l’émergence de la prise de conscience de la nouvelle donne politique qui disloque les arrangements dans les pays développés. C’est le ver mis dans le fruit de la bêtise et il ronge, au point que comme l’élection de Trump, l' »achievement » du vote Brexit et des débats britanniques actuels c’est cela: le questionnement sur la globalisation.

Ecoutons Theresa May: “We can’t deny that there have been downsides to globalisation in recent years, and that in our zeal and enthusiasm to promote this agenda as the answer to all our ills we have on occasion overlooked the impact on those closer to home who see these forces in a different light.” Peut on être plus perspicace : « Nous ne pouvons nier qu’il y a eu des côtés négatifs à la globalisation tout au long de ces dernières années; et dans notre zèle, dans notre enthousiasme à promouvoir l’agenda de la globalisation comme réponse à tous nos maux, nous avons négligé l’impact qu’elle avait sur tous ceux qui,  chez nous  voient ces forces selon un autre éclairage ». Peut-on être plus claire et en même temps plus mesurée!  Bravo mère  Theresa!  Et la suite, du propos de la sainte mère Theresa nous enchante, nous y souscrivons à 100%: « demander au business de travailler avec le gouvernement et de faire sa part est profondément pro-business, car il est fondamental de maintenir la confiance dans le capitalisme et les marchés libres ». Nous buvons du petit lait, car elle a raison: l’enjeu c’est de retrouver la légitimité de nos systèmes sociaux et économiques, l’enjeu c’est d’échapper au socialisme universel, globaliste  et de retrouver des marchés libres, lieux de confrontation des aspirations individuelles.

En Prime 

What It Will Take to Stop Globalization

Some economists fear Donald Trump will trigger a global trade war, threatening the world’s interconnectedness and making it poorer. But Justin Fox says there’s a less risky alternative for trade-wary politicians.

How Trump Could Spell Trouble for the Fed

Also looking toward 2017, Narayana Kocherlakota warns that the new president could pose a threat to the central bank’s independence.

The Heart of the U.S. Economy Is Weaker Than It Looks

Without higher birth rates, new immigrants, more startups and increased infrastructure spending, economic growth will continue to lag. Noah Smith isn’t optimistic.

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