Essai Encore plus profonde que la ligne de partage sur l’international, la ligne de partage sur la monnaie!

Nous avons expliqué que le découpage droite/gauche dans nos pays était une mystification afin de vous emprisonner dans un choix inadéquat. Ce choix binaire droite/gauche passe à côté de l ‘axe qui sépare les citoyens dans nos sociétés, cet axe c’est la situation et l’attitude face à l’intégration internationale.

Tout est fait, tout est dit, pour camoufler  cette véritable ligne de partition de nos sociétés. Et c’ est fait ainsi afin de brouiller les lignes , on ne lutte pas contre ce que l’on ne perçoit pas. Tout est trafiqué, enfumé, afin d ’empêcher la prise de conscience de ce qui est déterminant, de ce qui fixe  toutes nos limites, toutes nos contraintes et donc conditionne notre prospérité.

Le monde extérieur constitue ce qui oblige à respecter les règles du jeu, des règles du jeu fixées par d’autres. Et c’est fondamentalement ce qui explique la disparition de l’objectif démocratique. L’objectif démocratique est remplacé par un objectif dont nous dirions qu’il est « d’entreprise », c’est un objectif d’optimisation/maximisation  dans un cadre non choisi, un cadre imposé. Les équipes gouvernementales s’en prétendent  les gestionnaires.

Le territoire n’est plus espace politique, mais un marché.  on n’aménage plus le territoire, on l’organise pour maximiser la compétitivité , laquelle n’est rien d’autre que le nom acceptable, pour les politiciens, du profit. Pire un marché ouvert à tous vents. Ils ne sont plus élus politiques, ils sont PDG ou cadres.

Le meilleur exemple est évidemment fourni en caricature par Macron, il ne s’en rend même pas compte! Mais le mouvement le plus significatif sous cet ordre d’idée a été celui de Hollande, celui de sa volte face lorsqu’il a annoncé son fameux « socialisme de l’offre ». Le fait qu’il n’ait rien compris à ce concept ne change pas sur le fond, il s’est bien rallié au marché et a abandonné le politique. Tout le reste en  a découlé: la mise en ordre sous la contrainte de compétitivité, la hausse du taux d’exploitation des salariés, les agressions contre le salaire indirect, le transfert de ressources comme le CICE, la tentative de réforme (avortée) du code du travail.

Ce qui frappe, c’est que personne ne conteste la description que nous faisons, chacun reconnaît que les gouvernements modifient profondément les conditions de fonctionnement de l’économie. Ils orientent , majorent ou minorent les taux de profit en fonction d’un savoir dont on se demande d’ailleurs comment ils le tiennent. En fait c’est un faux savoir qui repose surtout sur l’imitation, sur la transposition assez simpliste  de ce qui se fait ailleurs. Ce phénomène d’imitation crée des coincidences qui peuvent facilement valider les thèses conspirationnistes.

IL n’y a absolument plus ou pas de capitalisme de marché libre. C’est un mythe politique forgé par les socialistes, les étatistes, les dirigistes, les constructivistes.

Ils désignent le système actuel, le système bâtard dans lequel nous vivons sous ce nom pour une raison simple: pour le dénigrer, pour le vilipender, pour en dégoûter les gens. Quoi de plus facile et efficace que d’imputer tout ce qui ne fonctionne pas dans la réalité à un système qui n’existe pas, mais que l’on nomme et désigne à longueur de journée. Le bénéfice est double. D’une part on réduit au silence les partisans du capitalisme  de marché libre et d ‘autre part on fait oublier ses propres erreurs, on masque les résultats calamiteux  de ses propres actions.

La capitalisme de marché libre est montré du doigt dans la crise alors qu’il n’est pratiqué nulle part. Pire, c’est parce qu’il n’est pas pratiqué qu’il y a la crise et qu’elle dure. Le capitalisme de marché libre n’a jamais fonctionné nulle part, mais en plus il a cessé d’être un horizon,  d’être ce vers quoi on tend.

Nous avons appelé le système présent: « le capitalisme monopolistique de gouvernement et de banque centrale réunis ». Ce système a beau opérer en pleine lumière, il est tellement évident qu’on ne le voit pas, comme beaucoup d ‘évidences d’ailleurs.

Nous voudrions dépasser un peu notre analyse fondée sur la mise en évidence de l’axe international,  et mettre , légèrement, rien qu’un peu à jour l’axe de la monnaie et de l’activité des Banques centrales. Cet axe est un autre axe de partage, qui définit et justifie notre désignation du système comme système capitalisme monopolistique de gouvernement et de banque centrale réunis. Le régime monétaire  joue un rôle de premier plan dans le système de non économie de marché libre et dans le  fonctionnement du capitalisme dévoyé.

Le capitalisme financier de Milton Friedman n’a rien a  voir avec le capitalisme  de production, mercantiliste d’Adam Smith. 

Ce nouveau système a pris naissance au début des années 70 avec la rupture de l’ancrage des monnaies. Le pouvoir américain s’est octroyé le droit, il a fait le coup de force de faire sauter le lien entre les monnaies et le réel. Il a libéré la création de monnaie et de crédit. Mais toute libération par rapport à quelque chose d’objectif, est un asservissement au subjectif. D’autres ont pris le pouvoir, ils se sont octroyé le droit de dire ce que valait la monnaie, de la créer, de fixer sa quantité, sa rémunération ou son coût et bien sûr de fixer le prix le plus important de tout le système économique: le taux d’intérêt.

Le taux d’intérêt est ce qui exprime, reflète la préférence pour le présent et la pénalité infligée à l’avenir. Le taux d’intérêt  régule l’épargne, l’investissement, à moins que la relation ne soit inverse, car le taux d’intérêt a à voir avec le taux de profit de l’économie, avec la productivité, avec le taux d’exploitation des salariés, avec l’intensité capitalistique, avec la composition organique du capital.  Et il régule tout, de proche en proche, en fonction du cycle de production, des délais, et des risques.

Ce que l’on n’a pas vu et que l’on cache, c’est que le fait de libérer la monnaie et le crédit du poids du réel, les rendaient disponibles pour d’autres asservissements , prêts pour servir un nouveau système avec de nouveaux maîtres: le poids que le réel a perdu a été remplacé par la volonté de certains hommes, appartenant à une certaine classe.

En perdant son lien au réel, le bien commun qu’est la monnaie est devenu la chose, le bien détourné, confisqué par quelques uns. Cela a donné naissance à un système économique, financier, et maintenant politique entièrement neuf; les intérêts financiers accaparés par une élite ont pris le contrôle de l’Etat, des Institutions Internationales, des universités,  de la classe politique, de la classe des fonctionnaires et maintenant tout ce beau monde est au service d’un agenda.

Dans le bon vieux fascisme, l’Etat et l’industrie travaillent la main dans la main, dans le fascisme monétaire, l’état et la finance travaillent la main dans la main. C’est le processus normal de la modernité, laquelle est un mouvement bulldozer vers l’abstraction, la destruction du figuratif et peu à peu du concret au profit des représentations. Des signes.

L’exploitation s’est dématérialisée, et elle réside dans nos pays développés dans le mouvement financier, dans la ronde infernale de la finance. La racine de l’exploitation, c’est l’extorsion financière qui est permise par le flottement tautologique, dans les airs, de la monnaie: elle vaut ce que disent l’offre et la demande et on peut en émettre tant qu’elle est demandée. La monnaie ne vaut rien d ‘autre que ce que les économistes appellent « son clearing price ». Il suffit de faire peur comme c’est le cas depuis 2008, pour augmenter la demande de  monnaie. Le complément indispensable du fascisme monétaire, c’est la peur. Ce que les peuples ont bien sur compris, mais qu’ils expriment maladroitement. On terrorise les pauvres, les classes moyennes, ce qui permet de créer encore  plus de monnaie … pour les ultra riches.

Le rôle des populistes , faire apparaitre, accoucher:

L’axe de l’attitude face à la monnaie est encore plus important  que celui que nous avons mis à jour, l’international, mais il est  encore enfoui plus profondément. Ce n’est pas demain que l’on assistera à des débats sur le régime monétaire, la matière est trop complexe. Elle est réservée aux Grands prêtres qui gèrent le Mystère qui met en ordre nos scociéts. Mais les choses compliquées ont la fâcheuse faculté de pouvoir apparaître, pour le public, sous une forme simple, populiste : le peuple ne connaît rien  à la monnaie, mais il ressent de la colère contre la finance, il maudit les banquiers,  il prend conscience des conséquences du régime monétaire fascisant,  du pouvoir des banquiers et de  la progression colossale des inégalités. Les deux thèmes encore séparés vont finir par accomplir leur jonction.

Le régime scandaleux  de la monnaie gérée par une classe, au profit d’une classe et dans le cadre d’une prise de contrôle de l’Etat et de son appareil  va finir par apparaître clairement, au fil des débats sur les inégalités.

Il faudra bien que l’on aborde la question des origines, de la formation, de la perpétuation de ces inégalités. Bien sur la classe kleptocratique va tenter une fois de plus de faire diversion: elle va essayer de lancer le débat sur « l’inclusion », comme le dit Lagarde, la cheffe klepto, sur  la participation aux fruits de la globalisation et de la modernisation. Elle va le dévoyer. Pour maintenir ce système producteur d’inégalités, elle va le dévoyer en une question fiscale: plus ou moins d’impôts pour laisser intacts le système mais en corriger les effets en apparence les effets par les prélèvements/ répartition. C’est comme cela aussi qu’il faut comprendre le piège, l’escroquerie du Revenu Universel.

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(Merci Jean François)

 

 

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