Ode à la fonction destructrice de Trump et des populistes. Faut-il soutenir Trump ?

Personne n’a encore à ce stade proposé d’analyse, de définition et de caractérisation du régime de Trump. Nous entendons par là que personne de bonne foi, soucieux de justesse dans l’analyse  n’ a proposé quoi que ce soit.

Ce qui existe, c’est de la bouillie pour les chats, des « ragougnasses » infectes et souvent infâmes, véritables insultes à l’intelligence. Le besoin de comprendre et de caractériser existe car nous autres, pauvres humains, nous avons besoin des références du passé pour comprendre le présent. Or Trump ou son régime ne ressemblent à rien ce de  que nous connaissons et les étiquettes à ce stade masquent plutôt qu’elles ne révèlent. Trump est partiellement, en même temps,  une mystification et  une manifestation de quelque chose d’authentique. Quelque chose qui dans le même mouvement trompe le peuple , mais qui en même temps l’exprime.

Notre hypothèse est que Trump à ce stade est un complexe, un noeud de forces nombreuses , un entrelac, dont la résultante n’est pas donnée, mais est en préparation ou construction si on veut.

Le régime de Trump n’est pas donné, il n’est pas défini à ce stade; et c’est l’enjeu des combats post-éléctoraux: faire décanter. Faire accoucher. Le régime de Trump est un minéral dans  sa gangue, il enrobe peut être un diamant qui pourra être taillé, civilisé, mais pour l’instant c’est un caillou, assez sale, pour ne pas dire plein de merde.

Cela nous rappelle la venue de Mitterrand en 81 en France: c était un assemblage hétéroclite, avec des étiquettes de gauche, un soit disant programme commun à la Prévert, avec beaucoup d’ambiguïtés.  Mais à l’épreuve du réel , le diamant s’est débarrassé de sa gangue, il a même été taillé et il a révélé sa nature profonde , c’est à dire sa nature de régime réactionnaire, ringard, romantique, fondé sur l’opportunisme. Un régime d’amers, et d’envieux qui n’a pas réussi à dépasser les contradictions plus ou moins louches du personnage qui l’incarnait.

Une correction tout de suite car nous avons joué de la facilité en suggérant qu’il y avait quelque chose  qui pré-existait, un diamant à découvrir, or ce n’est pas notre pensée: le diamant ne préexiste pas, il est possible , virtuel il est à découvrir, à faire advenir et ensuite à tailler. C’est comme la Vérité, elle n’est pas donnée, elle est un processus , on la construit par un travail , on s’en rapproche asymptotiquement.  Ce ci correspond à notre cadre de réflexion qui pose que l’avenir ne se devine pas mais qu’il se construit, mieux il se bat, il s’affronte dans le sang et les larmes  puisque l’homme est un loup pour l’homme. Ceux qui refusent de considérer que l’homme est loup pour l’homme, sont ceux qui, rusés et fourbes, veulent, eux être des loups et que les autres, les moutons ne se défendent pas. La philosophie sociale convenue, est un outil, un instrument de domination. Ceux là, les dominants,  veulent que nous tendions  la joue droite comme les esclaves, que nous ne nous rebellions pas et que nous en soyions contents. Repus, apaisés,  veules , domestiqués,  comme le chien de la fable de la Fontaine, Le loup et le chien ou Le chien et le loup.

Le régime dit de Trump sera … il n’est pas , voila le fond de notre pensée.

Donc il n’est pas question de le soutenir ou de ne pas le soutenir, de lutter contre Trump , puisque l’on ne sait pas… La première des attitudes politiques est donc la vigilance. Le noeud, l’enchevêtrement , le complexe que constituent  Trump est ainsi fait: en le soutenant ou en ne le soutenant pas, on fait peut être l’erreur de peser, de tirer  dans un sens  contraire à ses propres convictions.

Une image pour comprendre; dans un noeud comme celui qui nous sert de guide, vous avez une boule, plusieurs bouts, mais il sont tellement mélés que vous ne savez pas sur lequel in fine vous tirez. Vous croyez desserrer et en fait vous serrez, vous croyez serrer et en fait vous faites le contraire.  Voila ou nous en sommes avec Trump.

La seule chose qui à mon sens est sure est que pour ceux qui étaient et sont contre le (des)ordre ancien , contre les évolutions de ces dernières années, pour ceux là, Trump est une chance. C’est l’opportunité de donner un coup d’arrêt.

Nous avons toujours dit, prudemment: la fonction historique de Trump et des populistes en général  est de donner un coup d’arrêt. Et ils ont réussi: la globalisation est au point mort, voire elle régresse; l’européisation idéologique elle aussi est bloquée. En ce sens ils ont, ils accomplissent leur fonction historique, il suffit de voir les réactions des élites: elles paniquent, elle s’affolent comme lors du dernier Davos. Les élites lâchent du lest, un lest qui modifie, en  fait sans  qu’elles le sachent, leur Projet.

La fonction des Trump et autres est négative d’abord et avant tout. Il faut l’accepter ainsi. 

Leurs soutiens sont de toutes sortes mais leur point commun, c’est le refus de tout ou partie de  l’évolution de ces dernières décennies.

Pour les uns, c’est la globalisation, l’universalisme, l’immigrationnisme, le réchauffisme, le dirigisme du Nouvel Ordre Mondial, etc etc.

Pour les autres cela peut être simplement le refus d’être laissé pour compte de ne pas avoir d’avenir, de régresser , de perdre le sens de sa vie…

Bien peu, il faut le reconnaître et le déplorer ont pour motivation de leur opposition, la recherche/maintien/quête  de la liberté et le refus de la servitude nouvelle. Dommage, mais ce n’est pas grave.

Tout cela est normal puisque nous sommes dans les sphères de la réaction  et partiellement dans celles de la Réaction au sens de conservatisme. Des réactions, ce  ne sont pas des inventions mais des produits d’un gigantesque ‘non ». Une réaction est presque aussi peu  libre que l’action qui lui a donné naissance puisqu’elle est déterminée par elle.

Nous soutenons que les rebelles en général sont aussi prisonniers de l’ordre établi que ceux qui le soutiennent. D’ailleurs il y a des rebelles professionnels, et même des rebellocrates comme le disent si justement Gauchet et Murray.

Tout ceci pour dire que les populistes, c’est le « non », mais que le « Non » n’est pas un contenu qui en lui même porte l’avenir.

Je soutiens Trump par exemple, dans sa mission historique et même quelque fois je soutiens le parti issu du Le Penisme, mais en aucun cas je ne voudrais vivre dans un pays gouverné par ces gens.  Et c’est la même chose s’agissant de la Russie et de Poutine.  Je les soutiens  mais uniquement en  fonction d’un objectif qui est celui de stopper la mécanique infernale, de la gripper, d’obtenir un coup d ‘arrêt aux évolutions que je juge scélérates.

La fonction de destruction de l’histoire, du processus historique, n’est pas aimée, elle n’est pas appréciée, mais il suffit de réfléchir pour s’apercevoir qu’elle est essentielle, vraiment essentielle, centrale dans  la dialectique du mouvement  historique.

Sans destruction il n’y a pas possibilité d’advenue de quelque chose de plus satisfaisant, de plus adapté. La destruction est la base de l’adaptation. 

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