Le mythe de la stagnation séculaire (… une création politique) A lire, un texte de combat.

Le mythe de la stagnation séculaire est une création politique. Tout comme l’écologie politique, tout comme le malthusianisme, l’idéologie du Club de Rome, tout comme l’épuisement des ressources. Il s’agit, par l’implantation d’une idée, de justifier l’arrêt de la progression des niveaux de vie.  Ce n’est pas un hasard si ce mythe   a pris naissance lors d’une autre grande crise capitaliste, la crise de  déflation des années 30.

Il s’agit par l’implantation d’une idéologie dévastatrice de résignation,  de désamorcer, dé-légitimer les aspirations des peuples à vivre mieux , à bénéficier de richesses accrues. Il s’ agit  développer un état d’esprit résigné, de faire taire les luttes et les revendications face au besoin qu’a le capital fictif, non productif, le capital de poids mort, de se mettre en valeur, de toucher  ses agios et d’être remboursé. Il s’agit d’accepter et de faire accepter la stagnation, l’arrêt du mouvement de nos sociétés pour préserver un ordre social injuste, kleptocratique, ploutocratique.

Ce type d’idéologie est produit par l’excès déflationniste  de capital non productif, pour parler clair: par l’excès de dettes. Le mort, le zombie veut maintenir sa part sur le vif, sur le vivant et le réduire à la portion congrue.

En fait il faut choisir, soit c’est le capital fictif qui trinque et ne fait pas son plein, soit c’est le travail vivant et l’investissement productif qui trinquent et voient  leurs parts dans la production de richesses se réduire. Nous sommes en plein dans la politique, en plein dans les grands choix.

Rendez vous compte: ils veulent que vous vous résigniez  à ne plus avoir de croissance, ni vous ni vos enfants; que vous  travailliez plus pour moins cher, que vous acceptiez l’instabilité et la précarité et le recyclage perpétuel;  ils veulent que vous acceptiez de partager cette rareté avec les migrants du remplacisme!

Rendez vous compte ils vous disent: le gâteau ne peut plus croître, il faut en réserver  une part plus grande pour honorer les  dettes, mais ce gâteau qui ne croit plus, vous allez devoir le partager avec les immigrés, les migrants, avec ceux que nous importons  car ils sont plus dociles et permettent le maintien de notre taux de profit!

Et face à tout cela ils vous disent: il n’y a plus de croissance possible!

Ah les braves gens. il faut reconnaître que dans ce genre l’un des pires est Hamon qui veut institutionnaliser la résignation régressive, ôter aux gens  même la dignité de travailler; mais le plus dangereux est Macron , car il est intelligent et surtout soutenu par l’élite mondiale. Le Macron a pourtant , malgré son flou annoncé la couleur: il veut économiser 50 milliards! Pourquoi, Pour honorer les dettes, pour revaloriser le capital fictif, pour maintenir sa valeur. La priorité déflationniste  de Macron est couplée  avec la priorité de destruction de tous les acquis, finis les arrêts de TGV, finies les écoles non rentables, les bureaux de poste ruraux, libéralisées les pharmacies, les fonds de commerce, bref, tout ce que ces gens  appellent les rigidités. C’est l’Uberisation de nos sociétés, l’auto-exploitation. Ah ces auto-entrepreneurs qui travaillent pour moins que le SMIC comme il les aime !  Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mort sociale bien entendu.

Le mythe de la stagnation séculaire

VENDREDI, 17.02.2017
Agefi Suisse

Marchés. L’expression a été forgée par Alvin Hansen en 1938. Le même argumentaire et la même propagande nous sont servis aujourd’hui.

Bruno Bertez

Le monde entier crie haro sur le baudet Trump. Il tente, ô sacrilège, de relancer la croissance aux Etats-unis alors que le consensus des bien-pensants proclame que c’est impossible. Plutôt que d’engager honnêtement le débat et de remettre en question les actions qui ont été engagées tout au long de ces dernières décennies et singulièrement depuis 2008, les élites  préfèrent marteler: «Nous entrons dans une phase de croissance séculaire durablement ralentie».

La «science économique» a bifurqué vers une auto-justification. Au lieu de reconnaître qu’elle s’est trompée, et qu’elle n’a aucune idée de ce qui se passe et de ce qui s’est passé, elle prétend s’exonérer et affirmer, sans preuve, sans démonstration et à l’encontre de toute l’expérience historique: «Si nous avons échoué c’est parce que votre fille est muette, la croissance ne repart pas parce qu’elle est durablement ralentie». Ah les braves gens!

Le constat s’impose, et c’est vrai la croissance ralentit et c’est vrai partout dans le monde. Partout et au même moment. L’économie se traîne, elle patauge. Les plus malhonnêtes tentent de tromper les peuples et affirment que nous y sommes presque, l’inflation approcherait  les 2% et les taux de chômage officiels se dirigeraient vers les taux naturels. Ceux-là ne croient pas eux mêmes à leurs affirmations, dans le privé des colloques, ils professent d’autres analyses.

Ces affirmations de pure propagande ne trompent que les politiciens en mal de réélection et les médias qui sont leurs complices, la réalité est que malgré tous les «remèdes exceptionnels»: cela ne repart pas. Alors que la conclusion logique, honnête, civique  serait de dire: «Nous nous sommes trompés», ils préfèrent répéter en choeur: «Ce n’est pas notre faute». C’était le sens  d’une Conférence, organisée par la Banque de France et le Collège de France le lundi 16 janvier 2017. Avec François Villeroy de Galhau, Gouverneur de la Banque de France, des universitaires de premier plan, notamment Philippe Aghion, Barry Eichengreen et Robert Gordon, ainsi que des représentants de haut niveau d’institutions nationales ou internationales, notamment Catherine L. Mann, chef économiste de l’OCDE, Peter Praet, Membre du Directoire de la BCE, et Jean-Luc Tavernier, Directeur général de l’INSEE.

La première chose à remarquer est que ces conférenciers ont la mémoire courte, très courte car la problématique qu’ils prétendent éclairer à déjà dominé les débats en… 1938! Alors que l’on croyait que l’économie était sortie d’affaire, sortie de la Grande Dépression, une rechute terrible est intervenue en 1937, rechute terrible, qui a balayé toutes les illusions, les idées et les théories que l’on se faisait de la crise. Rien à cette époque ne s’est passé comme prévu, rien ne correspondait aux expériences passées et aux attentes concernant le futur. D’où la tentation de proposer  la thèse de la stagnation permanente.

L’expression «stagnation séculaire» a été forgée par Alvin Hansen à l’occasion d’un discours prononcé en 1938: Economic Progress and Declining Population Growth. Après une illusion de reprise artificielle de 1933 à 1937, l’économie a glissé de nouveau en récession en 1938. La capacité de la machine économique à produire des richesses a rechuté, elle n’a pas réussi à rattraper les niveaux de 1928.  Cela ne vous rappelle rien?

Hansen  énonce dès 1938 et 1939 des hypothèses qui sonnent étrangement semblables à celles des économistes et des banquiers centraux du présent: croissance de la population ralentie, pas de nouveaux territoires à exploiter et bien sûr les tartes à la crème de l’insuffisance de progrès technologiques majeurs, des freins à la productivité comme le pouvoir des syndicats, les cartels, les pratiques monopolistiques.

En résumé Hansen dès 1938 fait la même hypothèse que les élites actuelles, l’hypothèse d’une croissance séculaire ralentie et il invoque les mêmes causes, la démographie, l’absence de nouveaux espaces économiques à conquérir et la fin apparente d’un cycle d’innovations. Cela devrait faire réfléchir, car après tout la croissance est bel et bien revenue entre temps, n’en déplaise aux économistes d’alors et elle reviendra n’en déplaise à ceux d’aujourd’hui.

Face à un échec, l’homme a toujours tendance à se dédouaner, et c’est normal puisque souvent il établit sa carrière, son prestige, non pas sur ses mérites authentiques mais sur des arguments d’autorité. Et c’est d’autant plus vrai dans le domaine des fausses sciences comme l’économie, fausse science dominée par des monopoles de pensée, comme les PHD et le quarteron du MIT.

Au moins dans les sciences exactes, les faussaires sont démasqués, avec le temps, mais dans les fausses sciences, ce n’est quasi jamais le cas, car l’expérience malheureusement ne sert à rien… on répète les mêmes erreurs. On gomme la mémoire.

La répétition est incluse dans les théories économiques, tout comme les extrapolations. Surtout à notre époque ou les mathématiques et les modèles ont remplacé la compréhension des phénomènes et même la réflexion tout court. Qu’est ce qu’un modèle si c e n’est par définition, la formalisation plus ou moins complexe de la répétition du passé? On ne trouve rien dans un modèle que l’on n’y mette déjà. Un modèle c’est de la cristallisation diaphorique de l’idéologie. Ainsi que dire du ridicule des tenants de l’hypothèse de la stagnation permanente  lors de l’explosion du Baby Boom!

Nos monopoleurs de la pensée ne se rendent même pas compte de l’absurdité de leur démarche jalonnée de  fétiches comme les fameux 2% d’inflation ou l’imbécile miroir aux alouettes des 5% de chômage. Ces fétiches ne résistent pas à l’examen critique scientifique d’un étudiant en Master: ce sont des abstractions réifiées, déifiées, posées comme si elles correspondaient à une réalité, alors qu’elles sont des voiles; elles masquent. C’est en dessous qu’il faut aller, qu’il faut gratter, sortir les vraies variables qui comptent. Ah le couple 2 plus 5 de Bernanke et de Yellen! Et que penser de l’étape suivante, celle du rapport entre le 2 et le 5 et l’inflation?

Les fétiches ne s’arrêtent pas là: que dire des trillions qui sont venus gonfler les bilans des banques centrales, de ces zéros dans les livres de compte, de cette monnaie zombie qui n’a jamais franchi le seuil de sa pierre tombale.  Face à leur échec provoqué par des théories idiotes, les banquiers centraux ont gorgé le système de réserves oisives et ils s’étonnent, ils affirment que l’on ne peut rien faire de plus; «Si nous avons échoué à relancer la demande, c’est qu’il y a autre chose, c’est la faute à la stagnation permanente.  Votre fille ne parle pas parce qu’elle est muette».

La bonne question face à l’échec des QE était de s’interroger… sur la nature de la monnaie et de comprendre qu’elle n’est pas ce que l’on croit, que les enseignements de  Friedman et les gloses de Bernanke sont dépassés et de reprendre la question là ou  l’avait laissée Greenspan; «nous ne savons plus ce qu’est  la monnaie». Et si on ne sait plus ce qu’est la monnaie on ne sait plus , par simple logique ce qu’est  la stimulation monétaire. Les banques ne prêtent pas à partir des réserves! Et puis surtout la monnaie à considérer est non pas nationale ou américaine, mais mondiale. Il aurait, il faudrait éclaircir les rapports entre ce que l’on appelle monnaie et les dérivés, le risque, les capacités bilantielles des banques par exemple.

Non seulement ils n’ont rien vu venir, la crise les a pris au dépourvu, mais quand elle a été là,  ils n’ont pas su la reconnaître et maintenant ils nous disent que c’est un état permanent. Bientôt ils nous diront que c’est un état permanent depuis les années 30 et qu’en fait ce qui s’est passé entre temps, c’est une parenthèse, presque une erreur de l’histoire. Eux auraient  raison, c’est l’histoire qui aurait  tort. Encore un effort et ils vont nous faire avaler la thèse de Marx sur l’impasse du capitalisme!

Le malthusianisme, les théories de la finitude, la croissance zéro sont des idéologies dangereuses car elles  donnent des justifications à des politiques scélérates, des politiques de régression,  de renoncement et de la résignation. Plus la théorie de la stagnation permanente gagnera des adeptes, et plus le monde deviendra dangereux, voila ce qu’il faut oser dire et répéter.

Nous avons souvent critiqué les banquiers, surtout les pires d’entre eux, les banquiers centraux. Dès 2009 nous avons affirmé qu’il faudrait un jour les juger et faire en sorte qu’ils soient rendus responsables de leurs fautes. Rien dans l’évolution du monde ne conduit ou ne justifie  la stagnation si ce ne sont les actions des banquiers eux-mêmes. Ce qui s’est passé au quatrième trimestre de 2008 est leur faute et tout le reste n’a été qu’un tissu d’erreurs, un voile jeté sur ces fautes.

Au lieu de s’installer  dans la rareté et de s’en laver les mains les élites feraient bien d’abord d’admettre leurs erreurs, ensuite de comprendre comment nous en sommes arrivés là et enfin de voir dans quelle mesure, il est possible de prendre appui sur les changements politiques en cours pour redresser la barre et relancer la machine à produire des richesses.  L’élection de Trump, les populismes, sont des révoltes, des rebellions contre ces perspectives durablement néfastes. Trump et ses conseils ne sont pas la solution, ils n’ont pas les bonnes solutions, mais au moins ils sont un premier pas, celui du refus de ce que l’on veut nous faire prendre pour une fatalité.

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