HSBC, mauvais résultats + mauvaise foi

Le géant bancaire britannique HSBC  a annoncé il y a quelques jours  un résultat net de 2,48 milliards de dollars (2,47 milliards de francs), en chute de 82% par rapport à 2015, quand il était ressorti à 13,52 milliards de dollars.

Nous nous y interessons car le cas de HSBC est significatif de ce qui s passe dans le monde bancaire. HSBC est un modèle de tout ce qu’il ne faut pas faire. Nous avons écrit il y a peu que c’était un « canari dans la mine de charbon », comme cela a été le cas en février 2007: HSBC a donné le coup d’envoi de la Grande Crise. Mais ce qui nous déplait en plus, c’est la mauvaise foi et le côté donneur de leçons au plan politique et sociétal. HSBC est la banque de « l’ouverture », du « no-frontières », de la globalisation sous domination anglo-saxonne.

Ébranlée par divers scandales et des résultats financiers décevants, la banque HSBC avait déjà annoncé en juin 2015 qu’elle se séparait de près de 50’000 employés dans le cadre d’un plan de restructuration planétaire, incluant la vente de ses activités au Brésil et en Turquie.

HSBC a encore annoncé  le rachat d’actions pour un milliard de dollars, après avoir déjà racheté l’an passé 2,5 milliards de dollars de titres financés pour partie par la vente de ses opérations brésiliennes en 2016.

«Je pense que leur processus de réduction des coûts est dans les temps», a déclaré à l’AFP Jackson Wong, analyste chez Huarong International Securities. «C’est quelque chose qui est encourageant.»

 

«Nous soulignons le risque que le populisme impacte les choix politiques lors des prochaines élections européennes, que de possibles mesures protectionnistes de la nouvelle administration américaine impactent le commerce mondial et les incertitudes qui attendent le Royaume-Uni et l’Union européenne au moment d’entrer dans les négociations du Brexit», a déclaré dans un communiqué le président du groupe Douglas Flint.

Le problème du populisme ou du Brexit ont bon dos, ils n’ont rien à voir avec la performance calamiteuse de HSBC. La banque ne cesse depuis 2002 d’accumuler les erreurs, elle a commencé par son aventure dans les subprimes américains en rachetant une poubelle douteuse Household International pour 14,2 milliards de dollars. Elle avait racheté une autre poubelle en 1999 Republic National Bank of New York pour se renforcer dans le private  banking. Au plan fondamental, HSBC est vitime, comme Deutsche Bank du déclin de l’eurodollar, de la destruction de son business model,  et de la contraction/raréfaction  du dollar funding. Les RWA, les Risk Weignted Assets ne représentent plus qu’un tiers du bilan!

Les problèmes HSBC sont :

-une culture de la pourriture

-des acquisitions mal conçues, surpayées, suivistes, stratégiquement inopportunes

-une absence totale de croissance

-un excès de « risk » qui force aux désinvestissements et au deleveraging.

Dans le passé la croissance a masqué les erreurs mais l’arrêt du développement, ont au contraire favorisé leur extériorisation. Quand le total du bilan des banques cesse d’inflater, alors toutes les idioties apparaissent ce  n’est pas plus compliqué que cela.

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