Billet :Tournant de la campagne. Appel du PS pour que Hamon se rallie à Macron!

Il faut saluer les capacités manoeuvrières du camp d’en face. Le camp qui devrait être dit conservateur, le camp de la « fausse droite »,  est objectivement indigent. Ce sont des nains de la stratégie et de la reflexion politique. Les gens intelligents sont passés de l’autre côté. 

ils sont incapables de gagner une  élection face à un camp rejeté, honni, face à une troupe politique en débandade. Le porte-drapeau de cette troupe en perdition faisait 13 % à peine de popularité, et pourtant le plan  stratégique ourdi par lui et son entourage est en train de préparer un raz de marée.

Comment en est on arrivé là?

Le mal  vient de très , très loin.

Quelques remarques:

-il est faux de dire que le peuple a glissé à droite, qu’il y a droitisation. Le système du très grand capital financiarisé produit une société civile qui n’est ni de droite  ni de gauche et c’est ce que les conservateurs n’ont pas compris.

-La société civile  est reprogrammée en fonction des besoins du capital international:  valeurs, culture, propagande, consommation, passivité, etc 

-la crise du capital productif, de la bourgeoisie et des classes moyennes vient de loin, des années 80 et à cette époque , les stratèges de la « droite » auraient du l’anticiper, la prendre en compte, par la formation d’une offre politique adaptée.

-Ce groupe social des victimes,  des laissés pour compte qui progressivement allait grossir et se radicaliser, ce groupe social allait avoir besoin d’une représentation. Il était une clientèle si on ose dire, à prendre et satisfaire.

-au lieu de le susciter, de l’encourager, de le structurer et de le faire advenir, les élites de la fausse droite  se sont laissées devancer par la « gauche ».  c’est elle qui   a récupéré ce groupe social en le fourvoyant dans  les bras de Le pen, ce qui était une impasse.

-puis les élites de gauche  ont rejeté ce groupe et ses représentants hors du jeu politique, la « droite  » est bien entendu encore une fois tombée dans le piège. La gauche a coupé la droite de ses troupes naturelles, de son fer de lance. 

-Le mouvement irrémédiable de paupérisation et de destruction des identités  au lieu de produire sa propre représentation politique et de constituer le fer de lance de la droite conservatrice   a été neutralisé.

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Hamon,  ne s’est pas accordé avec Mélenchon sur une candidature commune pour l’élection présidentielle. Le fond de l’affaire, c’est bien sur la position vis à vis de l’Europe.

Le programme de Hamon, utopique passe  par une violation de toutes les règles et même de l’esprit Européen. C’est un programme post…quelque chose, ce quelque chose restant à définir. Sapin vient de le rappeler à Hamon en lui brandissant la règle des déficits limités à 3%. Les propositions de Hamon n’ont jamais été conçues pour être sérieuses, mais elles ont été conçues pour prendre date soit vers une recomposition du PS, soit pour une présidentielle future.

La pression logique pour une candidature efficace qui conduit Hamon à faire semblant de négocier avec Mélenchon ne pouvait donner de résultats autres qu’en forme de poudre aux yeux: les objectifs stratégiques des deux candidats sont différents. Ce sont leurs positions et ambitions personnelles qui importent: ils ont besoin d’exister plus que d’être utiles. Ils sont là, politiquement pour témoigner de l’existence de couches politiques anciennes, de couches dinosaures.

Dans une analyse superficielle, on pourrait regrouper Hamon et Mélenchon sous une étiquette de « gauche première ». Ce serait une erreur . Ces deux tendances sont traversées par des lignes de division puissantes , sur le travail, sur la modernité, sur l’intégration mondiale. En clair sur le Système .

Le projet de Hamon reste encore de gérer le capitalisme, presque de  le rendre supportable en accentuant la sociale démocratie charitable par le revenu universel lequel n’est qu’une astuce du capital pour se prolonger. Le projet de Hamon objectivement est une béquille afin, dans la conception d’une vraie gauche, afin de sauver le capitalisme menacé, toujours selon la vraie gauche, de succomber à une crise de surproduction du type années 30. Lutter contre les inégalités, c’est lutter pour continuer dans la voie capitaliste en le rendant socialement moins scandaleux. Ce n’est même pas du réformisme, c’est de la mystification intellectuelle et sociale, car il s’agit de perpétuer ce contre quoi on fait semblant de lutter.

Quand on y regarde de plus près, la similitude des fins de Hamon avec celle proposées par Macron est grande: il s’agit de prolonger, de permettre de maintenir, d’aider à reproduire un Système mal en point, malmené par sa logique interne de sur-accumulation. L’avenir de Hamon, ce n’est pas Mélenchon, mais c’est Macron. C’est la grande mystification qui consistera à collecter les voix des déçus du PS au profit de la version plus moderne, plus sociale-libérale mieux incarnée par Macron que par Hollande. Hamon a une fonction historique de social-traitre. Hamon est un supplétif, un harki.

Le projet de Mélenchon reste un projet de rupture. Un projet de rupture qui ne se donne pas les moyens de réussir par insuffisance intellectuelle et donc stratégique, mais une rupture quand même. Mélenchon a parfaitement identifié les raisons de la situation, les causes de l’impuissance d’une vraie gauche: c’est l’international, la libre circulation des capitaux, la tendance à l’égalisation des taux de profit dans le monde , l’intégration globale, l’intégration européiste. Bref c’est la loi de la Valeur véhiculée par la concurrence. Quand il parle des profits, des dividendes et des licenciements boursiers, c’est une façon de tourner autour du pot. Et cela c’est une authentique analyse marxiste cohérente. La logique ultime est de refuser le « tout marché », le « tout marchandise » … exactement comme on le retrouve dans l’idéologie qui sous-tend le nouveau Le Penisme. Il s’agit  d’utiliser les contradictions qui se manifestent avec la surproduction, le chômage et les inégalités pour obtenir, pour peser vers un changement de système, pas pour gérer l’ancien. Pour les amis de Mélenchon, Hamon reste à très juste titre, un solferinien, un molletiste, un traître .

Si on observe les mouvements au niveau électoral, on constate que la clientèle de la gauche première dure , sociologique, a tendance à glisser progressivement vers le nouveau parti issu du Le Penisme. Ceci correspond à une prise de conscience chez ces gens qu’ils sont laissés pour compte dans la modernisation internationaliste à laquelle la seconde gauche s’est ralliée. Ces citoyens sont un peu semblables à ceux de la RustBelt qui ont voté en faveur de Trump et de son America First.

Hamon est dans une « impasse stratégique », a estimé mardi le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. Interrogé par RTL, il a fustigé un programme « de gauche radicalisée » en « rupture » avec sa famille politique.

Remarquez l’inversion, qui est la spécialité des solfériniens; ils ont trahi leur famille politique, leurs électeurs en 2012 mais aujourd’hui ce sont eux, qui prétendent que Hamon est un traître parce qu’il est  fidèle aux idées de 2012.  Que cet exemple serve de leçon, il est au coeur de la dialectique de la mystification. Hamon s’inscrit dans le prolongement de 2012, que Hollande et sa clique ont trahi, mais il est  ‘accusé, lui le fidèle, le continuateur, d’être un traitre. Ce sont eux qui ont cessé de hair la finance et l’argent et qui leur cirent les bottes, mais c’est Hamon le traitre.

Le candidat socialiste et celui de « La France insoumise » ont acté, lors d’une rencontre vendredi soir à Paris, l’abandon de toute idée d’alliance, qui travaille une partie de l’électorat de la gauche, inquiet d’une élimination au premier tour.

« L’objectif c’était d’avoir une candidature unique notamment avec Jean-Luc Mélenchon, c’était ça la démarche de Benoît Hamon », a déclaré Jean-Marie Le Guen, qui voudrait bien être chef de file du pôle des « réformateurs », au sein du PS. »Or, aujourd’hui, il vient nous dire qu’il constatait qu’il n’y aurait pas d’unité, ce qui l’amène dans une impasse stratégique », a-t-il poursuivi.

Pour Jean-Marie Le Guen, l’ex-ministre de l’Education « s’est isolé en tenant un discours extrêmement radical, isolé par rapport à sa propre famille politique, la social-démocratie, le social-réformisme ». »Il s’est occupé essentiellement de la gauche de la gauche et aujourd’hui, malheureusement pour lui, ça montre que quelque part il est dans une impasse, après la radicalisation de son discours », a-t-il ajouté.

La capacité de Benoît Hamon, en quatrième position dans les intentions de vote pour le premier tour, « à faire autre chose que témoigner, est aujourd’hui réduite à peu de choses, il faut qu’il se reprenne », a insisté Jean-Marie Le Guen.

En quoi consiste la demande de Le Guen ? Elle consiste à lui demander de revenir au sein de la vraie fausse/gauche que lui et ses amis incarnent: la gauche de la soupe, la gauche dite de gouvernement. Celle qui fait alliance avec la partie la plus criticable du capital, le capital financier global. Voila la demande de Le Guen et elle est claire: revient chez nous soutenir Macron.  Revient, nous avons besoin de toi pour constituer une majorité de gouvernement, pour les législatives, pour la soupe. Le Guen demande à Hamon de se recentrer pour devenir Macroncompatible! Bref de ratisser les voix de la gauche première pour Macron, le porte étendard du système financiarisé.

RÉORIENTATION

Pour le secrétaire d’Etat, qui avait soutenu l’ex-Premier ministre Manuel Valls lors de la primaire de la gauche, Benoît Hamon doit « se réorienter, revenir au coeur de sa famille, discuter avec les réformistes qui sont au coeur de ce qu’est la gauche du gouvernement ». »Il ne peut pas s’adresser simplement à 20% des Français qui, pour telle ou telle raison, sont sensibles à des thèmes d’une gauche radicalisée », a-t-il fait valoir. « On est dans une élection présidentielle, il est le candidat d’un parti de gouvernement, nous ne sommes pas un parti altermondialiste, là pour mener la contestation sociale. »

Une réunion des députés réformateurs du PS est prévue à 11h00 ce mardi à l’Assemblée nationale. Ces 15 à 20 élus pourraient décider soit de ne pas faire campagne pour Benoît Hamon, soit, pour certains, de rejoindre Emmanuel Macron, le candidat du mouvement « En Marche », comme Christophe Caresche.

En Prime, rappel

LES PRIMAIRES SOCIALISTES: UN SUPERBE TREMPLIN POUR … MACRON

Le débat au sein du PS jeudi soir a été conforme. Conforme àce que je craignais, c’est à dire très bas de gamme, type préau de cour d ‘école. Je me contenterai de quelques remarques désobligeantes.

L’exercice était une pantalonnade sans crédibilité et personne, pas même Valls , n’a réussi à éléver la crédibilité: on voit bien qu’ils ne sont là que comme prétendants non pas à la Présidence mais au leadership du PS ou pire d’un courant du PS. Au mieux, ils prennent date pour dans 4 ans!

Cela a quelque chose de surréaliste de voir 7 candidats à la candidature qui n’ont aucune chance  de gagner l’élection à laquelle ils veulent participer. Bref ils préparent ou essaient de préparer leur carrière future, ils croient que les primaires sont un tremplin. Hollande avait sa place aux présidentielles, c’est incontestable et il n’y avait pas photo ou matière à une primaire. 

-ils sont d’un autre monde, pas de ce monde actuel intégré, ouvert, soumis à compétition

-l’écart entre ces 7 candidats et Macron est très grand, ils ne boxent pas dans la même catégorie, que ce soit au plan des outils intellectuels ou au plan de la cohérence de la pensée

-Ce n’est même pas le retour de l’utopie, c’est celui du délire inadapté , de la névrose; je suis persuadé que même le Français moyen ne gobe pas leurs affirmations et prend ses distances avec leurs illusions

-bien entendu tout cela été conduit par des ânes, en particulier sur la question du chômage, celle  de la critique du CICE et de la baisse des charges des entreprsies. Même Valls é été incapable d’expliquer et de défendre ce qui a été réalisé.

-L’indigence a dominé sur cette question du Revenu Universel, ils en parlent, en discutent mais n’ont lu aucun dossier ou travail sérieux sur cette question, ses origine historiques, ses objectifs, sa faisabilité , ses résultats; non c’est le café du commerce, rien de plus. Après avoir fait la stupidité de vouloir partager le travail avec Aubry, ils veulent la stupidité de partager les revenus du travail avec Hamon.

-La malheureuse Pinel avait quelque chose de pathétique et déplacé alors pourtant que le niveau était très bas .

-Tout est du même acabit, sans intérêt, ces gens ne sauveront ni la France ni le  PS, à peine leur carrière.

-Le pire est que ces gens sont le meilleur tremplin pour Macron, ils jettent leur clientèle dans les bras de Macron, le suppôt de leur ennemi: le Très Grand Patronat. Macron n’a qu’à leur marcher dessus pour monter.

Les spectateurs semblent apprécier Montebourg, cela ne nous étonne absolument pas car il n’a pas à faire le grand écart: ce qu’il propose est cohérent avec son image, et sa carrière. Son équipe  a une vision, une vision qui est nationale, isolationniste. Il doit prendre non seulement sur Marine mais également sur Mélenchon égaré dans des contorsions européistes et universalistes.

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