« Quand on commence par du banditisme et que cela finit en djihadisme, on n’est plus dans le fait divers. » F. d’Orcival

Une fracture béante sépare la gauche du déni et la droite du réel. Quand le banditisme finit en djihadisme.

Ce fut le moment de vérité entre les cinq, lundi soir. Marine Le Pen parlait de l’explosion de la violence ; Benoît Hamon l’interrompit : « Vous êtes une droguée des faits divers. » D’un mot, tout était dit : la gauche incorrigible veut encore nous faire croire que la violence actuelle n’est qu’une affaire de faits divers du seul ressort des policiers et des juges — augmentez leurs effectifs et tout rentrera dans l’ordre.

Mais cette violence, quand elle déborde et se généralise dans la rue, les collèges et les lycées, les espaces publics, a des racines autrement plus profondes que les trop banals (hélas) cambriolages ou vols de sac à main. Quand on commence par du banditisme et que cela finit en djihadisme, on n’est plus dans le fait divers.

Tous les profils se ressemblent. Le débat de lundi avait lieu quarante-huit heures après l’attaque à l’aérogare d’Orly. Le soir même de l’agression, grâce au procureur général de Paris, on avait le portrait de l’homme de 39 ans, d’origine maghrébine, qui avait été abattu le matin par une patrouille de l’opération Sentinelle en état de légitime défense. C’était un délinquant multirécidiviste, enregistré sur les fichiers de police et de renseignements, huit ou neuf fois condamné, incarcéré, libéré, laissé sous contrôle judiciaire. On le prend pour un petit braqueur, mais dans sa tête c’est déjà un islamiste radicalisé de longue date : la haine de la société s’est muée en haine de la France. Un jour, c’était le 18 mars, il est passé à l’acte. On lui a trouvé de la cocaïne et de l’alcool dans le sang et l’on en conclura, pour se rassurer, qu’il s’agit d’un toxicomane, d’un isolé, d’un déséquilibré — à classer dans les faits divers. Mais non, qu’un djihadiste soit drogué n’est pas une nouveauté, surtout quand il tire sciemment sur un policier et qu’il ceinture, au nom d’Allah, une jeune femme caporal-chef de l’armée de l’air pour s’emparer de son fusil d’assaut. Trafic, vol, terrorisme, parcours complet.

Les forces de sécurité ont parfaitement réagi. Mais la société française est-elle moralement armée pour résister ? La gauche continue de s’excuser : Jean-Luc Mélenchon, dans la même phrase, cite le « mal-être des policiers » et montre du doigt « les provocations policières », tandis que Benoît Hamon dénonce les « contrôles au faciès », ce qui exaspère une police qui a compté 16 000 blessés dans ses rangs l’an dernier.

Qui peut croire que l’immigration massive soit étrangère à ce tableau ? « Ce n’est qu’un commerce électoral », dit Hamon. « Nous allons avoir des immigrations climatiques », prévient Mélenchon, pour nous préparer à l’inéluctable. Mais qui ne voit que ces vagues de migrants portent en elles un islamisme conquérant ?

J’appelle cela de l’islamisme totalitaire, insiste François Fillon. « Ayons un discours proportionné », corrige Emmanuel Macron. Le problème est que les islamistes se moquent de nos arguments “proportionnés”, ils ne comprennent que les rapports de forces. « Mais on a voté 15 lois sécuritaires en dix ans », s’exclame Mélenchon — et combien de ces lois contredisaient les précédentes (travail de Mme Taubira), combien d’entre elles ne sont pas allées au bout de leur logique, de peur de choquer les bonnes âmes ? François Fillon avance une mesure simple : ramener la majorité pénale à 16 ans — parce que c’est la réalité de la violence, et qu’il faut la prévenir au plus tôt. Les trois de gauche, Mélenchon, Hamon, Macron, protestent : « Laissons faire le juge. » Si cela suffisait, cela se saurait.

Les Français se sont endurcis à l’épreuve de la violence et de l’“islamo-gauchisme”. Le réarmement moral, c’est d’eux qu’il viendra. Pas d’une gauche dont la priorité est de constitutionnaliser l’avortement et l’euthanasie. Le débat de lundi aura permis de clarifier la fracture qui sépare la gauche du déni de la droite du réel — et c’est bien pour cela que l’on ne peut pas, que l’on ne doit pas, se faire voler cette élection.

À l’écran. Le lundi à 20 heures, dans les Informés, sur Franceinfo (canal 27 de la TNT et à la radio).

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