Marchés, économie, ébauche de modification du scénario, fin de reflation

Tout le monde a les yeux fixés sur Washington. Le succès ou l’échec dans le remplacement d’Obamacare polarise toutes les attentions, les commentaires et bien sur les pronostics boursiers. Pourquoi pas? On peut comprendre que cette réforme soit considérée comme un test pour Trump même si lui, personnellement n’y tient pas outre mesure.

Il sait que c ‘est un piège et qu’il n’y a pas de solution satisfaisante. Et puis ce n’est pas son enfant, c’est celui de Ryan, Ryan qu’il ne considère pas comme un allié. Mais les observateurs, souvent hostiles veulent s’en servir afin de donner le ton, ils veulent le mettre en difficulté afin d’obérer ses capacités manoeuvrières futures. Ils veulent marquer un premier point si on veut.  Les ennemis de Trump, opposants n’est pas un mot assez fort, les ennemis de Trump entendent administrer la preuve que son programme n’est pas réaliste et surtout qu’il n’ a pas de majorité pour le faire passer. Trump a soutenu qu’avec lui, cela pouvait être différent , et les adversaires  veulent prouver le contraire, il ne peut faire mieux que ce qui a été fait avant.

Le grand  espoir soulevé par  Trump, c’est celui de la croissance retrouvée avec au moins 3% annuel,  c’est celui de la reflation. Les corollaires sont ; plus d’inflation, plus de hausses de salaires, des taux d’intérêt plus élevés et un dollar relativement plus ferme. Le tout enrobé dans une nouvelle phase boursière haussière. En fait, c’est, au niveau des commentaires et des raisons invoquées, tout cela qui a donné naissance à ce formidable rally post électoral. On l’a imputé à Trump, mais c’est plus complexe, on a extrapolé un tendance qui se dessinait avant lui et on a fait le pari que ses trumponomics allaient amplifier cette tendance. Ce qui, au fond c’est assez logique.

Ce n’est pas parce qu’une chose ou une séquence d’évènements est logique, qu’elle est vraisemblable ou même probable. Le postulat des marchés est en effet double :

-d’abord il y a une tendance à la reflation, tendance à une sortie du pataugeage, du muddle through,

-ensuite les trumponomics vont accentuer cette évolution et la reprise  va enfin s’amplifier et devenir auto entretenue.

Bref le postulat sous jacent c’est que l’on va passer d’un régime dans lequel on craignait  la déflation à un régime ou ce qui va devenir menaçant c’est la hausse des prix.

Regardez les marchés de ces derniers mois, c’est ce qu’ils disent. Ou plus exactement, c’est ce que l’on croyait qu’ils disaient!

Nous avançons l’idée que la politique et la hausse des marchés ont détourné l’attention et qu’elles  ont  fait passer à côté de phénomènes inquiétants qui remettent en cause le scénario.

La reflation est interrompue. Ce qui nous amis la puce à l’oreille, c’est le comportement décevant du dollar. Non seulement il n’ a pas monté mais il a baissé et cassé ces derniers jours des seuils critiques. Tous les observateurs réputés pronostiquaient une hausse du dollar, même les plus grands, selon la séquence de  reflation:  hausse des prix, hausse des salaires, hausse des taux,  divergence globale et donc hausse de la devise américaine. Le dollar index a cessé de monter, l’euro n’est pas allé flirter avec la parité et surtout le yen et le yuan ont remonté, ils remontent depuis début mars. De la même façon, le rendement du 10 ans du Trésor a cessé de monter, il a buté sur les 2,60% et il est revenu dans sa zone basse des 2,40%.

Le second élément qui nous a alerté c’est le pétrole. Il a cassé. Au début nous avons interprété cela comme une péripétie dans un marché suracheté et lesté d’une position spéculative colossale, mais rapidement il est apparu que cela allait au delà des vaguelettes  spéculatives. Le pétrole prenait mauvaise tendance. Or comme c’est lui qui, en sens inverse, nous avait alerté en février 2016 sur le succès du consensus reflationniste de Shanghai  il est important de lui accorder une attention particulière, c’est un précurseur et en même temps une confirmation. Le pétrole donne un signal négatif, et le seuil des 50 au WTI n’est pas sans signification. C’est le pétrole qui nous avait alerté, c’est lui qui avait pointé la direction de l’économie mondiale, c’est une sorte de bellweather . Et ce bellweather sonne, tinte.

Le troisième indice, et il mérite une grande attention car il a bonne valeur prédictive, ce sont ce que l’on appelle les « breakeven », c’est à dire les anticipations d’inflation contenues dans les marchés. Pour l’instant le 5ans/5ans forward inflation rate   ne donne pas de signal clair, mais il plafonne, nous conseillons de le surveiller.

Ce qui est sûr c’est que le jeu des bases de comparaison va bientôt  modifier la donne sur les chiffres de hausse  des prix: autour des 48 , le pétrole ne stimule plus les indices. Le flirt des indices CPI et PCE avec les fatidiques 2% risque d’être de courte durée.

 

 

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