Billet : Trump est déjà un canard boiteux, un lame duck !

Moins de 2 semaines après avoir déclaré que le départ d’Assad n’était plus une priorité américaine, Trump, au lendemain de sa frappe, change d ‘avis.

Il veut à nouveau qu’Assad s’en aille. Ceci remet en question toutes les avancées vers une solution, qui avaient été enregistrées. Les observateurs expliquent que Trump s’est rallié aux vues des néocons et des Israéliens qui faisaient pression en ce sens afin de circonscrire le danger supposé Iranien. En fait Trump fait ce qu’Obama a refusé de faire! Obama a résisté, lui, Trump, l’isolationniste, le tenant de l’America First , cède, ce qui est un comble. Il aura quelques voix démocrates pour faire passer certains projets et quelques textes, il aura un plat de lentilles.

Les observateurs plutôt neutres considèrent que Trump s’est précipité dans ce qui est peut-être une provocation « false flag », et qu’il l’a fait soit par naïveté soit par calcul politique. Le résultat est que les libéraux et l’establishment ont applaudi et l’ont récompensé: ils ont dit qu’ils s’était présidentialisé! Ce qui est pur cynisme de leur part, ils savent qu’il s’est déconsidéré et décrédibilisé.

La volte face de Trump, élu sur un programme non-interventionniste, s’explique par la chute de sa popularité, il est menacé de toutes part et son programme des Trumponomics a du plomb dans l’aile. La pièce maitresse, le Healthcare a été repoussé.

Trump ne peut déja plus gagner, il n’ a plus de majorité pour quoi que ce soit. Déja pour le Healthcare il avait tenté de trahir ses partisans et essayé de tendre la main aux démocrates. Trump n’a aucune conviction et son seul objectif, déjà, est de rester en place par le jeu politicien; au niveau de l’action, de la gestion il n’ est déjà plus question de réussir. Il n’aura pas de résultats suffisants, comme ce fut le cas pour Hollande, pour justifier son maintien. C’est un président lame-duck, canard boiteux, qui ne tiendra que si il est assez obéissant. Ceci est acquis, même si en récompense de son reniement, les démocrates lui donnent t une sucette sur le Healthcare.

Part ailleurs la Bourse est trop haute, trop chère, trop spéculative, et un accident boursier signerait en quelque sorte la chute définitive de ce qui lui reste de popularité. Trump a une épée de Damoclès au dessus de la tête.

En fait , comme on avait pu en juger avec les mises à l’écart de certains conseillers comme Bannon ou la limitation de leurs pouvoirs, Trump cède aux pressions pour avoir le droit de rester encore un peu en place.

Stratégiquement, c’est une erreur car il n’aura jamais le soutien réel des libéraux et de l’establishment. Ils vont le promener, solidement tenu en laisse ; en revanche il va perdre le soutien des républicains de l’Alt Right, des conservateurs, de la Tea Party et des couches sociales qui souhaitent que le marécage soit assaini. En attendant celui des blancs du Middle West. On va simplement lui presser le citron pour faire des cadeaux aux banques et aux grandes entreprises, sur la dérégulation par exemple.

Ce que l’on pouvait prévoir est arrivé très vite: Trump n’ jamais eu une fonction historique positive, car il est trop falot, trop limité. Sa fonction à l’échelle de l’histoire, est la pure fonction populiste, une fonction de dynamitage, une fonction de destruction par le chaos. Hélas, c’est la même analyse que nous faisons s’agissant de Marine malgré certains aspects sympathiques de ses propos.

Nous avons touché les limites des capacités des élites à reproduire le système, à continuer. Le système a buté sur ses limites. La montée des populistes traduit ce phénomène, mais ce n’est pas autant que les populistes ont la solution aux problèmes, au contraire. les populistes vont accélérer la décomposition, fracasser les arrangements, les béquilles qui le faisaient encore tenir.

Le drame des populistes prend sa racine dans un diagnostic limité, erroné, à courte vue. Ils confondent ce pourquoi les classes moyennes se révoltent avec les vrais problèmes de nos systèmes. Autrement dit, les populistes confondent les symptômes avec le mal.

Par ailleurs les populistes, comme ceux du Brexit ou ceux qui ont porté Trump au pouvoir, n’ont pas de programme de transition: ils sont dans un système et ils rêvent d’un autre système sans prévoir qu’il faut une transition concrète, pratique pour passer de l’un à l’autre. C’est particulièrement vrai pour le Brexit, mais également pour la sortie l’euro ou la volonté de changer les règles de la construction européenne. Comment? A quel rythme? A quel cout? Ils ne répondent pas à cette question.

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2 réflexions sur “Billet : Trump est déjà un canard boiteux, un lame duck !

  1. oui attendre et voir venir. garder l’espoir suscite par trump encore un peu pour ne pas admettre que si le peuple n’arrive pas a faire changer les choses par une election,alors il faudra essayer autre chose…

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