La « droite » soutient Fillon comme la corde soutient le pendu.

Bien entendu les élections ne sont pas jouées, mais le plus probable c’est la défaite de Fillon et la victoire de Macron. Ce n’est pas, pour moi le plus souhaitable, vous le savez, mais entre le probable et le souhaitable il y a une marge.

Prendre ses désirs pour des réalités et croire au miracle n’est pas la fonction de l’analyste. Mais il doit indiquer que des surprises sont toujours possibles, ce que je fais. Et bien sur j’accepte de me tromper.

Les marges d’incertitude sont de l’ordre de 1,5 ou 2% selon les enquêtes et selon les méthodologies. C’est dire si en retirant 2% aux uns et en ajoutant 2% aux autres, on peut obtenir des configurations différentes, surprenantes. Dont acte.

La prévision ne m’intéresse pas, car elle est vaine. J’établis un scénario et je m’y tiens c’est à dire que je réfléchis à partir de ce scénario. Si un élément clef du scénario  bouge, alors il convient de changer ce scénario et d ‘en retenir un autre plus adapté. Pour l’instant rien de tel ne se passe, les positions sont figées, aucune tendance forte ne se manifeste. Donc il faut pour être rationnel, conserver le scénario le plus probable à savoir victoire de Macron et défaite de  Fillon.

 

Nous sommes dans la dernière ligne droite.

Fillon s’efforce de fournir  à l’électorat l’image d’une droite et d’un centre rassemblés. Les éléphants de la droite s’y prêtent et le soutiennent un peu comme la corde soutient le pendu: il s’agit pour eux de ne pas prêter le flanc à la critique qui risque de suivre: « vous n’avez rien fait »,… « vous portez une part de responsabilité dans la défaite ».

Après une poignée de mains avec  Juppé mercredi à Paris, le candidat a diffusé une image  d’union  jeudi sur Twitter et Facebook avec une photo de lui-même avec Sarkozy à l’issue d’un petit-déjeuner au domicile de l’ancien président.

Sarkozy, a fourni  le 7 avril  soutien écrit à son ancien Premier ministre, et il a invité dans une vidéo les électeurs de la droite et du centre à voter « sans états d’âme » pour le vainqueur de la primaire. « Compte tenu de la gravité des enjeux, de l’importance de cette élection, il m’est apparu que tous les signes de rassemblement devaient être donnés », a-t-il expliqué sur RTL après son tête-à-tête d’une heure avec François Fillon. Vous notez bien : « tous les signes » , c’est presque un aveu. Et puis c’est parce que les enjeux sont graves, pas parce que Fillon est bien en lui même.

« C’était normal qu’on parle, qu’on discute, qu’on se voie et que tous ceux qui m’ont fait confiance ou qui ont voté pour moi sachent que je considère que, pour la France, (…) pas une voix ne doit manquer à François Fillon », a-t-il ajouté. Singulier soutien qui transite par le narcissisme, Sarkozy ramène l’argument à lui , à ce qu’il représente.

On est loin du meeting commun entre le candidat, l’ancien chef de l’Etat et le maire de Bordeaux réclamé notamment par Xavier Bertrand.  Nous sommes dans la non mobilisation, dans le soutien minimum.

« Il faut gouverner avec tout le monde, il faut rassembler tout le monde », a souligné sur RTL  Fillon ; « Il faut surtout rassembler ceux qui expriment des sensibilités différentes », a-t-il ajouté. Juppé a démenti mercredi avoir menacé d’entrer dans l’opposition si le mouvement conservateur issu de La Manif pour tous figurait dans le gouvernement de François Fillon s’il était élu, mais ses soutiens, comme Dominique Bussereau, ont publiquement estimé qu’il s’agirait d' »une faute ».

« C’est une forme d’intolérance que je trouve regrettable », réplique jeudi François Fillon dans Le Figaro. « Je n’adhère pas à toutes les positions de Sens commun, (…) mais ils ont leur place dans une majorité et ils ont fait preuve d’une très grande solidité dans cette campagne. Ce qui n’a pas été le cas de tout le monde », ajoute-t-il à l’adresse des élus, « juppéistes » notamment, qui ont fait défection en raison de sa mise en examen.

 

Fillon, qui prendra vendredi la tête d’une « cordée » de ses soutiens à Chamonix, a pris la mesure du   risque d’une division de la droite. Après avoir fait campagne sur une ligne droitière, l’appui des « juppéistes » et du centre-droit lui a paru  indispensable. Il n’a pas pris la mesure des glissements de l’électorat marécageux, celui ci s’est rallié à Macron et Juppé et Sarkozy en pratique n’apportent rien à Fillon. Une feuille à cigarettes sépare Macron de Juppé par exemple. Ce n’est pas un hasard si la seule critique que Raffarin, proche de Juppé, peut faire à Macron, c’est qu’il est jeune et n’ a pas d’expérience. Cela signifie que programmatiquement il n’y a rien à redire.

La tourmente judiciaire a fragilisé Fillon , elle a agi comme un révélateur et il n’a  eu ni  le cran de se retirer ni celui de contre-attaquer sur le même terrain. Les dégâts ont été d’autant plus  irrémédiables semble t- il qu’il était fondamentalement fragile.

La tourmente  judiciaire n’explique pas tout, loin de là, elle masque nous semble t-il l’erreur majeure de Fillon et de son stratège.

Dès son entrée en campagne: il  n’a pas pris la mesure de la conspiration en  faveur de Macron, il n’a pas compris que Macron allait au delà de la figuration, qu’il allait grimper et que la campagne se devait donc être une campagne de premier tour, racoleuse, démago. Il a,  au lieu de cela,  il a lancé un programme de rigueur comme si il était  déjà au pouvoir, c’est cela qui lui a coûté l’élection. Il a vendu la peau de l’ours. Après il était trop tard pour corriger. Personne ne peut être élu sur le sang et les larmes, Churchill lui même a été battu malgré sa popularité considérable  sur ce thème en 1945 par Clement Attlee!

L’équipe de François Fillon espérait un signe de  Borloo, d’ici dimanche, mais le fondateur de l’UDI reste pour l’heure discret. « Je parle avec lui, beaucoup », a dit  Fillon sur RTL.

L’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, qui porta l’UDF sur les fonts baptismaux, et lança le coup d’envoi du déclin de la France signe pour sa part jeudi dans Le Point une tribune que les « fillonistes » interprètent comme un soutien. Le nom de Fillon n’y est pas cité!

« VGE » souligne que la France « malade » a besoin d’un président doué de trois qualités : « la conviction, le détermination et l’expérience ». « L’expérience ne s’acquiert qu’avec une longue présence dans les hautes fonctions gouvernementales », juge-t-il, faisant semblant d’écarter Macron . L’expérience peut-on ajouter hypocritement: on peut y remédier, il suffit de choisir un premier ministre qui en a!

« Le président me conseille, me soutient, m’aide depuis des années », a commenté Fillon  sur RTL. « Toute la droite et le centre sont rassemblés aujourd’hui autour de moi ». C’est ce que l’on appelle une dénégation, une Verneinung! Fillon passe sous le tapis!

Vous remarquerez que personne n’évoque les « après présidentielles » , c’est tabou. Il y a les législatives, puis le contrôle d u parti Les Républicains, … et la constitution des prochaines  écuries pour dans 5 ans …La réalité est que tout le monde y pense et a une stratégie personnelle dans ce cadre. C ‘est d’ailleurs ce qui explique l’attitude des éléphants et de leurs poulains : ils gardent leurs atouts dans la manche.

En Prime: Sondage Opinionway

Emmanuel Macron reste en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle avec 23%, un niveau inchangé, dans le sondage quotidien Opinionway-Orpi pour Les Echos et Radio Classique publié jeudi, marqué par une stabilité générale des scores des différents candidats.

Comme dans les enquêtes de mardi et mercredi, Marine Le Pen est toujours à 22% des intentions de vote, François Fillon à 20% et Jean-Luc Mélenchon à 19%, de même que Benoît Hamon à 8%.

Au second tour, Marine Le Pen s’inclinerait devant Emmanuel Macron par 65% des votes contre 35% comme devant François Fillon (57%-43%).

L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon de 2.394 personnes inscrites sur les listes électorales issues d’un échantillon représentatif de 2.438 personnes âgées de 18 ans et plus interrogées en ligne entre les 17 et 19 avril.

OpinionWay précise que, pour établir les intentions de vote de premier tour, l’échantillon utile est de 1.500 personnes environ, soit une marge d’erreur de 1,1 à 2,2 point au plus.

En Prime sondage IFOP

Avec 24% des intentions de vote, soit une progression de 0,5 point, Emmanuel Macron conforte son avance sur ses poursuivants Marine Le Pen, François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, stables tous les trois, selon un sondage Ifop-Fiducial publié pour CNEWS, Paris Match et Sud Radio jeudi.

Les candidats Front national, Les Républicains et de La France insoumise se tiennent en 4 points, avec respectivement 22,5% des intentions de vote, 19,5% et 18,4%.

L’enquête a été réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 2.810 personnes. L’institut précise que pour un tel échantillon, la marge d’erreur est de 1,6 points autour des 20% d’intentions de vote.

Derrière ce peloton de tête, Benoît Hamon chute de 0,5 point et atteint, avec 7% des intentions de vote, son score le plus bas depuis le début de la tenue quotidienne du sondage.

Au second tour, dans la seule hypothèse testée, Emmanuel Macron l’emporterait avec 61% des voix, contre 39% pour la présidente du Front national.

Le sondage a été réalisé en ligne entre le 17 et le 20 avril.

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