A lire un jour d’élection car nous avons perdu le souvenir de la liberté, des buts et finalités de la politique et des limites des gouvernements

Ci dessous, l’un des plus beaux textes politiques; la traduction a été faite par Ecureuil; je le remercie très vivement. J’apprécie votre geste et sa qualité.

Préambule:

C’est jour d’élection. Un jour scélérat qui fait dépendre les orientations d’un pays, d’un « coup », d’un coup comme on dit d’un coup de Bourse.

La France va changer de régime  politique. Si on tient compte des abstentions le futur Président n’aura que 16 à 18% de soutien dans la population. Il n’aura été le choix positif, le choix d’adhésion que de moins d’un Français sur cinq. Autant dire que le lien qui va l’unir aux Français, celui  qui est à la base principielle de la construction de la Cinquième république, n’existera pas, dès le premier jour.

Comment former une majorité parlementaire dans pareilles circonstances? L’alternance est impossible faute de repères. Tout s’est écroulé, à force de détruire, de brouiller, tout est éclaté, disloqué. La déliquescence a été voulue comme un choix d’apprentis sorciers qui ont pu croire prospérer ou sauver leur peau politique sur cette émiettement de l’espace politique. La tactique du chaos a été voulue, érigée en guide d’action.

L’éxécutif sera faible, il aura les épaules à terre dès le premier jour. Comment résister aux puissances d’argent? Comment résister aux ingérences de Bruxelles?  Comment arbitrer entre des besoins et des impératifs tous pressants? Comment faire autre chose que de la cosmétique sécuritaire dans ces conditions? 

On , le « On » suprême a dynamité les boussoles politiques, sociales, sociétales et surtout morales. Hélas on ne construit rien sur le cynisme. Pas de parti politique dominant, pas de courant positif autour duquel se grouper , pas de figure prestigieuse autour de laquelle se rassembler.

Les élections qui vont suivre seront celles du désancrage. Des élections « bonneteau », sorties d’un chapeau , sous produits d’une activité de casino comme le disait Keynes de l’économie et qu’il faut maintenant appliquer à la politique. Car Cheminade que l’on ri a raison: ce qui fait le jeu de la carte, dans la partie qui s’engage, c’est le mort, l’argent mort, pas le productif, comme au bridge.

On ne fait pas une majorité avec des ralliés et encore moins avec des « amis qui vous veulent du mal ». Quel que soit le cas de figure , la majorité qui sortira des urnes des législatives sera de circonstance, de bric et de broc, elle éclatera à la première épreuve sérieuse. Elle traduira l’émiettement du consensus national, la destruction du ciment qui devrait nous unir sur l’essentiel. 

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Gardez ceci présent à l’esprit car certes, les situations de fait diffèrent selon les époques, mais les problèmes humains, politiques, sociaux, moraux sont éternels. Les formes sont un éternel recommencement alors même que les contenus diffèrent.

C’est sur ces bases que je prétends être ce que l’on appelle un « conservateur ».

Je prétends être un conservateur en ce sens que je soutiens que c’est la société civile qui doit produire le progrès, la marche en avant et non une poignée de Nomenklaturiste qui tire sa fausse légitimité  de son habileté à séduire et tromper. Qui tire sa légitimité de sa capacité à imposer, par un argent tombé du ciel,  un slogan creux.

Le mouvement de la société dès lors qu’il vient d’en bas produit son propre consensus car il s’élabore par la confrontation pacifique, concrète, quotidienne entre les hommes, les femmes, de tous ages et de toute confession; c’est un optimum qui, ainsi s’élabore.

Ce qui vient d’en haut ne peut être qu’imposé, ce qui vient d’en haut suppose l’existence d’un Maître et donc par glissement suppose l’usage de la violence sociale.

Ce qui vient d’en haut suppose des sujets censés « savoir », des sujets qui, ayant l’illusion de détenir le savoir en tirent la conclusion qu’ils peuvent l’imposer.

Il n’y a que des faux prophètes, sachez le!

Qui a été prophète dans la construction de cette Europe disloquée, qui monte les peuples et les classes sociales les uns contre les autres?

Qui a été prophète dans cette construction abracadabrantesque d’une monnaie, d’un euro mort né pour lequel les peuples doivent se suicider?

Qui a été prophète de cette inversion historique qui fait que les hommes soient maintenant sacrifiés aux institutions au lieu que les institutions soient au service des hommes?

Qui a été prophète de cette constitution d’une colossale bureaucratie irresponsable, plus exploiteuse que le Capital, profiteuse, cancéreuse,  qui produit les métastases de 32 000 lobbyistes corrupteurs?

La catégorie du politique est belle, noble, mais elle est dévoyée. Personne ne s’étonne du discrédit jeté sur  la classe politique. Personne ne proteste quand elle est décriée, tant l’évidence de son caractère méprisable s’impose à tous.

Cette classe dans sa forme la plus pervertie, prétend détenir la vérité, mais elle est obligée de mentir, de dissimuler les raisons  de ses actions. Elle est obligée d’enfumer. Et quand elle n’y parvient pas, elle bannit, elle excommunie, elle rejette hors du champ démocratique.

Qui ne voit que la discussion et la confrontation des idées a été remplacée par le bannissement et le goulag social. Les médias ont glissé, ce sont des camps virtuels de rééducation des déviants en attendant les camps de concentration de la rébellion. Déjà ceux qui refusent ont des étiquettes politiques sur lesquelles on peut lire  « hors jeu ».

La vérité. Personne ne détient cette vérité; elle existe mais elle est toujours à découvrir, à mettre en question, à dépasser. 

Le modernisme est une idéologie. Elle a remplacé les idéologies politiques plus « hard », plus dures, plus faciles à démasquer. Mais prétendre sans examen que tout ce qui est moderne est par évidence mieux que ce qui est ancien, sans accepter la discussion et surtout en faisant taire les critiques, c’est une forme de totalitarisme.

Le totalitarisme « soft », est plus grave que le totalitarisme classique, dur, « hard » car il traverse le sujet, il le constitue, il le rend étranger à lui même, en un mot il prend possession de son esprit.

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http://www.ushistory.org/DECLARATION/document/
La déclaration commune des treize États d’Amérique

Lorsqu’au cours de l’histoire humaine il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ ont uni à un autre et d’assumer parmi les puissances terrestres, la situation de séparation et d’égalité à laquelle les lois de la Nature et du Dieu de la Nature leur donne droit, le respect envers les opinions de l’humanité les oblige à déclarer les causes qui les poussent à la séparation.

Nous tenons ces vérités comme évidentes, que tous les hommes sont créés égaux, qu’ils sont dotés par leur créateur de certains droits inaliénables, que parmi ceux-ci sont la vie, la liberté et la poursuite du bonheur. — Que pour garantir ces droits, les gouvernements sont mis en place parmi les hommes, tirant leurs justes pouvoirs du consentement des gouvernés, — que, chaque fois qu’une forme de gouvernement devient destructrice de ces buts, c’est le droit du peuple de le changer ou de l’abolir et d’instituer un nouveau gouvernement, basant ses fondations sur ces principes et l’organisation de ses pouvoirs de la façon qui leur paraitra la plus susceptibles de contribuer à leur sécurité et à leur bonheur.

La Prudence, en effet, dicte que les gouvernements établis de longue date ne devraient pas être modifiés pour des causes légères et passagères ; et par conséquent l’ expérience a montré que l’humanité est plutôt disposée à souffrir, tant que les maux sont supportables, plutôt que se corriger en abolissant les formes auxquelles ils sont habitués. Mais quand une longue série d’abus et d’usurpations, poursuivant invariablement le même but manifestant le dessein de les réduire sous le despotisme absolu, c’est leur droit, c’est leur devoir, de se débarrasser de ce gouvernement et de trouver de nouveaux gardiens pour leur sécurité future. — Tel a été l’attente patiente de ces Colonies ; et telle est aujourd’hui la nécessité qui les oblige à changer leurs anciens systèmes de gouvernement. L’histoire du roi actuel de Grande-Bretagne est une histoire d’agressions répétées et d’ usurpations, toutes ayant pour but direct l’établissement d’une tyrannie absolue sur ces États. Pour le prouver, soumettons les faits à un monde impartial.

Il a refusé de consentir aux lois, les plus salutaires et les plus nécessaires au bien public.

Il a interdit à ses gouverneurs d’adopter des lois d’une importance immédiate et urgente, à moins de les suspendre dans leur réalisation jusqu’à ce que son consentement soit obtenu ; et quand ainsi suspendues, il a absolument négligé de s’en occuper.

Il a refusé de sanctionner d’autres lois pour l’organisation de grands districts, à moins que ces personnes n’abandonnent le droit d’être représentées à l’Assemblée législative, un droit inestimable pour eux et redoutable seulement pour les tyrans.

Il a convoqué les corps législatifs dans des endroits insolites, incommodes et éloignés du dépôt de leurs archives publiques, dans le seul but de les obliger, par épuisement, à se mettre en conformité avec ses mesures.

Il a dissous la Maison des représentants à maintes reprises, pour s’être opposés avec une mâle fermeté à ses violations des droits du peuple.

Il a refusé pendant longtemps, après ces dissolutions, de convoquer d’autres élections, à la suite de quoi les pouvoirs législatifs, qui ne sont pas susceptibles d’anéantissement, sont revenus à la population dans leur ensemble pour leur exercice ; l’État restant dans le même temps exposé à tous les dangers d’invasion de l’extérieur et de troubles à l’intérieur.

Il s’est efforcé de limiter la population de ces États ; à cette fin, faisant obstruction aux lois pour la naturalisation des étrangers ; refusant d’en passer d’autres pour encourager l’immigration et durcissant les conditions d’attribution de nouvelles terres.

Il a entravé l’Administration de la Justice en refusant son approbation aux lois pour l’établissement des pouvoirs judiciaires.

Il a obligé les juges à dépendre de sa seule volonté pour le maintien de leurs offices ainsi que du montant et du paiement de leurs salaires.

Il a créé une multitude de nouveaux et nous a envoyé des essaims d’officiers pour harceler nos gens et les ruiner.

Il a gardé chez nous, en temps de paix, des armées permanentes sans le consentement de nos législatures.

Il a prétendu rendre l’armée indépendante et supérieure au pouvoir Civil.

Il s’est concerté avec d’autres pour nous soumettre à une juridiction étrangère à notre constitution et non reconnue par nos lois ; donnant son aval à leurs prétendus actes législatifs :

Au cantonnement d’importants corps de troupes armées parmi nous :

A la protection, par des procès fantaisistes, pour les meurtres qu’elle commettraient sur les habitants de ces États :

A la limitation de notre commerce avec toutes les parties du monde :

A l’imposition de taxes sans notre consentement :

A notre privation dans de nombreux cas du bénéfice d’un procès par Jury :

A notre transport au-delà des mers pour être jugés pour de prétendues infractions :

A l’abolition du système libre des lois anglaises dans une Province voisine, établissant à cette fin un gouvernement arbitraire et reculant ses limites pour le rendre à la fois un exemple et un instrument propre à intriduire ce même règne absolu dans ces Colonies.

A la suppression de nos Chartes, abolissant nos lois les plus précieuses et modifiant fondamentalement notre système de gouvernement.

A la suspension de nos propres législatures et se déclarant soi-même investi d’un pouvoir de légiférer pour nous dans tous les cas de figure.

Il a abdiqué du gouvernement de ces lieux, en nous déclarant hors de sa Protection et en déclarant la guerre contre nous.

Il a pillé nos mers, ravagé nos côtes, brûlé nos villes et détruit la vie de notre peuple.

Il transporte en ce moment de grandes armées de mercenaires étrangers pour terminer l’œuvre de mort, de destruction et de tyrannie déjà commencée par des actes de cruauté et perfidie à peine comparable aux âges les plus barbares et totalement indignes du chef d’une nation civilisée.

Il a contraint nos compatriotes capturés en haute mer à porter les armes contre leur pays, à devenir les bourreaux de leurs amis et leurs frères, ou à tomber eux-mêmes de leurs mains.

Il a fomenté des insurrections locales parmi nous et s’est efforcé de diriger vers les habitants de nos frontières, les indiens sauvages et impitoyables, dont la seule loi de la guerre est une destruction indistincte de tous âges, sexes et conditions.

Dans toutes les étapes de ces Oppressions, nous avons humblement demandé réparation : à nos demandes répétées il n’a été répondu que par des agressions répétées. Un Prince dont le caractère est ainsi marqué par tous les actes qui peuvent définir un tyran, est inapte à être le souverain d’un peuple libre.

Nous n’avons pas non plus manqué d’égards pour nos frères britanniques. Nous les avons avertis de temps en temps des tentatives de leur législature d’ étendre une juridiction injustifiable sur nous. Nous avons leur a rappelé les circonstances de notre émigration et installation ici. Nous avons fait appel à leur justice autochtone et à leur magnanimité, et nous les avons suppliés de par les liens de notre parenté commune de désavouer ces usurpations, qui interrompraient inévitablement notre union et nos liens. Ils ont aussi été sourds à la voix de la justice et de la consanguinité. Nous devons, par conséquent, nous soumettre à la nécessité, qui exige notre séparation, et les considérer, ainsi que nous considérons le reste de l’humanité, ennemis dans la guerre, et amis dans la paix

Nous , par conséquent, représentants des Etats-Unis d’Amérique, en assemblée générale, en appelant au juge suprême du monde pour la droiture de nos intentions, au nom et par l’autorité que nous tenons du peuple de ces Colonies, publions et déclarons solennellement, que ces Colonies Unies sont et de droit devraient être des États libres et indépendants , qu’ils sont absous de toute allégeance à la Couronne britannique, et que tout lien politique entre elles et l’état de la Grande-Bretagne est et doit être totalement dissous ; et qu’en tant qu’états libres et indépendants ils peuvent de plein droit déclarer la guerre, faire la paix, contracter des alliances, commercer, et faire toute autre chose que les états indépendants font de droit. Et pour soutenir cette déclaration, avec le solide appui de la divine providence, nous engageons mutuellement nos vies, nos destins et notre honneur sacré.

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