De la fonction objective du Le Penisme

La fonction du Le Penisme n’est pas une fonction politique ordinaire et Jean Marie Le Pen, qui l’a créée, le sait parfaitement. Il a toujours été persuadé qu’il ne pouvait gagner les présidentielles. Et il a tenu et géré « sa boutique » en conséquence.

Contrairement aux affirmations de beaucoup qui, non seulement ne le connaissent pas, mais ne le lisent, ni ne l’écoutent, JMLP est un démocrate, il n’a jamais envisagé de prendre le pouvoir par les armes, l’insurrection, la violence; il reste à l’intérieur de la règle du jeu et c’est pour cela que, mieux que quiconque, il sait que le Front ne peut pas accéder au pouvoir.

La fonction du Front est :

-de maintenir présente, d’entretenir l’idée Nationale, Patriotique, la Mémoire, l’Identité

-de dire tout haut ce que les gens pensent tout bas

C’est comme cela et pour cela que le Front est utile, qu’il a une fonction historique. Et qu’il existe, il répond à un besoin, une nécessité, et donc il existe.

Il a gagné une troisième fonction depuis la crise, celle de récolter les suffrages des laissés pour compte de la mondialisation, de l’européisation et de la financiarisation.

Il a récolté ceux qui ont été trahis par le virage Fabien/Blairien du socialisme et la disparition du communisme réel. Il a aussi été alimenté par la disparition suicidaire des gaullistes et du gaullisme avec sa fonction sociale, les Juppé et autres.

La nouvelle étape de croissance du Front a été causée par la régression, par l’agression contre les couches populaires, par les attaques contre les Français moyens inférieurs. Le Front, avec et à cause de cet apport nouveau des laissés pour compte, a donc une mission nouvelle complémentaire, celle d’empêcher, de gêner la mondialisation, l’européisation, le remplacisme, et la fameuse ouverture universaliste.

Le Front n’a pas le pouvoir de stopper ces phénomènes, ils sont historiques ; non, mais il a celui de les ralentir, de les modérer, de faire en sorte qu’ils soient supportables et compatibles avec le rythme souhaité par les plus faibles et les moins représentés.

Pour ce faire, il n’a nul besoin, surtout pas besoin de conquérir le pouvoir. Conquérir le pouvoir, c’est ruiner sa mission, cesser de pouvoir parler, c’est se frotter à une réalité que, de toutes façons, on ne peut modifier. Le Front est par essence d’opposition.

Conquérir le pouvoir, c’est le problème de Marine et des petits messieurs en costumes qui l’entourent, ils ont les dents qui griffent le parquet. Mais l’essence du Front est ailleurs et donc son utilité historique également.

C’est pour cela que je ne cesse de proclamer criminels les procédés qui empêchent les Français de venir exprimer leur souffrance, et ce qui leur reste d’espoir en apportant leur suffrage au Front.

Le Front exprime ce qui reste de forces de vie dans le peuple, forces vives, mais primaires. Le Front est dyonisiaque. Dieu que c’est beau la vie quand on voit les petits morts serviles  qui nous entourent.

Le Front est un haut-parleur, un outil pour parler haut et fort, un colossal moyen de communiquer la souffrance des Français, petits et moyens, de demander un peu de chaleur et de compréhension à ces salauds qui ne songent qu’à les maudire et les rejeter dans le non-politique.

Le Front c’est la mise en musique politique de l’opposition entre la « France périphérique », celle des couches populaires humiliées, laissées pour compte, qui s’estiment à juste titre victimes d’une exclusion à la fois politique, sociale et culturelle, et celle des métropoles urbanisées où vivent les cadres supérieurs et les bobos, les classes possédantes et la bourgeoisie intellectuelle intégrée, qui profitent de la mondialisation/financiarisation  et aspirent à toujours plus d’« ouverture ».

D’un côté la France qui gagne bien sa vie, de l’autre celle qui souffre et qui s’inquiète du lendemain, qui perd sa dignité en tendant  la main. L’opposition est réelle concrète, pas idéologique.  Elle traverse non plus le droite-gauche (A. de Benoist) , mais le haut et le bas. Pourquoi ces gens n’auraient ils pas droit à une représentation politique? pourquoi mériteraient il le goulag ou la rééducation? La faute, à qui en revient elle? D’abord à ceux qui gèrent, ensuite à ceux qui ont tourné le dos au peuple et qui ont choisi de le mépriser au lieu de le représenter.

Mes analyse économiques m’ont conduit à penser que le capital a trahi sa mission lorsqu’au lieu de produire, il a commencé à jouer sur les écarts, les dénivellations, les différences  de niveau, quand il est passé de rhénan à anglo-saxon.  On comprend qu’ils soient pour l’ouverture, ils gagnent sur les dénivellations, entre l’intérieur et l’extérieur, les écarts de développement.

Le Front, c’est le non à la massification qui est la racine du fascisme, du vrai. C’est la prise de conscience progressive, balbutiante du fait qu’une classe se constitue sur les ruines des anciennes classes de Marx.

D’où le désaccord fondamental de Jean Marie Le Pen avec sa fille qui, elle, séduite par les chants des sirènes carriéristes enano-arrivistes, est tombée dans le piège d’y croire, à cette élection.

La fonction du Front et la fonction de son leader, comme celle du PC de Marchais en son temps, était tribunitienne. Vouloir en sortir c’est l’affaiblir. C’est pour cela qu’il faut parler fort, de façon éloquente… c’est le meilleur moyen d’être entendu/e. Le Front ne peut avancer qu’en caricature.

Marine s’est fait piéger par les socio-démocrates et les socio-démocrates de droite se sont fait piéger par les socio-démocrates de gauche.

Vous savez que nous avons toujours salué l’habilité de Mitterrand (nous y avons un peu participé), Mitterrand qui a tendu ce piège que constitue le Front. Jean Marie, lui, n’est jamais tombé dans le piège, il a toujours compris et cru à sa vraie situation, à ses perspectives limitées et s’est comporté en conséquence.

S’il y a une structure à dynamiter, à faire disparaitre (pour la reconstruire) car inadaptée, c’est celle des LR; le Front a une véritable place historique dans le combat mondial, global qui se livre.

Le Front, personne n’en parle à déjà réussi la première partie de sa mission objective historique; il a fait, par sa simple existence, indépendamment des personnes, pas très brillantes,   ce que des décennies d’histoire n’avaient pas réussi à faire; il a  produit l’inimaginable:  aucun des deux partis qui ont  conduit la France ou elle en est n’est présent au second tour!

Le vote de second tour a un sens historique différent de tous ceux qui l’on précédé, c’est un vote qui doit tenir compte de la carence des partis anciens, qui doit tirer la leçon de la scélératesse qui a consisté à priver les Français d’un moyen d’expression avec l’affaire Fillon; c’est la réponse des moutons aux mauvais bergers, Hollande/Macron, qui les ont trompés.

Le vote de second tour est un vote de démocratie directe qui doit faire passer un message à Macron est à ses sponsors financiers: vous n’avez pas les mains libres, vous n’avez pas un blanc-seing, nous, en tant que peuple, nous sommes encore là.

Le vote de second tour est un vote qui a pour portée de tracer les limites du pouvoir de Macron et de sa clique.

Même si vous êtes Macronien, vous pouvez raisonner comme nous. Si vous êtes démocrate, amoureux de la démocratie, bien sûr.

En Prime : de la bouche du cheval bien pensant; Edito politique de France Inter 

L’ÉDITO POLITIQUE

lundi 24 avril 2017

par Thomas Legrand

On ne prend pas grand risque à dire qu’Emmanuel Macron, sauf accident, sera à l’Élysée mi-mai. Mais quand on s’est extasié sur le destin incroyable, la réussite politique et la prouesse tactique, on n’a pas dit grand-chose !

L’élection maîtresse de nos institutions vient de bouleverser la logique droite-gauche autour de laquelle était organisée notre vie politique. Hier, Emmanuel Macron a esquissé les termes du nouveau clivage. Il s’est défini comme le candidat des patriotes, engagés dans la construction européenne contre le nationalisme. Il a parlé de progressistes contre les conservateurs. Il s’est dit du camp, je reprends ses mots, des « bienveillants » et des « optimistes », face, donc, à ceux qui sont dans le rejet, la noirceur et le pessimisme.

Marine Le Pen aussi a tenté de définir ce nouveau clivage

 Le front républicain se met « En Marche »

Avec d’autres mots, la candidate de l’extrême droite affirme représenter le peuple contre la caste et le système, l’élite dite mondialisée. L’électorat de Marine Le Pen se recrute parmi ceux qui ont de fortes raisons d’être inquiets de la mondialisation et de la construction européenne. Cela prouve que le nouveau clivage est aussi social, sociologique, ce qui peut être source de grandes fractures à venir… Pour l’instant, même si l’issue du scrutin ne fait guère de doute, la nature du nouveau clivage que souhaite instaurer Emmanuel Macron n’est pas encore clairement définie, pas encore assez intelligible pour susciter l’adhésion massive et politique.

La suite sur :

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-24-avril-2017

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8 réflexions sur “De la fonction objective du Le Penisme

  1. Vous faites un sacré travail et je vous en remercie, mais je lis les réseaux sociaux et j’ai peu d’espoir, ce qui domine c’est uniquement l’égoïsme en haut comme en bas, à droite comme à gauche et au centre c’est doublé , Henri Laborit a raison avec son éloge de la fuite…

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    1. Oui, mais il a témoigné! Qui avait une idée de l’ampleur de la future crise financière à venir, qui avait la moindre idée de la crise de l’eau ? Au moins il a rempli, avec abnégation et dévouement sa fonction. cheminade aime les hommes, pas l’Homme abstrait.

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      1. Macron est le vrp de la finance folle qui cherche des pigeons à plumer. Pousser les gens à investir en bourse alors qu’il n’y a rien à attendre sauf le racket final, c’est le cynisme à l’état pur.

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  2. Bonjour,

    un article sur MACRON vient de sortir sur ZH :
    http://www.zerohedge.com/news/2017-04-25/meet-real-emmanuel-macron-consummate-banker-puppet-bizarre-elitist-creation

    La partie sur son passage dans la fameuse banque est savoureusement abjecte : elle montre ce que vous dites depuis des mois concernant l’existence d’un processus de fabrication de Macron par une poignée de ploutocrates dégénérés.

    Macron et sa troupe de candide ou de criminels qui l’entourent jubilent pour le moment, mais je ne lui donne pas 6 mois pour rejoindre Hollande dans le club assez select des personnages les plus ridicules et détestés de France.

    Cdlt.

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