Hollande fustige « l’ignorance » de Le Pen, ou comprendre Macron

Il fut un temps ou l’on pouvait encore dire: »la République n’a pas besoin de savant ». Ce temps est révolu, le prétendant à la responsabilité suprême doit montrer qu’il sait. C’est le sujet supposé savoir. Qu’il sait quoi? Tout!

C’est une des évolutions moderne de la fonction, Elle glisse, elle s’éloigne du rôle de chef et devient celle de premier de la classe. Je vous laisse libre de compléter et de dire de quelle classe il s’agit, mais vous avez compris que dans mon esprit il s’agit de celle de l’ENA.

Surtout notez bien cette équivalence que l’on a tracé totalement à votre insu:  celui qui doit être élu est celui qui sait. C’est exactement ce qu’a déclaré Hollande dans son commentaire du débat: Marine est disqualifiée car elle ne sait pas, elle n’est pas détentrice du savoir. Cela est fondamental puisque cela disqualifie tous ceux qui ne savent pas. Qui ne savent pas au sens reconnu par les élites. La légitimité, en quelle que sorte découlerait du savoir. D’un savoir bien particulier, d’un savoir presque technique puis que tous ces candidats, visiblement, ne semblent pas en posséder d’autre, ni d’humain, ni d’historique.

Notez aussi que si le candidat , futur président, tient sa légitimité et son ascension au savoir, cela laisse entière  la question centrale de son ascension puis de l’exercice de la fonction:  celle du pouvoir. Pour apprécier le savoir il faut toujours avoir présent à l’esprit que derrière, dans les coulisses, il y ait un pouvoir. Ce que je veux suggérer c’est le fait que la mise en avant, la promotion du savoir n’est pas innocente, elle est destinée à masquer, à occulter le fait que le pouvoir, la seule chose qui compte, le pouvoir est ailleurs. Qui dans la vie a le plus de pouvoir, qui a fait Macron? L’ENA ou bien David Rothschild? David n’a pas besoin de savoir, sauf de connaître ses intérêts, les savoirs, il les achète.

Qui détient le pouvoir effectif dans le système , sont-ce les banquiers ou bien les  législateurs qui sont à leur bottes? Relisez ce que j’écris ci dessous, relisez ce qu’explique l’ancien ministre des finances de la Grèce Varoufakis. Le bon chef d’état maintenant c’est celui qui a compris ou était le pouvoir et qui s’efforce de ne pas faire le mariole, de ne pas tout chambouler.  Nos systèmes mettent en avant le savoir pour fabriquer une fausse légitimité qui masque la vraie qui est celle non pas du savoir, mais du pouvoir. Le savoir et le pouvoir sont deux sphères différentes et  si ces sphères peuvent se combiner , elles peuvent également se disjoindre, se séparer, tourner en parallèle sans se toucher. Le savoir a pour domaine l’imaginaire, les signes; le pouvoir a pour domaine la force, la violence, les armes, l’argent  symbole de toutes les armes et en plus fétiche devant lequel le savoir s’agenouille.

Le pouvoir va toujours de ceux qui ont titre à ceux qui ont droit, le pouvoir réel va de ceux qui ont les parchemins à ceux qui ont les armes. Le vrai patron de Macron c’est David et ses amis. Je laisse de côté pour aujourd’hui le fait que David n’a que l’illusion du pouvoir, et le fait qu’il n’est que le gestionnaire honnête d’un système qui le dépasse, il n’est qu’un tenant lieu comme le prêtre est le tenant lieu de son dieu.  Macron agite son diplôme afin de tromper son monde, le vôtre . Je glisse sur cette autre évolution qui a consisté à faire glisser le savoir nécessaire à la candidature, le savoir politique vers le savoir économique.

Ces gens, comme Macron , sont en fait des gérants économiques, des intendants pour le compte du système, mais le système c’est aussi  autrui, un autre non nommé. Ceci témoigne de la mutation du monde: le pouvoir passe des guerriers vers les politiciens, puis maintenant des politiciens vers les intendants. Glissement du pouvoir de la politique (illusion de la volonté) vers l’économique (réalité et tyrannie  du marché) . Glissement du pouvoir de la volonté et de l’identité vers le marché anonyme, sans nom, invisible. Glissement du concret vers l’abstrait. En résumé, le savoir donne l’autorité, l’autorité est tautologique, elle est conférée par la reconnaissance des pairs, comme le prix des marchandises est validé par le marché et le marché est validé par les prix. Nous sommes au coeur de la problématique de la Valeur qui est au centre de la modernité, mais ce sera pour un autre jour.

Le glissement au profit apparent du savoir recouvre à la fois le progrès, la technicité croissante du monde et  même temps la régression que constitue l’enfouissement, le refoulement de la vraie situation du monde qui est que le pouvoir est ailleurs, il est non su, il est « embedded » dans des structures non sues, non visibles,  inconscientes du système. Pour simplifer : on en sait plus, de tout ce qui est simplement utile, mais on est sait moins  de tout ce qui est fondamental, déterminant. On en sait moins ou peu des structures que le savoir a pour fonction objective d’occulter. Rappelons Bataille: tout système ne survit que d’être ignoré. Ce qui  veut dire qu’il ne survit que du fait qu’il est enfoui dans l’inconscient de  la société.

Dans la pratique tout se passe, se joue ailleurs, en profondeur, dans les structures cachées, tout se joue au niveau du réel qui est celui ou prend naissance et ou s’exerce le pouvoir. C’est au niveau du réel que tout se joue, mais vous on vous fait vivre dans un monde faux imaginaire, dans un roman, un narrative , ce que j’appelle une névrose sociale. D’ou bien sur l’importance et la nécessité de contrôler les médias, l’école, la culture, l’art, qui diffusent et valident les narratives.

Cela me fait penser à mon ancienne admiration pour Chevènement du temps ou j’étais nationaliste; Chevènement , c’était un sujet supposé savoir, une formidable intelligence, très supérieure a toutes celles  que j’ai connu, sauf celle de  Giscard qui m’avait épaté; Chevènement  symbole, porte drapeau de l’intelligence républicaine n’ a jamais réussi.  Son plus grand achèvement ce sont… ses démissions. Chevènement  savait, mais d’autres avaient le pouvoir, ou plus exactement le pouvoir était ailleurs, ce qui exprime mieux l’idée qui est la mienne qu’il ne vit que voilé.  Je me souviens à cette époque avoir réfléchi et m’être dit que le seul grand était Lénine parce que lui avait pensé juste  sur cette question centrale, la disjonction entre « savoir » et « pouvoir » et qu’il avait élaboré »une pratique,  sur les moyens de réunir les deux.

Nous vivons dans un monde d’Enanistes. Ce n’est pas hasard ou simple goût du bon mot humoristique si j’ai repris et utilise régulièrement ce terme D’Enaniste. Je l’ai repris de mon ami disparu, Georges Elgozy, dont je n’ai malheureusement pas hérité du sens de l’humour ou des qualités d’écriture.

La proximité entre Enaniste et Onaniste est telle qu’aussitôt, on comprend que ces gens sont des branleurs, sans plus de développement. Et les branleurs, tout à leurs satisfactions perverses, laissent aux autres,l a charge, le soin de se coltiner le poids du monde, c’est à dire de faire des enfants et d’assumer la survie de l’espèce. Donc ma comparaison est surdéterminée. D’autant que comme vous le savez, Macron est un authentique branleur, il n’a pas  fait d’enfant avec sa femme/mère Brigitte. J’ai coutume d’affirmer que l’amour en tant que physique et sentiment  a beaucoup évolué, comme la politique, mais à la politique, nous reviendrons plus tard, donc l’amour a beaucoup évolué et maintenant on ne baise plus un objet d’amour et/ou de désir, on jouit à deux. Au lieu de se perdre, de mourir de la petite mort comme on disait avant, on s’envoie en l’air,  on consomme du sexe avec ses Durex ou ses Kleenex.  On se masturbe à deux. C’est ce qui a été entre autres déculpabilisé par les lois sociétales de Hollande, Grand Masturbateur. C’est l’un des déplacements de nos sociétés, déplacement accepté, que celui qui consiste à perdre la référence du désir d’objet, désir de posséder l’autre  et de le remplacer par le besoin et/ou l’envie de jouir avec lui. C’est une des conséquences de l’acceptation sociale de la masturbation, on se contente de l’illusion;  on accepte le résultat  c’est à dire le plaisir, mais on perd de vue le chemin qui devait y conduire, l’amour et le désir de l’autre en tant que ce qu’il est, c’est à dire impossible à avoir.  La masturbation est au centre de nos systèmes , c’est l’une des clefs de l’aliénation dans laquelle les gens se complaisent. Ils se contente du faux, de l’artifact, de l’ombre. C’est ce qui permet la domination des autres. Ainsi pour manifester son mécontentement, son désespoir,  ou sa colère, on ne prend plus sa pique et sa fourche, on va se masturber sur Facebook. La masturbation généralisée favorise le fantasme, on habite une autre vie,  et ainsi la vie se trouve transformée, son centre de gravité se déplace du Réel vers l’imaginaire. La masturbation, c’est le remplacement jouissif du réel par les signes, signes qui sont ordonnés en  fonction d’autres principes que ceux qui régissent l’efficacité de la transformation du monde.

Donc je dis qu’en  raison de sa séduction précoce par une personne qui pourrait être sa mère et donc interdite , puis son passage à l’ENA et son stage de manipulateur de signes financiers chez Rothschild, puis par son rôle de type enfantin irresponsable de conseiller non-agissant chez Hollande, Macron a tout du branleur. Tout de celui qui est fondamentalement non-puissant, c’est a dire de celui qui séduit et non de celui qui produit, qui fait.  D’ailleurs dans son débat il n’a eu de cesse d’affirmer qu’il n’était responsable de rien, qu’il n’avait rien fait, que lui n’avait fait que penser et passer. Et il a agité ses petits poings rageurs.

Marine a commis beaucoup d’erreurs, et c’est normal, mais l’une des plus grosses est d’être entrée  sur le champ de bataille du savoir, il fallait ne pas y pénétrer et trouver les formules pour faire comprendre que l’élection n’est pas un concours de beauté, n’est pas une distribution des prix à l’école, mais un combat à mort, une lutte pour imposer une vision, la faire partager  et devenir le chef. Si elle s’était battue comme un chef contre Macron, dieu que cela aurait eu de l’allure!

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9 réflexions sur “Hollande fustige « l’ignorance » de Le Pen, ou comprendre Macron

  1. Encore un bien beau texte quoique que le fait que vous critiquiez la prestation de Marine,alors que tant d’autres le font,me déplaise.

    Personne n’est parfait et c’est également une caractéristique des onanistes de chercher la perfection du phantasme plutot que d’accepter les imperfections du réel .

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    1. Dans cette reflexion je ne m’intéresse pas à Marine, sauf en incidente et pour produire une chute qui cristallise ma pensée.
      Je se sais pas, d’ailleurs, si je fournirai une analyse de Marine un jour, si je le fais, ce sera peut être pour fustiger ceux qui l’entourent.

      Votre remarque est très juste, seul l’imaginaire est parfait, prenez l’exemple du père idéal, il est très éclairant. Le rapprochement entre le père idéal et le chef est très riche. A condition de ne pas tout mélanger: le père, le maitre, le chef, le tyram … c’est un beau sujet d’oral à l’ENA ou Sciences PO

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  2. C’est bien là le problème de Marine, c’est qu’elle n’a pas saisit que c’était un combat à mort, et qu’il se jouait sur le terrain et avec les règles des maîtres.
    De tout cela, je tire l’impression, si l’élection attendue se fait effectivement dans le sens attendue, qu’une présidence du favori impliquerait une bataille à mort en vue, une attaque impitoyable lancée contre “l’anti-France” selon leur catéchisme à eux.
    Une présidence M%cron ne serait alors ni un verrouillage post-Hollande, ni une position consolidée du Système pour poursuivre une gestion-simulacre de la dynamique de déstructuration mais, de façon bien différente et bien plus offensive, une base d’attaque contre la résistance, qui concernerait tous ceux qui ont rechigné à voter « comme il fallait ».

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  3. Que j’aime vous entendre traiter Micron de branleur, dans tous les sens du terme!
    Espérons que les « déplorables », les « sans dents », les « insoumis » de Mélenchon
    saurons lui rendre la vie impossible!

    Mais si vous n’êtes plus nationaliste, si j’ai bien lu, pourquoi reprocher implicitement
    à Marine de l’être, tout en regrettant qu’elle n’adopte pas un comportement
    de chef, et c’est vrai.

    Mais chef de quoi, sinon d’une nation? Au demeurant en Europe les nations
    se portent plutôt bien, L’UE leur sert de repoussoir.

    S’il reste un espoir de résister au chaos général, de soulever un monde qui sombre,
    il faut comme disait Diogène, un point d’appui.

    Ce ne peut être une commune,
    une région, pas un continent éclaté non plus. Alors quoi, sinon une ou des nations?

    De toute façon une métamorphose brutale nous pend au nez
    Ou nous la conduirons appauvris mais libres, ou nous la subirons réduits en esclavage. Is’nt it?

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      1. J’évite le terme, et la notion même de nationalisme, qui a les défauts que vous dites.
        C’est déjà un cadavre intellectuel.
        Je parle de nation vivante, concrète, celle qui se sent menacée, qu’on traite avec
        dédain de « France périphérique » distincte des bobos hors-sol de centre-ville
        qui vivent encore, provisoirement, de son travail, et ne voient pas (ne veulent pas
        voir) que les « Maîtres » les sacrifieront eux aussi. Ca s’est valable partout.
        (Voir les votants du Brexit).

        A moins de considérer que la(les) nation(s) a (ont) déjà disparu. C’est une position.

        Mais alors quelle est la clé, par où la sortie? Y en a-t-il une?
        Révolution prolétarienne? (Hilarité générale, on a déjà donné…).
        Révolte du « peuple », terme dont vous usez souvent pour constater avec amertume
        qu’il n »apprend rien »? Et au fond, c’est qui, le peuple?
        Quelle mayonnaise pourrait-elle prendre?

        Sachant, du moins pour certains, ce que nous ne voulons plus, il faudrait
        savoir ce que nous voulons.
        Sinon, morituri te salutant.

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      2. Il n’y a pas de clef, pas de miracle, ce qui a été fait en des décennies ne peut etre défait en quelques années. Nous sommes dans l’histoire et nous ne pouvons qu’apporter notre contribution, avec tenacité mais modestie. Regardez, la crise financière a deja 8 ou 9 ans et nous en sommes encore aux prémices, les paquebots virent lentement.

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  4. Je veux juste partager une impression sur la stature très critiquée lors de ce dernier débat de MLP ,dernier round qui pouvait être pour elle un laissé passé pour un future plus glorieux. Je m’étonne donc de la médiocrité de sa prestation que je n’imputerai pas à un manque de savoir, mais plutôt à une composition voulue pour éviter un couronnement (même s’il fut improbable avec un tel écart de voix,plus de 20 %),Je pense qu’une attitude grossière ,une verbalisation vocifératrice , une approximation certaine dans le traitement des dossiers ne peuvent refléter la réalité du personnage.
    Je me suis remémoré une chronique ancienne de Monsieur Bertez,dans laquelle il explicitait le rôle fondamental du FN comme parti d’opposition,le ciment de tous les rejetés du système,des laissés pour compte.La famille Le Pen a cette mission de fédérer les constatations,c’est son rôle social,comment peut il tout à coup devenir pièce maitresse de ce système qu’il combat sans vergogne depuis plusieurs décennies ?
    L’attitude de la candidate qui vient de la placer en vaincu,en perdante de cette échéance ultime au marche du pouvoir lui permet du même coup de se positionner en maitre pour la conduite des législatives,et de retrouver son rôle de tribun contestataire.
    Alors dans ce dernier débat ce fut un rôle de composition ou une décomposition totale de la candidate pourtant habituée en maitresse de ces débats télévisés habituellement ????

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    1. Le plus simple est le plus vraisemblable, pas le plus compliqué.
      Le rasoir d’Ockham ou rasoir d’Occam est un principe de raisonnement philosophique entrant dans les concepts de rationalisme et de nominalisme. Son nom vient du philosophe franciscain Guillaume d’Ockham (xive siècle), bien qu’il fût connu avant lui. On le trouve également appelé principe de simplicité, principe d’économie ou principe de parcimonie (en latin lex parsimoniae). Il peut se formuler comme suit :

      Pluralitas non est ponenda sine necessitate

      « Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. »

      L’énoncé Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem, littéralement « Les entités ne doivent pas être multipliées par-delà ce qui est nécessaire », est une variante souvent attribuée à Guillaume d’Ockham sans cependant qu’il y en ait trace dans ses écrits.

      Une formulation plus moderne est que « les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables ». C’est un des principes heuristiques fondamentaux en science, sans être pour autant à proprement parler un résultat scientifique. Dans le langage courant, le rasoir d’Ockham pourrait s’exprimer par la phrase « Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? ». Cependant, la simplicité dont il est question ici ne signifie pas que l’hypothèse la plus simpliste, la plus évidente ou la plus conventionnelle est forcément la bonne.

      L’induction de Solomonoff est une formalisation mathématique et une preuve1,2,3,4,5 du rasoir d’Ockham, sous l’hypothèse que l’environnement suit une loi de probabilité inconnue mais calculable. Les théories calculables les plus courtes ont un plus grand poids dans le calcul de la probabilité de l’observation suivante, en utilisant toutes les théories calculables qui décrivent parfaitement les observations précédentes.

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