Objectifs modestes pour Mélenchon aux législatives

La France insoumise vise officiellement la constitution d’un groupe à l’Assemblée, soit un minimum de 15 élus. Elle attaque frontalement le « gouvernement du Medef » d’Edouard Philippe.

« Si on n’a pas de groupe, on sera déçus », a déclaré à Reuters Eric Coquerel, candidat en Seine-Saint-Denis, dans l’une des 67 circonscriptions où la France insoumise est arrivée en tête au premier tour du scrutin présidentiel. « C’est le Medef qui avance masqué », dit-il. « Il faut voir ce qui se prépare dans les cabinets des ministres. Les gens voient ce qui se passe : Emmanuel Macron n’aura pas la majorité absolue à l’Assemblée. »

Selon un sondage Opinionway-Orpi pour Les Echos et Radio Classique diffusé le 18 mai, LREM der Macron obtiendrait entre 280 et 300 sièges à l’Assemblée nationale, les Républicains et leurs alliés centristes de l’UDI entre 150 et 170 sièges, le Parti socialiste et ses alliés entre 40 et 50 sièges, la France insoumise alliée au Parti communiste entre 20 et 25 sièges, et le Front national entre 10 et 15 sièges. La majorité absolue est de 289 sièges à l’Assemblée.

« C’est un gouvernement que l’on pourrait qualifier de gouvernement du Medef, offensif contre les droits des travailleurs, l’école, la santé », a déclaré mardi devant la presse Bastien Lachaud, directeur de la campagne de la France insoumise pour les législatives.

Ce qui frappe dans la situation post présidentielle, c’est l’euphorie des élites d’un côté et la résignation des autres, de tous les autres, en face.

Regardez les arguments de ce qui peut passer pour le groupe politique le plus structuré, le plus vertébré: rien c’est le vide! Tout ce qu’ils trouvent à dire c’est cette banalité qu’ils servent à chaque consultation et à chaque gouvernement: c’est le gouvernement du Medef, c’est le libéralisme, c’est la réaction.

On pourrait attendre une analyse, un diagnostic, la production de quelques repères, rien! L’argumentaire se résume à la répétition, de ce qui n’a jamais été efficace, n’a jamais servi à rien.

Il n’y a pas de vague correctrice après les 65% de Macron, pas de volonté de rééquilibrer, pas de volonté de quoi que ce soit: il n’y a pas de volonté, tout simplement. Il y a anesthésie face au mythe sans cesse démenti de l’homme providentiel.

Qui fait remarquer que ce gouvernement pue l’amoralité, l’opportunisme, le mensonge et la ringardise, personne. Il n’y a pas en son sein  une seule personnalité de valeur, marquante par autre chose que ses reniements.

Qui ose dire que tout pue la tactique médiocre et  à courte vue. Tactique qui consiste après avoir dynamité la gauche à pulvériser la droite, une droite complaisante,  presque contente d’ être pulvérisée et de passer aux oubliettes de l’histoire?

Qui ose dire que ce gouvernement loin d’être celui de la nouveauté, de l’imagination et d’un projet est l’exemple même du recyclage, recyclage qui cherche à nous faire passer l’ eau des égouts pour l’eau claire des sources jaillissantes.

Qui ose dire que son projet majeur, central est de continuer l’oeuvre de destruction de Hollande dans son symbole le plus éclatant: le projet de destruction de la réglementation du travail au profit d’un Medef scandaleux d’indignité car simplement soucieux de préserver son inefficacité sur le dos des français en général et des salariés en particulier.

Qui ose dire comme je le fais que le projet de réforme du code du travail qui organise la flexibilité, l’insécurité et la régression est un projet d’augmentation pur et simple du taux d’exploitation sans contrepartie, puis qu’il ne touche pas les autres freins à l’investissement, à l’embauche, à l’inefficacité, et qu’il n’améliore pratiquement  les motivations de personne à produire et créer des richesses. Au delà des formules creuses pour les banlieues ou est l’incitation à prendre des risques, à innover … ah oui c’est vrai, j’allais oublier  il y a l’exhortation aux marginaux de s’enrichir.

Qui ose dire que l’obstacle à la compétitivité c’est certes la rigidité du travail, mais plus encore l’existence d’un capital fictif, improductif, périmé; que c’est le poids  d’une classe de fonctionnaires planqués de l’arrière, bref que la question de la compétitivité implique que rien ne soit tabou y compris surtout hypertrophie de l’état.

Qui ose dire que l’on ne discerne aucune ligne directrice, aucun projet ou principe qui donnerait sa cohérence à l’action gouvernementale  au delà des jeux politiciens et de l’agenda européen? L’attelage qui a été constitué est bourré de contradictions et d ‘antagonismes, on va le voir très rapidement,  dès les premières velléités d’actions.

Et comme dans les gouvernements précédents, la seule solution sera la présidentialisation  bébête, façon Sarkozy, celle des images, celle de la soumission des godillots et des discours creux.

Et puis comme en 2017, il restera le recours! L’appel à l’épouvantail du Front National, finalement c’est lui le sauveur, il les sauve tous!

 

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