Edito qui remet en perspective notre position sur les marchés

Rassurez vous, nous continuons de suivre les marchés de très très près. Simplement nous profitons de la période pour approfondir un certain nombre d’analyses périphériques.

La période se présente comme une sorte de plateau. Un plateau de valorisations très élevées qui donne l’impression aux opérateurs et investisseurs qu’il peut durer toujours.

C’est presque le plus important: on pense que cela peut durer toujours, avec des prix élevés, des volatilités faibles et bien sur un « Put » implicite des autorités. Le moindre recul est mis à profit par les « buy-dippers », quelque soit le flux des nouvelles et la gravité de ce que l’on apprend. Les marchés restent donc Téflon.

On s’habitue et c’est pour cela que nous avons publié il y a quelques jours un texte  qui traite de l’illusion récurrente: « cette fois c’est différent ».

Nous avons expliqué que cette illusion du « cette fois c’est différent » était le produit des hausses longues, plus la hausse dure et plus le nombre de gens convaincus que cette fois c’est différent augmente. Les hausses longues font oublier l’histoire, elles effacent les mémoires. Ce nombre de gens qui vivent dans l’illusion s’enrichit de tous les ralliés, de tous les baissiers qui jettent l’éponge, de tous les Cassandre, lassés d’être démentis.

Les gens sont prisonniers du mythe de la tendance, de son caractère magique et peu à peu ils oublient que le réel compte et que le réel, comme nous le disons c’est un actif, que l’on voit et un passif que l’on ne voit pas.

Le passif ce sont les promesses et la promesse la plus colossale est celle qui est enracinées (embedded)  dans les cours des actifs financiers.  Dans leur masse ces promesses ne peuvent être tenues, au mieux elles peuvent être roulées, roulées, « rolled », roulées comme vous, vous  le serez in fine.

Quel sera le révélateur? Bien sur personne ne le connait , ce sera le fruit du hasard, mais il y en aura un qui fera perdre le contrôle des taux d’intérêt, du risque et donc des marchés. Le réel ne peut supporter seul les marchés, il lui faut l’aide du Ponzi et le Ponzi repose sur la maitrise ad vitam aeternam des taux et du risque. Et ce qui permet le Ponzi, c’est le maintien d’une demande élevée pour la monnaie. 

Mais la question pratique que les Cassandre ont oublié de se poser, eux qui ont fait rater le marché à beaucoup de gens, la question pratique n’est pas celle que l’on vous propose. Les cassandre disent « nous en sommes en bulle, tout est trop cher donc ils ne faut pas participer ».

Nous avons toujours pensé que les Cassandre se trompaient. Depuis mars 2009.  La question n’est pas de décreter que nous sommes en bulle, mais de comprendre pourquoi néanmoins « cela tient », si on a compris pourquoi « cela tient » alors peut être que l’on aura une chance de comprendre pourquoi un jour « cela ne tiendra plus », et donc d’anticiper la fin de l’état bullaire. En d’autres termes, ce n’est  pas parce que nous sommes mortels (comme les bulles) que nous ne devons pas vivre entre  temps et jouir de la vie . La mort, même certaine, ne doit pas dissuader de vivre entre temps!

Nous en sommes au point ou on finit par croire que la croissance va durer sans à coups, que les cycles sont abolis et que le risque a disparu des marchés. C’est l’erreur à ne pas commettre. On oublie donc la spécificité de la situation: des taux d’intérêt à zéro, des bilans des banques centrales  gonflés à bloc et bien sur les 2oo et quelques milliards d’achats de titres à long terme par les banques centrales mondiales! La situation c’est que nous sommes sous  perfusion, en couveuse. Bref on voit l’actif, ce qui se donne à voir et on oublie les passifs, ce qui se cache et dont on ne parle jamais  … sauf quand il y a rupture, une crise. C’est la vie, comme on dit!

Nous vous rappelons, car on s’efforce de vous le faire oublier, que le présent ne se comprend qu’en regard du passé: comment en est-on arrivé là? On en est arrivé là parce qu’il y eu une crise terrible en 2008 et que l’on a pris des mesures d’urgence qui sont devenues permanentes! Depuis près de neuf ans, nous vivons ou survivons grace à des politiques non conventionnelles, exceptionnelles. Des politiques que l’on beaucoup de mal à cloturer alors que els risques qu’elles font courir à la stabilité du Système sont considérables. Si le deficit spending, les taux zéro, les achats de titres à long terme, le shadow banking, venaient àdisparaitre, ce serait l’effondrement;  la crise de 2008 par comparaison serait une simple partie de plaisir.

On ne peut sortir de ces politiques, voila la réalité, mais il faut faire comme si on pouvait le faire pour de multiples raisons: les bénéfices sont maintenant quasi nuls, la balance des risques est devenue négative, il faut reconstituer les munitions pour faire face à la prochaine phase de difficulté et surtout il faut maintenir la crédibilité, la confiance . Et ceci ne peut être obtenu  que si on peut faire semblant d’avoir réussi. Donc il faut tenter sinon de sortir du moins de faire semblant et d’entamer un processus.

Ce que l’on sait donc , c’est que l’on approche de la fin. La belle affaire! On se rapproche de la fin   depuis le début. Cela ne nous renseigne nullement sur le calendrier.

Ce que l’on sait, c’est que la Fed s’impatiente, après une tentative de normalisation par les taux qui a échoué,  elle envisage de tenter de réduire la taille de son bilan. C’est un débat, il n’y a pas unanimité. Kocherlakota dit que réduire le bilan de la Fed à partir de 2018 est « une erreur dangereuse à 2 trillions de dollars, » il vaudrait mieux poursuivre et renforcer la hausse des taux.

En Europe, la BCE est obligée d’envisager la sortie de sa politique non conventionnelle parce que l’Allemagne frole la surchauffe. Pourtant la situation de l’Italie ne s’est  pas améliorée et donc elle ne peut supporter une normalisation. Peu importe, on parle de la fin  et quelle que soit la date, cela finit ou finira par produire un effet .

Au japon on recherche un nouveau dosage entre le fiscal et le monétaire. En Chine, on appuie sur le frein et l’accélérateur en même temps avec des résulats mitigés sinon médiocres.

Bref, nous sommes plutot dans la phase descendante, la phase de régression des causes qui ont produit la hausse exceptionnelle des années 2009/2017. Mais , … ne dit-on pas que les chants désespérés sont les chants les plus beaux, ou en langage boursier que les phases finales sont les plus spectaculaires, les plus explosives?

Les gourous cherchent à se placer, ils multiplient les apparitions espérant tomber juste dans leurs interventions. Ainsi nous voyons Edelman, Asher Edelman, véritable légende boursière, sur CNBC sur Smart Money affirmer que si le marché était laissé à lui même il plongerait.  Edelman soutient publiquement , sur un média perma bull, CNBC, que le marché ne tient que par les interventions complotistes du gouvernment, les interventions du PPT, le Plunge Protection Team. Il affirme « je ne voudrais pas être coincé  dans le marché maintenant, personne ne sait quand ils vont débrancher ».

Nous ne croyons pas aux interventions concrètes, sonnantes et trébuchantes, les pilotages et guidances à notre avis suffisent et ils sont constants. Les marchés sont gérés, faits à la main, c’est l’évidence mais il n’ y a aucune raison pour que,  paralysées par la peur de la rechute systémique, les autorités manipulatrices prennent le risque de « débrancher ». Ce serait du suicide.

Plus jamais de Lehman, c’est le credo. Et à notre sens c’est la difficulté; on construit un processus de régularisation , un processus de normalisation, mais il est étalé, lent, même pas progressif car il est reversible. . Il n’y a pas un « avant » et un « après », il y a un mouvement vers…

Cela fait neuf ans que cela dure et il n’y pas de raison pour que cela ne dure pas plusieurs années encore, rien  ne presse tant que les détenteurs de monnaie jouent le jeu, c’est à dire tant que la vitesse de rotation de la monnaie dans le monde ne s’emballe pas, tant que la monnaie ne recherche pas ses contreparties réelles, « hard ».

La préférence pour la monnaie reste forte, on ne s’en débarrasse pas , on continue de jouer à l’intérieur de la sphère du papier et c’est cela qui est important puisque cela donne tout le temps de piloter, de gérer de ralentir ou d’accélérer les processus de normalisation.

Ceci nous conduit à nuancer notre appréciation sur le « dorénavant ce n’est plus comme avant ». Les lois éternelles  sont incontourables, et un jour ou l’autre l’éternel retour prouvera qu’il est une loi de notre univers. Il montrera sa tête horrible et grimaçante , la statue du commandeur sera dévoilée, elle montrera qu’elle est toujours là , bien plantée.

Mais le progrès des techniques monétaires, les progrès de la com, et du décervelage sont aussi des réalités. Il ne faut pas les minimiser, ce sont eux qui donnent aux grands prêtres de notre univers monétaire l’apparence de leur toute puissance, même si cette toute puissance n’est que de retarder ce qui est inéluctable.

 

En Prime, le PPT

The “plunge protection team” was created by President Ronald Reagan one year after the stock market crash in 1987, when the president called for the creation of the “Working Group on Financial Markets.”

It’s believed – as the name would suggest and as has been profiled on countless occasions on this website previously – that the group’s mandate is to maintain stability in the market and head off any severe crashes like what was seen in 1987. It’s believed the group reports only to the president, though the head of the Treasury, head of the Securities and Exchange Commission and Federal Reserve Chairman are also involved. The team, according to Asher, steps in to execute trades on all exchanges when the market isn’t behaving as it would like, working only with big banks like Goldman Sachs Group and Morgan Stanley.

« We have seen the most extraordinary lack of volatility in the VIX since Trump has been in office and it’s interesting the night he was elected you may recall the futures came down about 400 or 600 points.

 

You may also recall that the next morning they were even again. Watching plunge protection for years, I had no doubt that’s what happened.« 

That may have been the case in the 1980s, however in recent years the PPT is the collaboration of the NY Fed and Citadel, which are most aggressive during times of substantial market stress and selling, when intervention is needed to stop the downward momentum in prices.

Edelman says he believes one sign of TPP intervention is when a smaller, less-liquid stock suddenly rises late in the trading day.

We’ve noted in the past that there appears to be a rule against mentioning the team on CNBC – with guests routinely getting “Schiff’d” for doing so. [10]

And once again, this time, the « theory » was treated with derision by his fellow hosts.

 « I think we all have so many questions here I don’t think I know where to begin, » Fast Money host Melissa Lee said.

Some audience members were more enthusiastic.

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5 réflexions sur “Edito qui remet en perspective notre position sur les marchés

  1. Bonjour,

    je pense qu’il ne faut pas non plus exclure des interventions à la main en plus de toute la propagande classique et la fausse science économique (les fameux modèles que l’on met en avant pour justifier n’importe quoi).

    Car enfin, on observe des patterns bizarres sur tous les marchés emblématiques.

    Asher parle de cela, de certains titres achetés juste avant la fermeture qui permettent tel effet sur un indice le tout en dépit de tout news flow permettant de justifier le mouvement.

    Ils ont accès à tous les instruments nécessaires : qu’est ce qui empêcherait un quarteron composé de la Fed, Goldman, le Tresor … d’acheter 1 milliards d’action quand cela leur chante ?

    La BNS est bien devenu un des plus gros hedge fund du monde (voir ses positions APL), et la BOJ avec les ETFs ?

    Cdlt.

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    1. Je suis adepte de la philosophie dite du Occam’s razor. Cela évite de tomber dans le conspirationnisme. Je cherche le sens caché, inconscient( au sens de Jung par exemple ou d Hegel) des choses et des evènements, pas les interprétations faciles, volontaristes et conspis. Le conspi est le refuge, dans ma philosophie, de nos ignorances. Mais cela n’exclut pas, de temps à autres des flirts avec le conspi!

      Le rasoir d’Ockham ou rasoir d’Occam est un principe de raisonnement philosophique entrant dans les concepts de rationalisme et de nominalisme. Son nom vient du philosophe franciscain Guillaume d’Ockham (xive siècle), bien qu’il fût connu avant lui. On le trouve également appelé principe de simplicité, principe d’économie ou principe de parcimonie (en latin lex parsimoniae). Il peut se formuler comme suit :
      Pluralitas non est ponenda sine necessitate
      « Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. »
      L’énoncé Entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem, littéralement « Les entités ne doivent pas être multipliées par-delà ce qui est nécessaire », est une variante souvent attribuée à Guillaume d’Ockham sans cependant qu’il y en ait trace dans ses écrits.
      Une formulation plus moderne est que « les hypothèses suffisantes les plus simples sont les plus vraisemblables ». C’est un des principes heuristiques fondamentaux en science, sans être pour autant à proprement parler un résultat scientifique. Dans le langage courant, le rasoir d’Ockham pourrait s’exprimer par la phrase « Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? ». Cependant, la simplicité dont il est question ici ne signifie pas que l’hypothèse la plus simpliste, la plus évidente ou la plus conventionnelle est forcément la bonne.

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  2. Si je vous suis bien, la bonne stratégie, c’est de :

    1) gagner des digits sur les marchés papiers, même si tout semble surévalué,
    2) en réinvestir une partie sur des hard assets en prévision d’une chute qui arrivera (un jour!)
    3) protéger globalement son portfolio avec une assurance type métaux précieux
    4) garder du cash pour la chasse aux bonnes occasions après la chute.

    Je me trompe?

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  3. Entre nous, Dâbe, une supposition, j’dis bien une supposition … (*)

    Est-il absolument inconcevable, dans la mesure où tous les marchés sont contrôlés et alimentés par les banques centrales – qui créent l’argent avec la facilité que l’on sait -, que la ruine de l’économie réelle soit ignorée avec cynisme quel qu’en soit le coût humain et l’ordre (comprendre désordre) civil maintenu par la force et la peur, cette hausse nominale des actifs (hormis les MP) se poursuive tout le temps qu’il faudra pour que la propriété privée universelle, des maisons aux usines, passe DE FAIT aux mains des BC et de leurs propriétaires ? Sans bruit, sans heurts, sans que cela soit jamais affirmé explicitement ? Une nationalisation point 2 en quelque sorte.
    Je ne connais pas l’avenir, mais je vois bien que nous vivons déjà largement 1984 et ses « bombes-fusées » qui tombent sur Londres régulièrement, sans que cela n’ait de conséquence spectaculaire, du type une bonne vraie guerre déclarée ou un bon crash comme en 29. D’où l’illusion récurrente du « cette fois c’est différent »(Copyright BB !) des analystes qui ne semblent pas avoir réalisé – ou du moins pris en compte – que le paradigme avait subrepticement changé et ont une guerre de retard. Peut-être attend-on un événement marqué dans le temps qui ne se produira pas. Enfin pas tout de suite. Le grand Jacques Brel les avait magnifiquement chantés : https://www.myfreemp3.win/mp3/zangra+jacques+brel !

    (*) http://www.dailymotion.com/video/xdjju2_jean-gabin-bernard-blier-la-reclusi_shortfilms

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