Editorial Financialisation et élections

La financialisation d’un système, c’est ce qui apparaît quand la kleptocratie confisque à son profit un bien commun: le pétrole, les matières premières,  la monnaie par exemple.

La monnaie n’appartient à personne, c’est un bien commun. Un bien social.

Par l’intermédiaire des banques centrales, du système bancaire et des marchés, la monnaie est confisquée: certains se sont octroyés le droit de la créer à partir de rien, rien qu’en accordant des crédits.

Ils se sont octroyé le droit de fixer les taux d’intérêt, c’est à dire le prix de l’argent, de manipuler les taux à long terme, c’est à dire la préférence pour le présent et la rémunération de l’épargne du peuple. Rémunération qu’ils ont d’ailleurs supprimée pour faire bonne mesure. L’épargne du peuple ils la veulent… gratuitement.

Ces confiscateurs ont crée des quantités colossales de monnaie/dettes que l’on retrouve logées dans les bulles d’actifs. C’est cet argent qui sert à inflater le prix des actifs, de ces actifs que les kleptocrates, très proches des sources de crédit achètent avant tout le monde. La création monétaire profite, c’est une vérité d’expérience à ceux qui  sont près de tuyaux  qui la déversent. Elle profite au capitalisme crony, celui qui unit les financiers et la classe politique dominante. Il faut ajouter les fonctionnaires de haut niveau.

La création monétaire artificielle crée des richesses artificielles, c’est à dire des richesses qui ne correspondent pas à une activité productive pour la collectivité.

Elle concentre la richesse ce qui se traduit par une  hausse vertigineuse des inégalités, elle vole le futur des peuples. Elle détruit le ciment social, fait éclater les consensus, pulvérise les systèmes politiques à l’image de ce qu’on a vu quasi partout: aux USA, en Grande Bretagne en Espagne, en Italie et bien sur ces derniers jours en France. Nos systèmes politiques fondés sur le bi partisme ne peuvent résister à l’accroissement des inégalités, à la paupérisation et à l’insolence des élites.

Les politiques économiques et monétaires finissent par ne plus être guidées que par la nécessité de maintenir les bulles, soi disant pour éviter les catastrophes comme celle de  2008, par l’obligation de surexploiter les salariés et de  les taxer pour assurer la valeur des créances de ceux qui les portent, permettre aux gouvernements complices de continuer à créer des déficits et des dettes qui sont autant de capital pour ceux qui leur prêtent de l’argent qu’ils n’ont pas gagné mais qu’ils ont créé à partir de rien.

L’argent, les dettes ne servent pas à investir, à créer des emplois, non il sert au Monoply et de plus en plus, simplement à entretenir le carrousel maudit. C’est ce que l’on appelle le Ponzi.

 

La financialisation se voit sur les marchés financiers, mais également dans l’immobilier, en particulier l’immobilier de luxe. Il a atteint des prix astronomiques ce qui bouleverse le visage des grandes métropoles et d’une certaine façon les enrichit. Les grandes métropoles bénéficient d’une certaine façon des bienfaits de la financialisation/mondialisation  heureuse. Les habitants soit recoivent  des miettes, soit ils voient des retombées économiques, sociales , culturelles comme on le voit à New york, Londres, Paris etc.

La concentration de la richesse est géographique également , c’est ce que nous voulons souligner. Elle favorise l »urbanisation crée un monde peu à peu à part, différent du monde périphérique. Ce monde est de plus en plus déconnecté, il vit dans ses modèles,  dans les signes, il les manipule, bref il vit comme je le dis souvent dans sa névrose urbaine avec sa culture si on ose l’appeler ainsi. Tout ce qu’on appelle, le post-moderne, le post historique, vous me comprenez.

Les modèles sociaux se modifient, les principes moraux s’inversent, les images que l’on se donne, que l’on véhicule  et que l’on forme deviennent spécifiques, propres à cette culture urbaine post-moderne. La culture n’est plus produite par l’activité de production, mais par la séduction généralisée.

En fait ces gens , ceux qui bénéficient de la financialisation et ceux qui en ramassent  les miettes vivent du pillage, du vol de ceux qui sont à la périphérie. Ils les exploitent grâce à la kleptocratie monétaire, grâce à la pub, grâce à « l’asset stripping », c’est à dire qu’ils ramassent à bon compte tout ce qui a valeur à la périphérie puisqu’ils ont un pouvoir d’achat supérieur. La détresse des uns, à la périphérie fait le bonheur des autres, les urbains plus riches du Centre.

Les élites et leur suiveurs raflent tout, imposent les normes, pillent et cela les autorise à qualifier les autres, les victimes, les damnés, les dépossédés de « déplorables ».

Ce sont ces gens, les urbains, les voleurs du Centre, qui, selon les enquêtes post électorales ont voté Macron et sa clique de médiocres suiveurs.  Ce sont ces gens qui ont bon moral au lendemain   des élections, ce sont eux qui sabrent le champagne et se paient les gueuletons. Les autres, eux, baissent la tête .

 

 

 

 

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4 réflexions sur “Editorial Financialisation et élections

  1. Ces urbains parisiens qui ont tant écœuré M Guaino (et moi-même) vivent dans 40 m2 à 7500 euros le mètre carré avec 3 enfants (« pour les écoles, les enfants d’abord »), marchent dans les crottes de chien en sortant de leur résidence ultra sécurisée, font 1 heure de métro debout écrasés les uns contre les autres puis partent en week-end en faisant 5 heures de route au lieu des 2 heures nécessaires en temps normal. Enfin, pour ceux qui restent à Paris le WE, ils font des détours pas possible le dimanche du fait des manifestations et autres marathons dominicaux puis 1 heure 30 de queue debout sous le soleil de plomb pour voir la dernière exposition bobo street art dont ils ne verront pas la moitié puisque c’est bondé de monde. Ah et n’oublions pas la boisson fraîche à 4 euros 50 servie sans un sourire (et la contravention car le ticket est dépassé de 5 mn). C’est normal qu’ils votent Macron puisqu’ils en redemandent!

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  2. Lorsque j’essaie de vulgariser certains de vos concepts dans mon entourage, j’emploie, pour celui de la monnaie, l’image suivante : j’explique que la monnaie gagnée par les classes moyennes est semblable à une goutte d’encre de Chine. Vue au microscope, l’encre de Chine est formée de mini particules noires. J’explique que ces particules sont, pour ceux qui les ont gagnées un concentré de sang, de sueur et de larmes. Le fruit de leur travail. Leurs économies avec lesquelles ils espèrent se payer une maison ou une retraite. La monnaie tels qu’ils la conçoivent, selon un concept ancien, éculé, qui n’a plus cours. Une monnaie qui stocke le travail, la richesse, comme l’or dans la cassette de Don Salluste.
    Mais ce qu’ils ignorent, c’est qu’à côté de cette goutte noire, qui représente la richesse agrégée de toute une population, se déverse de l’eau depuis un robinet. Pour les Kleptos, les gouvernements et les banques, cette eau est appelée aussi monnaie. Elle leur sert, comme vous dites, à irriguer les déficits publics, enrichir Patrick Drahi et consorts. Sauf que les kleptos laissent croire au bon peuple que l’eau a la qualité de l’encre. Et sauf que le peuple fait semblant de gober… tant qu’il n’y voit que du feu et que la flaque est encore à distance de la goutte d’encre.
    Sauf que rien ne sépare ce robinet d’eau claire ( notez que j’aurais pu parler d’eau d’égoût, mais que la séduction et la tromperie sont primordiales pour berner le peuple, alors va pour l’eau limpide ) de la goutte d’encre de Chine.
    Lorsque les deux se rencontreront pleinement, et pas seulement à la périphérie, le peuple verra avec stupéfaction le noir se diluer, les petites particules noires se dissoudre dans la flaque qui ne cesse de grossir.
    Puis disparaître.
    Alors le peuple se ruiné. Sa monnaie, dissoute. Et pourtant, je suis sûr que les kleptos expliqueront alors ce phénomène avec moults explications alambiquées.

    Don Salluste avait de l’or, le vrai sonnant et trébuchant, pas des lettres de change ou des assignats.

    Il y a monnaie et monnaie. Et tromperie sur ce terme pour entourlouper les braves gens.

    Merci à vous de prendre le temps d’expliquer les astuces de ces illusionnistes, qui jouent sur les mots et notre culture de l’argent. Culture obsolète dans le monde virtuel dans lequel ils nous entraînent depuis 1971, cette fois.

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  3. Vous avez tellement raison.

    Le plus drôle en effet est que ces « gagnants » ne sont pas si gagnants que ça, pour un grand nombre d’entre eux. Mais le sentiment compte plus que la réalité jusqu’à un certain point tout de même. La base sociologique des « gagnants » s’effrite donc inexorablement.

    Ca tient pour l’instant par un phénomène démographique qui n’apparait à mon sens pas assez dans les notes de M. Bertez : les classes moyennes du monde d’avant, les gens (cadres, fonctionnaires) souvent retraités ou proches de l’être.

    Dans une société vieillissante, ce sont eux qui tiennent le pays. Ce sont les vrais gagnants, ils aiment Macron qui les rassure sur leur rentes (et Macron nous a prouvé combien ils aimaient les vieux…)

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