Sur la pente, sur la mauvaise pente. La France est un pays pourri, particulièrement au plan politique et syndical

Sur la pente, sur la mauvaise pente.

La France est un pays pourri, particulièrement au plan politique et syndical. C’est normal, car les Français ne veulent ni payer pour être représentés démocratiquement, ni payer pour l’être dans le cadre du travail par les syndicats. Ils ne veulent payer pour rien, sauf pour jouir , « ils le valent bien », n’est-ce pas?

Si ils ne veulent pas payer pour un système, un  régime propre, tout devient sale, nauséabond. C’est l’héritage de décennies de capitalisme pervers, monopolistique, des décennies de copinage , de réseaux de copains et coquins , des décennies de collusion, de corruption et de malversations qui mèlent les politiciens professionnels, les partis, les élites, les médias, les boites de pub, les officines de formation, les instituts de sondage.  Bien sur il ne faut pas oublier les coucheries entre les politiciens et les médiacrates. Tout cela forme un cloaque qui a tenu et tient encore grâce à la loi du silence, grâce aux  services de renseignement et de basse police, et  à la complicité des juges carrièristes aux ordres

Face à cette situation il y a deux choix possibles :

-soit on nettoie les écuries; on décrète une période de Terreur.

-soit on en  profite on s’inscrit dedans. On en tire parti et avantage

Vouloir nettoyer les écuries est éthiquement justifié, mais dangereux. Le dégoût de la politique est tel dans le peuple qu’y ajouter une opération mains propres avec toutes les révélations attachées fait courir un risque social important.

Le nettoyage serait  cohérent avec ce que prétend Macron: installer le neuf, le propre, tourner la page , moderniser, détruire le passé qui est un boulet, priorité au marché c’est à dire à la confrontation.

A l’opposé, s’inscrire dans cette situation  se vautrer dans la fange tout en la dénonçant sélectivement est ignoble. L’idée d’en profiter est visiblement le choix de certains: journalistes d’officines, manipulateurs, ingénieurs  sociaux, politiciens machiavéliques. L’opération de dénonciation sélective a réussi avec Fillon, Marine, Sarkozy etc pourquoi ne pas continuer? C’est plus marrant que le débat d’idées!

La dénonciation est une arme redoutable et tentante. Dans une France pourrie, elle est une épée de Damoclès suspendue au dessus de quasi toutes les têtes, croyez moi, j’en connais un bout.

Les Américains ont utilisée cette arme, en pratique une arme de chantage, au lendemain de la guerre. Avec  les dossiers saisis ils ont éliminés, maintenu en place, bref sélectionné  ceux qui leur convenaient, même si c e n’était pas les plus propres. C’est une technique qui consiste à laisser subsister la pourriture non au nom du pardon ou de l’indulgence mais au nom du machiavélisme; grâce aux dossiers, on tient les gens, ils ont un fil a la patte, ils sont inoffensifs. La Quatrième République en  a usé et abusé. La tentation d’y revenir semble très grande, les conditions s’y prêtent.

Tout cela crée un système politique dont on voit périodiquement les émergences puantes.

Il y a une autre solution qui dépasse les deux autres. On peut combiner à la fois un nouveau départ, et éviter les chantages. Eviter de donner des pouvoirs à des maîtres chanteurs et en finir avec leur  possibilité de fausser les choix démocratiques.

La solution consiste en une grande amnistie pénale et fiscale , décidée par vote populaire, mais  non conçue, non concoctée  par  la classe politique.

Une amnistie rédemptrice,  couplée avec la mise en place de nouvelles règles du jeu. Il faut absolument coupler amnistie pénale et amnistie fiscale généralisée.  Pourquoi? Pour des raisons d’équité, le peuple en a besoin,  et aussi et surtout parce que toutes les malversations, corruptions, tous les abus ont un aspect fiscal.  La fiscalité est au coeur des détournements, des fautes, des pressions; elle est coeur du pourrissement de la vertu sociale. Chacun doit avoir le droit de repartir propre dans le système, de se choisir une autre vie et de redevenir citoyen libre .

Regardez Bayrou pris au piège, les phares dans les yeux: Macron peut tout lui imposer, lui faire manger toutes les couleuvres, il suffit qu’il utilise ce pouvoir scandaleux que lui donne la généralisation  de la pourriture en France.

Si Macron le fait, si il ne va pas dans la direction  tracée ci dessus, il renie tous ses principes, sa modernité et son image. C’est à des choix de ce genre  que l’on reconnaît de vrais grands politiques.

Tension. Selon nos confrères d’RTL, la situation est de plus en plus difficile pour François Bayrou : le président Emmanuel Macron serait déjà en train de réfléchir à un plan B.

Ce serait désormais acté : l’Elysée chercherait un remplaçant à François Bayrou, selon une information de nos confrères d’RTL. “Le centriste qui avait rallié Emmanuel Macron pendant la campagne se sent visiblement invincible, et pourtant il n’est plus tout à fait intouchable” explique la radio, qui ajoute que ce serait le Premier ministre, et non le président de la République, qui devra gérer ce problème.

Mais cependant, dans les faits, Emmanuel Macron suivrait le dossier de très près. “Si François Bayrou devient trop gênant, il n’aura aucun scrupule, explique l’un de ses proches. Il serait même en train de réfléchir à un possible plan B, un remplaçant, affirme un autre ami du Président” explique encoreRTL.

Tension. Selon nos confrères d’RTL, la situation est de plus en plus difficile pour François Bayrou : le président Emmanuel Macron serait déjà en train de réfléchir à un plan B.
Ce serait désormais acté : l’Elysée chercherait un remplaçant à François Bayrou, selon une information de nos confrères d’RTL. “Le centriste qui avait rallié Emmanuel Macron pendant la campagne se sent visiblement invincible, et pourtant il n’est plus tout à fait intouchable” explique la radio, qui ajoute que ce serait le Premier ministre, et non le président de la République, qui devra gérer ce problème.

Mais cependant, dans les faits, Emmanuel Macron suivrait le dossier de très près. “Si François Bayrou devient trop gênant, il n’aura aucun scrupule, explique l’un de ses proches. Il serait même en train de réfléchir à un possible plan B, un remplaçant, affirme un autre ami du Président” explique encore RTL.

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5 réflexions sur “Sur la pente, sur la mauvaise pente. La France est un pays pourri, particulièrement au plan politique et syndical

  1. Bonjour,

    Je ne sais si c’est moi qui m’illusionne mais j’ai l’impression que ce gouvernement tourne comme un panier de fruits mûrs aux fortes chaleurs avant même d’avoir une majorité.

    Ce qui était prévisible quand on relit les déclarations de Bayrou sur Macron avant de trahir et de se renier lui même.

    Le passage sur la culture française qui exista puis n’exista point ayant été un point culminant de ce reniement.

    Il semble que l’ancien Bayrou se soit rappelé au bon souvenir du nouveau Bayrou et qu’il n’ait pas réussi à se trahir totalement lui même.

    Il ne manque plus qu’une forte contestation sociale à la rentrée pour se retrouver au même point qu’avec Hollande mais en pire : Macron a semble-t-il beaucoup promis à ses maîtres d’outre rhin et leur patience pourrait s’épuiser.

    L’obstination du premier ministre sur les 3% en dit long sur les attentes exigeantes de la Kommandantur.

    Nous verrons mais cela va plus vite que je ne le pensais.

    Cdlt.

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  2. Face à cette situation, dites-vous, il y a deux choix possibles :

    -soit on nettoie les écuries ; on décrète une période de Terreur.

    -soit on en profite, on s’inscrit dedans. On en tire parti et avantage… La solution consiste en une grande amnistie pénale et fiscale , décidée par vote populaire, mais non conçue, non concoctée par la classe politique.

    La première est théoriquement dangereuse, car ce serait probablement l’enclenchement d’une guerre civile, mais psychologiquement elle permettrait une catharsis ; à toute chose, malheur sert toujours à quelque chose ! Pour autant, et concrètement, je ne vois pas quel élu pourrait avoir intérêt aujourd’hui à décréter une période de Terreur, ou alors il aurait bien caché son jeu. Cette solution ne peut résulter que d’une période insurrectionnelle.
    La seconde est répugnante et injuste ; en outre, elle est à ce stade très improbable (qui est aujourd’hui capable et surtout en état de prendre et de faire aboutir une telle initiative, en excluant l’engeance des politiques ?), car ce serait trop facile et tellement scandaleux, que rien de solide ne me semble pouvoir être construit dessus, car elle serait dès le départ et constamment minée par le ressentiment, la suspicion et le risque que ça recommence rapidement et dans des formes encore plus pernicieuses (aujourd’hui, nous avons redécouvert que la tromperie et la fourberie n’ont pas, dans le monde moderne, au sens philosophique de ce terme, de garde-fou).

    Je ne crois pas, au regard de l’état moral dans lequel nous nous trouvons collectivement, que la solution du pardon soit viable, surtout que nous ne sommes plus collectivement animés par la foi dans le pardon christique. Sur quel credo ou quelle idée morale ou philosophique supérieure pourrait reposer un tel renoncement à la justice ? Nous ne disposons plus du recours à la justice divine pour accepter que les crimes soient jugés plus tard par quelqu’un d’autre, et nous avons par ailleurs appris à douter de tout, y compris de la raison humaine (et donc de la sagesse).
    A défaut de pardon, quelle serait la motivation, le ressort d’une telle magnanimité ? Le réalisme, le sens des responsabilités, le renoncement -sûrement peureux- à la violence, aux élans vitaux ? Bien sûr qu’un jour, on finit toujours par passer l’éponge, ainsi va la vie, mais pas à ce stade – car il me semble que nous n’avons pas collectivement suffisamment exulté-, nous ne sommes pas suffisamment mûrs pour accepter un tel compromis, un tel renoncement. Nous ne sommes pas des bêtes, mais nous ne sommes pas non plus des anges. Il y faudrait, au minimum, que la classe politique accepte de battre sa coulpe et accepte un grand coup de balai…(et tout ça sous l’impulsion d’un Macron ou d’un « vrai et grand politique » ayant émergé d’un processus électoral vicié et vicieux ?)

    Et puis, quand bien même serions-nous capables de le faire en France, pourrions-nous continuer parallèlement de contempler, tels des sages orientaux détachés, le spectacle du monde ? La solution franco-française semble bien peu probable.

    Alors quelle solution rajouter à votre proposition ? Une opération « Mains propres », reposant sur une vraie élite non politique, sortie d’on ne sait où, n’est plus aujourd’hui envisageable.
    Lorsque certains ont campé, longtemps, trop longtemps, pour des raisons d’intérêts très particuliers, dans l’illimité, l’inacceptable, l’indigne, l’irrespectueux, il ne reste qu’une seule solution : renverser la table, d’abord, pour pouvoir repartir un peu plus sereinement, ensuite. Symboliquement, nous aurions besoin, au minimum, que la classe politique et syndicale (pléonasme) demande pardon et passe la main. Ce n’est pas demain la veille. C’est même inenvisageable.

    Votre solution me semble, cependant, pouvoir être rapprochée de celle du jubilé en matière financière. Sauf que le jubilé pourrait être décidé sans crier gare, « administrativement », du jour au lendemain, par les classes dominantes actuelles. On toucherait alors seulement aux intérêts d’une partie de la population, mais pas vraiment au cœur de l’homme : son aspiration non négociable à la justice et au respect.

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    1. je vous remercie de vos remarques.

      Vous voyez juste, philosophiquement mes suggestions tournent toujours autour de l’idée de jubilé.

      Le passé s’est accumulé, il est un obstacle considérable à l’adaptation il nous asphyxie; c’est un boulet. Le mort empêche le vif de se manifester.

      Donc pour moi le choix est: ou bien une fatalité violente, dangereuse socialement, voire barbare ou bien une « table rase » gérée, admise par le peuple car élaborée en dehors des politques. Et ensuite proposée au suffrage du pays. La proposition doit être vaste, tout englober, des principes doivent être posés, principes qui doivent comporter une part de morale certes et une grande part d’efficacité pour l’avenir. Et le peuple doit ensuite donner son accord dans une consultation solennelle refondatrice d’une sorte de contrat social.

      Ne rien faire nous ferait nous noyer dans la pourriture sans espoir de redemption. Les risques seraient plus lents à se concrétiser, mais tout aussi inéluctables.

      Il faut sortir de la mentalité Merkel qui consiste à punir ceux qui ont péché, certes il ne faut pas le faire sans coût, mais il faut le faire généreusement et de façon réaliste. Le succès doit etre le seul objectif. Regardez la Grèce, ce que donne la volonté de punir!

      Est ce que l’intelligence humaine est capable de résoudre pareil problème à l’optimum, c’est la question.

      Par ailleurs je considère qu’il n’y aucun moyen de reconstruire un lien social en France en dehors d’un grand choc équivalent aux guerres.

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      1. On ne peut passer son temps à abêtir le peuple et s’attendre à ce qu’il réagisse de manière intelligente.

        ILS ont tout fait pour qu’il n’y ait aucun retour arrière possible sauf à casser le système actuel. Ils ont brûlé les navires comme vous dites si bien.

        Pour casser ce système il faudrait une énergie considérable, et ce genre d’énergie n’est produite que lors de révolution.

        Si vous avez l’estomac bien accroché vous trouverez sur youtube une vidéo récente qui compile les bons mots d’ATTALI : https://www.youtube.com/watch?v=OkJ6pcSd9_4.

        Il se vante devant un parterre d’avoir fait partie de ceux qui ont rédigé le fameux traité de Maastricht et d’avoir soigneusement veillé à oublier de rédiger tout article permettant une sortie du traité.

        Il dit ça avec le sourire des idiots qui se pensent intelligents : pour moi l’intelligence consiste à résoudre les problèmes et non à les aggraver ou à en créer de nouveaux plus graves que les précédents. Tout antécédent académique, scolaire ou autres est inutile dans l’appréciation de l’intelligence : le seul juge de l’intelligence est le réel.

        Cdlt.

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  3. Deux peuples : les plus intelligents sous le soleil. ( France et Grece Antique )
    L’affirmation de Valéry selon laquelle l’homme est un animal né pour la conversation est évidente en France, et incompréhensible ailleurs. Les définitions ont des limites géographiques plus strictes que les coutumes. […]
    Un peuple sans mythes est en voie de dépeuplement.
    Tant que la France parvenait à transformer les concepts en mythes , sa substance vive n’était pas compromise. La force de donner un contenu sentimental aux idées, de projeter dans l’âme la logique et de déverser la vitalité dans des fictions-tel est le sens de cette transformation, ainsi que le secret d’une culture florissante. Engendrer des mythes et y adhérer, lutter, souffrir et mourir pour eux, voilà qui révèle la fécondité d’un peuple. Les « idées » de la France ont été des idées vitales, pour la validité desquelles on s’est battu corps et âme. Si elle conserve un rôle décisif dans l’histoire spirituelle de l’Europe, c’est parce qu’elle a animé plusieurs idées, qu’elle les a tirées du néant abstrait de la pure neutralité. Croire signifie animer.
    Mais les Français ne peuvent plus ni croire ni animer. Et ils ne veulent plus croire, de peur d’être ridicules. La décadence est le contraire de l’époque de grandeur : c’est la retransformation des mythes en concepts .
    Un peuple entier devant des catégories vides-et qui, des mains, esquisse une vague aspiration, dirigée vers son vide spirituel. Il lui reste l’intelligence, non greffée sur le coeur. Donc stérile. Quant à l’ironie, dépourvue du soutien de l’orgueil, elle n’a plus de sens qu’en tant qu’auto-ironie.
    Dans sa forme extrême, ce processus est caractéristique des intellectuels. Rien, cependant, n’est plus faux que de croire qu’eux seuls ont été atteints. Tout le peuple l’est, à des degrés variés. La crise est structurelle et mortelle. […]
    E. Cioran – De la France – Paris 1941

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