Le discours de politique générale du premier Ministre n’appelle pas de remarque particulière. Il a été conçu pour écarter les écueils les plus évidents. La réthorique, l’Enarchie speak, les astuces de formulation, l’utilisation de mots creux mais considérés comme chargés de connotations positives comme « confiance » « progrès », « moderne » etc ont désamorcé les critiques. Il suffit d’écouter les LR, presque gênés de devoir s’exprimer, pour comprendre que l’exercice a été réussi. Il a mis dans l’embarras jusqu’à Clementine Autain l’Insoumise.
En fait on ne sait pas comment prendre cette prestation si on ne veut pas être taxé de réaliser un procès d’intention. La mauvaise foi n’est bien sur pas absente puisque sur tous les sujets difficiles, on reporte, on se réfugie derrière l’héritage de Hollande qui a comme d’habitude truqué les comptes et ainsi laissé une excuse facile à la disposition de Macron. En fait le déficit de 8 milliards à combler, c’est un cadeau, une aubaine puisque cela fourni un bon alibi à l’ ancien ministre.
On se surprend à sourire quand dans le catalogue on entend que dorénavant il n’y aura plus de sans dents, il n’y aura plus de » reste à payer » pour bien mordre, bien voir et bien entendre. Le coup du paquet de cigarettes à 10 euros est minable, bien dans la ligne Rocardienne. Les vaccins sont un beau cadeau aux amis pharmaciens, encore de beaux pots de vin et honoraires en vue pour ceux qui les conseilleront n’est ce pas … suivez mon regard.
C’est à un véritable catalogue que nous avons eu droit, catalogue de mesurettes , de micro mesures dont la finalité bien sur était de noyer le pois(s)on, de construire un écran de fumée sur les questions essentielles/conflictuelles reportées à plus tard. Comme le dit le LR de service, il faudra voir; eh oui bien sur, c’était conçu ainsi! Pour que l’on soit obligé d’attendre.
Le premier ministre nous a fait penser à Rocard, grand spécialiste de la couleur des cages d’ascenseur, ce qui lui a valu une forte popularité… tant qu’il n’a pas été confronté à l’épreuve de réalité. Ensuite, on s’en souvient, sa popularité s’est effondrée. Ce que l’on doit admirer, c’est non pas l’exercice politique, médiocre, mais l’exercice d’évitement.
Synthétiquement, le premier ministre nous a offert un exercice composite, un mix de Rocard, Juppé avec une touche de Barnier, mais discrète.
Les références à Simone Veil et à Chaban sont des abus, des détournements qui n’honorent pas celui qui les a commis.