Reprise: Big Macron is watching you !

Reprise de Polémia.

Ce commentaire a retenu mon attention en raison de son titre. Une nouvelle étape dans la surveillance, le contrôle et les pertes de liberté s’ouvre tant le président est persuadé de détenir la vérité et d’avoir la légitimité pour imposer ses vues.

Le coup de Versailles m’a fait froid dans le dos tant il est symbolique. Nous sommes en route vers une hyper présidentialisation fondée sur  la détention du Savoir, sur la certitude d’être dans le sens de l’histoire, sens  réduit l’idéologie de  la Modernité.  Celui qui sait, celui qui croit qu’il sait est un homme dangereux. Surtout lorsqu’il est soutenu non par la morale  et la bonne volonté, mais par les intérêts des marchands du temple. 

Macron est un assemblage de signes , une combinaison faussement complexe, et c’est cela que j’aurais essayé de démonter à partir de la photo. Démonter l’assemblage artificiel, le bric à brac, pour trouver le sens de ce regard et de la posture.

La France contrairement à ce que pensent les élites fascisantes pressées d’accomplir  l’irréversible de la soumission au monde extérieur a besoin d’une pause, d’un président humble, qui doute, qui s’interroge, pas d’un président qui impose et qui nargue comme sur la photo.

Elle a besoin d’un président qui s’interroge sur le chemin parcouru par le pays et se demande : mais mon dieu qu’est ce qui n’a pas marché? Comment en est-on arrivé là?

Elle n’a pas besoin d’un président qui prétend protéger car c’est lui l’agresseur!

Elle a besoin d’une écoute, d’un respect, le respect c’est crainte et admiration; ne l’oubliez jamais. La France n’a pas besoin d’un Maître qui se prend pour l’homme présidentiel/providentiel. Les élites font fausse route, totalement et Macron est leur homme et c’est ce qu’il incarne et donne à voir et à entendre. Nous aurons le temps d’en reparler.

Pour ma part ce n’est pas l’angle de commentaire que j’aurais choisi, mais chacun a ses propres associations d’idées en fonction de sa culture et de ses préoccupations. Cela dit je partage l’impression de malaise de l’auteur face au regard de Macron. 

Michel Geoffroy, essayiste

♦ « Une image vaut mieux que dix mille mots » dit un proverbe oriental. Le portrait officiel du président de la République, Emmanuel Macron, confirme l’adage.

Que voit-on en effet sur ce portrait ? Emmanuel Macron en grand et en plein milieu de l’image. Difficile de ne pas le voir : il occupe tout l’espace en buste et de face !


Fini de rire

Et il nous regarde droit dans les yeux avec un petit sourire, en serrant un peu les mâchoires. Emmanuel Macron, à l’évidence, est content de lui : le voilà président de la République.

President EM

Mais son sourire semble déjà contraint. Finis les grands sourires médiatiques et séducteurs de la campagne électorale, en effet ! Dotée d’une totale majorité légale, Emmanuel Macron n’est plus à l’heure de la séduction mais à celle du pouvoir…

Emmanuel Macron se tient d’ailleurs devant un bureau, bien appuyé sur ses mains aux deux alliances. On pourrait même dire qu’il s’y cramponne, à ce bureau. Comme pour signifier à ceux qui n’auraient pas encore compris –notamment les abstentionnistes – qu’il n’entend pas lâcher le pouvoir de sitôt.

Le surveillant général

Le président nous regarde un peu comme un surveillant général qui reçoit un élève turbulent pour le sermonner. A l’évidence, le président entend mâter ces cochons de Français, comme dirait Frau Merkel, si rétifs à l’immigration, à la flexibilité et à la mondialisation.

Le cadrage de la photo renforce l’impression carcérale : derrière le président il y a bien une fenêtre ouverte avec un bout de ciel nuageux, mais son buste nous cache complètement la perspective. Le président nous bouche la vue : pour accéder à l’air libre, il faudra attendre qu’il parte, manifestement. Le premier ministre va devoir s’y résigner.

La cime des arbres que l’on devine lui dresse, en outre, par contraste, des sortes de cornes ou d’ailes verdâtres qui donnent un curieux air sardonique au personnage. Et, flanqué à sa gauche du drapeau européen, à sa droite du drapeau français – vague réminiscence de la fonction – qui encadrent l’image, la perspective se trouve fermée latéralement cette fois.

A l’évidence on ne va pas rigoler tous les jours en Macronie !

Une impression de malaise

A vrai dire il est difficile de regarder longtemps ce portrait officiel sans ressentir une impression de malaise ou d’étouffement. Il y a comme quelque chose qui sonne faux.

D’abord, la pause se veut sans doute détendue, comme si le président recevait des copains ou des collaborateurs. Mais, agrippé au rebord de son bureau, il ne donne plus le sentiment d’être En Marche,comme pendant la campagne électorale : mais, au contraire, d’être installé et de nous boucher toute perspective. Fallait-il donc comprendre que la marche ne visait que l’accès au pouvoir personnel d’Emmanuel Macron ?

Ensuite, sa tenue civile, qui pourrait être celle de n’importe quel grand patron décoré, détonne un peu dans ce décor que l’on a voulu respectueux des traditions officielles : table et encrier de style, livre ancien ouvert, vieille pendule, dorures aux fenêtres. Il doit donc s’agir sans doute des symboles de cette culture française qui, comme à Versailles, n’existe pas (*). Mais alors pourquoi les avoir repris ?

Et pourquoi avoir mis un smartphone bien en évidence ? Sans doute pour montrer aux demeurés que nous sommes que ce président, moderne, ne s’enferme pas dans la tradition ? On aura en tout cas une pensée émue pour les communicants qui ont dû débattre des heures de la meilleure place pour ce fameux smartphone, appelé à un destin national : à gauche ? à droite ? devant ? derrière ? dans la poche ?

Enfin, pourquoi le président nous regarde-t-il si fixement ? Un peu comme le serpent Khââ dans le dessin animé tiré du Livre de la jungle, quand il susurre « Aie confiance » au petit Mowgli qu’il projette d’étouffer ?

Car on attend plutôt d’un homme d’Etat qu’il scrute l’horizon, qu’il fixe le cap, comme un capitaine qui rassure l’équipage dans la tempête. Mais le capitaine Macron, lui, ne regarde pas dehors ; il tourne, au contraire, le dos à la fenêtre et fixe l’équipage dans le blanc des yeux : comme s’il ne le comprenait pas, comme s’il allait le psychanalyser dans le silence de son cabinet ou comme s’il devait le surveiller.

Ayez confiance, braves gens : Big Macron is watching you !

Michel Geoffroy
30/06/2017

(*) A Lyon le 5 février 2017, Emmanuel Macron a affirmé : « Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse. »

Correspondance Polémia – 1/07/2017

Image : Photo officielle du président Emmanuel Macron

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Une réflexion sur “Reprise: Big Macron is watching you !

  1. A quoi bon ce type d’exégèse? On sait ce qu’il va faire, ou essayer de faire. L’individu on s’en fiche. Fait-il seulement le poids pour porter son projet illégitime en terme de popularité? On peut en douter. Il reste que perdre du temps sur ce portrait peut faire plaisir, mais seuls les historiens pourront en tirer des analyses pertinentes dans quelques années, après l’échec probable de ce faux leader en réalité proconsul de la province France en UE. M. Macron est le président des oligarchies, et comme tel, il va tenter d’imposer en dépit de toute opposition la feuille de route bruxelloise. Les fameux « GOPE ». C’est un artefact. Et forcément, son règne nous achemine vers une impasse dramatique. Cette photo le dit-elle? Pas sûr. Je préfère les analyses du portrait de Louis XIV en majesté. Lui était vraiment un patron. Cordialement.

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