L’euro, monte face à un dollar repoussoir

L’euro passe les 1,18 contre dollar à 1,1819 mardi matin. Le limogeage de Scaramucchi à la Maison Blanche a renforcé la pression baissière sur le dollar, même si en fait ce départ est cohérent avec la réorganisation autour du général Kelly. La situation américain est de plus en plus grotesque, ce qui confirme si besoin en était la fonction historique des populistes: détruire, faire dysfonctionner, bref obliger à un ordre nouveau. Les populistes ne peuvent pas gouverner car à ce jour personne n’a résolu le problème de la transition vers un ordre mondial différent, donc les populistes ne font qu’une chose: accélérer la délitation. Les USA à ce stade ne sont plus gouvernables, tout est possible; voila ce qu’il faut retenir. Et le désarroi absolu des démocrates n’arrange pas les choses. 

Par comparaison la situation européenne apparaît idyllique! La réduction des craintes politiques est palpable, même en Allemagne ou AfD régresse, tandis que les affaires italiennes, bien que très mauvaises ne semblent guère intéresser les observateurs, .. comme si on avait fait une croix sur l’Italie. Le dégonflement en cours de la baudruche Macron l’hyperactif, accéléré par les britanniques et les italiens ne gâche pas le moral européen.

La reprise cyclique européenne est moyenne, mais elle se confirme au niveau des différents indicateurs. En Europe depuis le début de l’année le rythme des créations d’emplois est équivalent à celui des Etats-Unis soit 1,3% . Le chômage reste élevé, au dessus des 9%, mais le déclin est sensible. Le pouvoir d’achat des salaires en revanche est toujours  sous pression. Les  observateurs pensent que la BCE ne devrait monter ses taux que dans la seconde partie de 2018 ce qui laisse la place pour un éventuel galop sur les marchés.

Les investisseurs tout en achetant l’euro ne comprennent pas la contreperformance des actions européennes depuis le début de l’année.

La situation est complexe et bien peu sont capables de démêler les fils de l’écheveau: nous sommes dans des mouvements/forces contradictoires: d’un cote le changement de régime monétaire vers moins de stimulation, ce qui devrait faire baisser le prix des actifs financiers , mais de l’autre reprise cyclique qui devrait en sens inverse faire monter les bénéfices et donc améliorer les valorisations. Le poids relatif des deux mouvements/forces est difficile à apprécier et surtout il est évolutif. La résultante est un marché difficile à travailler et peu rémunérateur.

L’euro s’affichait lundi à son plus haut niveau depuis janvier 2015 face à un dollar affaibli par des mouvements techniques , les incertitudes politiques et  des interrogations sur la vigueur de l’économie américaine.

Hier soir  l’euro valait 1,1843 dollar contre 1,1755 dollar vendredi .

La monnaie européenne montait face à la devise nippone, à 130,57 yens pour un euro contre 130,14 yens vendredi.

 

Ce mouvement est principalement technique, l’euro gagnant de la vigueur à l’approche du seuil des 1,18 dollar et profitant d’ajustements de portefeuille de fin de mois.

Selon des statistiques publiées vendredi, la croissance de l’économie américaine a accéléré au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) augmentant de 2,6%. Mais pas autant que ne s’y attendaient les analystes.

Les indicateurs publiés lundi n’étaient pas des plus encourageants:  les promesses de ventes de maison ont augmenté plus que prévu, mais l’indice sur l’activité économique dans la région de Chicago s’est beaucoup replié.

Les dernières turbulences à la Maison Blanche n’aidaient pas le billet vert, qui est tombé à son plus bas niveau depuis mai 2016 face à un panier de six devises regroupées dans le Dollar Index juste après l’annonce du départ du controversé directeur de la communication de Donald Trump, Anthony Scaramucci, après seulement 10 jours à son poste.

Les investisseurs ont par ailleurs pris connaissance lundi des données sur l’inflation en zone euro, qui est restée stable en juillet à 1,3%, soit bien en dessous de l’objectif de 2,0% de la Banque centrale européenne (BCE). Cette stagnation  pourrait réduire la probabilité que la BCE plaide en faveur d’une remontée prochaine des taux lors de ses prochaines réunions.

D’autres éléments comme la progression de l’inflation sous-jacente (hors énergie notamment) à 1,2%, la baisse du chômage à son plus faible niveau depuis 2009 (9,1%) ou de solides ventes au détail en Allemagne, représentent plutôt de bonnes nouvelles.

Une réflexion sur “L’euro, monte face à un dollar repoussoir

  1. Hum … je dois reconnaitre votre clairvoyance sur le sujet. Lors des élections américaines puis françaises, vous aviez déjà pointé le « rôle historique des populistes » … Beaucoup d’autres y voyaient l’échec du système / la revanche des classes moyennes / un renouveau politique: au final on se rends compte que Trump ne peut rien faire, il a les mains liés par toutes les parties en présences: les démocrates, les médias, les républicains … si ce n’est bien plus (les états, les maires, l’armée, les industries de l’ancien monde, celles du nouveau monde etc etc etc…. avec toutes les contradictions portées). Il va endosser le rôle du looser: son bilan sera celui de l’échec (on commence avec l’obamacare, on va continuer avec une reprise aux USA plus faible qu’attendue dixit le FMI – car Trump n’est pas assez globaliste -), si krack il y a, il en sera rendu responsable etc …
    A mes yeux, Macron n’a pas plus le liberté mais simplement il va dans le sens du système en imposant la rigueur ordo-libérale voulue pour la France (selon votre terme je crois), alors il est présenté comme un réformateur habile ayant une vision claire du destin / du temps …

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