Editorial L’échec des banques centrales va créer un gros besoin de destruction

RNous soutenons régulièrement que la crise n’est pas terminée et qu’au contraire, elle aborde une nouvelle phase. Nouvelle phase d’autant plus dangereuse que les conditions fondamentales se sont détériorées et que la crédibilité des apprentis sorciers, sans avoir disparue est écornée.

En un mot la création monétaire et les politiques des banques centrales ayant échoué, l’argent n’a pas été là ou il aurait du aller, il a enflé les prix des actifs et ceci va nécessiter une nouvelle vague de destruction dont on ne peut dire qu’elle sera créatrice.

Ceux qui proclament que la crise est finie et que nous sommes sur la bonne voie, mettent en avant ce qui marche ou donne l’apparence de marcher: croissance, bourses, emploi officiel . Ils réduisent le champ de leur observation à cette partie du réél qui va dans leur sens. Ceux-là gonflent les aspects positifs apparents et escamotent les aspects négatifs qui sont en arrière plan.

Ceux qui comme nous pensent que rien n’est réglé et que la situation est plus grave qu’avant mettent l’accent sur les anomalies de la situation, sur ce qui cloche et qui n’est pas conforme à l’histoire. L’histoire est notre guide car nous ne croyons en  TINA, c’est à dire « au cette fois c’est différent ».

Ce qui cloche c’est , le besoin de  maintien de la  politique monétaire non conventionnelle. Il faut comprendre ce maintien comme un maintien d’artifices, un maintien de béquilles. C’est à dire le maintien de béquilles qui donnent lillusion que l’ensemble tient debout . La politique monétaire constitue un ensemble de béquilles complexes (taux, liquidités, assurances, promesses, guidances)  et on ne peut les enlever sans risquer la chute. La preuve, c’est que l’on n’ose pas normaliser:  le retrait c’est toujours pour demain. Si le remède est toujours nécessaire, c’est que le mal lui aussi est toujours présent. Le remède révèle le mal que l’on cache. Pour justifier cette situation, les autorités ne savent plus quoi inventer: le monde a changé, les gens prennent des opoides comme le dit la Fed, la croissance sera séculairement faible, c’est la faute à la météo etc etc…

Ce qui cloche c’est le niveau élevé des prix des actifs financiers, c’est un autre symptôme: les valorisations des actifs financiers sont 170% supérieures à ce qu ‘elles devraient être. Bien sur, on  le nie avec des contorsions ridicules, mais la réalité est là. Les rentabilités sont laminées par la hausse du prix des actifs, ils ne rapportent plus rien. On ne peut favoriser une  régularisation à cause du risque pour la stabilité:  si on le fait les actifs des banques, les contreparties des crédits, les gages, les collatéraux,  se trouvent amputés et le système se trouve désolvabilisé.

Les fonds d’état forment une bulle, colossale, la mère de toutes les bulles alors que les dettes souveraines n’ont jamais été aussi élevées et les moyens de les honorer aussi réduits. C’est pour cela qu’il faut adminisitrer des taux bas, ultra bas: car les débiteurs ne pourraient payer des taux normaux. Ils ne pourraient « rouler » leur dettes.

Ce qui cloche c’est l’inflation et les taux longs qui restent bas. l’inflation  ou plutôt son absence signe l’échec des banques centrales , de leur politique et bien sur de leurs analyses.

L’absence d’inflation, c’est l’absence de rééquilibrage du système, c’est l’insuffisance des cash flows. C’est l’absence de matière vivante pour nourrir les exigences du mort accumulé, le capital.  C’est le maintien de taux longs trop bas, trop bas pour faire vivre les systèmes de retraites, les systèmes bancaires   et maintenir en vie les classes moyennes épargnantes.  Les institutions de prévoyance n’ont plus de marge. Les autorités se sont   trompées et elles nous trompent encore en affirmant que c’est temporaire. Leurs excusent ne trompent plus grand monde.

En fait et paradoxalement, les conditions monétaires concrètes sont restrictives et l’absence d ‘inflation en est la meilleure preuve!  La BCE a manqué ses objectifs d’inflation 53 mois sur 54 ! Et le seul mois ou elle a atteint son objectif, ce n’est pas grâce à sa politique, mais grâce à une action des producteurs sur le prix du pétrole( hausse de +90%) . Voila qui en dit long sur l’efficacité de sa politique et la valeur de ses analyses.

L’absence de retour de l’inflation traduit, exprime une situation du système qui n’a pas été comprise et donc qui n’est pas traitée. On ne peut traiter un problème que l’on ignore. Le maintien des dogmes comme la courbe de Phillips qui relie inflation et l’ emploi a fait long feu, il se révèle qu’en réalité ces PHD n’ont rien compris à la loi de Phillips et surtout pas le sens des causalités. L’emploi s’améliore, mais les salaires ne montent pas et les PHD ne comprennent pas, cela les dépasse. Tout comme ils sont dépassés par la question de la participation au marché du travail, cette faible participation est un autre symptôme de désequilibre, de dysfonctionnement qui n’est pas traité.

Tout comme ils n’ont pas compris la réalité de la création de monnaie, le rôle des réserves et surtout ils n’ont pas compris que ce qu’ils ont crée, les trillions qui sont au bilan des banques centrales n’étaient pas de la monnaie! Ces réserves ne seront jamais de la monnaie tant que les opportunités ne se developperons pas et tant que le capital, la capacité bilantielle des banques restera trop faible. En fait ils n’ont jamais crée de monnaie vivante, active, tout ce qu’ils créent ce sont des digits.

La politique dite monétaire n’a pas été stimulante, si elle l’avait été il y aurait de l’inflation! 

La théorie de Bernanke et Draghi est fausse et archi fausse et leur diagnosctic également. Voila ce que le symptôme de l’absence d’inflation nous dit et nous répète. Cela nous crève les yeux.  Ces histoires  d’insuffisance de la demande globale, d’excès d’épargne, de « saving glut » et autres billevesées sont les refuges de leur ignorance. On se croirait revenu au temps de l’alchimie et du Phlogiston pur reprendre la très bonne analyse de Romer qui semble avoir abandonné l’orthodoxie. Romer (1)

Les banquiers centraux se trompent , mais ils ont au moins une chose juste; les taux d’intérêt bas sont un symptôme. Mais là ou ils se trompent c’est quand ils affirment que c’est un symptôme de l’excès d’épargne. A partir de là tout déraille. Ils s’avancent dans une voie idiote, en contre sens du bon sens.  Les taux bas sont un symptome, mais au lieu de s’arrêter là il eut fallu poursuivre. Il eut fallu continuer de réflechir au lieu de proposer une théorie fausse. Et c’est là ou ils sont tombés dans le piège de » la demande d’investissement insuffisante pour absorber toute l’épargne mondiale » comme le déclare Draghi à  Frankfurt,

« There is a temptation to conclude that since very low rates generate these challenges, they are the problem. But they are not the problem. They are the symptom of an underlying problem, which is insufficient investment demand, across the world, to absorb all the savings available in the economy ».

Et si il y a insuffisance d’investissement et excès d’épargne c’est parce que  que la demande globale agrégée est insuffisante ajoute notre Draghi . Et si la demande est insuffisante alors il faut la gonfler par le crédit!  « There is insufficient “demand” so that investment might rise as all these savings are put finally to  use. Therefore, monetary policy must increase “aggregate demand” in whatever ways possible so as to normalize this harmful imbalance. »

Nous sommes en plein délire Gribouillesque: Il y a trop de monnaie qui reste sous forme d’épargne,  alors on en conclut qu’il faut … créer encore plus de monnaie par les QE.  Il y a trop d’eau donc il faut arroser encore plus. Excès d’épargne? Créons en encore plus!

Déja ce qui aurait du leur mettre la puce à l’oreille, c’est l’histoire, dans l’histoire les taux très bas coincident avec … « tight money » c’est à dire une politique monétaire restrictive.

Ce que les autorités croient être une politique monétaire accommodante est en réalité concrètement une politique monétaire … restrictive. Pourquoi , parce que les choses ne se passent pas comme elles le croient! Il n’y a pas d’opportunités dans nos économies et donc cette monnaie  est stockée.  Même avec des pénalités négatives, les banques euros stockent presque 600 milliards! Vouloir forcer par  un excès de monnaie ne crée aucune opportunité productive. 

Draghi et Bernanke prétendaient et prétendent soutenir la création de prêts par les banques par … les taux quasi nuls. Ils croyaient être accomodants en mettant les taux à zéro alors que si les taux sont bas mais les risques élevés, le bon sens conduit à ne pas prêter et non l’inverse. C’est ce qu’ont fait les banques. La perception des risques est centrale et c’est ce qui explique que dans ce contexte, l’Allemagne considérée comme pays sans risque, sur,  « marche » mieux que les autres, mieux que les pays ou les risques sont  élévés comme l’Italie. Si Draghi pensait juste, ce serait l’Italie qui devrait marcher mieux.

Le Wall Street Journal publie un article qui va dans notre sens. Global Inflation Hits Lowest Level Since 2009: l’inflation dans le monde atteint  son niveau le plus bas depuis 2009; 

The Organization for Economic Cooperation and Development said Thursday that consumer prices across the G-20—the countries that account for most of the world’s economic activity—were 2% higher than a year earlier.

The last time inflation was lower was in October 2009, when it stood at 1.7%, as the world started to emerge from the sharp economic downturn that followed the global financial crisis.

The contrast between then and now highlights the mystery facing central bankers in developed economies as they attempt to raise inflation to their targets, which they have persistently undershot in recent years.

According to central bankers, inflation is generated by the gap between the demand for goods and services and the economy’s ability to supply them. As the economy grows and demand strengthens, that output gap should narrow and prices should rise.

Right now, the reverse appears to be happening. Across the G-20, economic growth firmed in the final three months of 2016 and stayed at that faster pace in the first three months of 2017.

Growth figures for the second quarter are incomplete, but those available for the U.S., the eurozone and China don’t point to a slowdown. Indeed, Capital Economics estimates that on an annualized basis, global economic growth picked up to 3.7% in the three months to June from 3.2% in the first quarter.

Central bankers in developed economies are puzzled by the sluggish pace of pay rises, given continuing declines in jobless rates. However, they believe that economic growth will ultimately eliminate the gap between what their economies can produce and what they are now producing, supporting wages and prices.

(1) Romer

https://aeon.co/essays/how-economists-rode-maths-to-become-our-era-s-astrologers

A lire également:

https://thefelderreport.com/2017/07/26/william-white-on-the-undesired-side-effects-of-experimental-monetary-policy/

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3 réflexions sur “Editorial L’échec des banques centrales va créer un gros besoin de destruction

  1. Bonjour Mr Bertez,

    Dans cet article, j’avoue avoir du mal à vous suivre tant les arguments sont inversés… Je dois manquer de compréhension du rôles des banques centrales probablement.
    Par exemple, vous dites qu’historiquement, les taux étaient bas lorsque la politique monétaire était restrictive: c’est déjà assez étonnant. Comment le fait que la monnaie soit rare permet-il aux taux (=loyer payé sur l’emprunt de monnaie) d’être bas ? Ce qui est rare (la monnaie ici) devrait être chère non ?
    Vous affirmez en fin d’article que l’actuelle politique monétaire des banques centrales accommodante est en réalité restrictive … Hum … J’ai le sentiment que, pour les particuliers au moins, les robinets du crédit sont ouverts (d’où pour certains une possible bulle de l’immobilier). Idem pour les entreprises: en 2008, on ne comptait plus les reportages / articles sur les entreprises bénéficiaires ou au carnet de commande plein mais n’arrivant pas à trouver du crédit pour leur trésorerie et obligées de baisser rideau. Là, c’est plutôt l’inverse aussi, avec des entreprises qui accumulent du crédit (pour ne rien en faire ou racheter leurs propres actions, faisant monter leur cours par exemple), voire dans le cas particulier des banques les fameuses entreprises zombies… elles trouvent des liquidités pour alimenter leur perfusion là où elles ne le devraient normalement pas le trouver … et donc clamser / laisser la place à d’autres.
    Comme vous le dite dans un autre article dans ces mêmes jours, l’investissement est au plus bas et de nombreux gestionnaires d’actifs (ex. Warren Buffet) accumulent des liquidités en vue d’une crise prochaine… Donc tout cela ne donnerait-il pas un excès « d’épargnes » ? Bon, contrairement à Draghi, dans mon idée, c’est plutôt (comme vous) que rien n’est assez sexy pour prendre le risque d’y investir … faute aux taux bas et politiques des QE aussi … sans compter qu’une partie de la soit-disante épargne est de l’emprunt (quasi gratuit) rendu inactif …

    En tout état de cause, merci pour votre blog & vos articles !

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    1. Vos arguments sont ceux de l’évidence,de la fausse evidence, de la mystification, dans laquelle les banques centrales et l’économie classique font vivre les peuples.

      L’erreur de base consiste a confondre l’épargne, la vraie épargne avec le crédit comme le font les BC, or c’est faux, cette équivalence est fausse.

      La situation présente se caractérise par une insuffisance d’épargne disposée à s’investir productivement compte tenu du taux de profitabilité qui lui est offert et compte tenu des risques qui y sont associés.

      Lisez et relisez cette phrase. C’est la seule explication logique qui permet de comprendre que depuis 9 ans on n’investit pas et que donc on ne crée pas de vrais emplois productifs qui permettent de gagner sa vie, et donc que l’on ne peut distribuer assez de revenus pour faire tourner la machine.

      Le système est grippé par l’insuffisance de la profitabilité, il n’investit donc plus productivement, il n’embauche plus productivement dans des vrais jobs qui produisent des richesses réelles et donc il ne distribue plus assez de revenus et donc en apparence il souffre d’une insuffisance de la demande. Mais c’est une apparence, une apparence seulement, car à l’origine de tout cela ce n’est pas une insuffisance de la demande que l’on trouve , mais une insuffisance de la profitabilité! Si vous voulez pour simplifier, l’investissement productif est un moteur à produire des emplois et des revenus, et si l’investissement n’est pas assez profitable, alors on n’investit pas assez et donc on ne produit pas suffisamment d’emplois et de vrais revenus qui permettent de gagner dignement son pain. Mais si vous vous faites pieger par les apparences, vous croyez simplement que la demande adressé à l’économie est insuffisante comme le croient les Draghi et autres idiots inutiles.

      Nos idiots essaient de compenser le manque de revenus gagnés par les travailleurs par le crédit et pour cela ils rendent le crédit surabondant! Comme le credit est surabondant et qu’ils ne reconnaissent pas la différence entre le crédit et l’épargne ils en arrivent à croire que l’épargne est surabondante, qu’il y a un excès d’épargne! Ah les braves gens. Ce sont eux qui créent l’apparence trompeuse de l’excès d’épargne par leur injection de crédit! Ils créent eux même ce qu’ils déplorent c’est pour cela que je dis que ce sont des gribouille qui se jettent à l’eau pour ne pas être mouillés.

      Et nos Bernanke et consorts finalement tombent dans le piège de croire que c’est une insuffisance de la demande sans s’interroger: mais qu’est ce qui fait qu’il n’y a pas assez de demande, qu’est ce qui fait qu’il n’y a pas assez de « revenus gagnés » par les gens et que l’on doive distribuer du crédit pour qu’ils puissent acheter et consommer? Réponse: On fait tourner la machine économique à crédit parce que le mécanisme de base de l’économie capitaliste est grippé: il n’investit pas, donc il n’embauche pas et ne paie plus de hauts salaires; donc les gens n’ont pas de revenus salariaux suffisants pour assurer leur niveau de vie, donc ils s’endettent pour vivre et… la masse de dettes ne cesse de grandir. Mais la masse de dettes a des propriétaires, et ces propriétaires ce sont les capitalistes donc la masse de capital ne cesse de croitre comme une boule de neige et comme on n’investit toujours pas , la masse de profits à se répartir se contracte, le dénominateur du ratio de la profitabilité, la masse de capital croît plus vite que son numérateur, le profit et même plus vite que la valeur ajoutée totale, c’est à dire que les GDP. Voila pourquoi le système s’asphyxie et pourquoi la fuite en avant dans le crédit est un non sens.

      Le monde qui a été créé par l’ingénierie financière et bancaire est devenu opaque, il masque la réalité qu’il était censé refleter et nos zozos confondent ce monde financier avec le monde réel; il sont dans la situation du mythe de la caverne de Platon, ils ne voient que les ombres et croient que c’est la réalité. Vous croyez à l’évidence, vous croyez que la terre est plate , que le soleil tourne autour de la terre, eh bien non, cela c’est l’illusion, le signe, les signes et les signes sont trompeurs! Les apprentis sorciers sont prisonniers du monde illusoire qu’ils ont créé!

      Dans un monde de monnaie de crédit les taux ne reflètent pas le prix d’équilibre de l’épargne/investissement , Keynes l’a expliqué et on l’a oublié. Lisez le groupe de théoriciens qui publie sous le nom de « Positive money » avec Ann Pettifor.

      Le prix du crédit (le taux d’intérêt fixé par la banque centrale) n’est pas le taux naturel qui découle de la confrontation de l’offre de vraie épargne et de la demande de fonds pour investir productivement.

      Toute l’histoire par ailleurs indique que les taux d’intérêt sont bas quand la politique monétaire est restrictive eh oui; ceci a parfaitement été démontré par un auteur comme Jeffrey Snider et je l’ai toujours su!

      La politique monétaire actuelle est restrictive malgré les apparences de laxisme car la monnaie que l’on croit créer par les QE n’est pas de la vraie monnnaie, elle ne circule pas: la vitesse de circulation ralentit sans cesse. Les digits qui sont dans les livres de comptes des banques sont au cimetière des zombies voila ce que j’écris souvent.

      Malgré les apparences, il n’y a pas assez de monnaie.. qui soit de la vraie monnaie vivante, active; car l’essentiel est stérilisé.

      Ce qui crée de la vraie monnaie vivante, qui circule ce sont … les transactions. C’est le mouvement, la vie qui crée la monnaie. Le stock de monnaie importe peu, ce qui importe ce sont ses mouvements! On créera de la vraie monnaie quand l’économie repartira et non l’inverse, la création de cette monnaie là ne fait pas repartir les économies. Les liens de causalités ne sont pas ce que les apparences disent. Quand ce que l’on appelle la préférence pour la monnaie disparaitra alors il y aura trop de monnaie et on risquera l’hyperinflation!

      En revanche ce qui serait de la vraie monnaie ce serait de « l’hélicopter money » laquelle serait donnée aux gens sous condition expresse qu’ils la dépensent!

      On crée de la monnaie morte par suite d’une erreur intellectuelle colossale; les banques ne prêtent pas à partir des réserves auprès de la Banque Cenrtale comme le croit Bernanke , c’est une idiotie.

      Ce qui est créateur de monnaie ce sont les prêts des banques commerciales, quand elles prêtent elles créent de la monnaie, elles créditent le compte de dépôt de la personne ou de l’institution à qui elles prêtent ! Plus les banques se leveragent, c’est à dire plus elles utilisent leur capacité bilantielle, plus elles multiplient leurs fonds propres et plus elles prêtent et plus donc elles créent de la monnaie. Pour augmenter leur capacité de gonfler leur bilan, les banques doivent utiliser les dérivés, lesquels permettent de diminuer les VaR, les Value at Risk! C’est pour cela qu’il faut perpétuellement maintenir le système, à notre époque, en risk-on. Maintenir en risk-on dans un système pervers pourri , c’est entretenir l’esprit de jeu, l’esprit de speculation. Il le faut pour maintenir la production de dérivés c’est à dire maintenir la possibilité des banques de continuer d’enfler leur bilan en réduisant leur risque théorique, mathématique, probabilisé.Il faut sans cesse faire croire que le risque est faible, avoir un VIX , une volatilité de plus en plus faible.

      La circulation monétaire mondiale est fonction de la capacité bilantielle des institutions financières. En fait ce qui compte c’est la M » M3 mondiale qui n’est pas calculée malheureusement. Le monde est global, mais personne ne surveille la masse monétaire globale! C’est cette fameuse M3 qui en fait est insuffisante et c’est ce que je veux dire quand je dis que la politique monétaire mondiale est restrictive. En fait elle est devenue restrictive en 2015 et 2016, (les réserves mondiales, celles de la Chine, des pays pétroliers, ont cessé de croitre). C’est ce qui explique les deux accidents boursiers que l’on a connu à cette époque. Depuis lors, la masse monétaire mondiale M3 a recommencé à progresser grace à l’explosion du crédit en Chine et au maintien des QE ce qui explique … l’inflation boursière et financière.

      Le processus de création monétaire moderne dans un monde de monnaie de crédit c’est: le crédit!

      Les BC croient l’inverse, elles croient que l’on prête de la monnaie qui préexiste. Et elles croient que les crédit sont la mobilisation de l’épargne. Elles marchent sur la tête!

      Je sais tout cela est complexe, mais des autorités comme la Banque d’Angleterre utilisent la même analyse que moi, ce sont de sérieuse références, bien meilleures que les Yellen et Draghi.

      Ces zozos croient qu’en faisant baisser le prix de leur crédit ils vont relancer l’économie!

      Non cela n’est pas comme cela que cela marche! Le système marche à l’inverse: si l’économie se bloque c’est parce que la profitabilité du capital est trop faible, inférieure à celle que voudraient les capitalistes et vous pouvez faire baisser le cout du crédit, cela ne changera rien: avec ce crédit les capitalistes achéteront sur le marché des actifs financiers des actifs anciens qui rapportent plus que les investissements productifs, ils ne prendront pas le risque d’investir productivement! Une autre erreur des zozos est croire que le coût du crédit c’est la même chose que le coût du capital! C’est une idiotie, le coût du capital est bien , bien plus élevé que le cout du credit. Le cout du capital c’est ce qu’il faut donner au capitaliste pour qu’il accepte d’engager son capital dans les circonstances qui prevalent, de profitabilité, de risque et d’environnement de concurrence. Bref il faut lui garantir une profitabilité au moins aussi bonne que la rentabilité que procure la spéculation boursière! Plus la performance boursière est élevée et plus vous dissuadez le vrai investisssemnt productif: il ne supporte pas la comparaison ! Quand il est plus facile de s’enrichir en dormant, vous ne prenez pas le risque risque d’investir productivement dans un monde incertain et que vous savez être artificiel. Car le Très Grand Capital sait que tout est artificiel et que tout sautera un jour…

      Je suis désolé, mais si vous voulez suivre, vous devez à un certain stade sauter le pas et faire confiance, j’ai passé plus de 50 ans à creuser ces questions avec l’aide et avec les reférences des plus grands, je ne peux malheureusement pas tout résumer en quelques ecrits, même quand j’essaie d’être didactique.

      Tout ce que l’on apprend et enseigne dans l’establishment au sujet de l’économie est une mystification idéologique, c’est un roman destiné à empêcher les gens de comprendre et à faire en sorte qu’ils continuent de se faire baiser.

      La théorie économique que l’on enseigne est une construction destinée à reproduire l’ordre, le désordre social existant. C’est un catéchisme pour les serfs. La théorie économique a remplacé la Bible et les banquiers centraux et autres ont remplacé le clergé. On agite des ombres , des signes, des abstractions et on fait croire que ce sont les réalités!

      La monnaie est le voile très commode, complexe qui permet de tout, absolument tout masquer, dissimuler. D’ou la financiarisation!

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  2. Bonsoir!
    Et bien merci pour cette excellente explication et mise au point en des termes que je comprends. Après avoir envoyé mon message, j’ai compris mon erreur sur le « ce qui est rare devrait être cher » relativement à la politique monétaire…. Lorsque j’étais petit, la politique monétaire devait être assez laxiste : les taux étaient alors forts hauts. Mon erreur se trouve dans l’oubli de l’inflation: une politique monétaire laxiste se traduisait, alors, par une hausse de l’inflation (via la hausse des salaires) et donc, logiquement, les taux d’emprunts étaient plus haut que ladite inflation… Le monde financier était dans le monde réel. Aujourd’hui tout est décorrélé: la monnaie crée par les BC ne se retrouve pas dans le monde réel: au contraire, les salaires ont une sérieuse tendance a baisser (par exemple via la hausse du chômage). Le monde financier est vraiment en lévitation au dessus du monde réel: là haut, des liquidités à gogo, en bas (dans notre monde), la dèche (moins de boulot donc moins de salaire distribué) ! …

    Bon, encore un article / commentaire à relire pour ma part. De toutes mes lectures sur l’actualité économique, vous êtes largement le plus pertinent: ce que je perçois & comprend de ce monde (par exemple aujourd’hui la baisse des revenus des salaires et le manques d’investissement) prends sens dans vos écrits et raisonnements. Merci de me / nous tirer vers le haut… Vos efforts ne sont pas vains !

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