A lire absolument pour ne pas perdre le fil conducteur de mes analyses

Un graphique interessant; la baisse continue de la part des revenus salariaux totaux dans le revenu total américain.

 

Contrairement aux apparences, ce graphique ne prouve pas que les profits sont trop élevés, au contraire; c’est une illustration de ma thèse à savoir que la profitabilité de la masse totale de capital dans le système est insuffisante.

Le capital est obligé de se « suicider » en ne distribuant plus assez de revenu  à ses salariés! Donc la demande pour les biens et les services est insuffisante, il perd en quelque sorte ses clients, donc il faut à tout prix pour faire tourner la machine créer de plus en plus de crédit.

La machine économique,  faute de revenus suffisants ne peut tourner sauf à créer du crédit et à le créer de telle façon qu’il ne coûte pas trop cher, donc à taux bas.

Nous sommes dans la situation qui est le contraire du Fordisme, Ford avait compris que pour que les gens achètent ses voitures, il fallait qu’ils gagnent très bien leur vie. Les idiots actuels l’ont oublié!

Pourquoi le profit est-il insuffisant? Tout simplement parce qu’il y a trop, beaucoup trop de capital , le profit existant a augmenté mais pas assez en regard de la progression de la masse de capital qu’il a fallu employer. La  crise du profit est une crise de l’excès de capital:  il y a trop de capital dans le système. La masse de capital a progressé plus vite que la masse de profits. 

En effet la profitabilité n’est pas un ratio entre les profit et le chiffre d’affaires, ou pour simplifier le GDP , non c’est un ratio entre les profits et la masse totale de capital qui existe dans l’économie. Et c’est de la que vient l’erreur qui considère que les profits sont trop élevés et que c’est une cause de la crise! La réalité est que si  il n’y a pas assez de profit c’est parce qu’il y a trop de capital. Le dénominateur est trop grand. Le capital en veut toujours plus parce qu’il n’en a pas assez… de profit pour survivre et se rentabiliser.

La profitabilité a tendance à baisser car d’une part la masse de capital qu’il faut engager pour produire dans le monde moderne est de plus en plus lourde, la composition organique du capital s’alourdit. Mais ce n’est pas le plus grave, le capital inutile et inefficace s’accumule: on n’ose plus détruire le capital peu efficace, on le maintient en vie artificiellement. Ce que l’on appelle des politiques de préservation de l’emploi, par exemple quand on empêche les faillites,  sont paradoxalement anti sociales. Elles sont sociales en apparence mais de court terme;  mais elles tuent l’emploi sur le long terme par maintien du capital inefficace.

Le plus grave de tout est que le système accumule une masse considérable de faux capital qui ne produit rien, du capital fictif, du capital non productif, du capital purement financier, ce que j’appelle comme on le faisait dans  les années 30 du « capital de poids mort. »

La profitabilité insuffisante du capital conduit sans  cesse à rogner sur la part des salaires, on serre la vis des salariés, on les paupérise! On les fait régresser. On augmente le taux d’exploitation! Mais si cela fait baisser la part qui revient aux salaires, cela ne suffit pas résoudre les problèmes de profitabilité du capital.

Pour améliorer la rentabilité de ce  capital on fait du levier, on s’endette afin de bonifier la rentabilité du capital . Ceci conduit à surendetter les firmes et à augmenter le profit du capital fictif en particulier bancaire.

Comme tout cela ne suffit pas encore pour améliorer la profitabilité on fait des buy-backs c’est à dire qu’au lieu d’investir productivement, on rachète ses actions; on diminue  son capital ce qui permet de soutenir la profitabilité puisque moins de capital se trouve engagé. Le ratio de profitabilité s’améliore.

Finalement  compte tenu de la profitabilité insuffisante, on n’investit pas ; et si on n’investit pas, on ne crée pas   d’emplois ; et si on ne créé pas d’emplois on ne distribue pas de revenus. Bref le capital et le système qui va avec, le capitalisme deviennent illégitimes, il cessent d’être considérés comme justes et efficaces.

Quelques graphiques pour illustrer tout cela.

 

Des profits et des dettes, mais pas d’investissements productifs.

 

 S&P Capital IQ note que les entreprises conservent un matelas de liquidités de $1.84 trillion, en  cash mais qu’elles ont contracté la somme colossale de  $6.6 trillions en dettes ce qui conduira à une nouvelle crise. 

Publicités

Une réflexion sur “A lire absolument pour ne pas perdre le fil conducteur de mes analyses

  1. En effet nos capitalistes n’ont même plus l’intelligence d’Henry Ford…
    La surexploitation mène à une forme d’esclavagisme qui ne permet plus
    de maintenir un marché suffisant pour rémunérer le capital des flibustiers
    de la finance.
    En gros, le « capital mort » continue à avoir faim! C’est du capital zombie!
    Pour lui couper l’appétit le mieux n’est-il pas d’abolir les dettes souveraines,
    et de réorienter l’investissement vers le productif (et pas seulement le
    profitable à court terme), évidemment pas avec le même personnel
    politique, tout juste bon à recommencer les mêmes âneries… Isn-it?

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s