Billet Pour en finir avec le mythe de l’effet de richesse.

Il y a de nombreuses façons de caractériser les bulles de prix des actifs qui constituent les patrimoines. Dans la névrose sociale entretenue par les banquiers centraux et les ingénieurs sociaux, on appelle cela un « wealth effect », un effet de richesse!

Rien que cette appellation révèle les intentions vicieuses des élites,: appeler un « wealth effect » la somme des passifs du système c’est en effet un peu fort.

L’ensemble des actions et des obligations, tout ce qui est coté sur les marchés , sont des passifs. Même si on cherche à vous le faire oublier, tout cela s ‘inscrit au passif du système, c’est ce que les états souverains , les entreprises  etc vont devoir verser aux détenteurs de ces actifs au fil du temps, au fil de la durée de vie de ces actifs.

Un actif capitaliste en théorie financière, c’est une somme de flux que vous allez recevoir au fil du temps et c’est cela la vraie richesse, c’est ce flux qui va vous être versé; votre richesse, c’est votre droit à recevoir ces flux.  Le  prix , le cours, eh bien c’est ce que vous devez investir pour l’obtenir! Le fait que vous le payiez de plus en  plus cher à cause du Ponzi ne vous enrichit pas, au contraire, car cela ne change  absolument rien aux flux futurs que vous allez recevoir et rien à la rentabilitié interne, intrinsèque de votre investissement, simplement si vous payez un prix bas vous faites une bonne affaire et si vous payez un prix élevé vous en faites une mauvaise. Vos fonds de pension eux raisonnent sainement: ils savent que si ils paient cher, pour un flux, ils ne pourront honorer leurs engagements vis à vis de vous.

Si vous m’avez suivi vous comprenez que l’appellation de « wealth effect » pour qualifier la hausse du prix des actifs est une mystification, un piège à cons.

La richesse c’est le réel, c’est ce qui subsiste quand toutes les promesses incluses dans le système sont soldées. Tous les passifs se soldent les uns les autres pour une raison simple qui est que ce que les uns doivent à toujours pour contrepartie ce que les autres, les détenteurs de cet actif, attendent. Si Pierre doit 100 euros à Paul, la dette de Pierre -100 est soldée avec la créance de Paul +100 et ceci  s’annule  à l’échelle du système et il ne reste que la richesse réelle qui elle est inchangée. Le raisonnement est le même si on remplace Pierre et Paul par les entreprises.

La vraie manière de comprendre les bulles c’est de les considérer comme un coût du système, un sacrifice qu’il faut faire afin de tenter de maintenir ou de retrouver la croissance actuelle au détriment de la croissance future. Une bulle c’est l’anticipation hypertrophiée du futur, c’est manger son pain blanc avant son pain noir. C’est tenter de prendre en compte les richesses futures dès maintenant.

Ainsi lors de l’éclatement de la bulle des telcos et du Nasdaq en 2000, pour éviter l’effondrement de l’économie il a fallu créer de la monnaie et du crédit, cela a été fait par le biais de l’hypothécaire c’est à dire par le biais de la monétisation des créances hypothécaires et de la hausse des prix du logement, il s’en est suivi un gonflement de la valeur de l’hypothécaire, ce que l’on a appelé la « bulle des subprimes ».

Cette bulle des subprimes est un coût , un risque qui a du être pris,  consenti, pour éviter l’effondrement du système en 2000;  puis cette bulle des subprimes a crevé et le système s’est a nouveau trouvé en difficulté , alors on a du recréer du crédit, de la monnaie et ainsi souffler une nouvelle bulle qui est celle des fonds d’état, la bulle des placements dits « sans risque ».  Cette bulle produit pour les autorités un effet de richesse puisque le cours des fonds d’état progresse sous l’effet de la demande; demande qui elle, vient de la création de crédit et de la monétisation des dettes souveraines par les banques centrales, les QE.  Moi je dis, instruit par l’expérience de l’histoire que c’est faux, cela produit un risque qui se manifestera dans le futur comme cela a été le cas à chaque fois. D’autant que la gestion, la régulation, les sauvetages,  la manipulation de l’économie par les bulles successives s’effectue de façon parabolique: il faut de plus en plus de crédit et de monnaie, c’est a dire de dollars bullaires, sortis de rien,  pour obtenir une croissance réelle de plus en  plus faible, le rendement des bulles est décroissant!

Un rendement fortement et rapidement décroissant

La gestion par les bulles a démarré dès le début des années 1980. C’est pour pouvoir créer des bulles de crédit et donc d’actifs financiers que la dérégulation financière a été faite, dérégulation qui a précipité les progrès de l’ingénierie du même nom.

On a trouvé le secret du Graal, le secret des alchimistes: transformer le plomb des dettes en or! Nous avons démontré dans un papier récent que pour pratiquer cette gestion il faut sans cesse descendre l’escalier de la pente des taux: il faut sans cesse les baisser pour soutenir l’activité  et quand on essaie de les remonter, on ne peut jamais rejoindre les plus hauts précédents, d’où l’escalier.

http://research.stlouisfed.org/fred2/graph/?g=8WP.

Depuis 1980 il faut rester dans une configuration de baisse des taux et d’inflation de crédit. Tout cela ne cesse de s’accélérer. En revanche, le résultat obtenu, la croissance va sans cesse  déclinant: depuis 1950, le taux de croissance réel de l’économie est de 3,1% l’an, sur les 20 dernières années, la croissance annuelle réelle est de 2,3%; sur les 10 dernières années la croissance réelle est de 1,4%; pour les 10 prochaines années sur la base de la productivité et de la croissance démographique on estime que la croissance réelle ne sera pas supérieure en moyenne à 1%.

C’est la raison pour laquelle on cherche à vous habituer à cette idée de stagnation séculaire. Plus on mise et moins on en retire en terme de production de vraie richesse. Mais en même temps, soit dit en passant, plus on crée d’inégalités car les bulles ne profitent qu’à l’ultra minorité des riches.  Rendements décroissants donc alors que les risques eux croissent de façon parabolique.

La tendance à la réduction du taux de croissance réelle se retrouve au niveau des profits des firmes , ce qui fait qu’en terme de multiples cours/bénéfices, les marchés deviennent de plus en plus chers: depuis 1950 le taux de croissance annuel des profits ressort à 5,5%, mais il tombe à 4,6% pour les 20 dernières années et à 1,7% pour la dernière décennie. Et tout ceci en tenant compte des buy backs, c’est à dire des rachats d’actions par les firmes! Pour s’adapter les firmes échangent leur capital contre de la dette, elles augmentent leur effet de levier, elles « usent » leur capital.

La caractéristique des bulles, de ce soit disant « wealth effect », c’est que l’on paie de plus en plus cher pour une croissance qui ralentit sans cesse tant au niveau de l’économie qu’au niveau des profits. Ceci nous fait dire que cela ne saurait durer toujours et que le coût de stimulation artificielle va devenir insupportable et que progressivement la probabilité d’une crise s’enracine dans le système.

On peut présenter les choses autrement. Vos banquiers vous disent achetez des actions car les obligations rapportent peu les taux sont bas. En clair pour eux les taux bas justifient que l’on paie plus cher les actions. Mais c’est une erreur colossale car si les taux sont bas c’est parce que la croissance est faible et que l’on anticipe qu’elle sera encore plus faible lors des prochains 10 ans, donc si la croissance est de plus en plus faible, les actions ne doivent pas valoir plus cher, elles doivent devenir de moins en moins cher. Avec les bulles on paie un flux de bénéfices qui progresse de moins en  moins vite, de plus en  plus cher.

Et ils appellent cela un wealth effect!

Graphique, le prix des  actifs financiers en regard de l’évolution des GDP, si ce ne sont pas des bulles, ce sont des hernies!

Bofamerrillynch/Bloomberg : les bulles son de plus en plus bullaires!

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Une réflexion sur “Billet Pour en finir avec le mythe de l’effet de richesse.

  1. Très belle démonstration,comme d’habitude…tout est vrai, établi,sourcé, l’expérience parle.

    Dans un système normal rien ne se perd rien ne se crée tout se transforme (Lavoisier) sauf que dans notre système économique financiarisé nos apprentis sorciers de banksters créent la monnaie-dette à tour de bras pour maintenir leur emprise sur le monde et le transformer comme ils l’ont décidé dans un cadre globaliste tyrannique..quitte à l’envoyer d’abord dans le mur!

    L’Iceberg est là, devant nous tous , sous nos yeux incrédules, comme si tous les passagers du titanic avaient su dès le départ qu’ils allaient à la catastrophe…et étaient quand même montés sur le bateau…c’est ça qui est incroyable et paradoxal dans le monde d’aujourd’hui mais c’est la force de la propagande, la dépossession de notre humanité finalement..

    Préparez vous les amis car le nouveau monde s’enfantera dans la douleur..et il n’y aura pas de péridurale!!

    Aimé par 1 personne

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